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8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 21:17
LKP: un discours volontiers ambigu sur la question raciale

Le LKP tient, sur la question raciale, un discours volontiers ambigu, qu'il ne faut toutefois pas caricaturer, selon des experts.

Vendredi, le parquet de Pointe-à-Pitre a ouvert une enquête judiciaire notamment pour provocation à la haine raciale après les déclarations du leader du collectif, Elie Domota, qui avait affirmé à la télévision que "nous ne laisserons pas une bande de békés rétablir l'esclavage", référence aux descendants de colons blancs.
Ce n'était pas la première fois que le leader du LKP frayait avec la ligne jaune, dans ce domaine. Il avait déjà parlé de "ghetto blanc" pour dénoncer la spéculation immobilière sur l'île, rappellent plusieurs experts.
Mais la distinction est toujours ténue entre la désignation négative d'un groupe racial et la dénonciation d'un fait social, soulignent-il.
"C'est très ambigu", explique Jacky Dahomay, professeur de philosophie et membre démissionnaire du Haut Conseil à l'Intégration (HCI).

C'est qui... yo ?

Par exemple la chanson des sympathisants du LKP: "La Gwadloupe sé tan nou, la Gwadloup a pa ta yo ".
"Le "vous" n'est pas précisé", commente-t-il. "Cela peut être aussi bien le métro(politain), aussi bien le béké, mais peut-être aussi bien tous les exploiteurs guadeloupéens".
Pour lui, ce slogan doit d'abord se lire comme "une volonté de réappropriation de soi".
L'option raciste n'a pas été retenue par le LKP, pense-t-il. "Ils ont été tentés par cela, mais il sont freiné". Car "il n'y a pas en Guadeloupe un ressentiment équivalent vis-à-vis des békés qu'en Martinique".
Pour Frédéric Régent, historien, représentant FSU au sein du collectif et auteur de "La France et ses esclaves, de la colonisation aux abolitions 1620-1848" (Grasset, 2007), la référence aux blancs "est un raccourci".
S'ils sont parfois mis à l'index, "c'est en raison de ce qu'ils représentent socialement". "Quand on dit békés on s'adresse uniquement à une caste socio-économique précise", insiste-t-il.
L'historien ajoute toutefois que lui-même ne permettrait jamais les "dérapages verbaux" de certains membres du collectif. Il révèle aussi que la FSU avait vainement insisté pour que la revendication du LKP d'une "priorité d'embauche aux Guadeloupéens", soit explicitement assortie de la mention "à compétence égale".

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André-Jean Vidal
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