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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 15:51
Un plaidoyer pour l’Art 73 (DOM) inattendue…de la part d’un brillant intellectuel …fable ? ou projet ?

 
 Extrait de l'article  : UN TRACTEUR QUI BRULE OU LE BOOMERANG DE L’HISTOIRE
publié le lundi 9 mars 2009 par Raphaël CONFIANT in MontrayKreyol.

Le dilemme du présent

Reste que les explications historiques, c’est bien joli, mais pour diriger (ou prétendre diriger) un pays, on ne peut pas s’en contenter. Ceux qui auront à diriger la Martinique autonome de demain, puis la Martinique indépendante d’après-demain, seront bel et bien confrontés à cet énorme problème d’une ville-capitale, à laquelle il faut ajouter son appendice, Schoelcher, dont elle n’est séparée par aucune frontière, qui ne produit strictement rien. Un ensemble parasitaire de 130.000 habitants, soit plus du quart de la population du pays, qui ne survit que grâce aux transferts financiers de l’Etat français, soit de manière directe soit de manière indirecte (impôts locaux, payés par les fonctionnaires notamment). Une aberration dans la Caraïbe où dans aucune île, on n’observe un tel phénomène, même pas en Guadeloupe qui pourtant a subi, et continue de subir, le même système colonial que la Martinique. Cette dernière ressemble à une sorte de pays hydrocéphale, c’est-à-dire un corps maigrichon portant une énorme tête vide.

Pays ingérable donc…

Car si on met de côté l’histoire, la scélératesse des Békés et bla-bla-bla, si on examine froidement ce qui s’est passé l’autre vendredi sur la Rocade, ce n’est jamais que le triste affrontement de la Martinique qui ne produit rien et qui vit des transferts financiers français et de la Martinique qui produit (même si elle pollue, même si elle bénéficie elle aussi de subventions franco-européennes etc.). C’est l’affrontement du Rmiste, du djobeur, du chômeur avec l’agriculteur, qu’il soit conducteur de camion et de tracteur, petit planteur nègre ou gros planteur béké. L’affrontement de la Ville parasite et de la Campagne qui produit. On peut comprendre qu’un tracteur ne symbolise rien pour un Rmiste et qu’il y foute le feu sans le moindre état d’âme, reste que dans une perspective (prochaine ou probable) de prise en charge par les Martiniquais de leur propre pays, cela pose un énorme problème qu’il faudra résoudre aussi sans…états d’âme.

Une fois que les transferts financiers, allocations, 40% et autres subventions franco-européens ne couleront plus à flot, il faudra bien s’attaquer au problème de l’hydrocéphalie de la Martinique. Et là, je ne vois, pour ma part, que des lois communistes pour tenter de le résoudre :

. loi contre le parasitisme de la Cuba communiste : la ley sobre el estado peligroso (la loi sur l’état dangereux), dans son article 72, poursuit ceux qu’elle nomme les « parasites sociaux », les « délinquants » et autres « criminels », en fait ceux qui refusent de travailler.

. loi visant au transfert à la campagne des populations inutiles dans les villes du Cambodge communiste : sans sombrer dans le polpotisme, il est clair qu’une Martinique non dépendante d’un Papa Blanc ne pourra pas vivre avec plus du quart de sa population dans la capitale d’autant que cette capitale ne produit rien du tout. Cette Martinique ne pourra pas supporter non plus que sa région la plus fertile, le Nord-Atlantique, continue à se désertifier. Il faudra donc prendre des mesures de transfert de certaines populations urbaines vers ladite région.

. loi instaurant une sorte de passeport pour empêcher l’exode rural et l’installation anarchique dans les villes de la Chine communiste : un habitant des campagnes chinoises ne peut pas décider de quitter sa campagne pour s’installer en ville comme un habitant de Macouba peut décider d’aller vivre à Fort-de-France. En Chine, il faut un « pass », une autorisation de résidence en ville, et tous les jours des dizaines de milliers de « mingong » ou travailleurs migrants sont refoulés sans ménagements vers les campagnes.

. loi instaurant l’enfant unique de la Chine communiste : la Martinique a déjà une densité de 240 habitants au Km2, l’une des plus fortes du monde, et son territoire n’est, hélas, pas extensible, ce qui veut dire qu’au-delà de 400.000 habitants notre pays devient ingérable à tous points de vue (économique, écologique, social etc.), sauf à compter sur l’aide extérieure ou, pour appeler un chat un chat, la charité internationale. Il faudra trouver un moyen de stopper la natalité et d’enrayer ce cinéma de milliers de femmes qui font quatre ou cinq enfants, qui vivent d’allocations (« Je travaille pour la Caf ! » ironisent certaines), qui passent leur journées à regarder des feuilletons du genre « Amour, gloire et connerie », qui paradent (y compris dans les manifs !) avec des colliers-forçat et des lunettes de soleil dernier cri et qui, pour certaines, pestent contre les immigrés saint-luciens et haïtiens qui viennent « voler le travail des Martiniquais ». Dans une Martinique responsable de son destin, 1 enfant par femme ou par couple, ce sera bien suffisant.

On comprend que certains de nos « grands » révolutionnaires, mesurant sans doute l’ampleur et la sévérité des mesures qu’il faudra prendre dans une Martinique devenue responsable d’elle-même, préfèrent évacuer la question du statut et se complaire dans la seule défense des droits des travailleurs au sein du confortable cocon « domien » et franco-européen. Car ils savent pertinemment que ce qu’ils réclament à hauts cris aujourd’hui, jamais ils ne pourraient l’obtenir dans une Martinique autonome et encore moins indépendante. Ils savent bien que dans aucun pays indépendant de la Caraïbe__que ce soit la très communiste Cuba au nord ou la très capitaliste Barbade au sud__on ne verrait une grève générale bloquer le pays pendant plus d’un mois. Pourtant, dans ces îles, quel qu’en soit le régime politique, il existe bel et bien de la « pwofitasion » et autant, sinon plus qu’en Martinique ! Frantz Fanon, dans « L’An V de la Révolution algérienne », avait d’ailleurs pointé du doigt le fait que dans une colonie, la lutte des classes peut gêner, voire entraver, la lutte de libération nationale. Ce qu’il écrivait à propos d’une vraie colonie, d’une colonie classique comme l’était l’Algérie est dix fois plus vrai dans une colonie aberrante, une colonie de consommation comme la Martinique.

Répétons-le : une Martinique autonome demain et indépendante après-demain ne pourra résoudre la question de l’hydrocéphalie de notre pays que par l’instauration de lois communistes. Celles évoquées plus haut.

J’attends donc que certains aient le culot de me traiter de réactionnaire petit-bourgeois pro-capitaliste !

Raphaël Confiant

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André-Jean Vidal
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commentaires

Le tracteur n'est plus 18/03/2009 14:08

Imaginons : un agriculteur vigneron ou maraîcher se démène pour produire bio. Il n'emploie pas de produit toxiques, n'imbibe pas ses terres de composants chimiques, respecte les saisons, Et pourtant, il utilise un tracteur. Cet engin, si rapide et si commode, brûle un carburant fossile venu de l'autre bout du monde et dont la combustion produit des gaz nocifs ...
Le paradoxe est facile à constater Il est plus ardu d'y apporter une solution concrète.
L'association Prommata invente et fabrique des machines agricoles modernes à traction animale. Un porte-outils astucieux, la Kassine, accueille divers modules qui assurent toutes les tâches courantes. Sur le terrain, des équipes assurent des séances de formation pour initier les débutants au contrôle des outils... et des animaux ! Ce DVD (96 min) comporte quatre films qui expliquent de manière très précise et technique la conception de la Kassine, et trois autres qui en illustrent l 'emploi. E P. (lu dans ‘S!lence’, mars 2009 - association-prommata [at] wanadoo.fr

janvincen 17/03/2009 08:37

Et bien voila de belles idées pour des hydrocéphales, est-ce que au moins vous en avez conscience ?

Angéla 14/03/2009 23:50

communisme capitalisme colonialisme dictature (dresseurs de population, fondée sur des peurs ) et pourquoi pas Confiant la Confiance? la responsabilité l'humanisme la citoyenneté la solidarité la microéconomie le développement durable le pragmatisme la démocratie participative .vive le reve l'espoir vive l'audace
ceux qui ont osé croire en l'homme Nous ont sorti des pires cauchemars!!(sinon je serais encore esclavage ou esclavagiste ) i have dream yes we can en toute conscience; pourquoi ne pas inscrire dans une constitution que l'argent ne peut être une valeur humaine
que l'argent doit être au service de chacun des humains et non l'homme au service de l'argent.
que toute gouvernance doit être au service de chaque humain et non l'humain au service de système castrateur et inhalant. ET PEUT ÊTRE que TOUT naturellement chacun se sentant respecté de beaux cadeaux se révèlerons . C douvan nou ka alé signée une fille mère de 2 enfants célibataire aidée par la caf, les dispositifs
d'insertions pour un accompagnement dans son propre parcours en toute responsabilité et libre arbitre des choix personnels et travaillant; en lutte contre le pessimisme et la disqualification ET TOUJOURS EN CONFIANCE. angéla

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