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26 février 2009 4 26 /02 /février /2009 13:17
En Guadeloupe, l'inquiétude grandit pour la récolte de canne à sucre    
La récolte de canne à sucre, principale ressource agricole de la Guadeloupe paralysée par une grève générale depuis le 20 janvier, prend du retard et serait compromise si le conflit s'éternisait, estiment les professionnels.
Neuf mille personnes, planteurs, ouvriers agricoles, transformateurs, vivent sur l'île de cette plante, dont la récolte se déroule uniquement pendant la saison sèche, qui va de février à juillet.


Cette année, on évalue à 600 000 tonnes le volume de cannes, âgées de 10 à 18 mois, qui devraient être coupées pour le sucre et à 60 000 tonnes la récolte destinée aux rhumeries.
« C'est au coeur de la saison sèche, en mars-avril, que la canne a le taux de saccharine le plus intéressant, car il peut monter jusqu'à 12 ou 13%, alors qu'il suffit qu'il y ait des pluies régulières, qui commencent en juillet-août, pour que le taux se dilue dans la sève et tombe à 7%. Ce n'est alors plus rentable », explique le PDG de la principale usine de traitement de canne, Ivan de Dieuleveult.

« On peut récolter jusqu'au 10 août »

La fabrique de sucre Gardel du Moule, qui traite en temps normal 5 400 tonnes de cannes par jour, emploie 330 salariés. L'usine abrite de très grosses machines sophistiquées qui sont démontées à la fin de la récolte et remontées et vérifiées au début de la campagne.
Au début de la grève le 20 janvier, il restait trois semaines de montage des machines avant de commencer la fabrication de sucre. « Si on reprenait maintenant, l'usine pourrait fonctionner vers le 18 mars et la campagne pourrait être sauvée, après on ne pourra pas tout récolter », assure M. de Dieuleveult.
L'usine Gardel est structurellement déficitaire et a accumulé, selon son PDG, « 20 millions de résultats négatifs depuis 1997 ».
Le représentant du collectif intersyndical LKP (qui mène la mobilisation dans l'île pour obtenir une augmentation de salaire de 200 euros) chez Gardel, Martial Bisram, estime que même en cas d'accord rapide au niveau de l'île, le travail dans la sucrerie ne reprendra « qu'après la satisfaction de revendications spécifiques à l'entreprise ».
« Gardel a reçu il y a plusieurs années des aides de l'Etat et les a utilisées pour investir non pas dans l'usine, mais dans des supermarchés. Les difficultés actuelles ne sont pas de notre fait », a-t-il affirmé.
Un représentant des planteurs, Luc Machecler, explique pour sa part: « on nous achète la canne 56 euros la tonne, (32 euros venant de la sucrerie et 24 de subvention de l'Etat), un prix d'achat qui n'a pas changé depuis 2000 », explique-t-il.
« On a déjà perdu de l'argent, on aurait dû toucher l'argent des premières livraisons. Si on ne peut pas livrer toute la récolte avant juillet, on aura une immense perte, car on ne peut plus récolter sous la pluie, les camions s'embourbant », assure-t-il.
Un petit planteur, Georges Magdeleine, dont le syndicat des producteurs agricoles de la Guadeloupe fait partie du LKP, est plus mesuré. « Ne pas tout récolter est un risque que j'assume par solidarité avec le LKP. Il faut rester optimiste, il y a 3 ans, on a pu récolter jusqu'au 10 août », déclare ce propriétaire de 12 hectares.

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André-Jean Vidal
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