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22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 15:13
LES BÉKÉS EN QUESTION - RENCONTRE A PARIS

Un ami, Claude, a assisté à la rencontre qui s'est tenue à Pris, en milieu de semaine, à l'initiative de Patrick karam, délégué interministériel pour l'égalité des chances des français d'outre-mer. il témoigne.

Chers parents, chers amis.
Je me suis rendu, sur invitation de Mme Liliane ALMANZOR à la rencontre-débat qui s'est tenue à Paris, 27 rue Oudinot sur le thème "La place des Békés dans la société antillaise : mythes et réalités". Cette réunion était organisée à l'initiative de Patrick KARAM,  Délégué interministériel pour l'Egalité des chances des Français d'Outre-Mer,   Patrick KARAM a introduit le débat en disant que le problème aux Antilles était de faire fonctionner une société très métissée, avant-garde de la société de demain. Qu'il était important de comprendre les rapports qui existent entre les différentes ethnies et leur place respective dans la société et, particulièrement, de mettre les choses au point en ce qui concerne les békés parce que beaucoup de bêtises ont été dites et montrées à leur sujet dans les médias, la presse écrite (même Le Monde a-t-il précisé) et sur Internet : allégations sans fondements, chiffres délirants, accusations à l'emporte pièce, etc. Philippes LAVIL est intervenu brièvement pour dire que le problème était sérieux et qu'en revanche il n'existait pas de racisme dans le milieu artistique. Willy ANGELE, président du MEDEF Guadeloupe est intervenu pour déclarer que le problème béké ne le concernait absolument pas et que d'ailleurs cette catégorie de personnes n'existait pas en Guadeloupe où les descendants des colons s'appellent "blancs pays". Il s'est longuement étendu ensuite sur sa préoccupation majeure : l'économie de la Guadeloupe. Celle-ci possède 10 000 entreprises dont 70% sont des petites ou très petites entreprises. Le problème majeur pour lui est que la Guadeloupe puisse, je le cite "capter les flux financiers". Il a expliqué que le moteur du développement en Guadeloupe aujourd'hui était la consommation, avec un déséquilibre croissant entre les importations et ce qui est produit sur place. Il a longuement insisté pour que la Guadeloupe s'insère dans un processus de services et de développement des technologies de l'information, etc. "Je ne puis accepter que mon pays reste indéfiniment un territoire de consommation" a-t-il dit. Il propose de développer une "stratégie de francophilie" vers le Canada, La Louisiane, etc. et en même temps qu'une ouverture vers le Brésil, pays de métissage par excellence. Il a dit bien d'autres choses encore, mais je dois forcément me limiter dans ce premier compte-rendu. Il a eu cette phrase magnifique en conclusion : "Les fleurs hybrides sont toujours les plus belles !" Roger de JAHAM est ensuite intervenu pour présenter son associations "Tous créoles". Il a montré très clairement en citant des noms de familles que contrairement à certaines allégations, la propriété foncière n'a pas été transmise héréditairement depuis l'esclavage jusqu'à nos jours, mais qu'elle avait au contraire très souvent changé de mains entre 1848 (date de l'abolition de l'esclavage) et aujourd'hui, incluant notamment des familles mulâtres. Mais il a estimé que la plupart de ces échanges n'avaient abouti qu'à des "faillites". Ce qui pose le problème de la viabilité des entreprises agricoles aux Antilles. Il a réaffirmé que sa prise de conscience l'a amené à confirmer qu'il y avait bien eu participation de nos ancêtres à ce crime contre l'humanité que représente l'esclavage. Il a été très calme, très précis dans ses réponses aux différentes questions posées par la salle. (Pour l'appuyer, je suis intervenu un peu plus tard en me présentant et illustrant l'exemple d'un béké au parcours, certes atypique et assez solitaire (syndicaliste, etc.), mais qui voulait montrer que tous les békés ne sont pas des grands propriétaires terriens, exploiteurs et rêvant de rétablir l'esclavage aux Antilles. Je conserve cependant un œil critique sur certains travers de la société béké et je souhaite désormais que chaque béké qui prend la parole en public ou devant une caméra de télévision précise qu'il le fait en son nom personnel). Serge ROMANA a dit : "Voici à ma connaissance la première réunion et le premier début de dialogue entre les descendants d'esclaves et les descendants d'esclavagistes". Il a insisté sur le fait que ce fléau continue aujourd'hui de produire des effets psychologiques néfastes sur les personnes, les familles, l'insertion sociale des gens de couleur qui ont eu un ancêtre esclave et qu'il faut accepter de prendre ce phénomène en considération, ce qu'il reproche à Roger de Jaham de ne pas faire suffisamment. (Dans mon intervention j'ai dit que j'étais d'accord avec ce fait, mais que je ne partageais pas toutes ses conclusions). José MARAUD DESGROTTES, expert comptable a été lui aussi très clair, très précis sur les chiffres. Il a indiqué la très grande difficulté qu'il y avait tenir une comptabilité exacte des revenus réels et de qui possède quoi. Il a cité beaucoup de chiffres qu'il serait fastidieux et impossible de donner dans ce court compte-rendu. Je pense qu'on les retrouvera dans le compte-rendu officiel. Sur l'accusation de "monopoleurs" attribuée aux békés, il a expliqué qu'à sa connaissance il n'existait en fait de vrais monopoles que La Sara pétrole), les ciments, la CGM (transports maritimes), les compagnies aériennes... (J'ai été très impressionné par la qualité et la précision de son intervention.) Daniel DALIN, président du collectif DOM  a posé le problème de la compensation à accorder aux descendants d'esclaves. Il y a eu d'autres interventions moins significatives à mes yeux. Mais j'en parlerai dans un prochain compte-rendu sous forme de commentaires au compte-rendu officiel qui, je l'espère, sera bientôt publié. Je me permets aussi de dire que Patrick Karam a fait preuve d'une grande maturité politique en insistant beaucoup sur le fait que les échanges devaient rester courtois. Il est vrai que nombre des presque 400 personnes réunies dans cette assemblée étaient venues là pour "pisser le vinaigre". Il a su parfaitement contrôler cette tendance. Je vous souhaite bonne réception.
Amicalement.
Claude

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André-Jean Vidal
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