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19 mars 2009 4 19 /03 /mars /2009 21:46
Note dissonante autour  de « NEG JA PRAN» !

Depuis plusieurs  semaines, les radios locales les plus en vue, diffusent abondamment  le
dernier tube de  Jocelyne Labylle « NEG LA… ». Dans le contexte de grève générale et  de
pénurie que nous  traversons, ce single connaît un succès fulgurant, grâce à  l’appui
bienveillant de  l’opérateur de téléphonie mobile "historique » de la place, qui va  jusqu’à
inviter  ses clients, par SMS, à le télécharger pour en faire la sonnerie de  leurs portables.
Pourquoi  un tel intérêt ainsi porté par les radios et l’opérateur  téléphonique « historique »
sur cette dernière  production de la chanteuse de zouk, soudainement convertie au gwo-ka  ?
Bâti sur une mélodie  dépouillée, le chant de Jocelyne Labylle s’articule sur un  couplet
répétitif  et lancinant, qui rappelle à qui veut l’entendre que les Noirs, dont  elle se fait la
porte  parole, n’ont pas demandé « leur couleur noire », ni encore leur «  dents blanches » ou
leur « nez plat » : «  An pa mandé coulè nwè la, an pa mandé dan blan an mwen, an  pa
mandé né plat’ an  mwen… » .
Certains  auditeurs auront peut-être reconnu dans la ligne mélodique une  réminiscence de
« Diab la  prend yo », enregistré en 1969 par Mme Mavounzy , sur l’album « A la  recherche
du temps  des biguines » (Nostalgie Caraïbes). Ce détail aura peut-être  échappé à notre
nouvelle  star du gwo-ka ? Passons !
Sur cet album historique du patrimoine  musical
Guadeloupéen, Mme  Mavounzy était accompagnée par son fils, Robert, virtuose de  la
clarinette et du  saxophone. Cette réminiscence se retrouve dans le refrain, repris  par les
choeurs  (féminins) « Ay neg la ja pran », qui n’est autre que le refrain de  « Ay diab la pran
yo », de  Mme Mavounzy. Ce succès de l’époque avait du reste été repris par  d’autres
chanteurs  et groupes, dont Anzala, authentique chanteur de Gwo-ka, ou encore  les « Shleu-
Shleu »  d’Haïti, avant qu’ils ne deviennent « Skah Shah  ».
L’analyse des lyrics  de ce single amène l’auditeur attentif que je suis, à s’interroger  sur les
véritables motivations  de l’auteur des paroles. En effet, ne voilà t-il pas que cette  complainte
sur les  attributs physiques des hommes et femmes de race Noire, et sur le  mépris auquel ils
ont donné  lieu jusqu’à présent , me laisse perplexe : « Neg la ja pran an guèl  a blan…an guel
a  malaba…an guel a malpalan…an guel a neg la mem» assénés à longueur  de refrain, me
semblent  d’un anachronisme profond, à l’heure de l’intronisation du premier  président Noir
des  Etats-Unis, en la personne de Barack Obama. La vulgarité puissamment  utilisée « guel »
pour  renforcer le message ainsi véhiculé, dissimule assez mal la pauvreté  de son contenu, et
l’indigence de la  pensée du parolier. Celui-ci cherche-t-il à raviver la guerre des  races en
Guadeloupe, terre  multiethnique et multiculturelle s’il en est ? Alors que l’unanimité  semble
régner  autour des propos racistes outranciers tenus par M. Alain  Huygues-Despointes dans
le reportage de Canal  + sur les « Derniers maîtres de la Martinique », aucune  voix,
curieusement, ne  s’offusque à propos de cette chanson.
Le racisme à rebours,  diffusé par les victimes réelles ou supposées de ce racisme, reste  du
racisme, qu’on se le  dise !
La  chanteuse cherche-t-elle à nous faire découvrir que les « NEG » que  nous sommes, ces
« Damnés  de la Terre », pour reprendre le titre de l’ouvrage de Frantz Fanon,  ont subi les
pires  mépris et atrocités de la part d’autres humains ? Veut-elle nous  apprendre que les
Africains  ont été victimes de la traite négrière pendant quatre siècles  ?
Je dirai dans ce cas,  qu’elle arrive trop tard, beaucoup trop tard, et qu’il ne sert à  rien
d’enfoncer ainsi des  portes ouvertes.
La  posture victimaire de Jocelyne Labylle ne fait en réalité, que  véhiculer des relents
nauséabonds, d’un  autre âge. Elle inscrit complaisamment l'Homme Noir dans la  résignation
et  l'inaction. Avec une telle démarche, ni Toussaint Louverture, ni  Louis Delgrès, Solitude,
Makandal, Boukman,  Jean-Jacques Dessalines, Marcus Garvey, Martin Luther King,  Malcom
X, Nelson  Mandela, et bien entendu, Barack Obama, ne seraient rentrés dans  l’Histoire.
Dans les  années soixante, Guy Cornely, déclamait « En cé Neg », magnifique  poème dans
lequel il  exaltait la grandeur de l’homme Noir, être universel : « neg ki ka  péché lambi asi pwi
pwi »… Si guel an mwen  épé, cé pou ti bo ; chivé an mwen kôdé, cé pou chatouyé po… «  lè
moin ri, soley an ciel  ka femmé zié ; zétwal et la lin’ ka crié… ». An cé neg a toumblak,  neg a
charleston, neg a  calypso, neg a mambo… « Ka ki neg ? Cé mwen, cé vou, pa bizoin vini  fou…:
Neg cé lé mathématic,  neg cé la littérati, neg cé la bonne critique, neg cé osi la pinti  …An cé
Neg a  prix Nobel… »…pour ces quelques extraits de cette oeuvre magnifique,  sur laquelle il se
faisait  accompagner par le plus célèbre tandem de tambouyés , Vélo et Artème  Boisbant
(Guy  Cornely : Poèmes ; Nostalgie Caraïbes).
Près d’un demi-siècle  après ce bel hommage rendu au Nègre, et  singulièrement
Guadeloupéen, par Guy  Cornely, Jocelyne Labylle ne trouve rien d’autre à nous servir  qu’une
fausse  complainte insignifiante et rétrograde, sous le patronage de ses  généreux sponsors,
qui ont  vite compris les bénéfices qu’ils peuvent en  tirer.
Pour ma  part, je ne peux m’empêcher de faire le parallèle entre le discours  de Dominique
Panol,  dont le dernier album « Son sé Love » – trop peu diffusé à mon goût  – invite ses
soeurs et  frères Noirs à l’action, au dépassement de soi, et les lamentations  pernicieuses
d’une  transfuge du zouk, qui, me semble-t-il, n’est plus dans l’air du  temps, du moins sur ce
terrain  là.
Le « message » de  Jocelyne Labylle vient brouiller un peu plus les pistes, dans le  contexte
difficile, des  mouvements sociaux en cours. Le « Neg la ja pran » se situe en  décalage par
rapport à  la soif d’appropriation -au sens large -, de son destin, par l’Homme  Guadeloupéen,
chantée  par les foules (La Gwadloup sé tan nou …). Ne nous y méprenons pas !  « Pa fè nou
pran dlo  moussach pou let » !
Patrick  Zamore
Le 11  février 2009

PS – Henri Debs a récemment fait condamner Jocelyne Labylle, pour plagiat  

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André-Jean Vidal
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commentaires

sergio 08/04/2009 14:55

mais bon sang kèske vous avez tous contre cette femme c bien la première fois qu'elle fait une chanson avec autant de sens, c vrai ce qu'elle dit dans la chanson et c pas une reprise de diabe la pren yo c'est une reprise de nèg la ja pren du groupe de gros ka kan'nida elle droi être encouragé pour ce franc parlé qui est cruèllement vrai!!! nom d'un chien vous vivez sur quelle planète!!! cachez vous la tête dans le sable si vous voulez!! mais le nègre a déjas trop subit a cause de méprisant tèl que vous!!!!!!!!!!!!!

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