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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 19:41

UN DEBUT DE PANIQUE À POINTE-À-PITRE
   
Les négociations ont repris lundi en Guadeloupe entre le Collectif Liyannaj kont pwòfitasyon (LKP,) le patronat et l'Etat, après un week-end calme, mais dans un climat pessimiste.


La discussion, commencée à 11 h 20 à Pointe-à-Pitre, dans la capitainerie du port autonome, a été suspendue peu après 14 heures, les syndicalistes ont suspendu la séance pour s'adresser à leurs militants massés devant l'immeuble.
Ils ont affirmé leur opposition « à la combinaison allocation-salaire », en refusant la proposition gouvernementale de compléter les salaires avec une part de RSA. Les négociateurs ont mis l'accent sur une proposition de l'UCEG, la toute nouvelle organisation de petits patrons proche du LKP.
L'UCEG propose d'augmenter immédiatement les salaires de 100 euros, moitié à la charge des entreprises, moitié à celle des collectivités locales.

Des négociations « très complexes »

Les 100 euros manquants proviendraient de la suppression de la CSG et de la CRDS durant trois ans, le temps que le patronat puisse en assumer le coût.
Plusieurs centaines de militants accompagnaient les six délégués et les experts du LKP à leur arrivée. Olivier Besancenot (NPA), s'était joint à la marche.
Le préfet Nicolas Desforges a retrouvé autour de la table Elie Domota, porte-parole du LKP et les deux médiateurs envoyés par le gouvernement.
Principale revendication du LKP, qui a lancé la grève le 20 janvier: plus 200 euros nets pour les bas salaires.
La présidente du Medef, Laurence Parisot, a déclaré que les négociations en Guadeloupe sont « encore très complexes ».
Elles avaient été suspendues vendredi, avant un week-end marqué par les obsèques très suivies de Jacques Bino, syndicaliste tué par balles à un barrage.

Un début de panique

L'effort que se propose de faire l'Etat est conséquent, selon un tableau de dépenses transmis par le gouvernement aux parlementaires: il fait apparaître que la moitié des 150 millions d'euros d' « améliorations » prévues du projet de loi de développement économique de l'Outre-mer consiste en des allègements de charges patronales.
Pourtant, le gouvernement comptait économiser 138 millions d'euros par an en outre-mer sur ce chapitre.
Le tableau parvenu à l'AFP comprend un projet d'exonération de taxe professionnelle pour les commerces de moins de 10 salariés (coût: 35 M euros).
Le chiffrage du secrétariat d'Etat totalise 764 M euros pour « le plan de réponse à la crise outre-mer ».
Elie Domota avait qualifié dimanche de « véritable usine à gaz » la proposition des médiateurs pour approcher les 200 euros réclamés.
Les observateurs estiment que les barrages pourraient rapidement réapparaître en cas de rupture des négociations.
Presque tous les axes routiers ont été déblayés par des entreprises réquisitionnées à l'exception, selon la préfecture, d'un barrage à Baie-Mahault, où les forces de l'ordre n'ont pas souhaité intervenir contre des occupants è très agressifs ». 35 stations-services ont été réquisitionnées lundi.
Dans le centre de Pointe-à-Pitre, des manifestants ont défilé pour faire fermer les commerces. En banlieue, des files d'attente se sont formées devant au moins deux supermarchés.

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André-Jean Vidal
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