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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 00:57
ENVOI D'UN AMI QUI A DU FAIRE LE TOUR DES SITES

Ce n'est pas inintéressant...


16.06.2009 CARIB CREOLE ONE : http://www.caribcreole1.com <http://www.caribcreole1.com> 
EDITO
M. Le Président de la France,nous ne serons plus des zombis
Par Danik Ibrahim Zandwonis
Vous imaginez la photo ? Sarkozy, a peine revenu des obsèques chahutées d’Omar Bongo, d’un congrès de Versailles boycotté ; le voilà qui serre la main d’Elie Domota ! La photo du siècle. La presse française aux anges… Eh bien, non Ce ne sera pas pour cette fois Monsieur le Président de la France - et - des dernières colonies françaises des Caraïbes.
Le LKP qui depuis Janvier 2009,dénonce les faits et les méfaits de la politique coloniale en Guadeloupe, entretient un lourd contentieux avec l’État Français.

Les 44 jours de mobilisation n’ont pas suffi pour faire cesser les pwofitasyon,.En réalité le LKP a simplement permis de focaliser l’attention des larges masses populaires sur une situation qui perdurait depuis si longtemps, qu’elle était devenue comme «  normale » .
 
Au fil des années, les prix flambaient, les profiteurs s’enrichissaient et hormis, les organisations syndicales combatives, et quelques groupes politiques anti-colonialistes, mais plutôt exsangues, à force de n’être pas audibles, il ne se passait plus grand chose.
 
Le colonialisme, ou pour faire moderne, le post-colonialisme, était à des degrés divers" accepté." Les grandes luttes des années 7O, menées après la création des syndicats paysans (UTA, UPG, UGTG) étaient déjà presque totalement oubliées...
les années de feu, ? quasiment jetées aux orties.
Et pourtant au mitan des années 80, le Groupe Guadeloupéen de Libération Armée (le GLA) organisation clandestine revendiqua quelques dizaines « d’attentats » sur tout le territoire de la Guadeloupe et même à Paris.
Qui se souvient encore que ce même GLA avait lancé un ultimatum aux français-résidents, leur ordonnant de quitter la Guadeloupe avant le 31 décembre 1980 ? C’est loin…

3 années plus tard, pourtant, une autre organisation clandestine politico-militaire «  appelée Alliance Révolutionnaire Caraïbe »(ARC) se signalait dans les dernières colonies, par une vigoureuse campagne d’attentats, dont ceux de la Préfecture de Basse Terre, de nombreux dégâts et blessés, la destruction totale des studios de Radio Caraïbes Internationale (RCI), des hôtels, des bâtiments publics... 30 ans après tout cela était comme oublié. Même les émeutes de mai 67 et le lourd bilan humain s’enfouissait dans les profondeurs du temps et de l’oubli. Guadeloupe et Guadeloupéens, comme assoupis, anesthésiés, alzeimerisés, sous la torpeur coloniale. Certains disaient même que les guadeloupéens étaient dans une posture de zombis.

LKP a donc réveillé, les morts vivants, avec des mots vivants : Pwofitasyon, Gwadloup sé tan nou, Gwadloupéyen doubout, wouvé zyé a zot... les mots ont eu leur effet thérapeutique. Le pays qui des années depuis, désespérait les plus optimistes, comme un poing fermé s’est dressé à la face des profiteurs. La Guadeloupe, de la guerre anti-esclavagiste de mai I802, de l’insurrection d’octobre 180I, la Guadeloupe, qui a exporté sa révolution avortée en Haïti, s’est subitement réveillée. LKP aura été le détonateur.

I00 jours après, oui , il y a eu quelques avancées, des foyers de luttes syndicales s’allument ici ou là, des accords sont signés, près de 50.000 travailleurs ont bénéficié des 200 euros. Oui, mais la course effrénée des caddies a repris, petit a petit dans les hypermarchés du groupe Hayot.
Le marché intérieur, ne s’est toujours pas encore développé, on ne change pas profondément un pays si durablement atteint de consumérisme aigu; en 44 jours.
 
Le combat du LKP, tout héroïque et exemplaire qu’il fut , n’est pas une « révolution ». C’est sans aucun doute le début de quelque chose. Chacun le perçoit. Le peuple guadeloupéen, les syndicats, les hommes politiques... surtout eux.

On aura beau tourner et virer dans tous les sens, le LKP est condamné à continuer. Rares sont ceux qui à l’extérieur , qui à l’intérieur ne le disent pas. Mais il est bien de parler, de disserter, de langanner, mais quand on a une responsabilité historique aussi énorme, il faut éviter de se tromper. Le LKP n’a pas le droit à l’erreur. On voudrait que ce soit ça la réalité. mais aucune avancée notable ne se fait, dans aucun mouvement social, sans une marge d’erreur.
 
Ni Domota, ni Nomertin, ne sont des dieux, le LKP peut se planter, faire des mauvais choix, sous estimer tel facteur, négliger un aspect. Il faut qu’on le sache, ces hommes et ces femmes, militants, qui se donnent avec autant d’énergie pour leur pays, pour leur peuple, restent de simples humains.

Ils n’ont aucune science infuse. Il ne faut pas que les guadeloupéens deviennent les néo assistés du LKPisme.
 
Le LKP n’a pas de solution toute faite, un modèle expérimenté hors de nos murs et qu’il suffirait de copier- collé... Qu’ on se le dise, nous devons TOUT inventer et chaque jour.
 
Le refus d’aller serrer la main de Sarkozy, de se rendre au Congres le 24 juin, ou de participer aux États Généraux ;sont des actes éminemment politiques, ils sont la traduction d’un choix...
 
Globalement le peuple guadeloupéen, entend,comprend, accepte... mais outre la baisse des prix, il attend déjà autre chose du LKP.
Des choix politiques? mais est ce là sa mission? le LKP ne sera jamais , nous le pensons , une entité politique monolithique.
 
Mais nous sommes à quelques longueurs des Régionales, le LKP , mais surtout les organisations politiques qui hibernent en son sein, se doivent de se réveiller ; de trouver une voie originale et d'impulser un tempo.
A chacun sa part.
 
Jego disait en début de semaine, la Guadeloupe est aujourd’hui ,calme Sarkozy peut enfin venir… c’est vrai ça?
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16.06.2009 France Antilles Guadeloupe
Elie Domota, porte-parole du Liyannaj kont pwofitasyon (LKP) : « Il faut radicalement CHANGER LE SYSTÈME
Propos recueillis par Martin T. LAVENTURE



Elie Domota est amer. Il en veut à l'État qu'il accuse de fouler au pied le protocole d'accord de fin de conflit du 4 mars. Le leader du LKP se rend bien compte que le « liyannaj » n'a pas gagné tant que ça. Des points bloquent : les prix des produits de première nécessité, les tarifs bancaires et, surtout, l'accord Bino. Le Smic guadeloupéen à 1 500 euros ne passe pas. Le gouvernement a taclé la clause de convertibilité et a opté pour le versement de sa part pendant trois ans. Autant de sujets qui fâchent et qui font dire au porte-parole du LKP - lequel par ailleurs ne reconnaît aucune responsabilité du blocage de 44 jours dans la situation économique catastrophique du pays - que « de toutes les façons, dans les mois qui viennent, il y a aura encore un gros mouvement »
Trois mois après la fin de la grève générale du LKP, l'impression « d'engourdissement » prévaut dans ce pays. Quelle est votre vision de la situation actuelle ?
Je pense que la Guadeloupe sera « engourdie » encore pour un bon moment. Pourquoi ? On constate que l'accord du 4 mars est bafoué : les frais bancaires n'ont pas changé. Idem pour le prix du pain. Quant aux produits de première nécessité, sur lesquels il fallait appliquer une baisse, ils ont disparu des rayons... De nombreux points du protocole de fin de conflit de mars sont foulés au pied. Pire, l'État a décidé de torpiller l'accord Bino.
En effet, le gouvernement fait du RSTA une prestation banale, alors que c'est un revenu que nous avons gagné, aussi bien pour la Guadeloupe que pour le reste des Dom... C'est une prestation qui entre dans le cadre des 200 euros comme étant un complément de revenu. L'État veut transformer ce revenu en allocation. L'objectif du gouvernement est clair : supprimer l'accord salarial en Guadeloupe réalisé avec les partenaires sociaux, lequel instaurait un Smic à 1500 euros.
De toutes les façons, dans les mois à venir, il y a aura encore un gros mouvement, parce que nous n'accepterons pas la remise en cause de l'accord et des autres points acquis.

Des rumeurs font état de troubles à la rentrée prochaine. Pensez-vous que l'on peut courir le risque d'amputer une deuxième année scolaire dans ce département ?
J'ai connu les évacuations de la Soufrière en 1976, avec les manifestations contre le CPE, la France a connu le blocage de l'école pendant trois mois, il n'y a d'ailleurs pas eu de rattrapage... Alors poser le problème de l'échec comme étant la conséquence des grèves de janvier à mars, ce n'est pas dire la vérité. Plusieurs professeurs ont fait le rattrapage, d'autres ont refusé, mais les élèves seront certainement dans de bonnes conditions pour aborder les examens.

Est-il raisonnable de sacrifier une génération d'élèves ?
C'est joué d'avance. Quels que soit les résultats aux examens, ce sera la faute du LKP. S'il y a un fort taux de réussite, on dira que les examens ont été bradés. On a fait cadeau des diplômes. Si l'échec est important, on dira que c'est à cause des 44 jours de grève. Nous ne sacrifions personne. Il faut arrêter pareil discours et voir l'avenir avec beaucoup plus d'audace et de responsabilité.
Aujourd'hui, nous sommes en passe de construire une nouvelle Guadeloupe avec les jeunes du pays. Dans cette situation de morosité commerciale, que chacun prenne ses responsabilités. À voir la manière dont les choses évoluent, il est indéniable que l'on va vers un nouveau conflit de grande ampleur.

Dépôts de bilan par vagues, fermetures d'hôtels, des milliers de chômeurs en plus dans les registres de Pôle Emploi en mars et avril, vous estimez tout de même que le mouvement du LKP n'y est pour rien ?
Tout à fait. Les fermetures d'hôtels ? Elles sont stratégiques et politiques pour exiger de l'État de l'argent supplémentaire et casser le moral des travailleurs. Les chaînes hôtelières, Club Med, Manganao, Pierre et Vacances, sont ouvertes en Martinique, alors qu'ici elles ont fermé leurs portes parce que nous demandons la pleine et entière application de toutes les dispositions de l'accord Bino et notamment la clause de convertibilité qui garantit la poursuite du paiement des 200 euros au- delà des trois ans...
85% des enveloppes attribuées à l'hôtellerie traversent l'île pour aller dans la poche des actionnaires disséminés un peu partout dans le monde. Le tourisme tel qu'il est pratiqué en Guadeloupe n'est pas propre à développer le pays, mais à enrichir ceux qui font de la défiscalisation.
Concernant l'emploi. Je suis désolé, mais ce ne sont pas 44 jours de grève qui vont pour autant augmenter le chômage dans un pays qui a déjà 40% de chômeurs. Aujourd'hui, le choix qui est fait par l'État et les patrons européens en Guadeloupe de ne pas embaucher les Guadeloupéens est discutable. La Guadeloupe est un cimetière de jeunes diplômés. Nous n'avons rien contre personne, mais nous disons qu'il faut utiliser les diplômés et les compétences locales en priorité.

Quid de l'industrie sucrière ?
L'usine Gardel dit qu'elle a perdu 10 millions d'euros. Or, nous constatons que cette société est en bonne place des entreprises dans la liste de celles qui bénéficient de fonds de l'Union européenne. En clair, Gardel fonctionne avec les fonds publics, l'Europe, l'Etat, les collectivités locales. Qu'on arrête de pleurer... L'industrie sucrière en Guadeloupe est une pompe à fric destinée à enrichir les actionnaires et non à développer ce département. Si on nous dit que 44 jours de grève ébranlent une telle économie, je dis qu'il faut réfléchir pour passer à autre chose et faire en sorte que le développement de la Guadeloupe serve en priorité les Guadeloupéens.

On ne vous a pas beaucoup entendu parler des devoirs des travailleurs, qu'en est-il ?
Les gens qui parlent de devoirs des travailleurs sont les premiers à ne pas appliquer le droit. À la chambre de commerce, en conflit avec les pompiers, la présidente a toujours dit qu'elle ne leur doit rien. Aujourd'hui, c'est entre 25 000 et 35 000 euros d'indemnisation qu'elle va verser à chaque pompier, après six mois de grève. Et les exemples sont légions. 80% des conflits en Guadeloupe relèvent du non-respect des dispositions légales et conventionnelles. Ce qui veut dire que l'État et les patrons ne respectent pas les règles du jeu écrit dans le Code du travail. Après, on vient nous parler de droit des travailleurs ? Il y a des patrons qui respectent le droit, mais malheureusement, il y en a encore qui le bafouent et ne font même pas le strict minimum. C'est contre ceux-là que nous nous battons.

Néanmoins, avez-vous conscience que, dans un tel contexte, personne n'a plus envie d'investir en Guadeloupe ?
Quel investissement ? Tout ce qui est investi ne reste pas ici. m Nous disons que si l'on veut vraiment développer la Guadeloupe, insistons sur la production locale, l'agrotransformation. Faire en sorte que l'argent qui entre reste ici et enrichisse les Guadeloupéens, développe l'économie et l'emploi.
Le constat : il se construit à présent de nombreux bâtiments destinés à accueillir des activités dans l'import distribution. Il s'agit de faire de ce département une économie d'importation et être à la disposition de L'Europe pour écouler son surplus de production. Le projet à Jarry de port en eaux profondes va tout à fait dans ce sens : une plaque tournante du commerce dans la Caraïbe. Tout est fait pour que la Guadeloupe reste à jamais une colonie de consommation. Or, on sait que le développement de l'emploi, c'est la production.

Si vous aviez les pouvoirs politiques qu'auriez-vous fait à la place de ceux que vous voulez brûler aujourd'hui ?
Beaucoup ont essayé de voir ce qu'ils peuvent faire de ce système. Nous nous pensons qu'il faut radicalement changer le système. Pour ce faire, il faut consulter les Guadeloupéens pour savoir ce que chacun de nous veut.

Concrètement ça veut dire quoi ? Que proposez-vous ?
Je ne vais pas faire de proposition ici. Trop souvent, chacun vient avec une proposition et dit au peuple « voilà ce qu'il faut faire » et ça ne marche pas. On n'a pas besoin de débats stériles d'experts. Il faut demander à chacun ce qu'il a envie et traduire les résultats en actions que l'on présenterait à l'État.

C'est précisément la philosophie des états généraux, pour lesquels vous avez appelé au boycott, et du Congrès des élus ?
Peut-être... Mais j'ai lu le document du conseil général, je ne comprends pas ce qu'ils veulent faire. Le congrès ressemble à des états généraux bis. La France a déjà fait la Stracom (Stratégie de développement de l'Outre-mer) et a voté des budgets. Aujourd'hui, pour recueillir l'adhésion populaire, il l'a renommé « états généraux » , pour faire croire que tout le monde est consulté. Chacun prépare les élections. Gillot fait son congrès-états généraux, Lurel fait ses Assises territoriales. Tout le monde fait son « bitin » . Des projets concurrents qui entrent dans le même cadre défini par l'État français duquel personne ne peut sortir. Ou ka fè sa y di ou fè! Je ne pense pas que c'est ainsi que les Guadeloupéens voient le devenir de leur pays.

Participerez-vous au Congrès des élus, la semaine prochaine ?
Nous ne sommes pas au courant de cette organisation.

Le président Nicolas Sarkozy devrait séjourner dans notre département la semaine prochaine. Il aurait prévu de vous rencontrer. Qu'en pensez-vous ?
Pour l'instant nous ne sommes pas au courant. Mais si Sarkozy rencontre le LKP, nous dirons que c'est dans la logique des choses, puisqu'en France il reçoit tous les mouvements syndicaux et les personnes qui revendiquent. Ce serait logique qu'il nous reçoive.
Nombreux commentaires internautes : http://www.guadeloupe.franceantilles.fr/actualite/economie-consommation/elie-domota-porte-parole-du-liyannaj-kont-pwofitasyon-lkp-il-faut-radicalement-changer-le-systeme-16-06-2009-38264.php

17.06.2009 France Antilles Guadeloupe / http://www.guadeloupe.franceantilles.fr <http://www.guadeloupe.franceantilles.fr/> 
Lundi 22, grève à l'appel de la CGTG
A.-J. V.


Lundi 22, la CGTG, moteur du LKP (mais les autres feront sans doute de même au fil des jours, pour faire monter la pression) veut lancer une journée de grève de 24 heures reconductible.

Le préavis a été adressé au préfet Desforges, aux présidents des assemblées, MM. Lurel et Gillot, aux maires, au directeur de l'ARH (santé), aux directeurs de La Poste, de France Télécom, de l'Aviation civile, d'EDF, de la CTM, de Diesel Export (centrale électrique privée), au PAG et à la générale des eaux.
 
La CGTG veut, outre l'application de l'accord Bino, la revalorisation des minimas sociaux, la titularisation de tous les précaires publics et privés, la priorité à l'embauche pour les Guadeloupéens, le reversement des sommes « abusivement » perçues par la Sara, la restitution par le Sara des trois millions d'euros versés par l'Etat et les collectivités, le maintien de tous les emplois dans les hôtels, etc.
 
17.06.2009 France Antilles Guadeloupe
Les syndicats LKP lancent une semaine de mobilisation
L'annonce, par un communiqué de la CGTG, d'une grève de 24 heures reconductible à partir de lundi, avait mis la puce à l'oreille. Ce matin, Max Evariste, secrétaire général de FO, a enfoncé le clou lors d'une conférence de presse des délégués syndicaux de la CGRR.
L'annonce, par un communiqué de la CGTG, d'une grève de 24 heures reconductible à partir de lundi, avait mis la puce à l'oreille. Ce matin, Max Evariste, secrétaire général de FO, a enfoncé le clou lors d'une conférence de presse des délégués syndicaux de la CGRR : les syndicats membres du LKP lancent une nouvelle semaine d'action, à partir de lundi, avec, en point d'orgue, un vaste défilé à Pointe-à-Pitre le samedi. Rappelons que Nicolas Sarkozy, président de la République, arrive — normalement — le 26…
Chaque jour, la mobilisation sera axée sur un des dossiers toujours en cours. Au programme, d'après Max Evariste :
Lundi 22 : distribution de tracts à Pointe-à-Pitre et Jarry, puis mobilisation devant Pôle emploi (Jarry), dont le directeur, Patrick Dumirier, reçoit les contrats aidés.
Mardi : mobilisation autour du conflit des chantiers Audebert.
Mercredi : distribution de tracts à Basse-Terre lors du Congrès des élus. Jeudi : mobilisation autour de la CGRR.
 
Vendredi : mobilisation autour de l'ASFO.

Samedi : manifestation à Pointe-à-Pitre.
Et le Bac dans tout ça ? « Nous mettrons tout en œuvre pour permettre aux élèves d'aller à l'examen », affirme M. Evariste.
 
 
17.06.2009 France Antilles Guadeloupe
Réservé aux abonnés
INDISCRETIONS
Nicolas
On recherche 6000 invités - culturel, social, économique, etc. - pour écouter le discours de Nicolas Sarkozy, sans doute le 26 juin. Pour cela, il faudrait trouver un lieu adéquat : un stade, un gymnase, mais lequel sera assez vaste pour accueillir tout ce monde ? Sans compter que pour des mesures de sécurité, un lieu dit peut être changé le jour même.
 <http://www.guadeloupe.franceantilles.fr/actualite/politique/indiscretions-17-06-2009-38382.php>

16.06.2009 CARIB CREOLE ONE : http://www.caribcreole1.com <http://www.caribcreole1.com/> 
 
POINTE-A-PITRE - ECONOMIE
LA MANIPULATION MEDIATICO-ECONOMIQUE
Par Jean Paul Eluther*
 *économiste, militant LKP

GUADELOUPE. Pointe à Pitre Mercredi 16 juin 09 caribcreole.com Depuis quelques semaines les médias avec la complicité du pouvoir multiplient des nouvelles alarmantes pour favoriser le rejet par l’opinion de LKP. Jean Paul Eluther , économiste analyse a la situation.
Par exemple deux journalistes de France Antilles annoncaient dans leur journal et sur le net : « Trois mois après la fin de la crise sociale historique qui a frappé la Guadeloupe pendant quarante-quatre jours, l’île se relève difficilement».« On vit une drôle de période », observe ce chef d’entreprise de Jarry, qui dirige une PME spécialisée dans les installations de télécommunications. « Les commandes sont figées et beaucoup sont comme moi, sur le qui-vive. »Toute rumeur fondée ou infondée sur la reprise d’un mouvement de grève générale sème automatiquement la panique. « Les annonceurs ont vite fait de faire sauter la pub », se plaint cette responsable d’une radio privée.

En Guadeloupe, la crise n’est pas vraiment passée. Le pays vit encore sur les états d’âme du LKP. Le Liyannaj, il est vrai, n’a jamais lâché la pression.
En tête de ses revendications, l’application de l’accord Bino, qui prévoit le versement de 200 euros supplémentaires pour les bas salaires (1 à 1,4 Smic).Toutes les entreprises n’ont pas signé, ou celles qui l’ont fait refusent la convertibilité de cette somme quand, après trois ans, l’Etat cessera d’apporter son aide de 100 euros.
Alors, la mobilisation est tous azimuts dans une bonne dizaine d’entreprises. A Orange Caraïbe, par exemple, leader de la téléphonie mobile locale, les agents ont campé nuit et jour devant les bureaux depuis près de deux mois, avant d’obtenir un accord à l’arraché ; il en est de même à la chambre d’agriculture où les salariés grévistes ont promis de bloquer toute la filière agricole…Pendant ce temps, le tribunal de commerce continue de siéger.

Les liquidations de sociétés se poursuivent. Bien sûr, elles ne sont pas toutes liées au conflit qui a duré du 20 janvier au 4 mars dernier, mais dans son audience de jeudi, sur les 16 liquidations, cinq étaient directement liées à la grève générale de quarante-quatre jours."Il faut mettre ces liquidations en parallèle avec le nombre de demandeurs d’emploi en plus, estimé à environ 6.000, également avec les sociétés en redressement ", considère Willy Angèle, le patron du Medef Guadeloupe, qui note une baisse importante des offres d’emploi. « Il n’était pas besoin d’agir ainsi pour faire avancer les choses », regrette encore M. Angèle.
C’est une conséquence à laquelle peu de monde s’attendait. Après avoir obtenu la baisse immédiate du prix de 1.400 produits de première nécessité, les Guadeloupéens ne pensaient pas que certains d’entre eux seraient rapidement introuvables .Dans un supermarché de Pointe-à-Pitre, les étagères des yaourts estampillés « prix LKP » sont vides. « Rupture de stock », explique furtivement un employé. Et pourtant, juste à côté, les laitages de grandes marques abondent. « C’est la dernière technique qu’ont trouvée les grandes surfaces pour couillonner les gens, poursuit Micheline ». Aucune explication n’est donnée sur les relations entre certaines données et la politique mise en place par les autorités françaises qui se sont arrogées le droit de nous diriger malgré les dispositions du droit international.
Ces soit disant données sont curieuses .

En effet il n’y a pas de données récentes hormis quelques statistiques monétaires car la plupart des administrations ont été fermées .Par ailleurs s’agissant des liquidations c’est surtout la conséquence de la volonté des procureurs de la république de ne pas se mêler d’une affaire dont ils sont les maitres .Les guadeloupéens demandent que cette loi soit abrogée.Plus généralement la morosité de nos compatriotes est surtout la conséquence d’une politique qui vise à punir et à assister et non à développer .
Nous continuons de penser qu’il faut une relance massive de l’activité économique qui doit être menée avec une prise de contrôle de notre économie avec nos ressources , une protection de notre marché et le passage d’une économie de supermarché à une économie de production.En tout cas cette composante de l’action française est criminelle et indigne d’un pays qui se veut respectable.
 
17.06.2009 CARIB CREOLE ONE : http://www.caribcreole1.com <http://www.caribcreole1.com/> 
GOSIER - ECONOMIE
L’analyse économique de l’accord BINO et du protocole du 4 mars
Par Eric Edinval*

GUADELOUPE. Gosier Mercredi 17 juin 09. Caribcreole.com.Le texte qui suit est une communication faite dans le cadre du CAGI par ’Eric Edinval  ancien professeur d’économie à l’Université Antilles Guyane (UAG) ,membre de la direction nationale de l’UPLG..Il propose ici, une lecture de l ‘accord Jacques Bino du protocole du 4 mars signé, à la fin du mouvment social qui avait débuté en Janvier 2009

Un économiste n’est pas neutre, on appartient tous à des écoles. Alors, n’attendez pas de moi que je dise, celui là a raison ou celui ci a tort... Je pars conscient de que ce que je vais dire, de ce que je vais défendre comme idée ; tout simplement parce que je vais utiliser comme économiste des outils d’analyse dont je dispose, je vais aussi utiliser des catégories économiques que l’on connait et qui sont universelles. Et à partir de cela, essayer de comprendre ce qui s’est passé pendant ces 44 jours.

Lorsque je traite de l’analyse économique des accords BINO <http://ugtg.org/mot_137.html> , je dois dire qu’en fait le mot d’ordre a pour point de départ la question du niveau de vie, du pouvoir d’achat. Toutes les composantes sociales vont être présentes aux rendez-vous du LKP. La Guadeloupe va alors révéler au monde toute l’étendue du désastre économique né d’un système colonial qui a survécu sous des masques et des avatars divers simulant l’abondance dans un entourage dit sous développé.

Une longue liste de revendications devant aboutir au bien être d’une population qui refuse les inégalités dans l’emploi, les inégalités de salaires, les inégalités dans la satisfaction des besoins à court terme et à moyen terme... voilà ce que va être le programme du LKP. C’est à dire que ce programme va s’échelonner pendant des périodes relativement longues pas seulement pendant les principales revendications que nous allons exposer.

L’accord Jacques BINO <http://ugtg.org/mot_137.html>  qualifie la situation économique et sociale en termes non équivoques : « considérant que ma situation économique et sociale résulte de la pérennisation du modèle économique de l’économie de plantation ». Voilà, le mot était lancé : Economie de plantation.
Et lorsque les patrons du MEDEF et de la CGPME vont [refuser de] signer, ils vont dire que traiter l’économie guadeloupéenne d’économie de plantation est une véritable hérésie. Pourquoi ? Parce que dans la presse française - moi je dis bien la presse française, et non la presse nationale - il a été précisé qu’« économie de plantation » cela voulait dire que c’est une économie esclavagiste ; alors que ce n’est pas le cas.

L’économie de plantation a été définie par des économistes de l’université des West Indies - particulièrement par Lloyd BEST [1] . Et il y a eu de longues analyses, de longs développements sur ce concept d’économie de plantation que toute la Caraïbe connait et que toute la Caraïbe emploie pour expliquer ce qu’étaient les sociétés dans lesquelles elles ont vécu - les sociétés coloniales - et ce qu’elles sont devenues quand elles ont été transformé dans des économies telles que celles qui existent à l’heure actuelle dans le reste de la Caraïbe.

Or ce considérant sur la situation économique et sociale va articuler tout le reste du préambule. Les autres considérants [constituant] l’évolution successive des étapes à franchir pour qu’on puisse finalement arriver au dernier paragraphe : « Considérant que les parties conviennent à ce titre de la nécessité d’une revalorisation substantielle du pouvoir d’achat par un relèvement des bas salaires selon les modalités suivantes »... Et, « considérant la nécessité de faire tomber tous ces obstacles en instaurant un ordre économique nouveau prônant une revalorisation du travail de chacun, chefs d’entreprise et salarié ; et promouvant de nouveaux rapports sociaux ».

Pourquoi ce préambule est-il si important ?

Parce qu’il explique toute la démarche économique de ce qui s’est passé, et la démarche économique du LKP. [...]
Je vais d’abord expliquer ce contexte économique - ce qui nous pousse à penser que nous sommes encore en économie de plantation & en économie coloniale. Ensuite, ces accords obtenus, qu’ont t-ils pu faire avancer, dans la résolution d’obstacles. Et enfin, quelles sont peut-être les pistes à venir pour que cette économie puisse évoluer - comme cela est dit - vers un ordre économique nouveau.

On peut identifier l’économie guadeloupéenne par son histoire. Cette histoire économique est relativement importante. On identifie trois passages.

Le passage d’abord de l’esclavage au salariat. Ce premier passage va modifier les premiers rapports sociaux. Il faut bien comprendre que ces rapports sociaux de l’esclavage sont des rapports de mort. Parce que le maître va exploiter l’esclave jusqu’à sa mort. Et l’esclave lui-même ne souhaite que la mort du maître, pour qu’il puisse exister... Donc ce rapport de mort sera remplacé par le rapport d’exploitation capitaliste.

Les maîtres sont alors indemnisés de la perte de leurs esclaves ; et vont alors subir la concurrence des industries venues de France pour créer un système d’usine centrale & de production de canne à sucre. C’est à dire que dans le même temps où l’esclavage est aboli, la France, elle, évolue vers un capitalisme moderne, industriel. Et bien sur, il y a toujours eu ce décalage entre les colonies et la métropole, qui fera que ce sont des usines à sucre qui vont prendre la place des anciens possesseurs d’esclaves. Les moyens de production sont donc possédées non seulement par les anciens esclavagistes qui gardent une partie des terres à canne, mais aussi par des industriels actionnaires de sociétés capitalistes. Le rapport de classe va alors se confondre avec le rapport de race. C’est ça la particularité de cette première période.

La fin de l’économie sucrière, nous pouvons la noter vers les années 60. C’est la fin du rapport entre l’usine qui monopolise la production de canne - l’usine est le premier monopoleur de la société guadeloupéenne - et tous les petits paysans possédant des terres dont la surface est comprise entre 0 et 5 hectares. La fin de l’économie sucrière, correspond à la fin de ce rapport entre monopoles sucriers et ouvriers d’usine. Mais tout en participant à l’épanouissement en France d’une société européenne, tout en participant à l’ouverture vers un libéralisme de plus en plus effréné, la Guadeloupe reste quand même dominée par une espèce de dépendance liée au fait que les békés - ou les blancs créoles - possédant les terres à sucre vont devenir principalement les importateurs-exportateurs. Et de cette société sucrière la Guadeloupe deviendra une société de consommation. Celle-ci va dominer jusqu’à nos jours et perpétuer les structures de l’économie de plantation.

Qu’est ce que ces que ces structures de l’économie de plantation ?

C’est le fait qu’il y ait une production dominante. Et cette production dominante va faire que toute la production locale, celle - nécessaire - qui sert à nourrir le pays, va dépendre de cette production dominante. Non seulement pour le temps de travail des travailleurs ; mais aussi pour la quantité de paysans qui vont pouvoir travailler au niveau de ces terres qu’ils ne possèdent pas, puisqu’ils ne possèdent que des terres marginales.

La structure de l’économie de plantation, c’est aussi le fait que les prix sont déterminés par l’extérieur. Comme il n’y a pas de production interne et que les produits consommés sont largement importés, tout ce qui est importé va être le prix fixé, généralisé au niveau de toute la société guadeloupéenne. Je donne souvent l’exemple d’une personne qui va vendre ses vivres - des ignames - au marché. Elle va fixer le prix de ses ignames par rapport à son coût de production, bien sur, mais aussi par rapport à ce dont elle aura besoin, après. La production importée lui servira alors à fixer le prix de ses marchandises. Troisième caractéristique de l’économie de plantation : c’est une économie extravertie. On importe beaucoup, on exporte peu. Le taux de couverture des importations par les exportations est de 6%. La Guadeloupe ne produit que 6% de ce qu’elle achète à l’extérieur. L’extraversion vient du fait que la Guadeloupe dépend de l’extérieur.

L’économie de plantation c’était cela et les structures de cette économie de plantation ont perduré jusqu’à nos jours dans une société qui reste profondément dépendante de l’extérieur qui peut aussi être analysée comme étant une structure coloniale d’une économie qui a connu ses grandes heures de gloire pendant la période esclavagiste, mais qui maintenant s’effondre. L’effondrement c’est le fait que ce type de structure ne tient plus à l’intérieur du carcan colonial et qu’il fallait le faire éclater.

La première revendication a donc été une revendication sur le pouvoir d’achat.

Revendication présentée comme la nécessité d’un partage équitable de ce que ce pays produit. Il s’agit du problème bien connu des économistes, celui non seulement du partage de la richesse, mais au delà celui qui est lié au fait que le monopole qui existe dans un pays s’organise de telle manière que les prix soient fixés non pas seulement par le niveau de production mais aussi par le monopoleur, pour qu’il en tire le maximum de profit. Et c’est ce profit qu’il devrait partager.

D’autre part il s’agit d’un autre problème également bien connu, c’est celui de la relance par la demande. C’est à dire d’une relance de l’économie fondée sur une augmentation des salaires de telle manière que ces salaires puissent générer d’autres productions qui seront achetées. Le problème qui se pose en Guadeloupe vis à vis de cette augmentation par les salaires c’est justement que l’on a connu déjà cet exemple là. Lorsque les fonctionnaires ont eu les 40% d’augmentation de salaires, cela a contribué à augmenter les importations. Il fallait donc veiller à ce que ces 200 euro supplémentaires ne soient un moyen de faire augmenter les importations. Et c’est la que l’intelligence de ceux qui ont réalisé la plate-forme est tout à fait remarquable ; parce qu’ils ont automatiquement couplé cette augmentation de salaires avec une baisse des prix. Et cette baisse des prix permet alors non seulement d’éviter une inflation - c’est à dire qu’une augmentation des salaires appelle une hausse de la consommation, appelle à nouveau une hausse des prix - mais constitue également un moyen pour le guadeloupéen d’avoir sa part dans la production de richesse tout en achetant moins cher.

Enfin, il a été répété que les achats soient des achats de la production locale, plutôt que des achats de la production locale. Mais alors qu’est ce que cette production locale ? Ce n’est pas seulement de la production vivrière, mais c’est aussi le fait, lorsqu’il vous faut réparer votre voiture, d’aller chez un garagiste local plutôt que d’aller chez Peugeot ou dans telle autre maison. C’est aussi toujours le fait d’employer tout ce qui peut l’être à l’intérieur de notre production, de façon à ce que celle-ci puisse augmenter. C’est ne pas céder aux caprices et aux vices de la surconsommation dans les supermarchés.

La deuxième chose qui apparait lorsque l’on lit la plate forme de revendications, c’est aussi la question des changements de rapports sociaux. La Guadeloupe s’est retrouvée aussi confrontée à ceux qui possédaient non pas uniquement comme des capitalistes, mais à ceux qui possédaient un véritable privilège. C’est à dire qu’à côté de ce qu’ils étaient capables de posséder par eux-mêmes, ils bénéficiaient de l’aide considérable de l’Etat pour maintenir leur puissance. Finalement, cette alliance des capitalistes et de l’Etat fondait l’existence d’une caste de privilégiés. Et c’est cette caste de privilégiés qui pesait considérablement sur l’économie guadeloupéenne. Rompre cette liaison entre l’Etat et cette caste de privilégiés, faire que la Guadeloupe puisse vouloir elle même pouvoir décider... C’est cela qui s’est produit. Comment ? En créant une nouvelle classe d’entrepreneurs guadeloupéens, de petits entrepreneurs guadeloupéens qui viennent alors s’introduire dans la négociation et qui vont faire que celle-ci réussira. Et écarter le MEDEF et la CGPME pour que la Guadeloupe puisse créer elle même ses propres cadres, ses propres entrepreneurs qui vont alors pouvoir négocier. On se trouve dans un rapport de classe totalement différent...

S’agit-il d’une révolution, comme on l’a vu dans l’histoire économique, prise au sens d’une modification des rapports sociaux ?

Révolution car, on constate que ce qui est demandé c’est une modification des rapports sociaux entre non seulement patrons et travailleurs mais entre les guadeloupéens et l’ancienne puissance coloniale française.

Deuxièmement, révolution car celle-ci désigne aussi la prise en compte d’une société qui est déterminée par tout ce qu’elle a de culturel. Ce qui fait que son histoire, à un moment donné est un carcan tel qu’elle souhaite en sortir. Une révolution n’est donc pas forcément une révolution marxiste, c’est à dire une révolution où les rapports sociaux sont tels, où les contradictions sont telles ... que l’on va passer à un autre mode de production.

Il s’agit là d’une révolution qui fait que la Guadeloupe peut échapper - je dis peut échapper - à tout ce qu’elle a connu comme vice dans son économie, comme empêchement au développement de son économie. Je dis révolution et non pas évolution ; pourquoi ? Parce qu’une révolution dans l’économie c’est aussi transformer l’économie de telle manière qu’elle soit au service du plus grand nombre, qu’elle puisse donner un bien être à la plus grande partie de la société.

Et je crois que si il y a quelque chose qui peut être réussi, si il y a quelque chose à rechercher, c’est cette révolution là, c’est cette manière de transformer pour que l’on puisse chanter alors très victorieusement : "La Gwadloup sé tannou".

Eric Edinval

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17.06.2009 CARIB CREOLE ONE : http://www.caribcreole1.com/ <http://www.caribcreole1.com/> 
LE MOULE - TRIBUNE DES DEBATS
Morale et Ethique en politique
Par Richard Poitou*
GUADELOUPE. Le Moule .Mardi 16 juin09. Caribcreole.Com. Apres avoir été membre du PCG où il a fait ses premières armes Richard Poitou, qui a depuis plus d’une décennie, rejoint les rangs du PPDG, est l’un de ces nombreux opposants à Gabrielle Louis Carabin Le texte qu’il nous soumet est une « réflexion »  qui se veut « philosophique » sur la politique ,telle qu’elle se vit dans la ville du Moule

Les agitations et contorsions politiques de notre Député- Maire du Moule, celles constatées lors des dernières élections municipales de certains élus (2) de la prétendue opposition municipale nous poussent à nous interroger sur la véritable signification de l’éthique et la morale en politique.

Deux termes très usités et si souvent employés comme synonymes, quand il s’agit de décrire le comportement de nos politiques.

La morale, qui concerne ce que l’on doit aux autres « Que dois-je faire ? », est en fait l’ensemble de nos devoirs, qui par référence aux dogmes sur le bien et le mal se veut universelle.

L’éthique (ou sagesse) répond quant à elle, à la question du « Comment vivre ? » et ne concerne que l’individu, dans son rapport avec lui-même, dans sa recherche individuelle du bonheur.

Rapportées à la politique, l’éthique et la morale génèrent un climat de suspicion comme quand il s’est agit de la religion ou de la culture et pire encore, quand il s’agit de la gestion de problèmes affairant à notre société ou à l’administration d’une collectivité.

Il est clair que certains évènements comme une élection municipale, une élection législative ou globalement une prise de pouvoir, bousculent les catégories de toutes intelligences et de toutes pensées, et conduisent bien souvent à la disjonction de la valeur et de l’être, quand on sait que les valeurs sont de simples évaluations particulières, issues de désirs tout aussi particuliers.

Machiavel, ce penseur émérite et grand génie du verbe définissait la politique comme étant tout les moyens pour parvenir au pouvoir et s’y maintenir coûte que coûte, que ce soit par la violence, la ruse, les mensonges ou les trahisons multiples.

Quand on sait que la morale est l’exigence de se conduire selon le respect ou le refus de certaines valeurs jugées absolues comme le bien et le mal, forcément, ce point de vue de Machiavel nous invite à la réflexion dans le choix même des hommes et des femmes politiques qui nous gouvernent.

Si la morale énonce des impératifs (commandements et interdictions) qui obligent l’homme, si sa conscience morale les reconnaît légitimes, cela introduit alors la notion du « devoir » qui dicte ce qui doit être (valeur, norme, idéal) et qui se distingue de ce qui est (le fait, le donné, la réalité).

Pourquoi sommes-nous arrivés aujourd’hui à se questionner sur la morale ou sur l’éthique de nos hommes et de nos femmes politiques… l’homme politique serait-il finalement un animal avant d’être un politique ? Platon s’en voudrait d’avoir tendu la perche.

Si théoriquement, nous parvenons à définir et cadrer ces notions diverses, seuls les faits, les agissements sur le terrain évoquent en nous ces conclusions.

Tout bon citoyen Moulien qui se respecte, s’il s’intéresse un tantinet à la politique municipale, se doit d’apprécier et de juger selon son propre entendement le comportement de ses représentants politiques.

S’il sent que le pouvoir confié à celui ou à celle en qui il a naguère reconnu une certaine légitimité, se transforme progressivement en une crainte tout aussi légitime, si ce pouvoir ignore la règle, les valeurs, on est donc en droit de penser que l’on s’approche dangereusement du négatif de la démocratie et de sa seule déviation, le totalitarisme.

(Beaucoup ici s’en sont inspirés : de Lucien Bernier à celles et ceux qui se réclament de lui, et se sont réjouis de l’éruption d’une stèle à son effigie).

Le passage de la morale (ce qui est bien ou mal) à l’éthique (ce qui est bon ou mauvais pour l’homme), finalement se fonde sur un processus sans fin et en même temps générateur d’acquis définitifs.

Mais après plusieurs siècles de laïcisation, on arrive à la conclusion que même Dieu ne répond plus au « Que dois-je faire ? ».

Si la foi ne relève plus de la communion sociale, s’il n’y a plus de lien entre les hommes, chacun devra se demander à lui-même ce qu’il doit faire et nourrir la préoccupation morale au moment même où l’on constate un certain déclin de la politique.

A qui la faute si ce n’est aux politiques eux-mêmes qui n’ont pas su contenir la foi et la croyance des hommes en des valeurs fondamentales.

Machiavel entrevoit une certaine disjonction de la morale et de la politique au bénéfice ... de la politique : la fameuse théorie du « vaut mieux perdre son âme que les élections ».

La politique aurait-elle ses raisons que la morale et l’éthique doivent ignorer ?

La politique ne serait-elle rien d’autre que ce qui sert à prendre le pouvoir et à le garder quitte à mentir pour faire passer un peu de vérité.
On serait en droit de le croire si on jette un simple coup d’œil vers le microcosme politique Moulien.

Peut-être est-ce là, la caractérisation de la pure recherche du bonheur individuel.

Où est donc cette morale collective, celle qui unit les individus d’un même groupe, un peuple, les citoyens d’une commune, justement sur la base de croyances communes ?

*Délégué communal PPDG du Moule


*Les textes, articles, contributions ,publiés dans la rubrique « Tribune des débats » sont une » fenêtre ouverte »à des contributeurs , mais ne reflètent pas nécessairement le point de vue ou la ligne éditoriale de la rédaction de Caribcreole.com
 
17.06.2009 FWIYAMIN : http://www.fwiyapin.fr <http://www.fwiyapin.fr/> 
Interview de Jean-Claude Malo <http://www.fwiyapin.fr/2009/06/interview-de-jean-claude-malo/>
Cliquer ici pour écrire à l'auteur : Kam  <mailto:ticam971@hotmail.com>
ITW de Jean-Claude Malo

Maire de Bouillante
Ancien président de l’association des maires de Guadeloupe





FWIYAPIN: Nous sommes un jeune média, vous pouvez-nous rappeler vos débuts dans la sphère médiatique ?

Jean-Claude Malo: J’étais enseignant. En 1982, le mouvement patriotique par le biais de l’UPLG m’a demandé si je voulais être animateur d’une radio libre qu’il allait créer. J’ai accepté sans hésitation En juillet 1982, Radyo Tanbou <http://radyotanbou.net/>   commença  à émettre. D’animateur je suis devenu très rapidement journaliste de la radio sous le pseudonyme de Tino Marik. Je commençais d’ailleurs à être mal à l’aise dans l’éducation nationale ; j’ai donc pris la décision de devenir journaliste. J’ai pris des cours par correspondance et ai obtenu un certificat. En 1988, j’ai démissionné de Radyo Tanbou et j’ai été recruté par les responsables de la radio créée par Alfred Marie-Jeanne, Radyo Lévé Doubout Matinik (RLDM) en tant que rédacteur en chef formateur. J’ai quitté au mois de décembre. En mars 1989, je fus recruté à Sept Mag.



FWI: Ça a été facile de déchouker l’ancien maire Philippe Chaulet ?

JCM: En mars 1994, je me présentais pour la première fois à une élection et plus précisément aux élections cantonales. J’ai battu Philippe Chaulet au 2e tour. C’était l’évènement politique de l’année : un journaliste qui bat « un éléphant politique » pour sa première participation. En juin 1995, je fus battu dès le premier tour des élections municipales et j’ai du attendre 2008 pour remporter les municipales. Ce n’est jamais facile de déchouker un maire. Après mon élection les amis de Philippe Chaulet m’ont dit : « Chaulet pa janmé gannyé-w ! »



FWI : Pouvez-vous nous faire un état des lieux de la ville de Bouillante ? Quels sont ses atouts et ses faiblesses ?
JCM:  Bouillante se situe au cœur de la Côte sous le vent et a la particularité d’être un mini pôle administratif vu l’implantation dans le bourg du pôle emploi, de la CGSS, de la CAF, du GRETA et de trois distributeurs de billets. Elle abrite la seule usine géothermique de la Guadeloupe. La commune fait partie du cœur du parc. C’est une future destination touristique : plusieurs clubs de plongée sont présents ; elle peut encore développer des activités nautiques et touristiques. Le chômage des jeunes et des femmes est cependant important, près de 47%. La commune de Bouillante rencontre des difficultés financières importantes. La rigueur est donc de mise.



FWI : Comment étaient les Bouillantais durant le mouvement social initié par le LKP ?

JCM: Durant le mouvement initié par le LKP, la très grande majorité des Bouillantais était très attentive mais ils ne se sont pas vraiment manifestés. Seul le personnel communal s’est mobilisé régulièrement. Une manifestation silencieuse (à laquelle j’ai participé) en mémoire de Jacques Bino a été organisée par les agents ; la population était absente.



FWI: Pendant le mouvement social porté par le LKP, on vous a vu endosser le rôle du président de séance lors des négociations au WTC. Vous n’avez pas eu le succès médiatique de Domota, mais on vous sentait beaucoup plus à l’aise que les deux autres présidents Jacques Gillot et Victorin Lurel. C’est parce que vous n’étiez « que » président de l’Association des Maires de Guadeloupe ?

JCM: J’étais content au fond de moi-même du mouvement social car cela fait 38 ans que je milite pour que mon peuple se responsabilise. J’étais aussi mal à l’aise parce que je supportais très mal d’apparaître comme un élu « ennemi » du peuple d’autant que j’ai toujours affirmé que je viens du peuple, mon patron c’est le peuple et an pa ka obliyé la an soti.



FWI: Vous avez démissionné de l’association des maires pour laisser la place à René Noël, premier édile de la Désirade. Vous ne vouliez plus aller à l’Élysée entendre Sarkozy une fois par an ?

JCM: J’ai démissionné de l’Association des Maires pour être en accord avec ma conscience, pour être en vérité avec moi-même. Le reste n’a pas d’importance. Je ne veux pas paraître, je veux être. Je ne suis pas à la recherche de notoriété. Depuis l’âge de 20 ans, je me suis engagé et me suis mis au service de mon pays, de mon peuple…je veux servir en toute humilité. Je me situe sur les traces de tous ceux qui ont choisi de sacrifier leur vie pour leur peuple (Jésus Christ, Gandhi, Martin Luther King, Mandela et bien d’autres).



FWI: Il aura fallu le LKP pour vous rendre compte que vos divergences avec Lurel étaient trop fortes pour rester dans son giron et qu’il fallait rejoindre votre « famille naturelle » (je crois que ce sont vos mots) ? Lurel et Gillot c’était votre « famille adoptive » ?

JCM: Je suis de la Côte Sous le Vent. Lurel est mon voisin, un frère, un ami. Je me suis solidarisé de lui depuis 1997. Je le connais bien et il sait qui je suis. Il sait que nous ne partageons pas la même vision de la Guadeloupe. Nous travaillons ensemble au Conseil Régional, dans l’intérêt de la Guadeloupe. Quoi de plus logique ! Je me devais de l’accompagner même si nous ne partageons pas tout sur le plan politique. Quelquefois, il faut savoir faire taire ses divergences pour aller à l’essentiel. C’est ce que j’ai fait. Je ne le regrette pas car j’ai pu servir mon pays, mon peuple à travers les responsabilités qu’il m’a confié. Cependant le mouvement social a fait surgir nos différences. Quoi de plus normal que j’exprime les miennes ! Les intérêts de mon peuple m’invitent à ne pas donner la priorité aux intérêts personnels. Comprenez bien que je ne suis pas contre ou pour Lurel ; je suis pour mon pays. Chaque fois que l’occasion me sera donnée pour exprimer mes différences, je n’hésiterai pas une seconde. Lurel et Gillot sont des frères, des amis, ils le resteront quoi qu’il arrive.



FWI: Que pensez-vous des États Généraux organisés par le gouvernement français ?

JCM:  Je ne participe pas aux Etats Généraux. Le Gouvernement veut récupérer le mouvement social. La faiblesse des partis politiques laisse un vide que le Gouvernement veut s’approprier. Cependant, je pense qu’il est appréciable, qu’en toute liberté, ceux qui veulent participer, le fasse. J’attends les conclusions pour affiner mes propositions.



FWI: Qu’aviez-vous voté le 7 décembre 2003 ? Au niveau du calendrier électoral, vous pensez que les élections régionales de 2010 (ou 2011) vont survivre à l’hypothèse du changement de statut et de l’assemblée unique ? Vous vous présenterez à de futures élections autres que les municipales de Bouillante ?



JCM: Le 7 décembre 2003, j’ai voté non à la réforme parce qu’il n’y avait pas de vrai choix. Madame Girardin, Secrétaire d’Etat à l’outre mer avait déclaré 48 h avant la réforme : « Quel que soit votre vote, cela ne changerait rien !!! ». La question statutaire était éludée. Je suis militant d’un changement statutaire avec un contenu défini par le peuple guadeloupéen lui-même. Je profite pour dire que le Congrès qui sera organisé le 24 juin prochain me convient parfaitement. Il serait souhaitable qu’à partir de maintenant que la Guadeloupe persiste à rester dans une logique de changement statutaire. Les élections régionales nous donneront l’occasion de relancer la question. Les candidats devront dire clairement leurs options. Dans 9 mois, nous aurons des élections, je me ferai un devoir de donner ma vision du pays.



FWI : Quelle est, selon vous la prochaine étape pour la Guadeloupe, afin d’arrêter la pwofitasyon, et que les guadeloupéens puissent décider un peu plus de leur sort ?



JCM: Arrêter la « pwofitasyon » suppose que nous revoyons le système de fond en comble. En fait, construire autrement la Guadeloupe, sur d’autres bases en tenant compte de ce que nous sommes et de ce que nous voulons être. Il faut rompre les liens coloniaux, sortir de l’hypocrisie qui nous lie à la France pour des relations plus vraies, plus naturelles, plus sincères. Nous voulons être nous-mêmes pour vivre mieux avec les autres, notamment la France, l’Europe et les autres pays de la Caraïbe. Il faut donc persister à dire la vérité au peuple.


SUR CHIENS CREOLES : http://chien-creole.blogspot.com <http://chien-creole.blogspot.com/> 
La riposte des avocats <http://chien-creole.blogspot.com/2009/06/la-riposte-des-avocats.html> 

DEUX AVOCATS SE REBELLENT


« Nous n’irons pas à Paris » Cette phrase, qui en d’autres circonstances serait tout à fait anodine, constitue dans le cas présent, un véritable défi à un pouvoir qui semble utiliser la justice pour régler quelques comptes avec le LKP depuis la fin de la grève générale (voir la fin de l’article suivant http://chien-creole.blogspot.com/2009/05/parallele-historique.html)
La jeune femme qui la prononce lors d'une conférence de presse, n’est autre que la jeune avocate du LKP, Sarah Aristide, dont l’engagement au côté de l’UGTG ou des sans-papiers haïtiens ne date pas d’hier. Elle et son confrère, Patrice Tacita, une des figures du LKP, représentant du groupe Akiyo, ont été convoqués à Paris, respectivement les 17 et 16 juin, afin d’être mis en examen.
 
 
1° « Deux avocats en mal de notoriété »
L’affaire a débuté après que les deux avocats ont déposé plainte, dénonçant le fait que leurs lignes téléphoniques avaient fait l’objet d’interceptions lors de conversations avec leurs clients en 2005 et 2006. Les 23 et 24 octobre 2008, ils se sont interrogés sur RFO sur le fait que personne ne semblait s’émouvoir de cette affaire à laquelle aucune suite sérieuse n’était donnée. Ils ont donc réitéré leurs accusations. Quant aux policiers mis en cause, ils avaient par la voix de leur supérieur, fait savoir qu’ils ne diraient rien sur cette affaire au parquet qui devait les auditionner. Loin de condamner cette attitude, c’est la sortie médiatique des deux avocats qui a déclenché les foudres du procureur, Jean-Michel Prêtre.
 
 
Il les a publiquement traités de menteurs, d’affabulateurs. Il n’a pas hésité à réduire leur exigence de respect des principes fondamentaux de la justice à un coup de pub orchestré par « deux avocats en mal de notoriété »… C’est dans ce contexte qu’une juge, madame Charloux, a, à son tour, porté plainte, cette fois contre nos deux avocats, estimant que sa probité de magistrat avait été mise en cause par leurs allégations dans cette affaire.
 
2° Dès le 22 février
Jean-Michel Prêtre a ouvert une information à une date qui n’a probablement rien de fortuite : il s’agit du 22 février 2009, deux jours à peine après le commencement de la grève générale initiée par le LKP. Déjà les deux jeunes avocats avaient fait savoir qu’ils défendraient ce mouvement. Curieuse coïncidence. Notons que par la suite, Sarah Aristide va devenir l’avocate de Jimmy Lautric, dans une affaire embarrassante pour le pouvoir comme Chien Créole l’a déjà dénoncé et peut-être liée au meurtre du syndicaliste Jacques Bino (voir l'article suivant http://chien-creole.blogspot.com/2009/04/contre-enquete.html). Autant dire que ces deux avocats dérangent.

3° Convoqués à Paris
Une première convocation leur a été délivrée, leur demandant de se présenter à Pointe-à-Pitre le 19 mai. Sans explication, cette convocation a été annulée. C’est quand ils ont reçu la seconde convocation, cette fois pour Paris, qu’ils ont compris. Le motif invoqué pour expliquer ce changement subit de décision est que l’affaire serait de nature « à troubler l’ordre public local ». La requête déposée pour être entendus en visio-conférence a été rejetée.

4° Ordre public colonial et avocats indigènes
Plusieurs avocats, et pas des moindres, solidaires de leurs jeunes confrères, ont décidé de se constituer en comité de soutien. Ils donnent, ce vendredi en fin d’après-midi, une conférence de presse. Dans l’auditoire, en solidarité, plusieurs membres du LKP sont présents et écoutent attentivement, parmi lesquels, Elie Domota et Jean-Marie Nomertin, pour ne citer qu’eux. En revanche RFO brille curieusement par son absence… Maître Rodes, doyen du barreau de la Guadeloupe, se présente comme un infatigable pèlerin de la lutte anti-coloniale. Grande figure de l’indépendantisme guadeloupéen, il a fait partie des accusés au procès des 18 patriotes (à ce sujet, lire l'article suivant http://chien-creole.blogspot.com/2009/05/parallele-historique.html <http://chien-creole.blogspot.com/2009/05/parallele-historique.html> ), ce qui fait de lui un symbole vivant de cette cause. Citant Dessaline, héros de l’indépendance haïtienne qui signait ses missives comme général indigène, il se qualifie lui-même d’avocat indigène.


Le plus ancien avocat de la Caraïbe commence par rappeler que la justice est le dernier rempart de l’ordre colonial : « sans justice coloniale, il n’y a pas de colonie ». Puis, il se livre à un vaste balayage historique allant du code noir écrit sous Louis XIV, en passant par la magistrature coloniale, à l’époque où celle-ci n’avait pas honte de s’appeler ainsi, s’égarant ensuite assez longuement sur ses souvenirs de la seconde guerre mondiale, avant de revenir à l’affaire qui nous préoccupe. Il revient sur le concept d’"ordre public local" qu’il traduit par « ordre public colonial » et qui semble s’opposer au fait qu’un magistrat de Paris vienne sur place mettre en examen deux avocats « indigènes ». « L’ordre public colonial s’oppose à ce que la justice se passe normalement. C’est effrayant ! » Il annonce ensuite son attention de faire appel contre la décision de la juge parisienne car elle induit que la Guadeloupe est en marge de la République Française puisqu’on distingue cette dernière du fameux ordre public local.

5° Un aveu de faiblesse
Maître Evita Chevry rappelle que c’est la troisième fois en peu de temps que le parquet s’en prend à la parole des avocats. Il y a d’abord eu les poursuites contre maître Harry Durimel, par ailleurs dirigeant des Verts Guadeloupe, ensuite est venue l’affaire des écoutes, « des faits que la profession considère comme exceptionnellement graves » ; et enfin voici les mises en examen pour diffamation. L’avocate dénonce le dépaysement de l’affaire. Selon elle, à travers cette manœuvre, le procureur n’a d’autre objectif que de « jouer à domicile, sur son terrain ». Ce n’est ni plus ni moins qu’un aveu de faiblesse ; « l’aveu qu’ici, il ne maîtrise ni le terrain, ni les hommes ». Elle pointe du doigt au passage les irrégularités dans la procédure quant à la façon dont ils ont été convoqués. Patrice Tacita, le visage grave, dénonce le manque de considération dont ils font l’objet dans cette affaire et rappelle sentencieusement que « le totalitarisme n’est pas loin lorsqu’on tente de substituer un ordre répressif au droit commun ».



6° « Dans mon pays »

Lorsque Sarah Aristide prend enfin la parole, elle expose sereinement son point de vue, dans un discours teinté de nationalisme où chaque mot est pesé. Elle dénonce un procès politique et le fait qu’en dépaysant l’affaire il s’agit ni plus, ni moins que de les couper de leur soutien populaire, de leur force qui réside dans le LKP. Elle réaffirme ne pas vouloir se dérober à la justice, elle a d’ailleurs des choses à dire, affirme-t'elle, mais puisqu’on me reproche quelque chose dans mon pays, continue-t’elle, je dois être entendue dans mon pays ». Elle précise que dans le cadre de leur convocation à Paris, le billet d’avion, les nuits d’hôtel, et les frais courants sont entièrement à leur charge. Il leur a déjà fallu, à eux deux, débourser 6000 euros à consigner, pour que leur plainte pour écoutes illicites soit reçue, puisque le procureur refusait d’y donner suite. Mais, conclut-elle, « tout ça n’est qu’accessoire, car vous l’avez compris, il s’agit en fait d’une question de principes. On nous a refusé la visioconférence, nous n’allons nulle part. Nous n’irons pas à Paris. »




7° Esprit insoumis

Une sorte de stupéfaction s’empare de la salle. Evoquant la suite probable des événements, à savoir le mandat d’amener, l’arrestation menottée et la déportation en métropole, elle affirme calmement mais avec détermination : « je suis prête à assumer ces bracelets car ils représentent ce que j’ai de plus sacré, ma liberté ».





Cette allusion fait bien sûr écho au passé esclavagiste de l’archipel et parle à tout Guadeloupéen. Cependant, au-delà de cette symbolique très forte, dans l’histoire de la lutte contre le pouvoir colonial, on retrouve en Guadeloupe cette constante qui consiste à détourner la répression coloniale pour la retourner contre ce même pouvoir. On l’a vu récemment avec les commémorations du massacre de mai 67, un événement qui devient constitutif de l’identité guadeloupéenne, qui soude les Guadeloupéens autour de la mémoire (voir : http://chien-creole.blogspot.com/2009/05/tout-en-image.html <http://chien-creole.blogspot.com/2009/05/tout-en-image.html> ) On a vu aussi, comment le procès des 18 patriotes, en 68, accusés d’avoir portés atteintes à la sûreté de l’Etat, est devenu le procès des pratiques colonialistes de la France en Guadeloupe. Dans cet oxymore des menottes symboles de liberté, c’est toute cette tradition qu’on retrouve. La froide violence répressive n’a pas de prise sur l’esprit insoumis qui fait montre de son indéniable supériorité en transcendant ce qui devrait lui couper les ailes. Comme au Judo, on se sert du poids de l’adversaire pour le faire chuter.




8° Désobéissance civile

La décision courageuse de cette jeune femme et de son confrère, qui empruntent le sentier périlleux de la désobéissance civile, pourrait bien faire plier l’Etat, soit en le poussant à faire preuve de plus d’intelligence et de modération, soit en amenant le peuple à se soulever si on devait leur faire subir le traitement dégradant évoqué plus haut, alors qu’ils n’ont fait que défendre des principes de justice. Le ton nationaliste emprunté aujourd’hui par chacun des intervenants n’est pas innocent. Ils savent pouvoir rassembler bien au-delà des clivages politiques si le masque tombe et que l’opinion publique perçoit dans cette affaire des relents colonialistes. Interrogé par Chien Créole en marge de cette conférence, Elie Domota a bien fait comprendre que le LKP, directement visé dans cette affaire, ne resterait pas les bras croisés si cela devait arriver : « s’ils les veulent, qu’ils viennent donc les chercher… » Il va falloir suivre cette affaire avec la plus grande attention car elle est de nature à remettre le feu au poudre en Guadeloupe, dans un climat de plus en plus délétère…

Le LKP devrait très bientôt appeler à une mobilisation massive le 22 juin, en soutien à ses deux avocats.




FRédéric Gircour (trikess2002@yahoo.fr)


 


 

 
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MARTINIQUE
 
16.06.2009 France Antilles Martinique
Les grands travaux avant Sarkozy
R.L., Photos Fernand Bibas

À vitesse grand V... En travaux depuis de longs mois, la Place de la Savane se transforme à vue d'oeil ces derniers jours.
De là à penser que la visite présidentielle prévue la semaine prochaine est responsable de cette subite agitation, il n'y a qu'un pas...
C'est en effet ici que le président Nicolas Sarkozy doit rendre un hommage solennel aux dissidents martiniquais le jeudi 25 juin prochain, plus de 60 ans plus tard.
Pas étonnant alors que, tout autour du monument aux morts, les équipes techniques et municipales, épaulées par de nombreux engins de chantier, effectuent un balai incessant afin de rendre l'espace le plus propre possible.
Élagage, nettoyage des mauvaises herbes, vérification de l'électricité, coulée de bitume et rouleaux compresseurs, : rien n'est laissé au hasard... Oubliés les rubans blancs et rouges marquant les travaux en cours... L'espace doit paraître le plus neuf possible.
En coulisses, les proches de l'Élysée continuent de dresser la liste des anciens combattants toujours en vie pour les honorer le temps de la cérémonie.
De nombreux convives, plusieurs milliers selon ce qui est pressenti, sont invités... Alors, pour l'occasion, la Place de la Savane se refait une peau neuve.

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16.06.2009 SITE LE NAIF http://www.wmaker.net/lenaif
Par Serge LETCHIMY : pour une gouvernance rénovée de l’espace maritime en Outre-Mer
Lecture sur : http://www.wmaker.net/lenaif/POUR-UNE-GOUVERNANCE-RENOVEE-DE-L-ESPACE-MARITIME-OUTREMER_a376.html
 
 
BONDAMANJAK http://www.bondamanjak.com/
Vidéo Alfred MARIE JEANNE http://www.bondamanjak.com/martinique/28-a-la-une/7527-alfred-marie-jeanne-parle-du-congres-du-18-juin-2009.html
 

16.06.2009 MONTRAY KREYOL http://www.montraykreyol.org <http://www.montraykreyol.org/> 
CONGRES DES ELUS DEPARTEMENTAUX ET REGIONAUX
Deuxième SEANCE PLENIERE 18 JUIN 2009 : RAPPORT
mardi 16 juin 2009 par la rédaction de Montray Kreyol <http://www.montraykreyol.org/spip.php?auteur41> 

Le Congrès des élus départementaux et régionaux de la Martinique lors de sa séance du 18 décembre 2008, a adopté une résolution tendant à faire évoluer la Martinique dans le cadre de l’article 74 de la constitution.

Il a également prévu de doter la Martinique d’une collectivité unique investie des pouvoirs du Conseil Régional et du Conseil Général avec des compétences nouvelles.

Le présent rapport a pour but de préciser l’organisation de la nouvelle Collectivité de Martinique.

Dans le cadre de l’article 74 de la Constitution, le statut de la nouvelle collectivité territoriale est défini par une loi organique, qui fixe notamment les règles d’organisation et de fonctionnement des institutions de la collectivité.

S’agissant du modèle d’organisation territoriale, en se basant sur l’exemple d’autres collectivités comme la Corse, la Polynésie Française ou encore plus près de nous, Saint-Barthélemy ou Saint-Martin, il ressort que deux modèles peuvent être envisagés, se sont :

l’organisation de droit commun que l’on connaît actuellement, c’est-à-dire, une assemblée ayant un exécutif intégré à l’assemblée, et qui n’est pas responsable devant elle.

une organisation spécifique avec une assemblée délibérante et un exécutif distinct de celle-ci. Le Conseil exécutif, est responsable devant la dite assemblée, qui peut le renverser par le vote d’une motion de défiance constructive.(...)

Rapport en PDF sur http://www.montraykreyol.org/spip.php?article2652 <http://www.montraykreyol.org/spip.php?article2652> 

16.06.2009 SITE LE NAIF http://www.wmaker.net/lenaif/ <http://www.wmaker.net/lenaif/> 
CONGRES DU 18 JUIN
Lire article sur : http://www.wmaker.net/lenaif/CONGRES-DU-18-JUIN-2009_a379.html <http://www.wmaker.net/lenaif/CONGRES-DU-18-JUIN-2009_a379.html> 
 
17.06.2009 France Antilles Martinique
Deux articles pour quel avenir ?
G. G.
C'est demain que le congrès des élus départementaux et régionaux de la Martinique adoptera les compétences qui devront être dévolues à la collectivité régie par l'article 74 de la Constitution. Mais entre le statut d'identité législative et celui de la spécialité législative, la réalité des avantages et inconvénients de l'un et l'autre dépend essentiellement du contenu plus que du contenant. Comparaison succincte de ce que la Constitution confère à l'un ou l'autre régime législatif.
IL RÉGIT LE PRINCIPE DE L'IDENTITÉ LÉGISLATIVE. C'EST LE PRINCIPE D'ÉGALITÉ POUR TOUS LES CITOYENS D'OUTRE-MER.
La Constitution précise : « Dans les départements et les régions d'outremer, les lois et règlements sont applicables de plein droit. Ils peuvent faire l'objet d'adaptations tenant aux caractéristiques et contraintes particulières de ces collectivités. Ces adaptations peuvent être décidées par ces collectivités dans les matières où s'exercent leurs compétences et si elles y ont été habilitées, selon le cas, par la loi ou par le règlement. (..) Les habilitations prévues aux deuxième et troisième alinéas sont décidées, à la demande de la collectivité concernée, dans les conditions et sous les réserves prévues par une loi organique. Elles ne peuvent intervenir lorsque sont en cause les conditions essentielles d'exercice d'une liberté publique ou d'un droit constitutionnellement garanti.
La création par la loi d'une collectivité se substituant à un département et une région d'outre-mer ou l'institution d'une assemblée délibérante unique pour ces deux collectivités ne peut intervenir sans qu'ait été recueilli le consentement des électeurs inscrits dans le ressort de ces collectivités. »
Les avantages du 73
- La sécurité juridique.
- Les lois de plein droit.
- L'adaptation et l'habilitation.
- La sécurité budgétaire : l'État finance l'application de ses lois.
- L'application obligatoire des lois régaliennes : monnaie, défense, justice, police...
- L'application automatique des mesures nationales sociales et concernant le travail : RTT, SMIC, RMI, Santé (CMU), Éducation, Logement, Aménagement du territoire... Sauf mesures dérogatoires adoptées par le Parlement. C'est le cas du RSA.
- L'article 73 offre les mêmes possibilités qu'au niveau national, avec, en plus, des adaptations spécifiques : développement économique, environnement. C'est l'habilitation.
Les inconvénients du 73
- L'inadaptation de mesures métropolitaines mais des adaptations possibles.
- La limitation des mesures protectionnistes.
- Pas de compétences propres à la collectivité, sauf à demander l'habilitation à adapter.
- Pas d'application immédiate des mesures nationales si le législateur le décide. Le SMIC outre-mer a été aligné sur le SMIC métropole en 1995, soit 50 ans plus tard. Le RSA ne sera appliqué outre-mer qu'en 2011, soit deux ans plus tard.

IL RÉGIT LA SPÉCIALITÉ LÉGISLATIVE. C'EST LE PRINCIPE DE LA DIFFÉRENCIATION PAR RAPPORT À LA MÉTROPOLE.
La Constitution précise : « Les collectivités d'outre-mer régies par le présent article ont un statut qui tient compte des intérêts propres de chacune d'elles au sein de la République. Ce statut est défini par une loi organique, adoptée après avis de l'assemblée délibérante, qui fixe ? : les conditions dans lesquelles les lois et règlements y sont applicables ; les compétences de cette collectivité ; sous réserve de celles déjà exercées par elle, le transfert de compétences de l'État ne peut porter sur les matières énumérées au quatrième alinéa de l'article 73, précisées et complétées, le cas échéant, par la loi organique ; les règles d'organisation et de fonctionnement des institutions de la collectivité et le régime électoral de son assemblée délibérante » . Historiquement, l'article 74 concernait les territoires d'outre-mer : Nouvelle Calédonie, Mayotte, Polynésie, Wallis et Futuna. Aujourd'hui, Saint-Martin, Saint- Barthélémy et Saint-Pierre et Miquelon sont régis par cet article.
Les avantages du 74
- La marge de manoeuvre.
- La possibilité d'adaptation et de non-application de certaines lois nationales.
- Les mesures protectionnistes.
-La liberté identitaire : drapeau, emblème, gouvernement (exemple, la Polynésie).
- Il entraîne l'application obligatoire des lois régaliennes : monnaie, défense, justice, police...
- Pas d'application immédiate des mesures sociales nationales et concernant le travail : RTT, SMIC, RMI, Santé, Éducation... C'est la loi organique qui décide des applications de ces lois nationales.
- Si les compétences accordées sont compatibles avec le Traité de Rome, la Collectivité d'Outre mer (COM) Martinique restera dans l'Union Européenne et continuera de bénéficier des programmes européens.
- Une fois passée sous le régime du 74, la COM-Martinique pourra demander l'accroissement de ses compétences propres.
Les inconvénients du 74
- Loi organique modifiable par le Parlement.
- La négociation des financements.
- Il suppose que soient définis des domaines où la collectivité décide. Mais pour financer les mesures, la collectivité doit négocier avec l'État. Surtout dans les domaines où les compétences sont partagées.
- Si ces compétences portent sur la libre circulation des marchandises, des personnes, des capitaux, les règles de la concurrence, le droit d'installation, le commerce extérieur, elle devra sortir de l'Union Européenne. Elle aura le statut de Pays et Territoire d'Outre-mer (PTOM).
Depuis la réforme constitutionnelle de mars 2003, les évolutions institutionnelles possibles de l'une ou l'autre des entités territoriales de l'Outre-mer ont changé, dans la forme comme dans le fond.
Ce tableau n'est en rien exhaustif. Il a été établi à partir de la Constitution, des documents de la documentation française, et des argumentaires recueillis auprès des deux camps : les partisans du maintien de la collectivité dans le cadre de l'article 73 et ceux du passage à l'article 74.


17.06.2009 DOM HEBDO
Martinique : L'Assemblée Unique sous le régime 73 ou 74 ?

Pendant que la population martiniquaise tente de débattre au sein des ateliers dans le cadre des Etats généraux décidés par le gouvernement, de leur devenir au quotidien, les élus martiniquais imperturbables, engagés dans un processus d'évolution statutaire, vont tenir demain leur deuxième réunion de congrès, après s'être très majoritairement prononcés en faveur d'une Assemblée Unique,  le 18 décembre dernier, pour définir les compétences de cette assemblée.
 
En gros, les élus vont, pendant leur séance plénière, se demander s'ils optent pour une Martinique régie par l'article 73 de la Constitution qui permet d'appliquer sans réserve toutes les lois votées au sein de la République ou si on applique une identité spécifique comme le permet l'article 74.
 
Une question certes cruciale pour le devenir de la Martinique sur le plan administratif, sauf que les Etats généraux sont passés par là et requièrent une véritable audience populaire, dont les élus ne semblent pas prendre la mesure.
 
Dès lors, il ne faudrait pas s'étonner que la population ne suive pas la volonté des congressistes lorsque la question sur l'évolution institutionnelle lui sera soumise.



17.06.2009 DOM ACTU http://www.domactu.com <http://www.domactu.com/> 
Martinique | Politique
Assemblée unique : les élus votent les compétences…
C’est demain que se tiendra le second congrès des élus locaux relatif à la création d’une assemblée unique régie sous l’article 74 de la constitution. La séance de demain devra brosser les compétences de cette potentielle collectivité.
Le 18 décembre dernier, les élus de la Martinique s’étaient prononcés majoritairement en faveur d’une évolution institutionnelle.

En d’autres termes, tous souhaiteraient que le statut de région monodépartementale que nous avons actuellement soit transformé en assemblée unique.

Dit de cette façon les choses paraissent simples. Il est en effet certain, que le statut de DROM (département et région d’outre-mer) constitue une aberration administrative. Les deux collectivités empiétant chacune sur les compétences de l’une et de l’autre.

Seulement, tout le débat est de savoir si cette assemblée unique doit être régie par l’article 74 ou doit s’inscrire dans la continuité de l’article 73.
Avec ce dernier, l’identité législative est automatique en Martinique. C'est-à-dire que toutes les lois votées en France et pour la France s’appliquent de facto sur notre territoire, l’île étant une région monodépartementale française au même titre que tous les autres départements et régions de France.

Si en revanche la Martinique devient une collectivité d’outre-mer régie par l’article 74, il s’agira alors d’appliquer une identité spécifique. Ce qui signifie que la future assemblée pourra demander que les lois votées tiennent compte des spécificités sociales, économiques, culturelles et insulaires de notre île, posant ainsi les principes d’un système Autonomiste.

Ce sont donc les compétences de cette assemblée unique et autonomiste qui seront proposées puis votées par le congrès des élus demain jeudi à l’hôtel du département.

Des compétences qui ne prendront forme que si les martiniquais se prononcent majoritairement en faveur de cette évolution institutionnelle…
Marie Jean - DOMactu.com
 
 
17.06.2009 France Antilles Martinique
 
Le Groupe Lancry en croisade contre les prix des importateurs
Bertrand Micholet
Dans un dépliant distribué dans les boîtes aux lettres, le Groupe Lancry a adressé une lettre ouverte à ses fournisseurs dans laquelle il leur demandait de répercuter sur leurs prix - avant ce mercredi 17 juin - la baisse de l'octroi de mer décidée par le Conseil régional. Une démarche « pour le seul intérêt du consommateur » , précise-t-il.
Il y a quelques semaines, le Conseil régional a voté la baisse de l'octroi de mer sur une liste de 2 17 codes douaniers de produits. Une mesure qui devait normalement avoir une incidence réelle sur les prix de vente des produits concernés.
Et pourtant, dans une lettre ouverte publiée la semaine dernière, les dirigeants du Groupe Lancry, basé au Lamentin, reprochent aux fournisseurs locaux de produits alimentaires de n'avoir jusqu'ici pas répercuté cette baisse de l'octroi de mer sur leurs prix. « Aujourd'hui, les Hypers Lancry répondent à la demande des consommateurs en répercutant les baisses de l'octroi de mer obtenues sur le prix des produits que notre groupe importe, précise Steeve Lancry, le directeur général. Mais, à ce jour nous constatons qu'aucun engagement de baisse de tarif n'a été pris par les autres fournisseurs locaux » . Conséquence : le Groupe Lancry « pour l'intérêt des consommateurs » a donné à ses différents fournisseurs un ultimatum au 17 juin, donc aujourd'hui, pour répercuter cette baisse des taxes.

Une date butoir
Steeve Lancry rappelle que dans la baisse de 20% décidée sur 400 articles de première nécessité, les produits dits « BCBA » , les Hypers Lancry et les autres enseignes avaient anticipé la baisse de l'octroi de mer depuis le 15 avril dernier. Il demande aujourd'hui aux fournisseurs et aux importateurs locaux de prendre leur part dans ces mesures prises en faveur du pouvoir d'achat. « Ce n'est toujours pas le cas » , précise le dirigeant. En clair, il y aurait encore une marge de manoeuvre pour baisser les prix. Les Hypers Lancry disent acheter 60% de leurs produits chez des fournisseurs locaux qui commercialisent majoritairement les marques françaises. Leur appel à l'adresse des importateurs arrive à échéance ce 17 juin 2009.
Dans leur lettre ouverte, les responsables du Groupe indiquent « qu'au-delà de cette date ils seront tenus d'informer en toute transparence les consommateurs en balisant dans les rayons les produits sur lesquels il n'y a eu aucune répercussion de la baisse d'octroi de mer » .
En brandissant la carte de la transparence, les dirigeants des Hypers Lancry, veulent faire à la fois faire pression sur les importateurs et alerter les consommateurs sur les raisons pour lesquelles les prix ne baissent pas autant qu'ils le pourraient.

- Les prix BCBA victimes de leur succès
Les dirigeants du Groupe Lancry veulent faire taire les critiques sur les distributeurs qu'ils considèrent non fondées d'une manière générale à propos des prix BCBA. Tous sont victimes de la pénurie des produits concernés. « Au cours de ces deux derniers mois, nous ont-ils décléré, le mode de consommation dans les grandes surfaces a radicalement changé. Depuis le 15 avril, on a remarqué une consommation des produits BCBA excessivement importante, ce qui fait qu'il est très difficile pouvoir tenir les approvisionnements dans les délais. En revanche, on s'est engagé, en cas de rupture de stocks, à remplacer le produit manquant, toujours au prix le plus bas. Malgré tout, nous n'arrivons pas à pallier la rupture de stock. Il est très compliqué d'établir un plan d'approvisionnement d'autant que l'on ne dispose pas d'historique sur cette récente mutation du comportement des consommateurs. Aujourd'hui, nous augmentons radicalement nos importations pour faire face à cette nouvelle situation » .

- Hypers Lancry : une nouvelle identité sans le nom Carrefour
Depuis environ un mois, l'identité visuelle et la signalétique des Hypermarchés Lancry a changé. Le nom de Carrefour n'apparaît plus, pour laisser place uniquement au logo de l'enseigne française. L'objectif vise à une meilleure visibilité des deux hypermarchés du groupe implantés au Lamentin. L'Hyper Lancry est au centre commercial Place d'Armes, l'Hyper Landy est au quartier Long-Pré, et sera bientôt un hypermarché équivalent à celui de Place d'Armes, avec les mêmes références. La famille Lancry, qui est dans l'activité commerciale depuis 49 ans, entend ainsi marquer sa différence avec les deux autres enseignes Carrefour de Dillon et Génipa.

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André-Jean Vidal
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