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19 avril 2009 7 19 /04 /avril /2009 17:55
LETTRE OUVERTE AU PRÉFET SAMUEL
 
 
Gosier, le 15 avril 2009
 
 
Lettre Ouverte à Monsieur le Préfet,
 
 
 
Le Président de la République a lancé l'idée d'organiser rapidement des États Généraux de l'Outre-
mer.
 
Après la crise qui a affecté la Guadeloupe, l'organisation de consultations auprès de l'ensemble des
acteurs économiques, sociaux et politiques auraient participé selon nous à la recherche de
nouvelles réponses aux questions de fond comme le modèle de développement économique et
sociétal ou encore la nature des relations de notre territoire avec l'État au sein de la République.
 
Encore aurait-il fallu que les consultations s'adressât à l'ensemble des parties concernées
susceptibles d'émettre des observations exhaustives au stade de l'émission des idées.
 
Le nombre limité de communes en Guadeloupe permettait que soit organisée dans chacune d'elle
une réunion publique pour collecter toutes observations, remarques, attentes des citoyens sur leur
vision et sur ce qui, selon eux, entravait le développement communal et Guadeloupéen.
 
À l'aide de moyens appropriés (Modérateur, tableau-papier, fiches de collectes, mise en place d'un
mail internet spécifique et d'une adresse postale) il aurait été offert à tout citoyen le droit de
s'exprimer, oralement ou par écrit, dans une sorte de "brain storming" canalisé.
 
En moins de deux mois, cela aurait pu être réalisé.
 
Ensuite serait intervenue une pré-synthèse avec tri par thèmes et élaboration d'un pré-cahier de
doléances.
 
C'est ensuite seulement qu'auraient pu être choisi en toute connaissance, des thèmes d'ateliers.
 
 
 
F.APHT  - N. VION Président - La Maison Créole – Montauban - 97 190 GOSIER
Tél : 0590.84.90.90 - Fax : 0590.84.90.91 – E-Mail : hotelsdeguadeloupe@lamaisoncreole.com
 
Association Loi de 1901 déclarée sous le n° 2/02613
 
 
Monsieur le Préfet Richard SAMUEL
Délégué Général à l'outre-mer
Coordonnateur national
Des États Généraux de l'Outre-mer
Auprès de Mr le Premier Ministre
27 rue Oudinot
 
75 007 PARIS
Lettre F.APHT à Mr le Préfet SAMUEL le 15 avril 2009                                                                                                      Page 2/4
Cette démarche aurait eu l'avantage de recueillir l'avis de tous, jusqu'au plus humble d'entre nous,
et qu'aucune organisation n'aurait pu prétendre à manipulation et appeler au boycott de ces États
Généraux, pourtant indispensables à recueillir les choix du peuple face à l'expression de
minoritaires de la fonction publique plutôt qu'employés dans le monde de l'économie privée.
 
En se cantonnant dans l'opposition facile, certains vont pouvoir phagocyter la voie internet et
donner ainsi l'illusion d'un apport populaire représentant une large majorité. Car certains sont
suffisamment structurés pour envoyer chaque jour de nombreux mails, alors que le reste de la
population, au travail ou au domicile, a bien d'autres préoccupations.
 
C'est le piège de la méthode qui a été choisie, en prédéfinissant des ateliers sans échanges
populaires préalables. 
 
Et parce que c'est une méthode différente qui est en route, il sera aisé à ceux qui n'ont ni vision,
ni projet de territoire, de ne pas participer pour choisir l'attitude facile du fuyard qui critique et
qui hurle à la manipulation.
 
Nos organisations professionnelles n'ont jamais été pour la politique de la chaise vide. Partout où
on les a invités, elles ont répondu et elles répondent "Présent".
 
Mais dans le cas d'espèce, "participer" pour dire quoi de plus?
 
Pour parler tourisme ? : aucun thème ne traite de ce sujet.
 
Pour parler du dialogue social : celui-ci est réel dans nos entreprises, mais en dehors de
celles-là, de quel dialogue social parler ?
 
Pour parler de l'effacement de 50 % des dettes sociales : Notre Fédération juge cette mesure
scandaleusement inéquitable. Il aurait été plus judicieux, suite à la crise, d'effacer totalement
pour toutes les entreprises de Guadeloupe les charges du premier trimestre 2009, puis 50 %
de celles du 2ème trimestre, et que ceux qui ont été défaillants avant le 31/12/2008 assument
leur défaillance.
 
Quand nous entendons certains demander l'effacement des dettes salariales qui sont faites de
l'argent des salariés pour payer leur retraite, nous restons abasourdis d'une telle inconscience
coupable qui devrait être sanctionné.
 
Au risque de nous répéter, certains des thèmes imposés sont Kafkaïens, et ne peuvent pas être
traité sans consensus. C'est le cas en particulier du dialogue social. D'autres thèmes qui nous
semblent majeurs sont jusqu'à ce jour occultés.
 
Parmi les thèmes retenus et proposés :
 
 Formation des prix, les circuits de distribution et pouvoir d’achat, 
 
 Productions locales et conditions d’un développement endogène, 
 
 Grands projets structurants et conditions du développement durable, 
 
 Rénovation du dialogue social et la formation professionnelle, 
 
 Gouvernance (évolutions institutionnelles locales et adaptation des administrations
centrales), 
 
 Insertion des départements d’Outre-mer dans leur environnement régional, 
 
 Égalité des chances, promotion de la diversité et insertion des jeunes, 
 
 Identité, culture et mémoire. 
 
Certains nous concernent au premier chef comme c'est le cas pour la Rénovation d'un dialogue
social qui n'est qu'un leurre dans l'hôtellerie en Guadeloupe et dont nous n'avons cessé de dénoncer
l'absence face aux insultes, diktats et agressions perpétrés régulièrement à notre encontre, depuis
plusieurs années dans le cadre de nos NAO. 
 
Lettre F.APHT à Mr le Préfet SAMUEL le 15 avril 2009                                                                                                      Page 3/4
Ces agressions ont donné lieu à dépôt d'une plainte collective des directeurs d'hôtels le 13 juin
2008 et nous attendons jusqu'ici que la justice veuille bien s'en saisir.
 
Le Conseil Économique et Social a déjà ouvert le débat sur ce thème. Mais ceux qui devraient être
des partenaires dans le dialogue ont refusé de "dealer" avec les patrons, c'est pourquoi nous
qualifions ce thème de Kafkaïen. 
 
Quand percerons-nous enfin l'abcès ?
 
Mais au-delà de ce point précis et pourtant majeur concernant le dialogue social, nous ne relevons
aucun thème concernant la compétitivité de la filière tourisme, pas plus d'ailleurs que pour d'autres
filières comme l'Agriculture, la Pèche, les Nouvelles Technologie de l'Information et de la
Communication (NTIC) ,ect…) dans leur environnement concurrentiel : Atouts, Handicaps,
Freins, Potentiel.
 
 Le Groupement Hôtelier et Touristique Guadeloupéen, et sa Fédération, la F.APHT ont fourni en
leurs temps des rapports touristiques nombreux, s'appuyant sur des résultats concrets et techniques
du secteur, avec des observations motivées sur un certain nombre de paramètres : transports aérien
maritime et routier, hébergements, environnement, emplois, social, économie…. 
 
Ils ont alors émis avec humilité quelques remarques basiques pour un tourisme de meilleur
qualité, mieux accepté par la population, répondant mieux aux attentes de la clientèle (qui pourrait
être mondiale). 
 
Ces rapports sont venus s'ajouter à tous ceux de consultants co-rédacteurs du SRDE, du SDAT, du
SAR, etc…
 
Fondamentalement, tout cela n'a rien changé jusqu'ici, et nous devons convenir que nous sommes
resté statique, face à des pays comme le Maroc où à la République Dominicaine.
 
En Guadeloupe les Hôtels ferment quand il s'en ouvre un par semaine en Asie.
 
Pour la F.APHT et le GHTG, le tourisme en Guadeloupe doit être un facteur de développement
des emplois et de valeur ajoutée plus grande.
 
Mais est-ce vraiment un sentiment partagé ?
 
Pour notre part, nous sommes convaincus que la Guadeloupe, plus que beaucoup d'autres
destinations, a en main des cartes majeures pour avoir un destin touristique indéniable, envié et
durable, mais ce n'est pas suffisant que d'avoir raison à ce sujet.
 
On peut avoir du Gaz, mais sans Gazoduc, Méthaniers, stockage, Gazomètres et usine de
traitement, terminal, on ne fait rien. 
 
Si un pays, pour une raison quelconque (écologie, refus de pollution, respect de l'environnement
naturel,…) décide de ne pas réaliser les infrastructures indispensables, cette richesse latente
demeure inexploitée.
 
Il en est de même pour le tourisme, et cela est vrai en Guadeloupe, à ceci près, que des
infrastructures conséquentes existent aujourd'hui. Si elles ne sont pas entretenues, d'abord par un
flux suffisant de clients, elles vont se dégrader et devenir obsolètes. Ceux qui font le calcul
mesquin de détruire l'industrie hôtelière pour favoriser des chambres d'hôtes existantes afin
d'espérer mieux les remplir, se trompent, car, ce sont les clients des hôtels qui remplissent les
avions. Sans hôtels, les avions se feront plus rares, et toutes les infrastructures qui vivent du
tourisme (parcs, aquarium, restaurants, etc…) vont voir se tarir les touristes et mourront à terme. 
 
Même la République Dominicaine toute proche l'a comprise et a une politique volontariste de
développement hôtelier.
 
Or comme pour le Gaz, il suffit de fermer les vannes pour tarir la richesse.
 
Mais contrairement au Gaz, la vanne n'est pas facile à ré-ouvrir dans le tourisme.
 
Pourquoi ? 
 
Parce que pour faire venir un touriste, il faut le séduire dans une concurrence mondiale âpre, et il
faut payer pour cela : promotion, salons, publicité…
 
Lettre F.APHT à Mr le Préfet SAMUEL le 15 avril 2009                                                                                                      Page 4/4
Si un territoire ne veut pas faire ce qui est INDISPENSABLE pour avoir une industrie touristique
économiquement viable et durable, alors il se condamne lui-même au profit – et à la satisfaction -
de ses concurrents.
 
Et l'indispensable, c'est de SÉDUIRE, d'avoir une image irréprochable, un accueil chaleureux,
d'être capable de faire rêver, d'oublier ses soucis, de se détendre et de savourer l'instant qui passe.
 
La Guadeloupe offre t'elle tout cela ?
 
À t'elle la volonté d'atteindre cette condition indispensable pour un tourisme réussi parce
qu'accepté dans la sérénité sociale ?
 
Est-elle prête à mettre en avant LE CLIENT et non ses revendications catégorielles égocentriques
qui sont la mort de son économie ?
 
À t'elle le sens de la solidarité économique ?
 
C'est une des nombreuses questions que n'ont cessé de poser depuis plusieurs années le GHTG et
sa Fédération, face à ceux qui critiquent sans avoir jamais fait la preuve de leur capacité à réussir
dans le tourisme.
 
Voici ce que nous voulions dire, Mr le Préfet, si un des thèmes mis en place nous l'avait permis.
 
Par ailleurs, lors des récents évènements survenus en Guadeloupe, nos adhérents considèrent que
l'État de droit a bien souvent été bafoué et que la rue s'est imposée parfois par la violence, sans
susciter de réactions véritablement jugées à la hauteur des défis.
 
Les États Généraux ne peuvent pas taire ces faits passés et doivent conduire à une réflexion sur les
valeurs, faute de voir la CONFIANCE s'effriter dangereusement vis-à-vis de l'État.
 
L'essentiel de notre apport est dit.
 
Nous restons à la disposition de ces États Généraux pour apporter tout autre contribution qui
pourrait être souhaité dans le cercle et l'espace de nos compétences.
 
Il n'y a pas de devenir sociétal sans économie.
 
Le tourisme peut être le moteur d'une économie forte, puissante et porteuse d'emplois.
 
Encore faut-il que ce soit la volonté, non pas de quelques professionnels passionnés et convaincus,
mais LA VOLONTÉ de tout un territoire, avec les conséquences qui en découlent.
 
Veuillez croire, Monsieur le Préfet, à toute notre considération.
 
 
 Le Président
 Nicolas VION
 
 
 
 
 
 
Copie à Mr le Préfet de Guadeloupe
 

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André-Jean Vidal
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