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9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 23:23
L’ŒUF EST CASSÉ
Par Pierre Martin

Non, il n'y aura pas de révolution aux Antilles. C'est une "crise", juste une crise...
Les Antillais sont fondamentalement individualistes et opportunistes ; et ce n'est pas une critique.
Pour l'instant, ils sont manipulés, mais ce ne sont pas des “imbéciles”, ils vont ouvrir les yeux, ouvrir leur portefeuille, et voir qu'il est vide.
Après avoir crié la rage des habiles manipulateurs, ils retrouveront leur place dans la société, et plus particulièrement dans la société de consommation qui les élève au rang de citoyen comme les autres.
Les 200 euros qu'ils auront gagnés, si entre temps ils n’ont pas perdu leur emploi, ils les dépenseront joyeusement, et on les comprend.
Le Monde est le Monde, les Hommes sont les Hommes.
Les 200 euros finiront dans la poche des "riches", comme c'est le cas depuis le début de l'humanité et comme ce sera toujours le cas...
Pour certains, 200 euros seront 200 euros, mais pour d’autres, 200 euros deviendront 400, puis 600 puis 1000...
 
Qui aura vraiment “gagné” ?
 
Le plus triste, c'est que les rancoeurs, fruits d'un passé honni, sont ravivées.
Les clivages ethniques sont exacerbés ; le processus de réconciliation est durablement stoppé.
Le début de confiance qui s'installait entre composantes de la société est anéanti.
Les investisseurs iront placer leur argent ailleurs, l'assistanat prendra de plus en plus de place, et le projet d'une Guadeloupe et d'une Martinique responsables n'est pas prêt de voir le jour.
Ce ne sont pas 200 euros et moins 20% sur le prix du riz qui rendent les hommes heureux.
Réduire la fierté d’un peuple à son pouvoir d’achat, c’est méprisant.
Pour emmener un oeuf d’un point à un autre, mieux vaut marcher que courir.
L’œuf est cassé.
 
Pierre Martin
Sociologue engagé

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commentaires

Myrdyn 10/03/2009 00:32

Les fameux oeufs, dont les utopistes nous disent qu'on ne peut éviter de les casser lorsqu'il est question de révolution !

Le plus triste est qu'il aurait fallu se rapprocher en vue de la crise économique mondiale qui ne fait que commencer. A la place, comme l'auteur le souligne fort justement, les liens inter-communautaires sont abîmés et le minimum de capital confiance indispensable pour investir où s'investir dans un projet en Guadeloupe, s'est évaporé.

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