Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
18 février 2009 3 18 /02 /février /2009 18:12
« D'un côté comme de l'autre, personne ne veut faire une avancée sérieuse »
Victorin Lurel, président du conseil régional, s'est exprimé hier sur les événements, se livrant à un véritable réquisitoire contre les protagonistes de la crise.
Il revient aussi sur ce qu'il attend de la rencontre avec le Chef de l'Etat.


« Les élus, Jacques Gillot et moi-même, proposons une solution de sortie dans la dignité, affirme M. Lurel. Pendant trois mois, nous permettons aux uns et aux autres d'avancer, de permettre à l'Etat de faire une loi. M. Sarkozy va nous recevoir, j'espère qu'il entend ce qu'il se passe chez nous, chez moi. Ce que nous vivons, ce que nous endurons. Je rappelle aux Guadeloupéens que le colonel Bazir a eu presque les larmes aux yeux lorsqu'il a dit : "C'est la première fois que je vois qu'on tire sur des sapeurs-pompiers. Que je ne peux plus faire mon travail. On a mis le feu dans une boulangerie, dans une photothèque et dans une librairie à Blanchard. Ça aurait pu embraser tout le pâté de maisons. On nous a tiré dessus."
J'entends sur une radio nationaliste que j'ai fermé l'Afpa et que ces petits jeunes désœuvrés doivent demander des comptes au liquidateur de l'Afpa, donc à moi. Voilà où nous en sommes, à nous déchirer. Comme si nous n'avions pas le droit d'avoir des idées différentes. »

« On ne doit pas employer n'importe quels moyens »
Il poursuit, rappelant à l'ordre LKP : « Une cause juste ne doit pas employer n'importe quels moyens. Après trente jours de manifestations non violentes, pacifiques, imposantes, belles, comprises et portées par la population, il faut continuer, s'il le faut, dans la même forme de non violence. Tous, on est fiers de parler de Martin Luther King, d'Obama, de Gandhi. Certains parlent de désobéissance.
En le dégradant comme ça, on se comporte en locataires pas en propriétaires. Cibler les incendies, est-ce que cela nous grandit ? Il faut d'autres moyens. Voilà ce que je dis face à un drame inqualifiable.
J'attends du président Sarkozy une parole de compréhension, des engagements pris, donc respectés. Par exemple, un point que tout le monde a oublié, les 19 postes de l'Éducation nationale. Que l'on ne me donne pas des contractuels mais des postes de titulaires. C'est le point 71 des 132 points déjà plus ou moins actés. »

« Il faut attendre un mort pour que M. Jégo dise qu'un accord est prêt »
J'attends que le pré-accord de M. Jégo soit respecté. J'aimerais pouvoir croire à ses communiqués. Les deux experts sont l'arme au pied. En ce qui nous concerne, avec M. Gillot, nous n'avons jamais été informés. On a tenté, en coulisses, en secret, de voir, et le patronat et le LKP. Chaque fois, ça a échoué. Je dois dire, de manière courageuse, que d'un côté comme de l'autre, personne ne veut faire une avancée sérieuse. Seuls Jacques Gillot et moi-même avons fait une proposition pourtant de nature à souder un bon accord. Il faut attendre un mort pour que M. Jégo dise qu'un accord est prêt. L'accord sera possible que si l'Etat se réengage, que s'il respecte sa parole, que si le patronat veuille bien faire une proposition un peu plus satisfaisante, que si LKP se montre moins rigide, accepte de revisiter ses revendications. Là, on se donnera un délai pour aboutir. Ce matin, j'ai parlé avec mon coeur. Je reparle avec ma tête, je reparle avec mon coeur. La Guadeloupe doit faire la preuve qu'elle est capable de se retrouver, de se coaliser et de parler. »

« Une seule proposition pour sortir de la crise »
Victorin Lurel poursuit : « Nous ne ferons qu'une seule proposition au président de la République qui nous reçoit jeudi avec les autres élus d’outre-mer : la
mise en application du pré-accord intervenu entre toutes les parties au conflit le 8
février dernier. Seul celui-ci peut permettre l’augmentation de 200 euros de tous les
bas salaires par les entreprises en contrepartie d’un engagement de l’Etat à hauteur de
108 millions d’euros en exonérations de charges. »
Et de déplorer : « Je rappelle que le gouvernement a, dans un second temps, renié cet engagement après un arbitrage au plus haut niveau. Avec Jacques Gillot, nous pensons que le respect de cette proposition assurerait le retour à une vie normale en Guadeloupe. Ce coût supplémentaire pour les finances de l’Etat est à mettre en rapport avec les 135 millions d’euros d’économies réalisées par l’Etat lors de la réforme de ce même système d’exonérations de charges sociales pour les outre-mer par le vote de l’article 56 de la loi de finances pour 2009. Si, malheureusement, le président de la République venait à confirmer ce reniement de l’Etat, une solution alternative pour permettre aux petites entreprises d’augmenter les bas salaires existe par la taxation de la « pwofitatyon » réalisée indûment par Total, via la SARA, Société antillaise de raffinerie des Antilles, dont elle est l’actionnaire principal au détriment des automobilistes guadeloupéens.
Les premières études gouvernementales démontrent que le scandale de la fixation du prix du carburant par l’Etat conduit à "un enrichissement sans cause des pétroliers avec un taux de rentabilité de 15% au moins pour Total". Une part des 13,9 milliards d'euros de profits historiques réalisés par Total vient en effet de la SARA et donc réalisés par la « pwofitatyon ». Il serait juste et légitime que cet argent soit récupéré pour permettre la hausse des bas salaires et résoudre cette crise historique qui peut, demain, s’avérer dramatique, en Guadeloupe. »

Partager cet article

Repost 0
André-Jean Vidal
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de André-Jean Vidal
  • : Revue de l'actualité politique locale
  • Contact

Texte Libre

Recherche

Liens