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20 février 2009 5 20 /02 /février /2009 20:26
Le désarroi des touristes bloqués en Guadeloupe
 
Au Gosier, station touristique la plus proche de Pointe-à-Pitre, Jean-Michel Lang s'impatiente : « J'appelle tous les jours Air France pour avancer mon départ «, explique ce cadre parisien, l'un des nombreux touristes bloqués dans une Guadeloupe paralysée par le conflit social.
« La situation s'est aggravée depuis lundi, plus rien n'est ouvert et j'en ai vraiment marre », poursuit-il.


Magasins et restaurants aux rideaux baissés, absence de journaux, de taxis, et parfois d'eau dans leurs hôtels: en fait de havre paradisiaque, les touristes ont découvert une île à l'arrêt, aux rues jonchées de voitures brûlées et de tas d'ordures.
« Je pourrais écrire aux amis, mais il n'y a pas de carte postale à acheter, ni de timbre. De toute façon, la poste est en grève, et il n'y a plus de billets de banque dans les distributeurs », ajoute Jean-Michel Lang.
Pour Michel Fabri, arrivé dimanche de Bretagne avec son épouse pour visiter leur fille infirmière, la situation du port la Marina, près de Pointe-à-Pitre, où ils sont hébergés est surréaliste.  « Tout ces magasins fermés, le fait qu'il n'y ait pas un bruit, c'est ahurissant, heureusement qu'on avait fait des achats dimanche, mais maintenant, on vit sur nos réserves », explique t-il.

« On croise parfois des gens très agressifs contre les blancs »

Pour ces habitués de la Guadeloupe, le conflit social a changé quelque chose. « Il y a toujours une majorité de gens adorables, mais on croise parfois des gens très agressifs contre les blancs, ce qui n'était pas le cas avant », explique M. Fabri.
Dans l'hôtel Village Soleil, où ils résident, le petit déjeuner n'est assuré que quand l'hôtel parvient à se faire livrer. Et quand l'eau a été coupée pendant 24 heures, les clients ont du puiser dans la piscine pour remplir les chasses d'eau.
Dans cet établissement de 60 chambres à moitié occupé, seuls deux salariés sur seize viennent travailler, à cause de la pénurie d'essence. Le ménage n'est plus assuré.
Jean Chatain, d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), a navigué jusqu'à la Marina dans l'espoir de faire réparer l'électronique de son voilier, mais les réparateurs ne travaillent pas.  « La situation est tendue, il n'y a rien à acheter, on a mal dormi. On a entendu des explosions, peut-être un réservoir d'essence qui a explosé ».
Il est très inquiet de la situation, juge que « lorsque Elie Domota dit que les forces de l'ordre ont cassé du nègre, il met de l'huile sur le feu ».
Maurice, le patron du "Pirate", seul restaurant ouvert de la Marina mercredi midi, plaisante : « On est deux être ouvert, nous et le marchand de journaux ». Mais si le point presse est "ouvert", c'est parce que sa grille a été forcée et reste béante, cependant que ses rayons ont été vidés.
L'Autrichien Michael Lynn, un marin originaire de Vienne, prend les choses avec philosophie. « Pour une fois, c'est facile de garer son bateau ici, et c'est assez calme. Ce que je regrette, c'est que je ne trouve pas de cigarettes à acheter, mais de toute façon, on repart demain ».
La situation est très différente à Saint-François, à 40 km à l'est de Pointe-à-Pitre.
Un chef d'entreprise parisien, Jean-François Lapierre, dit y passer d'excellentes vacances :  « A part le fait qu'on a vu trois carcasses de voitures brûlées, que les stations services sont fermées et qu'il n'y a pas de ramassage des ordures, la situation est normale ».
« On n'a pas vu un seul barrage sur les routes, déclare-t-il, les restaurants sont pratiquement tous ouverts, un commerce sur deux fonctionne, on est très loin des images vues à la télé ».

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André-Jean Vidal
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