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11 février 2009 3 11 /02 /février /2009 16:30
UN AMI NOUS ÉCRIT. LE PETIT HOMME VERT !

Résumé des épisodes précédents :
Depuis quelques années, le petit homme vert, venu de l’Univers, étudie la Guadeloupe. Il se pose beaucoup de questions sur le fonctionnement social de la Guadeloupe, mais bien plus encore sur la manière dont cet archipel est dirigé par ses élus. Il a rencontré beaucoup de Guadeloupéens. Tous semblent penser que les élus s’occupent plus de régler leurs propres problèmes que ceux de  la population. Par ailleurs, le petit homme vert  avait bien dû constater qu’il n’était pas toujours facile de distinguer les Guadelabors (pour Guadeloupe laborieuse) des Guadedestrucs (pour Guadeloupe destructrice), tant ces derniers avaient acquis la faculté de se camoufler, et tant le laxisme des pouvoirs publics à réprimer leurs comportements destructeurs avait amené certains Guadelabors à utiliser certaines de leurs méthodes. Pourtant, après l’échec e la réforme institutionnelle, voulu par 90% des élus locaux et que la population méfiante a repoussée en décembre 2003 par 75% de votes négatifs, les choses semblaient s’être calmé. Mais des maladresses de l’Etat, l’on ramené dans le cahot. Depuis 20 jours la Guadeloupe est bloquée par un collectif de syndicats qui avec habileté ont repris à leur compte les revendications de toutes les catégories sociales et professionnelles Le Secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer est venu en personne animer les négociations. Las sa maladresse n’a fait que légitimer et renforcer le mouvement qui met la
Gadeloupe été d’insurrection permanente. Fin du résumé.
 
Ce samedi matin 7 février 2009, il est 10 heures lorsque les délégations arrivent à la Préfecture. Pour franchir les grilles cadenassées, il faut montrer sa carte d’identité et être pointé sur une liste prévue à cet effet. Lorsque s’ouvrent les « négociations » en Préfecture de Région Guadeloupe, sous la présidence du Secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer, soi-même, il n’y a guère plus d’une quarantaine de personnes dans l’enceinte du bâtiment.  Autour de la table sont présents : outre le Ministre, le Préfet et les hauts fonctionnaires départementaux de l’Etat, le Président du Conseil Général, celui du Conseil Régional, la délégation patronale et celle du LKP. En tout une trentaine de personnes.
Yves JEGO ouvre le débat. Il reste un point à discuter : celui de l’augmentation de salaire de 200 euros demandée par le LKP. Le Ministre prévient : Il faut régler au plus vite cette question. Et il promet que personne ne quittera la préfecture avant qu’un accord ne soit trouvé et signé.
On verra plu tard que ce n’est pas paroles en l’air.
La question des 200 euros posée par le collectif des syndicats salariés tourne autour du financement de la mesure. Le Ministre commence par annoncer qu’il n’y a pas de problèmes, il y a les 140 millions d’euros que réclame l’application de la mesure. Les choses se gâtent  lorsque lui sont demandées des garanties sur ces sommes. C’est la débandade. Monsieur JEGO doit convenir que sans l’accord express et écrit de son Premier Ministre, ses promesses ne valent pas « un sous-colo » (pièce de monnaie émise dans les colonies françaises et valant 5 centimes).
Au cours du temps la tension monte. Le Ministre exerce de sérieuses pressions sur la délégation patronale pour qu’elle signe un protocole dicté par lui. Les échanges deviennent vifs. Le Ministre se tourne vers le Président du Conseil Général à qui il demande d’augmenter la taxe sur le tabac. Jacques GILLOT se fâche et refuse, estimant que le Conseil général l’a déjà augmenté et ne veut pas « une fiscalité tyrannique ». La délégation du LKP boit du  petit-lait et prend la main sur tout le monde.
De suspensions de séance en « négociations » musclées, il est 20 heures lorsque la délégation patronale demande à suspendre la séance et à reprendre le lendemain à 9heures les négociations. Le Ministre refuse et pense qu’il n’est pas loin de trouver un accord. Les discussions se poursuivent jusqu’à 21heures 30 ou profitant cette fois d’une suspension de séance, la délégation patronale demande au Ministre de suspendre les négociations  jusqu’au dimanche 9 heures. Réponse du Ministre : OK ! Je conclue  et on se revoit demain à 10 heures.
Sauf que lorsqu’il l’annonce à la reprise, Monsieur DOMOTA frappe violemment sur la table, le Ministre sursaute. Et le Maître de séant s’écrit : Non ! Personne ne sortira d’ici.
Le Ministre propose alors une suspension de deux heures.
Refus du Maître.
Ce sera une suspension d’une demi-heure.
Une demi-heure que mettra à profit Yves JEGO pour voir un à un chaque membre de la délégation patronale et l’inciter à signer.
A la reprise c’est l’éclat. Les paroles sont dures, très dures entre le Ministre et la délégation patronale. Le Ministre se sentant dans l’impasse, pousse les feux. Il accuse le patronat d’être responsable s’il y a du désordre dehors.  Et c’est l’éclat. Deux membres de la délégation patronale se lèvent et indiquent qu’ils quittent la réunion. Ils sortent de la salle pour gagner leur véhicule respectif. Dans la cour une cohorte de 300 personnes les attendent. Un cri part. « Sé messié ka chappé » ; Traduction : « ces messieurs s’échappent ». les deux membres de la délégation patronale sont immédiatement encerclés par la foule. Un homme brandit un long morceau de bois : prêt à frapper. La tension est extrême. Il faudra l’intervention de Gaby CLAVIER en personne pour calmer l’homme au bâton. Le Préfet arrive à la rescousse  et demande aux deux membres de la délégation de rentrer dans l’immeuble. Il essuie un refus catégorique et s’entend plutôt réclamer des explications sur l’attitude de l’Etat quant à son devoir d’assurer la liberté des individus. Toutefois, après quelques dizaines de minutes, voyant que l’on ne les laissera pas passer, ils sont contraints de battre en retraite et n’ont d’autre choix que de regagner la salle de réunion.
Ces incidents, à l’extérieur de la salle de réunion, se sont déroulés sous l’œil des caméras locales mais aussi nationales. Gageons que dans quelques temps, lorsque la tension sera retombée et que les esprits se seront calmés, que la Guadeloupe aura retrouvé son rythme normal de vie, le Guadeloupéens verront ces images. Car une foultitude de questions se posent, et parmi elles, celles-ci : Comment, alors qu’il y avait filtrage aux grilles de la Préfecture, 300 manifestants ou plus, ont ils pu pénétrer dans les jardins de ladite préfecture ? A quoi servaient les 300 à 400 gendarmes mobiles casqués, invisibles mais présents à cet instant dans la préfecture ?
Autant de questions incompréhensibles dans un Etat dont le Président de la République dit qu’il est le garant de l’état de droit.
Pourtant la délégation patronale, comme les élus aurons de la part du LKP l’interdiction de quitter les lieux, jusqu’à 8heures du matin, le lendemain dimanche, après que le Ministre se soit engager, d’ici au dimanche 15h00, heure prévue pour la reprise des « négociations » à obtenir de Matignon les garanties nécessaires à la poursuite des dites « négociations ». C’est à dire au paiement des 200 euros.
Si l’on fait une analyse objective de la situation vécue entre ce samedi 21 heures et le dimanche 8 heures du matin, on ne peut nier que les élus, comme les membres de la délégation du Patronat. ont été séquestrés. Car ni les uns ni les autres n’avaient leur liberté de mouvements. En ce qui concerne la délégation du Collectif, c’est elle qui voulait continuer ces réunions marathons et qui s’est opposée, le samedi à 21 heures,  avec virulence, au renvoi de séance au lendemain 10heures. Enfin quant  au Ministre, il est pour le moins entré dans le jeu du LKP et n’a rien fait pour permettre à ceux qui voulaient s’en aller de le faire librement.  De sorte qu’il n’y a que trois solutions possibles :
-          C’est le LKP qui a séquestré tout le monde, y compris le Ministre,
-          C’est le Ministre qui a séquestré tout le monde,
-          Le Ministre et le LKP étaient d’accord pour séquestrer et les élus et la délégation du M.E.G
A toi lecteur de choisir .
 
 
A la semaine prochaine
 
Guadeloupeprendgarde

Merci, grand merci à Gustave qui nous a transmis la copie.

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André-Jean Vidal
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