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8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 21:15
« Le LKP n'a pas vocation à se transformer en parti politique. La ligne éditoriale de l'UGTG, majoritaire au sein du collectif qui compte 49 organisations, c'est le mouvement social.
Pierre-Yves Chicot, maître de conférence en droit public à l'université Antilles-Guyane

« La fin du clientélisme, du népotisme, ça c'est souhaité par toute le monde. Maintenant, aller plus loin en direction de l'autonomie, là je peux vous dire que personne n'est d'accord.
Frédéric Régent, secrétaire général de la FSU

« Toutes les méthodes propres aux indépendantistes, c'est-à-dire leur côté tonton macoute, dictatorial, est ressorti à la fin et le soutien enthousiaste que manifestait la population s'est transformé en méfiance.
Jacky Dahomay, professeur de philosophie et membre démissionnaire du Haut Conseil à l'Intégration (HCI)




Le LKP n'a "pas vocation" à devenir un parti politique, jugent les experts

Même si son "programme" de revendications concerne tous les aspects de la vie, et qu'il a surgi dans une "faillite" des institutions, le LKP n'a pas vocation à conquérir le pouvoir, en vue d'une autonomie ou de l'indépendance, estiment plusieurs experts.

"Le LKP n'a pas vocation à se transformer en parti politique", juge Pierre-Yves Chicot, maître de conférence en droit public à l'université Antilles-Guyane. "La ligne éditoriale de l'UGTG", majoritaire au sein du collectif qui compte 49 organisations, "c'est le mouvement social".
"Je ne crois pas que le LKP puisse se transformer en une organisation pérenne, solide", abonde Jacky Dahomay, professeur de philosophie et membre démissionnaire du Haut Conseil à l'Intégration (HCI).
Cela "malgré tout le bénéfice qu'ils ont eu", auprès de la population qui les a soutenu jusqu'à la signature mercredi d'un accord de fin de grève que le préfet Nicolas Desforges lui-même a qualifié de "programme"
"Mon organisation est contre", tranche Frédéric Régent, historien et représentant FSU au sein du collectif. "Et nous ne sommes pas la seule".
L'un des points de divergence est bien sûr la question du statut de l'île. Elie Domota, leader du LKP, "qui a grandi en tétant le mamelon du marxisme-léninisme", selon M. Chicot, n'a jamais caché ses ambitions indépendantistes.
"La fin du clientélisme, du népotisme, ça c'est souhaité par toute le monde", dit M. Régent. "Maintenant, aller plus loin en direction de l'autonomie, là je peux vous dire que personne n'est d'accord".
"A la fin du mouvement, la population leur a dit, on vous a soutenu pour le mouvement social, on ne vous a pas soutenu pour le changement de statut", confirme M. Dahomay.
Et pour cause. "Les gens sont foncièrement Français, ici. Parce qu'on n'a jamais rien connu d'autre que la République", dit M. Chicot. Lors du référendum organisé en 2003 sur un changement statutaire près de 75% avait voté contre.

Certaines pratiques aussi ont déplu


"Toutes les méthodes propres aux indépendantistes, c'est-à-dire leur côté tonton macoute, dictatorial, est ressorti à la fin et le soutien enthousiaste que manifestait la population s'est transformé en méfiance" ajoute M. Dahomay.
Si le collectif a pris très vite une dimension politique, c'est qu'il a rempli le "vide sidéral" laissé par les élus locaux, explique M. Chicot. "
"Lorsque vous avez deux présidents, du conseil régional et du conseil général, qui se réclament de l'idéologie de gauche (...) et qui font une politique de relance en privilégiant l'investissement, ça pose un problème", poursuit-il : les membres du LKP "sont comme des redresseurs de torts des gouvernants politiques".
"La classe politique a failli dans le cadre de ce conflit, c'est indéniable", renchérit M. Régent. "Il n'aurait peut-être pas eu lieu si les élus depuis des années avaient fait les choses correctement en respectant les règles, en respectant la loi."
Alors quel avenir pour le mouvement ? Certainement un lieu de débat, de conscience pour la société civile, pronostiquent les experts. Mais pas plus.
"Je crois que le LKP ça a été un moment", dit M. Dahomay.
"Après, si demain M. Domota ou M. Untel ou madame Untel veut sortir du LKP et aller conquérir un poste électif, à ce moment là ils sont libres de le faire", conclut M. Chicot.

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André-Jean Vidal
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