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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 13:59


VIIIème CONGRES DES ELUS DEPARTEMENTAUX ET REGIONAUX
24 juin 2009
Discours de Victorin LUREL – Député, Président du Conseil régional


Mesdames et messieurs les parlementaires,
Monsieur le président du Conseil général, président du Congrès,
Mesdames et messieurs les conseillers généraux et régionaux,
Mesdames et messieurs les maires et les conseillers municipaux,
Mesdames et messieurs ici présents,
Mes chers compatriotes,

Presque deux mois après un premier congrès annulé pour cause d’envahissement de cet hémicycle, nous voici donc réunis pour enfin nous pencher sur une proposition de méthode d’élaboration d’un projet guadeloupéen pour l’avenir de notre archipel.

Dans le texte du discours que j’aurais dû prononcer le 7 mai dernier et que j’ai tenu malgré tout à rendre public, je qualifiais ce congrès d’exercice « nécessaire, mais singulier et délicat ». J’observais, en effet, en guise de paradoxe, que nous, les représentants élus du peuple, nous nous réunissions pour discuter d’un projet guadeloupéen, alors qu’il apparaissait clairement que les Guadeloupéens avaient encore beaucoup de mal à se parler entre eux, dans un espace démocratique apaisé et dans une atmosphère sereine.

J’avais écris cela sans savoir que notre réunion serait finalement annulée, faute de pouvoir se tenir dans une atmosphère précisément sereine et apaisée. Sept semaines après cet épisode douloureux pour moi, douloureux pour Jacques Gillot et douloureux j’en suis sûr pour un très grand nombre de nos compatriotes attachés au respect des institutions démocratiques, il n’y a pas grand-chose dans l’analyse que je comptais faire alors que je retrancherais aujourd’hui.

Des conflits sociaux se poursuivent dans plusieurs entreprises et autres services publics. Nous sommes même dans une semaine de mobilisation des syndicats en soutien aux différentes grèves perlées qui perdurent. Et, comme de bien entendu, alors que nous nous réunissons ici, un défilé se déroule en ce moment même dans les rues du chef lieu.

Les outrances verbales de certains leaders du collectif n’ont pas cessé et j’en sais quelque chose pour avoir tour à tour été qualifié de voleur, de bwa-bwa, puis tout simplement d’assassin…  Quant aux personnalités de la société civile qui ont eu le tort de désapprouver publiquement l’envahissement du Conseil général, ils sont devenus dans un tract très récent : « de prétendus intellectuels du haut de leurs diplômes et de leurs savoirs usurpés ». Ces outrances vont jusqu’à empêcher la tenue du comité de suivi des accords du 4 mars que nous avions pourtant acté afin de faire un point régulier sur les engagements pris pour sortir du conflit… Non, mes chers collègues, à mon grand regret, le respect entre Guadeloupéens n’a guère fait de progrès notables ces dernières semaines.

Cet accord du 4 mars aurait pourtant dû marquer la sortie de la crise sociale des premiers mois de l’année, mais force est de reconnaître que les tensions demeurent vives, souvent entretenues, et c’est aujourd’hui toute la Guadeloupe qui peine à se redresser et à se remettre au travail.

Pourtant, la simple évocation de la situation dans laquelle se trouve notre économie devrait suffire pour prendre la mesure de l’urgence qu’il y a à nous reprendre, et vite, car tous les voyants ont viré au rouge :

Le chômage explose =>  ils sont 5.000 demandeurs d’emplois de plus rien que sur les mois de mars et d’avril ; nous pourrions dépasser de nouveau la barre des 50.000 chômeurs avant la fin de l’année, alors que nous avions réussi il y a quelques mois à descendre en dessous de 40.000.
Les importations, tout comme les exportations, sont en chute libre (-40%) sur un an ;
La consommation de ciment a reculé en mai de 11,6 % et elle est en baisse sur les 5 premiers mois, tout comme sur les 12 derniers mois ;
Les trafics portuaires et aéroportuaires affichent des baisses supérieures à 20% ;
Les Guadeloupéens en interdits bancaires, en surendettement ou qui font l’objet d’un retrait de leur carte bancaire sont pour leur part plus nombreux chaque mois ;
Cinq de nos plus grands hôtels sont fermés et l’ensemble du secteur touristique de notre île est sinistré ;
Quant aux collectivités locales, elles voient s’effondrer leurs recettes (octroi de mer, octroi de mer régional, taxe sur la consommation de carburant, taxe d’embarquement des passagers), car elles sont indexées sur l’activité économique. Ce sont aujourd’hui, au bas mot, pas moins de 30 millions d’euros que les communes, la Région et le Département ont perdu et qu’elles ne retrouveront probablement pas d’ici la fin de l’année, alors qu’il a fallu dans le même temps financer les mesures de l’accord du 4 mars, ce qui a provoqué une augmentation importante des dépenses.

Je sais qu’établir ce diagnostic sans fard est généralement ressenti par les syndicalistes du collectif comme une agression, comme une volonté de discréditer le mouvement qu’ils ont initié. Je sais qu’il est commode de mettre des œillères pour éviter de voir que des centaines de nos compatriotes ont marché et déboulé pour l’accord BINO et ont trouvé le Pôle Emploi au bout de leur chemin, et non les 200 euros qu’ils étaient en droit d’espérer. Je pense à eux le cœur serré, car le désenchantement est la pire des désespérances.

Pour autant, s’il y a une posture qui consiste à tenir les syndicats pour seuls responsables de notre situation d’aujourd’hui, elle n’est pas tenable, et ce n’est en aucun cas la mienne. Je l’ai dit à plusieurs reprises, le combat mené durant 44 jours était juste, à bien des égards.  En revanche, la posture qui consiste, comme ils le font désormais, à minimiser les dommages collatéraux du mouvement ou, pire, à s’en laver les mains et à rejeter systématiquement la faute sur d’autres, est tout simplement mensongère et dramatiquement irresponsable. Il faut avoir le courage de se remettre en question et de remettre en cause certaines méthodes. Et il n’y a aucune raison pour que cette introspection soit réservée aux seuls responsables politiques que nous sommes.

Aujourd’hui, face à la situation dans laquelle nous nous trouvons, il n’est plus tellement temps ni d’intenter à l’infini des procès en responsabilité, ni de vouloir faire perdurer une instabilité économique et sociale qui, on le sait, sert des objectifs inavouables et qui sont, d’ailleurs, inavoués. Il est temps de savoir quelle Guadeloupe nous voulons pour demain. Et nous sommes ici précisément pour en discuter.

« Face à la crise, la grève ne suffit pas », soutiennent trois auteurs martiniquais qui appellent de leurs vœux « une saison de nouveaux commencements, une définition d’un autre rapport collectif à nous-mêmes ».

Nous devons, tous, ôter nos œillères et faire l’effort de regarder nos cœurs et de sonder nos âmes. Car, tout comme je crois avec force que nous possédons en nous-mêmes les ressources qui doivent nous permettre de sortir de la crise dans laquelle nous sommes plongés, je crois aussi qu’une part non négligeable de nos difficultés relève d’abord de notre responsabilité.

Est-il d’ailleurs possible de toujours accuser « l’autre » de nos propres turpitudes ? L’autre pouvant être, au choix, le voisin, le zindien, le patron, l’Haïtien, le Dominiquais, le Chinois, le Béké, le métropolitain, pour ne pas dire le blanc…

Est-il possible, dans nos diatribes contre « les pwofitasyons », de questionner un instant le profiteur qui somnole « an ba fèy » en chacun d’entre nous et qui nous transforme si facilement en champion du « ban mwen an favè » ?

Est-il possible de nous libérer du passé esclavagiste qu’il faut commémorer et sur lequel nous devons méditer, mais qui ne peut servir d’excuse systématique pour justifier nos renoncements ou nos échecs ?

Est-il possible de nous interroger sur notre rapport difficile à l’autorité ?

… sur notre indiscipline sur les routes qui génère des records de morts et de blessés ?
… sur notre très faible participation aux élections ?
… sur notre culture de la grève ?
… sur notre absentéisme au travail ?
… sur notre délinquance hélas florissante et récurrente ?
… sur notre consommation de champagne ?
… sur notre lien social si faible qu’il nous classe 20ème région française sur 26 quand nous sommes à la 20ème place pour la performance économique, soit devant des régions hexagonales bien plus développées que la nôtre ?

Est-il possible de glorifier d’autres figures que celles des résistants qui peuplent fort heureusement, mais quasi exclusivement, notre Panthéon ?

Est-il possible de soumettre les pères de famille que nous sommes à l’examen de nos responsabilités envers nos enfants que, trop souvent, par nos absences, nous livrons à eux-mêmes ? Il a fallu du courage à ce Barack Obama que nous admirons tous pour oser cette question en pleine campagne électorale…

Est-il possible de s’interroger sur la prégnance et même sur la pertinence du modèle familiale de la matrifocalité, ou plus justement de la matrilinéarité, faisant de nos femmes, poto mitan, les seuls chefs de famille.

Est-il d’ailleurs possible de poser ces questions sans apparaître aussitôt comme un décérébré qui n’aimerait pas le peuple dont il est issu et qui, ainsi, pratiquerait la haine de soi ?

Oui, mes chers collègues, est-il possible de réfléchir à un projet guadeloupéen en faisant l’impasse sur ces interrogations ?

Ces problématiques sont en effet au cœur de ce qui constitue notre pacte social et, plus encore, notre cohésion sociale. Ce vivre-ensemble, ce vouloir vivre-ensemble qui est aujourd’hui si malmené chez nous et qui risque, si nous n’y prenons garde, de finir en lambeaux au terme de cette séquence qui aura vu nombre de Guadeloupéens se dresser les uns contre les autres.

Aujourd’hui, je crois plus que jamais nécessaire et possible de rassembler les Guadeloupéens autour d’un nouveau pacte social qui fonde une société donnant autant d’importance aux devoirs qu’aux droits des citoyens. Car, ce sont les devoirs qui fondent les peuples responsables.

L’élaboration d’un projet guadeloupéen qui nous réunit aujourd’hui peut contribuer à ce rassemblement. Mais, pour cela, il est essentiel de définir les valeurs primordiales que ce projet portera.

Si j’avais à esquisser en quelques mots le projet tel qu’il vibre en moi, je dirais qu’il doit d’abord rassembler l’ensemble des communautés qui font qu’aujourd’hui la Guadeloupe est une terre multicolore, multiconfessionnelle et multiculturelle où une formidable créolisation est à l’œuvre.

Des indiens aux békés et aux blancs « péyi » et aux nègres ; des Syriens, des Libanais aux Italiens, aux Africains ; en passant par les asiatiques, les pieds-noirs, ou ceux que les hasards de la vie ou de l’Histoire ont conduit à faire souche ici… tous, nous sommes la Guadeloupe dès lors que nous sommes prêts à bâtir ensemble, à nous investir et à nous sentir liés à cette communauté de destins que nous formons. Nous ne disons pas la Guadeloupe « sé tan nou », dans une sorte d’appropriation frénétique… Nous disons la Guadeloupe « sé nou ! » Et « sé nou tout’ ! ».

Oui, mes chers collègues, la Guadeloupe n’est pas un bien que l’on se partagerait pour en exclure certains au motif qu’ils n’auraient pas la bonne couleur ou, même, parce qu’ils penseraient ou agiraient différemment de la majorité.
Oui ! Nous sommes la Guadeloupe ! Et pour construire cette Guadeloupe plus solidaire, plus juste, aux rapports sociaux plus apaisés, nous avons besoin de toutes les bonnes volontés, de toutes les énergies, de toutes les idées et de tous les apports.

Cette main tendue que peut constituer ce projet doit essayer d’atteindre jusqu’aux poings les plus fermés. Et c’est pourquoi je n’ai jamais désespéré et je ne désespère pas encore qu’un jour Elie DOMOTA et ses camarades dirigeants du LKP l’acceptent pour qu’ensemble nous sortions de ces affrontements stériles et parfois sordides entre Guadeloupéens…, pour qu’ensemble nous bannissions la volonté que certains expriment de « déconstruire ce semblant de pays de Guadeloupe », comme si cette volonté démiurgique de déconstruire était autre chose qu’une périphrase signifiant « détruire ».

Non, la Guadeloupe n’est pas un « semblant de pays ». C’est un pays et pas un paysage. C’est un territoire en devenir, avec d’incroyables atouts, avec une jeunesse dynamique et volontaire dont le niveau d’éducation s’accroît chaque année et qui atteint de plus en plus de filières d’excellence.

C’est un territoire pour lequel  nous avons élaboré, depuis 2004, Région, Conseil général, Etat, communes, avec les partenaires sociaux qui ont bien voulu travailler avec nous et les citoyens qui ont participé à nos assises territoriales, une cinquantaine de plans et de schémas pour penser et construire la Guadeloupe de demain. Cette somme considérable de travaux d’analyses, de prospective, de propositions et de plans d’action dessine les contours de notre territoire à l’horizon 2030, voire même 2050.

Nous en avons effectué une synthèse que nous remettons aujourd’hui au Congrès et qui présente les différentes orientations retenues et, pour la plupart, validées par le Congrès ou par nos assemblées respectives. Ces documents stratégiques décrivent une Guadeloupe qui choisit résolument la voie d’un développement durable et solidaire, qui place l’homme et la femme guadeloupéens au centre de sa stratégie de développement, qui est poreuse au souffle du monde, mais cherche à développer ses moyens propres de production, qui fait de l’éducation et de la formation une priorité absolue, car c’est là notre richesse essentielle.

Investir dans nos enfants, investir en l’Homme, tel est – nous le croyons – le primum movens du développement et de la modernisation.

Plus qu’un projet de société dont certains rêvent, dont d’autres parlent et que nous avons là déjà élaboré de façon très concrète, ces travaux sont à la base de ce que je préfère appeler une société de projets. C’est-à-dire que la Guadeloupe, plutôt que de s’enfermer dans une planification autoritaire de son avenir, dont on sait qu’elle résiste rarement aux aléas du monde, offre à chacun la possibilité de mener à bien son projet, sa contribution au développement du pays.

Oui, nous voulons construire et investir dans un nouvel humanisme, une nouvelle façoon « d’être au monde ».

La Guadeloupe n’est pas « un semblant de pays ». C’est un territoire aujourd’hui inscrit dans la République française, mais qui peut décider demain – si son peuple l’accepte – d’évoluer sereinement vers un statut plus autonome, voire vers l’indépendance. 

En effet, la France n’est plus en Guadeloupe dans une logique coloniale. Je ne cesserai de le répéter, car le gouvernement actuel et le chef de l’Etat ne feront jamais obstacle à une éventuelle volonté d’évolution exprimée par notre peuple à l’occasion d’une consultation. Et si tel est notre choix, le champ des possibles selon la Constitution est vaste :  du statu quo institutionnel à la séparation ou à la sécession pure et simple ; en passant par l’assemblée délibérante commune avec maintien des deux collectivités existantes dans l’article 73, ou par une collectivité unique résultant de la fusion de la région et du département, toujours dans le cadre de l’article 73 ; ou encore l’autonomie dans le cadre de l’article 74 ; sans oublier l’option d’un préambule à la Calédonienne, qui prévoirait un référendum d’autodétermination à horizon de 20 ans…

Cette question, vous le savez, est peut-être celle qui peut nous diviser le plus aujourd’hui. Mais, les choses sont remarquablement balisées par la Constitution qui laisse aux élus et au peuple la maîtrise de notre avenir institutionnel et statutaire. C’est pourquoi, je dirai ce vendredi au chef de l’Etat que les Guadeloupéens ne laisseront personne penser ou décider à leur place en la matière, ni de Paris, ni de Fort-de-France, ni de Cayenne.

Pour ce qui me concerne, vous connaissez mon sentiment qui consiste à privilégier un calendrier réaliste, qui nous laisse le temps de faire le travail de pédagogie nécessaire pour tenter d’emporter la conviction. Un calendrier, si possible, déconnecté des échéances électorales et donc, d’éventuelles arrière-pensées que le peuple décrypte d’ailleurs assez aisément.

C’est pourquoi je reste fidèle à mes options de toujours et à un calendrier qui respecte le temps des élections à venir et qui permet à chaque parti politique de bâtir d’ici 2010, avec ses militants et ses alliés, un programme dans lequel il fera figurer à la place de son choix sa formule d’évolution institutionnelle. Les élections sont le meilleur moment pour recueillir l’adhésion du peuple sur des bases claires et précises. A charge pour ceux qui auront été élus en 2010 et en 2011 de se donner deux ans pour proposer, dans le cadre d’un Congrès, une proposition d’évolution sur laquelle la population aura à donner son consentement en 2013 ou en 2014. A Saint-Martin, où la problématique était pourtant nettement moins complexe, il s’est écoulé 4 ans entre la consultation et l’élection de la nouvelle COM.

En somme, ce n’est donc pas là, selon moi, la priorité du moment car l’urgence aujourd’hui est à l’évidence économique et sociale. Et, il nous suffit d’observer le cas de certains autres territoires ultramarins pour comprendre que les statuts plus autonomes que le nôtre ne sont pas pour autant prémunis contre les pwofitasyons. Seule cette démarche est de nature à enclencher un processus de retour de la confiance.

L’enjeu d’aujourd’hui, je le répète, est de rassembler. De rassembler les Guadeloupéens sur de nouvelles bases. De leur proposer un nouveau pacte. Nous disions, nous, la « Guadeloupe pour tous » en 2004. Nous nous sommes attelés à concrétiser cette promesse d’une Guadeloupe mise à la portée de tous. Mais, compte tenu des urgences et des efforts que chacun doit fournir, nous devons dire désormais « Tous pour la Guadeloupe », retrousser nos manches  et devenir frères en bâtissant ensemble une tour, comme disait Antoine de Saint-Exupéry.




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André-Jean Vidal
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commentaires

pelage DORSAN 26/06/2009 15:45

Mr Victorin LUREL nous indique bien l'importance d'une réflexion approfondie sur le Grand Projet Guadeloupéen que nous appelons de nos voeux. Le "nous", c'est chacun d'entre-nous quelque soit notre ethnie. Le collectif LKP fait une erreur en prononçant l'exclusion des "Blancs-pays" et leurs sympathisants car la Guadeloupe appartient à tous.

Tout le monde est concerné par l'avenir de notre archipel; chacun d'entre-nous doit apporter sa pierre à l'édifice dans le respect de l'autre, la tolérance, le dialogue...

Mettons-nous au travail avec la volonté de réussir.

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