Lundi 26 janvier 2009 1 26 /01 /Jan /2009 21:01
Pour une meilleure réflexion
par Ernest PEPIN
Nous ne pouvons résister à diffuser cette lettre ouverte d'Ernest Pépin.  L'homme de lettres donne son sentiment sur la situation actuelle, avec le sens de l'analyse qui est le sien.

Comme de nombreux Guadeloupéens, je suis fasciné par cet homme qui a réussi à faire entrer un noir à la maison blanche. Les commentaires élogieux pleuvent de partout. C’est l’état de grâce bien mérité. Pourtant une petite voix me souffle : et nous ?
Et nous guadeloupéens qu’avons-nous fait ? Que faisons-nous ? Que ferons-nous ?
Passé les brûlures de l’esclavage, passé les interminables débats sur l’identité, passés négritude et créolité, comment devons-nous aborder le XXIe siècle dans une perspective qui soit la notre.
Je ne renie aucune parcelle de mon passé et je suis solidaire de tous les combats que nous avons menés mais je voudrais me positionner résolument dans l’avenir.
Nous sommes un petit pays. Une petite lèche de terre peuplée seulement de 400 000 habitants et pour le moment nous sommes hors-jeu dans notre présent et presque condamné à quémander l’avenir à ceux qui nous gouvernent. Chacun y va de sa chanson, de son parcours, de ses rêves. C’est précisément cela qui nous manque : une chanson commune, un parcours commun, un rêve commun. Peut-être avons-nous besoin de savoir ce qu’est une société. Je veux dire une entité sociale, économique, politique, culturelle dont les rouages s’articulent dans un système cohérent et efficace.
Je constate que nous sommes une somme de revendications syndicales obsessionnellement tournées vers les questions salariales, le maintien des avantages acquis, la guerre contre le patronat etc. Et ceci nous condamne à des postures agressives ou impuissantes. Plus grave, agressives ET impuissantes. Ce ne sont pas les miettes lâchées ici ou là qui vont changer la donne en l’absence de tout projet viable.
Je constate que nous nous noyons dans le puits de la consommation. Les panneaux publicitaires fleurissent. Les voitures de luxe encombrent les routes. Les gadgets de toutes sortes tiennent lieu d’accès à la modernité. La modernité est un mot terrible. Cela fonctionne comme une machine à broyer le passé, la culture (reléguée au rang de tradition !), les manières de penser, de faire et de vivre. Nous voulons être en première classe sans nous soucier de la destination du train.

« J’ai envie de crier : construisons les rails, construisons le train, construisons la gare »

Nous avons le choix entre trois options :
- Laisser rouler les choses au risque de se perdre.
- Devenir indépendant au risque de s’appauvrir ;
- Tenter une autonomie au risque de se faire gruger.
Il y a toujours un risque ! C’est là notre douleur et c’est là notre lâcheté. En réalité, je crois qu’il faut reformuler un projet guadeloupéen en toute responsabilité et en toute lucidité.
Qu’est-ce à dire,
Définir (redéfinir) quelle peut-être notre fonction économique, sociale, politique et culturelle. Et surtout définir (redéfinir) notre relation à la France et à l’Europe pour sortir de l’assistanat (cette mendicité de droit) et de l’infantilisation (ce légitime impôt prélevé par les bailleurs de fonds). Il faut donc commencer par nous définir nous-mêmes en ayant le courage  et l’humilité d’éviter les postures victimaires ou héroïques, les positions dogmatiques, les immobilités conservatrices, les impasses de l’idéologie et le suivisme soi-disant moderniste. Cela fait beaucoup de contraintes mais la lucidité est à ce prix.
- Nous sommes, le plus souvent, de piètres chefs d’entreprise.
- Nous sommes le plus souvent des petits tas d’égoïsmes et au mieux des petites bandes de corporatismes.
- Nous sommes, le plus souvent, de mauvais maris, de mauvaises épouses et pour finir de mauvaises familles.
- Nous sommes, le plus souvent, une société violente au niveau des individus et au niveau du collectif.
- Nous sommes le plus souvent des viveurs au jour le jour, des jouisseurs inconséquents. Toutes les industries du loisir le savent : boite de nuit, sex-shop, déjeuner champêtre, hôtels, Midi-minuit. Etc.
- Nous sommes le plus souvent des travailleurs toujours en grève, en congé, en dissidence, en ruse et en laxisme.
- Nous sommes le plus souvent abonnés à la seule culture populaire, oublieux de la culture du monde et trop matérialiste pour comprendre qu’un poème, qu’un roman, qu’un tableau, qu’une chanson, qu’une pièce de théâtre, etc. ne sont ni des divertissements ni des exutoires mais des problématiques d’un autre possible de nous et du monde.
- Nous sommes le plus souvent une insociété comme on dit une incivilité.

« Toute critique est assimilé à une trahison ou à du vomi »
Et avec ça toujours empressé de nous comparer à la France comme si le monde entier, les seuls modèles, les repères absolus appartenaient à une France en crise depuis longtemps.
Nous regardons de haut la Caraïbe et nous ignorons les Amériques. C’est pourtant selon la formule consacrée notre environnement naturel. Alors que nous sommes si riches de l’argent des autres !
Il est de bon ton de dire qu’il ne faut pas diaboliser la Guadeloupe, qu’il ne faut pas se flageller et qu’il faut positiver. Toute critique est assimilé à une trahison ou à du vomi. Posons-nous la question qu’est-ce qui est positivable ?
Une jeunesse aux abois !
Des citoyens irresponsables !
Des personnes âgées de plus en plus isolées !
Un nombre grandissant d’exclus !
Un pouvoir local sans vision !
Des intellectuels bâillonnés par la proximité !
Des artistes impécunieux et subventionnés !
De grandes messes jubilatoires !
Une impuissance économique chronique !
Un tourisme impensé !
Des rapports de classe et de race viciés par le passé !
J’aime la Guadeloupe, mais je crois qu’il faut lui dire ses quatre vérités. Pas de presse capable de conscientiser ! Pas d’émissions éducatives et formatrices ! Une université trop extravertie. Un artisanat désuet. Une langue créole qui fout le camp ! Nous le disons entre nous, en petits comités. Nous le chuchotons mais nous avons honte de le crier en public. Comme dit Franky, c’est la vie en rose ! Césaire l’a écrit : « un paradis absurdement raté ». Maryse Condé l’a craché : la Guadeloupe n’est pas un paradis ! Et nous sommes là plein de rancœurs  rancies, pleins de rêves non muris, admirateurs des autres, ébahis devant notre moindre prestation d’humanité, toujours dans la logique du rachat. Ah nos sportifs ! Au nom de quoi, le fait d’être guadeloupéen fait d’un exploit sportif un miracle ? A moins de douter de soi et d’estimer inconsciemment que nous n’avons pas droit à l’excellence.
Et c’est la première leçon que je tire d’Obama : le droit au droit à l’excellence.
La deuxième étant de casser, de répudier tous les discours qui obstruent l’horizon : la race, konplo a neg sé konplo a chien ! Nou sé neg ! le fandtyou ! Cette moquerie permanente de tous ceux qui tentent, qui osent et même parfois qui font. Etc.… Cette mise en dérision de nous-mêmes !
La troisième étant de doter la Guadeloupe d’un vouloir collectif qui transcende les différences, les rancunes, les sottes compétitions, les querelles idéologiques, les xénophobies, les nombrilismes, les chauvinismes à bon marché.
La quatrième étant de miser sur l’intelligence, toutes les formes d’intelligence, pour élever le débat au-dessus des querelles de personnes.
La cinquième d’assumer notre histoire, toute notre histoire, par nous, pour nous, sans mendoyer une reconnaissance que nous ne nous octroyons pas très souvent. C’est de nous-mêmes, de notre énergie, de notre créativité, de nos talents, de nos forces, de notre rigueur, de notre respect pour nous-mêmes que viendra la reconnaissance et non de telles ou telles victoires plus symboliques que réelles.

«¡ Si nous disons... »
Se déplacer à Washington pour dire « j’y étais ! » c’est bien. S’atteler au char de la Guadeloupe c’est mieux !
Obama est un homme qui a cru en son pays sans renier ses origines. C’est un homme qui a cru en la capacité de son pays à dépasser les frontières des pensées établies. C’est un homme qui a su faire croire en lui. C’est ce pari là qu’il faut gagner.
Si nous disons : « mon pays c’est la France ». Alors, il faut assumer et faire en sorte que la France change et on ne peut le faire sans les Français de l’hexagone.
Si nous disons « mon pays c’est la Guadeloupe colonisée ».Alors, il faut l’assumer et décoloniser la Guadeloupe en privilégiant les armes de la décolonisation de l’imaginaire, de l’économie, du culturel, du politique et du social. Il est inconséquent de prôner la décolonisation en jouant le jeu d’une surintégration parfaite et indolore.
Si nous disons « mon pays c’est la Guadeloupe autonome ». Alors il faudra l’assumer en se préparant à exercer un pouvoir local plus riche en compétences et désireux de développer une richesse guadeloupéenne.
Si nous ne disons rien, nous sommes coupables de nous croiser les bras devant une société qui se saborde (violences sexuelles, violences des jeunes contre les jeunes, violence des hommes contre les femmes, violences au sein des familles, violences sociales plus ou moins sournoises). Une société  qui se cache derrière le paravent de la consommation. Une société de gestion ou de géreurs et non une société de l’entreprendre. Une société qui a mis en faillite les intellectuels de tous bords.

Une société en danger
Oui, je dis bien en danger ! Pendant que nous nous livrons à des actes de cannibalisme (les uns à l’encontre des autres !), en l’absence de projet construit par nous et soutenu par nous, des forces agissantes décident pour nous, grignotent le territoire, contrôlent l’économie, décident pour nous ! Je ne parle pas de race, je parle de filières, de réseaux, d’organisations structurées, de puissances financières. Il suffit de regarder Jarry, d’aller à Continent, à Millénis etc. Combien de Guadeloupéens font partie du vrai jeu économique ? Nous ne sommes, à part quelques cas, que des sous-traitants et surtout des sous-gagnants.
Il est vrai que nous sommes soumis comme les autres aux durs effets de la mondialisation, que nos marges de manœuvres sont limitées et que nous sommes un petit marché.
Ceci nous exonère pas de penser, de nous organiser, de lutter dès lors que l’objectif est clair, accepté et positif. Quels objectifs pour l’art, l’économie, le social, le politique ? Comment les atteindre ? Avec quelle stratégie ? En clair comment (re)bâtir la Guadeloupe ?
Il me semble souhaitable d’arriver à commercialiser notre culture sans la prostituer, à exporter ses meilleures créations et surtout à nous nourrir d’elle. Pour le moins, faire entrer la notion de dépenses culturelles diversifiées dans les budgets des familles et des entreprises serait un grand progrès.
Il me semble souhaitable d’envisager un développement rentable de l’agriculture afin de pourvoir, le plus possible, à nos besoins et à ceux des marchés qu’il nous appartient de trouver à l’extérieur.
Il me semble souhaitable de repenser de fonds en comble l’industrie touristique. Je dis bien l’industrie  en l’accompagnant des produits du soleil (maillots de bain, serviettes, lunettes de soleil, crème solaire, vêtements etc) made in Guadeloupe ou labellisés « Guadeloupe » . C’était une idée de Paco Rabanne. Je doute qu’elle ait été entendue !
Il me semble souhaitable de rechercher les voies et moyens d’une solidarité active au sein de la société guadeloupéenne. Nous sommes si généreux envers le téléthon !
Il me semble souhaitable de croire au développement de la langue et de la culture créoles dans une perspective non folkloristes mais diplomatique (il existe un monde créolophone), économique et culturel.
Il me semble enfin souhaitable que nos élus aillent se former non pas seulement à Paris mais aussi dans la Caraïbe. Ils connaîtraient mieux le fonctionnement des pays indépendants ou néo-colonisés. Ils seraient plus au fait des données de la diplomatie. Ils gagneraient en relations internationales. Ils créeraient d’utiles solidarités.
Mais tout cela n’est rien si nous ne répondons pas à la question suivante : quelle Guadeloupe voulons-nous ? Autrement dit avec quelles valeurs? Quel mode de fonctionnement ? Quel type de citoyens ? Quel système économique ? Quel budget ?
Ce sont des questions qui sont loin de l’élection d’Obama. Ce sont des questions auxquelles tout chef politique doit répondre de façon claire. La méfiance des Guadeloupéens envers les élus, parfois leur inertie apparente, résulte sans doute d’un manque de clarté, d’un manque de pédagogie, d’un manque de vouloir.
Je répète avec Obama l’histoire retiendra notre capacité à construire et non notre capacité à détruire !
Crier que nous sommes des petits-fils d’esclaves ne suffit pas !
Détester, singer ou vénérer la France, n’est pas une politique !
Croire que l’on peut construire sur des ruines est une erreur !
Seront nous capables de dire, nous aussi : YES WE CAN ! C’est cela la leçon, la grande leçon d’Obama !

Ernest PÉPIN

Lamentin le 21  janvier 2009

PS : Je ne suis pas un spécialiste et mes idées n’engagent que moi. Je ne les livre que pour lancer un débat que je crois nécessaire et salutaire.


Biographie d'Ernest Pépin

Figure de proue de la créolité Ernest Pépin, marque la littérature caribéenne par sa façon moderne d'aborder cette identité issue de multiples cultures. Ernest Pépin commence par enseigner le français avant de mettre au service de la critique sa grande culture littéraire. Ce qui le conduira tout naturellement à présenter une émission sur France 3. Lorsqu'il n'est pas conférencier, Ernest Pépin devient poète. Sort de sa plume sa conception de la créolité qui, pour lui, ne doit pas se replier sur elle-même. Au contraire, elle doit s'ouvrir et assumer les origines qui l'ont construite. Son premier recueil de poésie, 'Au verso du silence', est publié en 1984. Mais c'est six ans plus tard qu'il est reconnu, grâce à 'L' homme au bâton', roman tragi-comique dans lequel Ernest Pépin traite avec humour du folklore antillais. Il réitère son succès avec le recueil 'Boucan des mots libres' en 1991, qui lui permet obtenir le Prix de Las Casas America. Suivent 'Tambour-Babel', dans lequel il est question de la pluri-culture créole. En 1996, 'Le Tango de la haine' parle de jalousie féroce avec mordant. Le reste de son oeuvre alterne poésie et prose créole - 'Cantique des tourterelles', 'Babil du songer'... En 2006, dans 'L' Envers du décor', il détruit le cliché de cette Guadeloupe de carte postale où rhum, insouciance et boubous masquent une réalité bien plus sombre.

Par André-Jean Vidal
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Commentaires

Mr Pépin j'espère sincèrement que vous pourrez me lire, j'ai 28 ans et je le dis je suis guadeloupéen fier de l'etre et "mon pays c'est la France " je l'assume Merci pour votre lettre
Commentaire n°1 posté par Bernard.B le 27/01/2009 à 17h28
Que je suis heureuse aujourd'hui de voir que Mr PEPIN, qui aurait pu être mon père, dénonce par cette lettre ce qui m'a valu de la part de bien des amis des critiques. Amis que d'ailleurs j'ai mis de côté depuis belle lurette. Comment peut-on penser avancer dans notre société guadeloupéenne lorsqu'on reste ATTACHE à un passé qu'on n'a pas vécu? On perd toute notion de liberté que nos ancêtres ont mis tant de temps à obtenir. Certes il ne faut pas oublier son passé, mais il est temps, oui il est GRAND TEMPS que les chaînes tombent et de s'accepter tel qu'on est, nous Guadeloupéens, avec nos qualités, nos défauts et de faire ressortir tous nos sentiments de fraternité & de solidarité. Bon j'arrête là, pour aujourd'hui. Non! Juste une chose à dire : Il faut, et j'insiste là dessus, il faut apprendre à être responsable vis à vis de soi-même, respecter son prochain signifie parallèllement respecter son travail, car malheureusement la notion de conscience professionnelle est une notion qui s'est perdue dans ma petite île chérie. Deuxième point : Il faut connaître son passé pour comprendre son présent, afin d'avancer vers notre avenir, l'avenir de ceux qui viennent ou qu'on laissera derrière nous.
Commentaire n°2 posté par Sandrine G. le 28/01/2009 à 16h39
Lettre ouverte à Mr Le Préfet de Guadeloupe, Mr DESFORGES Monsieur Le Préfet, Hier vous vous êtes retiré de la table des négociations sans véritablement prendre conscience que nous vivions en Guadeloupe un moment historique pour nous tous les guadeloupéens: celui de CONSTRUIRE UN ORDRE NOUVEAU au service de la Guadeloupe, des hommes et de la Vie dans le respect de la Chose Publique. Vous souhaitez poursuivre la discussion à huis clos, quel dommage de vous priver de toutes les forces vives de la Guadeloupe, si petites soient-elles! Beaucoup de revendications du collectif vous ont été adressé. Vous vous êtes senti seul, agressé, blessé, pressé. Mais ne restez pas sur ces impressions négatives. Certes nous sommes dans la forme revendicatifs; mais nous sommes aussi prêts à construire. Quelque chose de formidable s'est produit depuis samedi, une mobilisation forte, un espoir formidable dans l'avenir, un début d'accouchement des consciences, une volonté de mieux vivre et de comprendre ce qui ne tourne pas rond chez nous. Pensez-vous que nous remettons en cause la République, je ne crois pas.Nous pensons que beaucoup de choses sont POSSIBLES. Derrière ces revendications, se cache un VERITABLE DESIR DE CHANGEMENT, DE PROJET DE SOCIETE auquel nous voulons tous participer. Tant de choses sont à faire dans notre île La Guadeloupe ,en matière de formation, de création de filières, d'emplois et ce dans tous les secteurs: environnement, agriculture, éducation,santé,pêche,... Oui Monsieur Le Préfet,nous croyons que vous reviendrez à la table des négociations, car il en va de votre mission: Celle d'aider l'état à trouver des solutions pour sortir de cette crise sociétale,économique, environnementale, financière que traverse la Guadeloupe,les DOM et l'Hexagone,et je m'arrêterai là, car il ne s'agit pas des autres, mais de nous. Monsieur Le Préfet, faites avec nous l'état des lieux de la Guadeloupe et avec nous tous participer à l'élaboration de solutions,de méthodes, en revenant à la table des négociations pour nous permettre d'aller vers plus d'Equité, plus de Citoyenneté et de Responsablité. Oui, nous croyons que tout est possible. Nous avons des devoirs, mais nous avons aussi des droits quand on veut le meilleur pour son pays,dans le respect des droits de chacun à vivre dignement. une guadeloupéenne qui croit en l'avenir.
Commentaire n°3 posté par corine le 29/01/2009 à 13h54
je suis heureuse de cette Lettre Ouverte de Mr Ernest Pépin. je suis entièrement d'accord avec lui lorsqu'il dit qu'il ne s'agit pas d'aller aux Etats-Unis pour supporter B. H. Obama et dire "j'y étais". Que faisons-nous, nous guadeloupéens, pour être maître de notre futur, de notre destin, de celui de nos enfants? Il ne suffit pas de dire que je suis guadeloupéen, s'assoir et attendre que le vent tourne, que les problèmes disparaissent d'eux-même. Tout comme Barack Obama, il faudrait que nous sachions avant tout qui nous sommes, ce que nous voulons et ce que nous sommes prêts à faire et à sacrifier pour arriver à ce niveau. Il serait peut-être temps que nous nous prenions en main et décidions sans avoir à dire que tout ce qui m'arrive de mal est la faute à untel. Le fameux "Yes, We Can", peut se manifester si nous le voulons, si nous sommes prêts à avancer. Le sommes-nous?
Commentaire n°4 posté par Nathalie C. le 29/01/2009 à 17h15
Ah quel plaisir de vous lire M PEPIN. Déjà, votre lettre ouverte à la jeunesse m'avait frappé ; vous exprimiez si bien mes propres pensées. Elle aurait du être obligatoire dans toutes les écoles nationales ! J'aimerais tellement que les négociations redeviennent publiques. Dans ce cas, accepteriez vous de venir vous exprimer, vous qui savez utiliser, que ce soit en français ou en kreyol, les mots justes, ceux qui vont tout droit au coeur de tous, ceux qui font réfléchir ? Je ne suis qu'une petite citoyenne de rien du tout, née en france y'a plus de 40 ans, et arrivée sur un tout petit bateau en bois dans les caraibes, il y a de ça 19 années. J'ai su apprivoisée les antilles, la guadeloupe est devenue ma terre d'adoption. Je n'ai aucune prétention, mais je tenais à vous dire mon admiration pour l'homme, pour l'écrivain que vous êtes. Et aussi, je trouve dommage que les autres personnes ayant publié un commentaire, n'aient pas laissé leur nom de famille. Pour vouloir il faut oser. Vivre c'est prendre le risque de mourir. S'exprimer c'est prendre le risque de se faire contredire, critiquer, fustiger. Et alors ? cela peut permettre de revoir et corriger ou de confirmer ses propres croyances. Que disiez vous Monsieur PEPIN ? Que toute critique est assimilé à une trahison ou à du vomi ? Berk pour les deux. Débarrassons nous de la traitrise et des nausées. Osons ! Et dépassons nos suceptibilités.
Commentaire n°5 posté par Myriam GORET le 02/02/2009 à 03h37
Je reviens de Guadeloupe ou j'ai passé J'avais lu le bulletin de E. PEPIN pendant mon séjour et je l'ai particulièrement apprécié. Je suis blanc, définitivement anti-raciste, et j'ai été réellement choqué par certains propos racistes dE CERTAINS MEMBRES DU COLLECTIF; J'ai lu par ailleurs que Mr DOMOTA était le B. OBAMA de la Guadeloupe. C'est mal connaître ces 2 hommes que de les comparer. Le second est un homme respnsable et brillant.
Commentaire n°6 posté par ALAIN SAGON le 02/02/2009 à 15h28
vous netes qu'un con et sachez que vous et moi dans un metro nous restons et nous sommes des noirs
Commentaire n°7 posté par dadoune le 02/02/2009 à 19h33
Je suis guadeloupéen, j'aime ma guadeloupe, mais comme il l'a été mensionné, nous somme un peuple de consommateur, mandiant, qui vie d'une assistanat. Il est vraiment très dommage de votre notre culture, notre jeunesse, se laisser consommer par les atous de la mondialisation : mode, feeling, femmes, rebelle... Mais ou est donc passé notre propre passé ? D'ou venons nous pour être si consommateur et non des acteurs ? Je n'ai qu'un souhaite pour mon îles, pour mon pays et ma terre : c'est qu'elle ne s'oublie pas à travers ce matérialisme qui lui fais perdre son identité et sa vrai culture. Que Dieu ai pitié, et qu'il nous ramène à notre propre mère avant que qu'une culture s'éteigne... Mike L.
Commentaire n°8 posté par Mike L. le 05/02/2009 à 23h10
Bonsoir, c'est un excellent texte qui me fait bien reconnaître mon professeur de collège, du collège de Dillon à Fort de France... Qui pourrait faire comprendre à notre peuple Martiniquais/Guadeloupéens, qu'il est inutile de bloquer l'économie de si petites îles -qui ont à peine de quoi subsister- pour obtenir un allègement mérité c'est vrai, mais il faut organiser les revendications autrement, notamment EN BOUDANT LES BILLETS D'AVION, EN BOUDANT LES 4X4, NOTAMMENT EN REFUSANT DE CONSOMMER LES PRODUITS VENANT DE LA METROPOLE telle l'illustration parfaite de mes compatriotes et leur consommation excessive de champagne, en 1985 la Guadeloupe remportait la palme de consommation de champagne en France... Arrêtons, Arrêtons d'acheter leurs fromages, leurs yaourts, arrêtons agissons intelligemment, calmons-nous et ciblons nos actions... Grandissons-nous, croyons en nous, encourageons nos élites et faisons l'un d'entre nous accéder à un Grand poste du Gouvernement... Peut-être seriez-vous le prochain Monsieur Pépin... Faisons partir l'éconmie de nos îles, en consommant NOS PRODUITS...uniquement NOS PRODUITS...
Commentaire n°9 posté par Marie-Claude le 09/02/2009 à 20h31
Ce texte devrait être considéré comme fondateur
Commentaire n°10 posté par Philippe ROGER le 15/02/2009 à 21h49
à pa "yes we can" sé " wè nou pé"!!!
Commentaire n°11 posté par SELBONNE le 05/05/2009 à 20h14
Ou ni rézon !
Réponse de André-Jean Vidal le 05/05/2009 à 21h24
le livre lettre ouverte a la
jeunesse m' a beaucoup inspiré du moins le temps ou je les lu mais c'est pour e grand et immense honneur d' avoir lu et apprecier ce livre que tout jeune doit estimé etre un plaisir et une satisfaction je ne peut dire mais pensé et mes commentaire tout se que j' estime heureux de faire mais c' est pour le momment le bien profonds de mes pensés
Commentaire n°12 posté par geoffroy le 15/11/2009 à 21h19
"Combien de Guadeloupéens font partie du vrai jeu économique ? Nous ne sommes, à part quelques cas, que des sous-traitants et surtout des sous-gagnants."
Le pourcentage de la population qui fait partie du vrai jeu économique est ... strictement le même en Guadeloupe qu'en métropole.
Ceci dit, les Antillais n'ont pas pris la bonne voie dans les années 60 en empruntant la filière sportive pour "produire" de splendides sportifs et ambassadeurs de leurs petites îles. Il eut fallu engager les jeunes dans la difficile voie du savoir afin qu'ils investissent les grandes écoles (Polytechnique, Mines, Arts et Métiers, HEC et surtout l'ENA).
Le pouvoir local et surtout national se prend avec les meilleurs diplômes ... surtout en France.
De plus, tous les concours des grandes administrations sont totalement anonymes : seule la compétence acquise lors des études place les candidats aux meilleures places, aux meilleures manettes de gouvernement.
Osons la "révolution" culturelle. La seule vraie révolution. Voyez Obama.
Commentaire n°13 posté par Aimar le 19/11/2009 à 17h19
Mr Ernest Pépin, je dois dire que je découvre que maintenant tout votre travail et parcours. Et c'est bien dommage pour moi... Je le dis depuis bien lontemps maintenant, mon pays c'est la France, nos arrières grands parents ont été asservies et ont participé à faire de ce pays ce qu'il est aujourd'hui avec leur sang, leurs sueurs et leurs larmes! Nous avons donc une responsabilité morale envers eux qui nous oblige à mener à notre tour un combat afin d'atteindre notre pleine expression dans cette société! Ils nous ont donné une légitimité, à nous de la révéler!
Merci Mr Pépin
Commentaire n°14 posté par Steeve le 14/11/2010 à 18h24
This post is useful for my research writing, thanks!
Commentaire n°15 posté par custom thesis le 12/05/2011 à 12h42
http://dominicfrontier.blogspot.com/
Commentaire n°16 posté par Dominic Frontier le 13/09/2011 à 17h51
Tout est dit.
Mais pourquoi ne pas écrire le mot "capitalisme" au lieu de "Je ne parle pas de race, je parle de filières, de réseaux, d’organisations structurées, de puissances financières" ?
Même chez les écrivains ce mot est tabou.
Commentaire n°17 posté par Jeanvaljean le 22/09/2011 à 16h06
http://dominicfrontier.blogspot.com/ Ce blog est interessant et parle de la Guadeloupe.
Commentaire n°18 posté par Dominic Frontier le 24/09/2011 à 20h40
http://dominicfrontier.blogspot.com/
Commentaire n°19 posté par Dominic Frontier le 13/02/2012 à 20h37

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