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16 février 2009 1 16 /02 /février /2009 22:51
L’Urgence vitale
Albert Dorville, ancien maire de Trois-Rivières, nous donne cette tribune libre.
Dans une  publication du début de cette semaine j’appelais à reprendre les négociations entre patronat et collectif, sous l’égide stratégique des élus guadeloupéens, investis par les urnes de la légitimité nécessaire à cette mission de bons offices.
Cette légitimité m’apparaissait d’autant plus évidente que les exécutifs de la région du département et de l’association des maires s’étaient notoirement engagés en apportant des réponses concrètes aux principales revendications relatives aux compétences de leurs collectivités.
A l’occasion d’une conférence de presse tenue le 14 février par les présidents de la région et du département, ces propositions ont été réitérées, précisées et confirmées, assorties d’un appel à un certain assouplissement pour permettre la reprise progressive des activités, sans remettre en cause ni la mobilisation populaire, ni la légitimité des revendications qui la justifient.
Le rejet formellement signifié par le collectif, se motive, selon lui, par l’exigence préalable à toute nouvelle négociation du respect par l’Etat d’engagements salariaux, aujourd’hui récusés pas ses plus hautes autorités.
Loin de satisfaire aux sollicitations de ces élus, les porte-parole du collectif, représentants des centrales syndicales, leur demande au contraire de faire montre de "plus de courage pour faire pression sur l’Etat et le patronat" et d’appuyer la revendication salariale, leurs propositions propres étant considérées en l’espèce comme cosmétique au regard de l’enjeu premier. Le dialogue avec le collectif qui jusque-là tenait encore à quelques fils plus ou moins ténus, semble désormais, lui aussi rompu. Le verbatim des différents meetings et interview est, à cet égard significatif des aveux de la classe politique, et d’une révocation de sa légitimité, laquelle serait désormais réincarnée dans le LKP, "mandaté" par le peuple guadeloupéen pour porter ses revendications et le représenter au rythme de "la Gwadloup sé tan nou ", sous l’impulsion et l’autorité de leaders charismatiques.
Quelques exemples éloquents en transcription libre de Canal 10.
" La lumière de LKP brille à Londres, à Paris et même aux Etats Unis."
"De nombreux comités locaux LKP se forment un peu partout."
"La Guadeloupe est observée de l’extérieur et peut même servir d’exemple aux mouvements sociaux de l’hexagone et d’ailleurs."
"Les élus ont failli, ils auraient du prévoir et anticiper ce qui se passe aujourd’hui. Ils sont trop éloignés du peuple."
"Si celui-ci nous a mandaté pour porter sa plate forme de revendication c’est qu’il nous reconnait ect.."
Ces lignes de force du discours de LKP sont aussi des lignes de fracture, peut être de rupture.
En effet le contexte du mouvement exprime certainement, en partie, l’intransigeance  du collectif sur les revendications salariales car le mouvement engendre ici même en Guadeloupe d’autres fractures au sein du monde des entreprises, comités divers, au sein des professions libérales, adhésions successives de corporations etc…
Le plus important est aussi dans la concomitance du mouvement martiniquais, l’imminence des  mobilisations en Guyane, à la Réunion et dans l’hexagone, la perspective de la réunion du 18 février entre le Président de la République et les partenaires sociaux, le débat parlementaire de mars sur la LODEOM et l’annonce par Nicolas SARKOZY de la constitution prochaine d’un conseil interministériel de l’Outre Mer préfigurant la disparition probable du secrétariat à l’Outre Mer.
Ajoutons la large couverture médiatique régionale et nationale qui fait écho aux actions du LKP et à sa détermination à faire "plier l’Etat".
Où nous mènera ce rapport de forces, exprimé dans la violence des affrontements du lundi 16 février quant il est clair que le problème guadeloupéen étant devenu une affaire d’Etat, ne trouvera réponse qu’au travers de décisions globales concernant l’ensemble de l’Outre Mer, et probablement de mesures à caractère national, d’ordre législatif ou règlementaire.
La question du pouvoir d’achat étant au centre des actuelles revendications il est urgent de trouver un compromis acceptable par l’ensemble des parties et dans le même temps de mettre rapidement en place le dispositif, tel que proposé par les deux présidents, organisant le débat devenu incontournable sur l’évolution statutaire. »

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André-Jean Vidal
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