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17 mai 2009 7 17 /05 /mai /2009 16:30
LE COLLECTIF SANTÉ MONTE AU CRÉNEAU

Le Collectif Santé pour la Guadeloupe exige la levée de la procédure d'urgence de la loi Hôpital Patient Santé Territoires.


Le rapport Larcher a constitué la base de la réforme hospitalière en cours dans le cadre de la loi HPST. Dans son introduction il stipulait cependant qu’il n’abordait pas les problèmes spécifiques posés par les CHU, la psychiatrie et les départements d’outre-mer. Alors que la psychiatrie fait l’objet du rapport Couty et les CHU des travaux de la commission Marescaux, l’outre-mer demeure absent des réformes en cours.

Or, si les centres hospitaliers des DOM s’inscrivent dans le droit commun et fonctionnent sur le même mode organisationnel que les établissements de l’hexagone,  ils ont à faire face à des contraintes particulières nécessitant des solutions spécifiques. Leurs spécificités sont notamment liées aux contraintes, aux retards et aux risques auxquels ils sont confrontés, dans un contexte géographique, économique et social particulier, les récents mouvements sociaux qui les ont parcourus en étant une des illustrations.

 Ces spécificités imposent une déclinaison particulière de la réforme de l’hôpital actuellement en cours et un financement adapté des établissements des départements d’Outre-mer, dans le cadre d’un véritable plan Hôpital Santé Outre mer..

Parmi les nombreuses mesures à envisager, certaines sont des exigences vitales

L’hôpital public est la première réponse aux problèmes de santé publique, (diabète, hypertension etc.) il est également l’accès privilégié pour une population de plus en plus précaire tant du point de vue sanitaire que  social dans un contexte de crise économique particulièrement aigu. Il se doit de prendre en charge la population, et les patients les plus démunis et dépendants, les pathologies lourdes, avec les plateaux techniques indispensables à une médecine moderne préventive, curative et efficace.

L’hôpital public ce sont aussi des personnels et  des médecins qui en font l’énergie et le socle pour des soins de qualité aux malades, c’est en leurs noms que nous nous adressons à vous. Le projet de loi HPST de Mme BACHELOT, doit être repoussé et largement rediscuté hors de toute procédure d’urgence,  car il constitue une remise en cause du service public hospitalier, de l’égalité d’accès aux soins, et  contribue à l’asphyxie budgétaire avec la T2A, de tous nos hôpitaux.

Cette loi nous soumet à la seule logique de rentabilité d’entreprise privée. Sa conception marchande est dangereuse et inadaptée aux attentes des personnels de santé et des usagers. Fondée dans sa structuration de la gouvernance sur un déni de toute démocratie sanitaire, elle éloigne les acteurs du soin (personnels, cadres, médecins, représentants des élus et des usagers) des centres de décisions, et les place sous la seule autorité du directeur, aux ordres d’un Directeur de l’ARS tout puissant. Elle organise la fermeture de structures sanitaires de proximité, qui auront pour conséquence des drames sanitaires, des déserts médicaux et soignants. Elle restructure uniquement  par la logique financière et non pour répondre à des besoins  de santé.

La convergence des tarifs entre le privé et le public, dont les missions ne sont pas comparables, achèvera la destruction du service public hospitalier, avec son cortège de  concurrence, déficits, baisses des tarifs, et plans de redressements budgétaires dont la variable d’ajustement consiste toujours en des suppressions d’emplois.

C’est bien un choix politique, car les secteurs de la santé, du social et du médico social sont des enjeux humains fondamentaux pour notre société. Cela nécessite des moyens budgétaires, mais aussi  des capacités d’accueil,  de la qualité, de la proximité, des professionnels qualifiés. La logique comptable exclusive appliquée aux services public depuis des années doit cesser. Aujourd’hui nous avons besoin de plus de services publics, plus forts, dotés de moyens modernes et pourvus de personnels reconnus.

Pour ces mêmes raisons nous demandons le retrait des dispositions remettant en cause les statuts ou les acquis statutaires spécifiques des personnels hospitaliers. Par ailleurs il est temps de mettre fin aux suppressions d’emplois prévues notamment dans les plans de redressement imposés par l’ARH.                                        

Le Collectif Santé pour la Guadeloupe

Exige la levée de la procédure d'urgence de la loi Hôpital Patient Santé Territoires
Réaffirme sa volonté de défendre les services publics et les statuts particuliers
Condamne la logique d’enveloppes budgétaires fermées fixant les retards des hôpitaux d’outre-mer et demande leur financement par une dotation MIGAC outre-mer adaptée à leurs missions et leurs contraintes (bassins de santé « non rentables, rôle d’amortisseur social), ainsi que la révision des tarifs
Refuse les suppressions d’emplois qui auront des conséquences sur la qualité des soins l’accueil des malades, les conditions de travail des personnels.
Affirme la nécessité d’un véritable plan emploi- formation pour l’amélioration générale des conditions de travail des personnels
Exige l’organisation d’un véritable débat démocratique sur l’avenir de notre système de santé et de son financement et l’élaboration d’un plan Hôpital santé outre-mer
Ce plan devra prévoir de :
garantir la sécurité du dispositif de soins face aux risques majeurs : reconstruction du CHU de Pointe-à-Pitre, mais aussi le développement des pôles de Basse-Terre, des îles du Nord (Saint-Martin) et des îles du sud (Marie-Galante), c’est-à-dire des investissements significatifs dans les 4 territoires de santé de la Guadeloupe.
maîtriser et renforcer la démographie soignante : augmenter le numerus clausus à la fin de 1° année de médecine, créer des postes d’internes et d’assistants dans les hôpitaux, financer des aides à l’installation pour ceux qui choisissent la médecine libérale dans les zones sous-médicalisées, et rendre la carrière hospitalière attractive pour ceux qui choisissent le service public ; former plus de guadeloupéens aux métiers de la santé en créant les écoles nécessaires (aides-soignants, masseurs kinésithérapeutes, orthophonistes et orthoptistes, manipulateurs de radiologie, techniciens de laboratoire, cadres de santé, ergothérapeutes)
prendre en compte les pathologies surreprésentées en Guadeloupe : cancers de la prostate, diabète, d’hypertension, toxicomanies, drépanocytose, etc, nécessitant un effort pour leur prévention, leur traitement, l’éducation thérapeutique de la population, la recherche.
Répondre aux besoins des populations spécifiques : accueil et soins des personnes âgées, des personnes handicapées, des adolescents, des malades mentaux, des exclus.

Vous avez mesdames, messieurs les sénateurs et députés la responsabilité de l’offre de soins, de l’investissement, de l’avenir de l’hôpital public et de la politique de santé à la Française, la population y est très attachée, vous ferez un choix politique et de société en nous aidant à obtenir un Plan Santé OUTRE MER.

L’HOPITAL N’EST PAS UNE ENTREPRISE, LA SANTE N’EST PAS UNE MARCHANDISE.
L’OUTRE MER A DROIT A L’EQUITE DANS L’ACCES AUX SOINS !

Organisations fondatrices du collectif :
LKP Santé : CGTG Santé ; UTS/UGTG
Confédération des Praticiens des Hôpitaux (CPH)
Conférence des CME de la Guadeloupe
Syndicat des Médecins Généralistes de la Guadeloupe


COLLECTIF SANTE POUR LA GUADELOUPE
LKP Santé, CGTG, UTS/UGTG, Confédération des Praticiens des Hôpitaux, Conférence des CME,
Syndicat des Médecins Généralistes de la Guadeloupe




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André-Jean Vidal
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