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8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 14:48
Tribune Libre de Cédric Roelandt

"Frères humains qui après nous vivez
n'ayez les coeurs contre nous endurcis
car si pitié de nous povres avez
Dieu en aura plus tost de vous mercis"                                                                                                

François Villon, poète et brigand français du XV siècle
Le Lamentin, le 03 mars 2009

 

L'éviction (ou plutôt le putsch picaresque) dont a été victime la FSU et plus particulièrement le SNES, orchestrée par  le "collectif du 5 février" avec la complicité malveillante du conseil régional de Martinique à la fois me font dresser d'horreur les poils de ma peau de métèque et nous ramène au coeur des débats et de polémiques d'un autre temps, pourtant pas  si loin de nous que cela, et dont le national socialisme allemand a été le paradigme exemplaire.

En effet, avec le délire fascisant et xénophobe du concept d'"originaire", avancé par les syndicats cités plus haut et relayé par une frange du conseil régional, se pose une question essentielle qu'il convient de mettre en lumière afin que de faux arguments ne viennent l'éluder sournoisement et démagogiquement.
Cette question va au delà des particularismes et est tout simplement celle qui renvoie à la définition de ce qu'est un Homme! Quels sont ses droits , et ici donc, dans la situation qui nous préoccupe: qui peut être qualifié d'Homme? En effet le droit égal pour tout homme de travailler librement où il le souhaite et en fonction de ses compétences est inscrit à la fois dans la déclaration universelle des droits de l'homme et du citoyen ainsi que dans le préambule à la constitution française , qui reprend la déclaration de 1789.
Et c'est contre ce droit ,dit naturel, qu'une partie du "collectif du 5 février" et certains élus du conseil régional s'élèvent avec violence, fausse démagogie et perfidie. En effet, exclure une partie des citoyens français(essentiellement les métropolitains ou visages dits "pâles", mais pas seulement, car cela va bien au delà: réunionnais, guadeloupéens, européens), du droit à travailler en fonction de ses mérites et dans le lieu qu'il souhaite est plus qu'une entorse à l'encontre des règles et des valeurs de nos sociétés de droit: c'en est presque un crime!
C'est même un crime envers les martiniquais eux mêmes qui ont fait le choix, pour beaucoup, quoiqu'on en dise, de travailler où ils le souhaitent et pas nécessairement à la Martinique.
Prenons un exemple caricatural mais concret et parlant pour débuter: dans cet ordre "d'idée" on peut aussi se poser la question de savoir quoi faire en France métropolitaine des 300 000 domiens, martiniquais compris, qui travaillent librement dans le secteur privé et surtout public. Si ce concept est avalisé, reconnu et appliqué et si les autres régions françaises adoptaient le même point de vue (très court), ou irions nous????? Des sociétés encore plus cloisonnées, méfiantes les unes des autres, des familles, des amitiés, des échanges multiples mis à sac .
N'est-ce pas en cela un signe de régression MORALE et SOCIALE. Comment voulez vous que les peuples et les cultures et les sociétés se comprennent, échangent, progressent, prospèrent ensemble, se reconnaissent tout simplement sans se côtoyer au quotidien dans le respect mutuel de chacun.
Dans un monde globalisé où nous sommes tous interdépendants (Etats, sociétés, entreprises, familles, individus), où les cultures sont comme des organismes vivants qui s'enrichissent et s'enfantent mutuellement, en perpétuel changement, au contact les unes des autres (je fais des mathématiques en utilisant des chiffres...arabes, beaucoup de musiques que nous écoutons et aimons sont nées du blues africain qui a  engendré le rock, le jazz, le reggae etc....).
Quoi de plus obsolète, néfaste et dangereux que de prôner le repli identitaire et xénophobe qui engendre nécessairement des passions tristes ou négatives que sont la haine, la colère, le ressentiment le jalousie et qui sont le marécage nauséabond sur lequel se bâtissent les régimes les plus autoritaires et totalitaires.
Ces régimes, peut-être espérés par certains personnages qui composent la commission éducation du "collectif" et qui rêvent de castrisme ou de macoutisme ne seront que le cauchemar d'une population en demande de liberté et d'égalité. Ces idéologies totalitaires, sectaires et ségrégationnistes ne feront qu'une victime: le Peuple, son intelligence et sa capacité à viser l'excellence pour lui même et ses enfants.
En effet, cette excellence ne peut venir que d'une plus large rencontre et de contacts avec toutes les formes d'intelligences existantes, c'est à dire nécessairement dans un contexte de compétitivité élargie. C'est en ce sens une insulte à l'intelligence des martiniquais que de vouloir les exclure de tout rapport de compétition intellectuelle et professionnelle avec l'ensemble des individus et citoyens qui compose la France, l'Europe mais aussi et d'abord car c'est notre monde proche, les Amériques et la caraïbe.

« Nous sommes des êtres de convergence et de différence »


C'est aussi un crime contre la culture créole que de vouloir l'isoler sur elle-même. Ou serait CÉSAIRE, FANON, ZOBEL, GLISSANT, CHAMOISEAU, KASSAV, CHARPENTIER et j'en passe, pardon pour eux (mon esprit est trop étroit pour me rappeler dans l'instant la grandeur de la multitude des écrivains, artistes, intellectuels, penseurs, artisans, entrepreneurs, cuisiniers, hauts fonctionnaires, ingénieurs, pilotes......) qui ont fait et qui font rayonner la Martinique, et qui "n'existeraient pas " si  leurs pensées et leurs actions ne s'étaient réalisées dans l'ouverture à l'autre, et dans l'acceptation et l'écoute par ces mêmes autres.
Nous sommes des êtres de convergence et de différence, et c'est dans ces altérités réciproques  que résident une des convergences majeures: l'essence même de nos êtres est justement que nous sommes tous ,pris individuellement mais aussi culturellement, des projets propres, à soi.
Ce qui fait que nous sommes tous égaux, que tout homme vaut tout homme, qu'aucune culture n'est supérieure ou inférieure à une autre, c'est justement paradoxalement le fait d'être intrinsèquement tous autres, tous différents les uns des autres.
C'est par exemple ce que n'avait pas compris ni senti LAS CASAS quand il s'interrogeait de façon barbare sur la qualité humaine des amérindiens; Car le fond du problème et des positions xénophobes tenues par une partie des gens qui composent "le collectif", qui trahissent par ailleurs les mouvement internationaliste dont pourtant ils ont le culot de revendiquer l'appartenance, (car le véritable internationaliste est aussi et profondément un UNIVERSALISTE), c'est la proposition éculée et immorale d'une conception de l'homme.
Conception étriquée, qui se limite à une appartenance culturelle, ethnique et "raciale". Et dont des partis fascistes comme le Front National en France (avec le thème de la préférence nationale et de "France aux Français" sont des partisans actifs.

« Il ne ne faut  jamais en dépit des horreurs de l'histoire, confondre la justice avec la vengeance »


A Quel recul éthique, moral, intellectuel, social, esthétique n'assistons-nous pas en ce moment, dans ce pays que l'on dit pourtant si joliment et judicieusement "mêlé"??!!
Que d'effort il va falloir encore et de nouveau déployer pour contrer et pointer du doigt les propos humainement inacceptables qui sont tenus en ce moment sur nos médias par les usurpateurs et revanchards de la démocratie élective et qui malheureusement vont peut-être faire leur chemin dans de nombreux esprits échaudés dont l'encéphale est en relation directe avec un estomac vide ou mal nourri par une situation économique générale difficile et que l'on excite à dessein par 5 semaines  de privation, non pas de luxe ou d'artifice mais de simples produits de nécessité!
En cela il est plus qu'impérieux de réagir à la montée de l'intolérance.
Personne, et nos compatriotes martiniquais de l'hexagone le confirmeront malheureusement, n'aime à être exclus de la communauté sociale et humaine. Il ne ne faut par conséquent jamais en dépit des horreurs de l'histoire, confondre la justice avec la vengeance. Socrate disait en ceci qu'il ne faut jamais répondre à une injustice par une autre injustice, et même s'il allait plus loin en avançant l'idée selon laquelle il vaut mieux subir une injustice que de la faire soi même.  Il est encore plus souhaitable ni d'en être victime ni d'en être l'auteur!

Cédric ROELANDT, enseignant de philosophie.
 
 Ah oui, pour prévenir à tout procès d'intention malveillante pleine de particularisme et de ressentiment, je tiens à préciser, que MON PAYS, C'EST LE MONDE, MA NATION, L"HUMANITE"!

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André-Jean Vidal
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