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16 février 2009 1 16 /02 /février /2009 12:30
Karam : « il faut savoir arrêter une grève »
 Le délégué interministériel pour l'égalité des chances des Français d'outre-mer Patrick Karam, Guadeloupéen, a demandé lundi l'arrêt de la grève générale en Guadeloupe, dont la poursuite pénaliserait selon lui "les plus pauvres".
 
Pourquoi ne vous a-t-on pas entendu jusqu'à présent?
J'ai préféré me taire car les revendications que porte le collectif LKP sont celles que j'ai portées depuis 2003 au Collectifdom, je n'ai pas souhaité être accusé de +faire le jeu des indépendantistes contre l'Etat+.
Depuis le départ, je considérais qu'il était légitime de demander une remise à plat du système. On a un chômage qui est multiplié par trois, un revenu par habitant divisé quasiment par deux, par rapport à l'hexagone, des prix plus chers, de l'injustice. Comment peut-on dire que la République a intégré les DOM dans l'ensemble national? Il y a un retard structurel.
Nous partons de très loin. Le syndicat UGTG qui structure le collectif LKP était considéré comme un paria par les chefs d'entreprises et l'Etat. C'était une erreur. L'UGTG est parfaitement légitime et porte de vraies et justes revendications. J'ai d'ailleurs organisé avec lui une table ronde sur l'égalité en 2003.
Aujourd'hui il a reçu une véritable reconnaissance. Mais elle doit aller aussi de pair avec un sens des responsabilités.
 
Vous considérez qu'il faut arrêter la grève?
Ce qu'a obtenu le Collectif et l'UGTG est un véritable tournant. Ils ont obtenu des mesures immédiates pratiques qui vont impacter directement la vie quotidienne des Guadeloupéens mais aussi des processus pour arrêter les abus. Le comité interministériel va permettre de tout remettre à plat. Le Collectif qui a gagné la première manche doit savoir aussi arrêter la grève. Si la grève continue, tout ce que l'on pourra obtenir ne compensera jamais ce qu'on aura perdu. Ce ne sont pas les grosses entreprises qui seront pénalisées, mais les petites entreprises avec moins de 20 personnes, fragiles, qui sont détenues par des Guadeloupéens, ce sont les salariés guadeloupéens qui seront licenciés et les élèves et étudiants qui perdront une année.
Est-ce qu'on peut en un, deux ou trois mois, régler des questions qui n'ont pas été réglées en 60 ans de départementalisation? Non. Il faudra du temps et le collectif doit s'inscrire dans la durée.
 
Irez-vous en Guadeloupe?
J'irai là où je dois aller avant tout. Je suis Guadeloupéen, j'ai un devoir de vérité vis-à-vis de mes compatriotes. Je sais que le collectif est très populaire, mais j'ai le devoir de dire que continuer la crise risque de pénaliser les plus pauvres des Guadeloupéens. Les lendemains seront extrêmement difficiles.
Dans une négociation, chaque partie fait des concessions, si ce n'est pas le cas, que cherche-t-on ? Est-ce que ça ne veut pas dire qu'en réalité on en est train de mettre en œuvre la "théorie du chaos" pour montrer que la seule issue c'est l'indépendance ? Si c'est çà, je souhaite qu'on le dise aux Guadeloupéens.

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André-Jean Vidal
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