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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 00:53
LE "TERRIBLE" M. VION S'EXPRIME...

Voici un intéressant préambule de Nicolas Vion, le président du Groupement hôtelier de la Guadeloupe, qui fera, aujourd'hui, des propositions au LKP dans le cadre de la réunion de négociations. S'il peut s'exprimer.
Lisons « le terrible » M. Vion.

«Loin d'être polémique, de préambule tient cependant à éclairer un certain nombre de faits qu'il importe de rétablir avec vérité dans la réalité.
PRÉAMBULE :
1. Respect de la parole et d'autrui.
Chaque participant à la réunion du 20 février 2009, (qui s'est tenue au port autonome, dans la salle du Conseil d'Administration), a pu librement constater que le représentant patronal
de l'Hôtellerie Guadeloupéenne - que je suis - n'était pas autorisé par les membres de la représentationLKP, à s'exprimer.
Il est constant que les rares fois où je souhaite m'exprimer, après avoir toujours écouté attentivement et respectueusement mes interlocuteurs - et sans les interrompre - que de vives
réactions s'ensuivent.
Les membres du LKP m'interrompent bruyamment aussitôt que la parole m'est donné par le président de séance, provoquant dès le début de mon intervention, un tumulte général.
Si j'apporte dans mon intervention, des arguments étayés par des chiffres, c'est aussitôt un tolé général avec des commentaires exprimant que je jette de l'huile sur le feu et que c'est
insultant selon eux.
Ma conception du dialogue, et tout particulièrement du dialogue social, a toujours été sous-tendue par une volonté de respect profond envers mes interlocuteurs.
J'en attends autant d'eux, et c'est ce qu'on entend en général par respect mutuel. Chacun a pu constater que les membres du LKP n'ont pas la pratique de cette valeur qui prévaut
dans toute société humaniste dont se réclament les tenants des régimes démocratiques.
2. Contribution écrite du GHTG.
N'ayant pas été autorisé par les membres du LKP, à m'exprimer comme il est de droit que je puisse le faire,  les hôteliers que je représente m'ont chargé de déposer cette contribution écrite
qu'ils approuvent sans réserve. Ils demandent à Monsieur le Préfet, et à Messieurs les Médiateurs désignés par le 1er Ministre du Gouvernement de la France, de bien vouloir en donner
communication à l'ensemble des participants à la table des "négociations".
3. Rappel négociations salariales.
Les négociations salariales collectives des hôteliers du GHTG ont abouti au 1er juin 2007, à la mise en place d'une grille de classifications et de salaires.
Cette dernière grille salariale est mieux disante pour la Guadeloupe que celle de la Grille salariale attachée à la Convention Collective Nationale étendue pour les Cafés-Hôtels-Restaurants-
Discothèques dits CHRD. En effet, au 1er Juin 2007, le taux horaire minimal de rémunération était de 8,73 € en Guadeloupe contre une valeur de 8,27 € dans l'Hexagone, soit 5,78 €.
Cela représente en Guadeloupe une grille dont le 1er niveau de rémunération est supérieur pour 13 mois de 6,03%à celui de l'hexagone au 1er niveau.
Rappelons pour mémoire qu'en métropole, le temps de travail hebdomadaire en pratique dans les CHR est de 39 h contre 35 heures effectives en Guadeloupe.
Rappelons encore l'existence de spécificités locales : 16 jours Fériés Chômés en Guadeloupe contre 4 officiels dans l'hexagone,
et l'existence d'un 13 ème mois en Guadeloupe et qui n'existe pas dans la Convention Collective Nationale, ainsi qu'une prime d'ancienneté de 17 % !
Tous ces éléments font qu'en Guadeloupe on travaille 20 % de temps en moins qu'en métropole pour des rémunérations supérieures de 25 %.
Nos salariés, dès le 1er niveau, avec 13 ème mois et prime d'ancienneté, ont une rémunération annuelle supérieur de 35 % au SMIC.
4. Contexte économique.
L'hôtellerie a vécue une grave crise économique de 2001 à 2006. Depuis 2001, la moité des hôtels de la Grande hôtellerie a disparue, soit 15 hôtels représentant 1600 chambres,
ce qui a conduit 700 salariés directs au chômage, auxquels s'ajoutent les compressions d'effectifs, conséquences de la crise économique. Malgré les différentes réductions de charges
patronales (15,95 % sur 44,05 %) mises en place pour sauvegarder l'emploi, la masse salariales dans l'hôtellerie Guadeloupéenne est encore supérieure à 52 % du Chiffre d'Affaires en
moyenne, contre 32 % dans l'hexagone, sans faire d'autres commentaires sur les 10 % de la Caraîbe qui est notre proche concurrent.
C'est dans ce contete spécifique de l'hôtellerie Guadeloupéenne, avec des comptes d'exploitation dégradés, qu'après la Loi GIRARDIN est aujourd'hui à l'étude la LODÉOM qui concrétise
la reconnaissance par la nation que le Tourisme est un secteur fragile et en difficulté classé comme éligible à la défiscalisation.
Il est évident que le secteur touristique qui représente près de 7 % du PIB de la Guadeloupe, avec un CA 2005 de 370 Millions d'€ (source INSEE) et près de 12.000 emplois, soit un
poids économique supérieur à celui de la canne et de la banane doit être soutenu en terme de stratégie économique porteuse d'emplois et de valeur ajoutée pour la Guadeloupe.
Le mouvement de revendications porté par le LKP depuis le 20 janvier 2009, a dès à présent des conséquences économiques très dommageables pour l'économie touristique :
 - Du 20 au 30 janvier, le Club Med (330 chambres) reconnaît avoir perdu 1 million d'€. Aujourd'hui cet hôtel n'a plus aucun client, et le personnel "Club Med" a quitté le site. En tant que
confrère, je souhaite que cet établissement qui a investi récemment beaucoup d'argent, reprenne vite ses activités.
 - Pierre et Vacances, Résidence de vacances de 500 chambres, n'a plus aucun client.
 - Il en est de même pour le Manganao (Nouvelles Frontières) à Saint François (240 chambres).
Ce sont donc près de  1.100 chambres, en pleine haute saison, qui sont aujourd'hui vides de clients.
G.H.T.G  - N. VION Président, La Maison Créole, Montauban, 97 190 GOSIER
Assocition Loi de 1901 déclarée sous le n° 2/02613
PROPOSITION DU GHTG POUR L'HÔTELLERIE
Le 22/02/09 18:25 -
1/4
Proposition GHTG
Les autres hôtels ne sont guère mieux lotis : sur les 2.100 autres chambres de la Grande Hôtellerie, 1.500 chambres ont chuté de 90 % de taux de remplissage à 20 %.
Globalement, on peut estimer pour le seul secteur touristique  la perte de CA à environ 1 Million d'€ par jour depuis 30 jours, pour la seule hôtellerie, sans compter les pertes de CA
en restauration, dans l'animation touristique, dans les transports aériens et maritimes, et toutes les activités annexes (taxis, lolos, fleurs, souvenirs, sports nautiques, etc...)
Comme l'hôtellerie réalise 70 % à 80 % de son CA annuel en haute saison (de décembre à fin mars) on doit considérer que ces 30 jours d'arrêt économique imposé par des personnes
extérieures à nos entreprises - alors que nos salariés veulent travailler et ne sont pas grévistes - auront des conséquences extrêmement domageables pour l'économie de toute la
Guadeloupe, et en particulier pour son économie touristique.
Certaines entreprises sont dès à présent en difficultés pour payer leurs salariés en février. Il faut envisager, dès la reprise après crise, un véritable plan d'urgence - plan Marschal) pour
l'hôtellerie et le tourisme, sinon la "casse" sera importante. Nous restons à disposition des autorités pour parler techniquement des mesures qu'il est indispensable de mettre en place.
Alors que la haute saison 2008 / 2009 avait commencé avec des CA supérieurs de l'ordre de 20 % par rapport à la même période de l'année précédente,
Alors que l'on pouvait enfin dire la crise derrière nous, et la Guadeloupe repartie vers un futur prometteur,
La triste réalité d'aujourd'hui est que nous allons incontestablement vers du chômage technique, total ou partiel, vers des dépôts de bilan, et en tous cas vers des réductions d'emplois
importantes sources de baisses importantes des revenus des salariés concernés, avec à la clé des pertes définitives  d'emplois probablement importantes .
Si ce désastre économique a duré si longtemps, c'est parce que les revendications étaient totalement démesurées par rapport à ce qu'il est possible pour les entreprises d'accorder.
Ceux qui sont responsables du terrible désastre économique actuel devront répondre assez vite devant leus compatriotres de ces faits têtus qui se vengent quand on les ignore (Lénine).
Le rêve d'un avenir meilleur ne peut s'affranchir dans une économie mondialisée des réalités économiques, en particulier concurrentielles.
Cela étant rappelé, même si cela ne fera pas plaisir à ceux qui voudraient nous faire taire, ou qui voudraient que le dialogue social ne se réduise qu'au seul monologue de leur diktat, La
représentation patronale touristique, en liaison avec ses adhérents, préoccupée de sortir de cette crise, tout en sauvegardant la pérennité des entreprises, dans l'intérêt bien compris de
ses salariés, a cherché des solutions conciliant les attentes exprimées entre le souhaitable et le possible avec réalisme.
Nous ne mésestimont pas certaines questions sociétales. Nous comprenons, voire partageons des préoccupations relatives au pouvoir d'achat. Nous sommes soucieux, comme c'est
aussi notre rôle de chef d'entreprise d'apporter notre contribution à toutes ces questions. Les responsabilités de Chefs d'entreprise sont certes économiques, comptables, manageuriales,
mais aussi sociales et humaines. Le LKP n'en n'a pas le monopole.
C'est dans cet esprit que nous avions envisagé pour 2009, dans le cadre de nos négociations salariales collectives, une hausse de 3 % soit 45 €.
Cela était tout à fait raisonnable le 20 janvier 2009. Est-ce que cela l'est encore envisageable aujourd'hui 20 février 2009 ?
Plus les jours passent, sans chiffre d'affaires, sans les clients qui nous ont désertés, avec des TO courroussés, avec une haute saison qui a coulé, au-delà des rêves d'un jour, que reste t'il de possible ?
Malgré cette situation extrême, nous avons proposé pour le tourisme une prime de 50 € mensuels pour chaque salarié jusqu'à 1,4 SMIC et 3% au delà de 1,4 SMIC, à compter du 1er juin
2009, et sous la condition qu'il s'agisse d'une prime de bas de feuille de paye, pour que ce montant ne soit pas :
 - amputé de charges salariales et pour que le salarié touche l'intégralité de ces 50 €,
 - amputé de charges patronales afin de ne pas enrichir l'état par notre effort exceptionnel.
Cet effort de 50 € est l'effort maximum qui peut être consenti  pour le tourisme au 20 février 2009.
Le 25 février, nous devrons, en fonction des circonstances, examiner si cette proposition peut toujours être maintenue.
Quoiqu'il en soit, notre proposition ne vaudra que pour autant qu'elle soit signée par les partenaires sociaux, que les exonérations soient maintenues INTÉGRALEMENT pendant une durée de 3 ans,et que l'activité
économique reprenne rapidemment. Cette prime, à caractère exceptionnel, ne saurait constituer un avantage acquit.
Cette proposition aura valeur de NAO pour toutes les entreprises et pour l'année 2009, que ce soit pour des négociations d'entreprise ou collective.
Le 22/02/09 18:25 -

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André-Jean Vidal
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