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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 19:42

Guadeloupe et Martinique risquent de connaître une fin de conflit tendue

Pointe-à-Pitre, Fort-de-France, envoyés spéciaux

La Guadeloupe et la Martinique vont-elles signer en même temps, lundi 2 mars, l'accord qui mettra fin à leur mouvement social ? En Martinique, après vingt-cinq jours de grève générale, le Collectif du 5 février 2009 a annoncé, dimanche, qu'il acceptait la dernière proposition, formulée la nuit précédente par le patronat.

L'accord cadre devrait être finalisé et signé lundi. Il prévoit que chaque salarié percevant jusqu'à 1,4 fois le Smic bénéficiera d'une augmentation de 200 euros, financée par les entreprises, l'Etat, les collectivités locales – comme en Guadeloupe.

Samedi, vers trois heures du matin, le Medef et ses associés avaient proposé des augmentations importantes. La signature paraissait imminente. Mais la ligne dure réunie autour de Ghislaine Joachim-Arnaud, secrétaire générale de la CGT-Martinique (proche de Lutte ouvrière) l'emportait et réévaluait la revendication à 250 euros pour les salaires, les minima sociaux, les retraites…

Dimanche, les modérés ont repris l'avantage, s'appuyant sur une population pressée d'en finir. Toute la journée, le mouvement n'a cessé de se déliter. Les petits artisans, qui soutenaient massivement la grève, ont annoncé leur intention de reprendre leur activité. Une partie des camionneurs qui bloquaient le port levait les barrages. Des enseignants et des parents appelaient à la reprise de l'école. Des maires négociaient la réouverture partielle de leur administration.

Le président du conseil régional, l'indépendantiste Alfred Marie-Jeanne, signifiait également son agacement. Finalement, dimanche soir, Michel Monrose, président du Collectif, a repris les rênes et accepté l'accord-cadre.

REFUS DE DIRE "POUCE"

En Guadeloupe, à Pointe-à-Pitre, plusieurs milliers de personnes réunies devant le palais de la Mutualité ont décidé, dimanche soir, à main levée, la poursuite du mouvement. Tant que les dirigeants du LKP n'auront pas de papier officiel pour formaliser les dernières négociations sur le gel des loyers, les prix des produits de première nécessité, la baisse du prix de l'eau et de l'essence, ils refusent de dire "pouce". Ces revendications paraissent cependant acquises et le LKP se prononcera lundi après-midi dès réception de l'accord final.

En attendant, il prévoit de durcir le mouvement, lundi matin, en se rendant dans les entreprises, pour forcer les patrons non signataires à se conformer à l'accord du 27 février qui prévoit 200 euros d'augmentation pour les plus bas salaires.

A Paris, la ministre de l'intérieur, Michèle Alliot-Marie a réitéré son appel au Medef à avoir "lui aussi, une attitude responsable." "Cette grève a beaucoup duré. Aujourd'hui, elle porte atteinte à la liberté d'aller et de venir, de pouvoir travailler, de pouvoir s'approvisionner normalement, à la liberté des enfants d'aller à l'école. Tout cela doit s'arrêter", a-t-elle déclaré lors de l'émission Dimanche soir-politique.

Samedi, l'atmosphère s'était détériorée entre le LKP et le préfet, Nicolas Desforges. Peu avant 18 heures, celui-ci quittait la table des négociations, pour aller faire une conférence de presse, quasi en catimini. Le message était simple : "Je veux dire, au nom de l'Etat, que le retour à la vie normale, auquel les Guadeloupéens aspirent, s'impose désormais."

Mais Elie Domota, porte-parole du Collectif, et ses lieutenants considèrent que ce n'est pas au préfet de siffler la fin du mouvement social.

Béatrice Gurrey et Benoît Hopquin

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André-Jean Vidal
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