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28 avril 2009 2 28 /04 /avril /2009 02:27
Les chefs d'entreprises ne veulent pas qu'on se mêle de leurs affaires
Les états généraux font parler. Un sondage donne le sentiment des chefs d'entreprises face à ce barnum.
Depuis leur ouverture en Guadeloupe, le 27 mars, les états généraux de l'Outre-mer ne passionnent pas outre mesure les Guadeloupéens.
Si les syndicats, les partis politiques se sont exprimés — c'est souvent niet ! —, laissant à quelques rares élus et des universitaires toute leur place au sein des huit ateliers créés pour l'occasion, les patrons restent jusqu'à présent plutôt muets sur le sujet.
Pourtant, il s'agit bien de changer la société locale. A tout le moins, c'est ce qu'a dit le chef de l'Etat. Et de bousculer quelques habitudes, notamment économiques.
Du 17 au 21 avril, LH2 Dom a interrogé des chefs d'entreprises en Guadeloupe et Martinique. Pour leur demander ce qu'ils attendent de ces états généraux.
Qu'en déduire ? Les chefs d'entreprises vont être attentifs à ces états généraux, tenter de faire passer des messages, tout en étant sceptiques sur le fait d'être entendus. Que veulent-ils ? Une assemblée unique mais l'article 73, pas plus d'Etat, mais un Etat qui fasse respecter l'ordre... et somme toute un statu quo économique qui prouve assez qu'ils y font leurs affaires.
André-Jean VIDAL

POINT PAR POINT
LEUR INTERET
98 % des décideurs économiques ont entendu parles de la tenue des états généraux. Vont-il s'y intéresser au fil du calendrier établi par l'Etat ? 87% des sondés disent que oui, 11% affichent nettement qu'ils s'en moquent.

LES OPPORTUNITÉS
« L'objectif des états généraux est de permettre à l'ensemble des composantes de la société guadeloupéenne de s'exprimer librement sur les grands problèmes qui se posent en Outre-mer et de faire des propositions pour l'avenir. » C'est la proposition faite aux Guadeloupéens de s'impliquer dans leur quotidien.
La question posée par LH2 Dom — Si je vous dis que les états généraux représentent une opportunité pur les entreprises de sensibiliser la population au rôle qu'elles jouent dans le développement économique de la Guadeloupe, que diriez-vous ? — amène une réponse positive pour 67% des personnes interrogées. 67% qui pensent que c'est l'occasion pour les entreprises de peser sur
le devenir de la Guadeloupe. 21% ne sont pas d'accord, 12% pas du tout d'accord.

L'ECOUTE
S'ils tentent le coup d'être entendus, les chefs d'entreprises restent sceptiques dans l'ensemble sur une possibilité de faire passer leurs messages au cours des états généraux. Ainsi, interrogés sur la capacité d'écoute de leurs interlocuteurs au cours des débats, ils sont 41% à penser qu'ils ne seront pas entendus, 18% ne savent pas... ou restent sceptiques, 41% se veulent optimistes. Ou jouent le jeu.

LE SOCLE
Les décideurs veulent-ils voir les institutions évoluer ?
L'article 73 de la constitution — celui qui régit actuellement la Guadeloupe —, avec une collectivité unique qui regrouperait les pouvoirs des deux assemblées locales (Région et département) conviendrait à 63 des interrogés. 19% souhaitant qu'on ne change rien, les partisans de l'article 74 — l'autonomie, les collectivités d'outre-mer régies par l'article 74 ayant un statut tenant compte des intérêts propres de chacune d'elles au sein de la République — étant 7%.

L'ATTENTE
Qu'attendent de l'Etat les décideurs économiques ?
13% des interrogés attendent que l'Etat assure leur sécurité, l'ordre, la stabilité.
Les décideurs veulent — 8% d'entre les interrogés, ce qui semble faible, mais il s'agissait de réponses spontanées... — le soutien aux petites entreprises, l'abaissement des charges, l'encouragement à la défiscalisation, la mise en place de zones franches, l'arrêt de l'assistanat.
Ils sont seulement 5% à vouloir plus d'Etat, 2% à vouloir que les budgets des collectivités soient augmentés.
Seuls 3% souhaitent le soutien du tourisme, 2% le soutien de la production locale ou l'arrêt de l'octroi de mer.


Le sondage
Interviews téléphoniques de 197 dirigeants et cadres dirigeants des Antilles (Martinique et Guadeloupe). Les dirigeants et cadres dirigeants interviewés appartenaient à des entreprises de 6 salariés et plus. La méthode des quotas de secteurs d'activités et de nombre de salariés a été utilisée. Les interviews ont été réalisées du 17 au 21 avril 2009.


INTERVIEW
Willy Angèle, président du Medef Guadeloupe
« Si Domota veut recommencer, qu'il assume... »
Willy Angèle répond aux questions du sondage.
Un bonus : il réagit à la déclaration d'Elie Domota : « Mai sera un mois de combat »


Quel intérêt présentent les états généraux pour les décideurs économiques ?
Ils permettent d'établir une réflexion sur la problématique du projet de développement de la Guadeloupe. C'est le moment pour nous de faire passer des idées. C'est vraiment le moment ou jamais car nous avons un problème de développement dans une économie en difficultés. C'est nécessaire de rentrer dans une logique économique qui ne soit pas liée aux transferts de l'Etat mais à la production de richesses économiques.

Selon le sondage on attend de l'Etat qu'il assure l'ordre public, rien d'autre. Qu'en pensez-vous ?
C'est vrai que c'est une attente. L'ordre public, la sécurité. Une fois que nous aurons ceci, que l'équilibre permet d'établir une concurrence équitable, alors les richesses économiques seront crées par une société apaisée. Cet équilibre peut changer la donne, permettre que les investisseurs reviennent. Ça c'est le boulot des décideurs économiques, de ceux qui peuvent peser sur celui-ci. Mais, il faut une Guadeloupe socialement apaisée pour cela.

Les décideurs économiques du sondage souhaitent une Guadeloupe régie par l'article 73 avec une assemblée unique. Et vous ?
C'est secondaire. Le projet dégagé des états généraux, les réalités économiques, vont générer le statut adéquat. Il est difficile de prendre une option sur le statut. Une assemblée unique dans le cadre de l'article 73 permettrait d'avoir une meilleure efficacité administrative. Mais, pour moi, c'est une question subsidiaire.

Elie Domota promet un mai de combat. Qu'en dites-vous ? Avez-vous peur ?
Non, il faut raisonner dans une logique de responsabilité et de cohérence. Je ne comprends pas cette logique de combat dans un pays à bout de souffle. Moi, je suis dans une logique de construction, pas dans une logique de création de catastrophe pour les Guadeloupéens et la Guadeloupe. Si Elie Domota veut recommencer comme il y a deux mois, qu'il assume la responsabilité de la déconfiture de la Guadeloupe.
Propos recueillis par A.-J. V.

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André-Jean Vidal
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mamalilou 01/05/2009 19:06

à lire ici si vous le voulez bien
http://caplibre.over-blog.com/article-27003151.html

belle journée à vous

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