Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 01:16
« La question de l'indépendance n'est pas à l'ordre du jour »
« Je ne suis pas venu vous faire un discours exotique, dégoulinant de bons sentiments ». Cette référence explicite à ses prédécesseurs donne le ton de l'intervention, à Petit-Bourg, du Président de la République.
Une longue table sur une estrade, les huit présidents d'ateliers, les deux chefs des assemblées locales, le président de la République, et face à lui 1 400 Guadeloupéens, attentifs.
Nicolas Sarkozy a accusé un léger retard — son hélicoptère est tombé en panne, il a fait la route en voiture — et c'est sous un tonnerre d'applaudissements qu'il regagne sa place.
Trois intervenants, pour les ateliers des états généraux, Mme Diman, le professeur Janky, Me Marianne. Chacun va résumer les constats, les attentes.
L'un des moments forts de l'après-midi c'est l'intervention de Victorin Lurel, seul élu au micro, pour dire les choses, simplement : « Je crois qu’il est temps de ne plus invoquer en permanence le passé colonial et esclavagiste pour expliquer nos propres insuffisances. Il est temps de prendre conscience que la France n’est plus ici dans une logique colonialiste. En somme, il est temps de nous sentir à l’aise dans et avec la République, car nous savons que nous pouvons en sortir à tout moment, par notre seule volonté. »
Tout est dit. Reste au président de la République à concrétiser les promesses faites : le plan santé Outre-mer et le développement de l’offre de soins, le plan d’urgence pour la formation professionnelle et l’emploi des jeunes, entre autres...
« Ayons ensemble, je vous le demande, la volonté de faire vivre ici ce que nous enseigne la belle devise européenne : travaillons à être unis dans la diversité »,  concluait Victorin Lurel.

« Un comité de suivi des états généraux »

Qu'a annoncé le chef de l'Etat ? Tout d'abord qu'après les états généraux il y aurait un comité de suivi des décisions prises.
Nicolas Sarkozy a fustigé « les finalités poursuivies par ceux qui entretiennent des désordres de façon souvent artificielle... Le droit de grève ne peut être utilisé comme un instrument de propagande et de déstabilisation politique. Je ne suis pas prêt à accepter l'inacceptable. (...) Nous avons fait le choix d'une société dans laquelle les orientations politiques et les décisions économiques se font dans les urnes, par un vote libre.(...) Il est aisé de dénoncer, de combattre et de détruire. Il est bien plus difficile de proposer, d'agir, de construire. »
Pour ce qui est d'une évolution institutionnelle, le président de la République a été clair : « Quels que soient les souhaits d'évolution  qui pourraient être exprimés, il est en tout cas clair que rien ne se fera sans le consentement de la majorité des Guadeloupéens... La question de l'indépendance n'est pas à l'ordre du jour et ne le sera pas tant que je serai président de la République. La Guadeloupe est française et le restera. »

« Il nous faut reconstruire sur des bases différentes »


« L'Etat doit s'interroger sur sa façon d'être ». Cette petite phrase ouvrait le débat sur les absurdité d'un système qui, s'il n'est plus colonial au sens fort du terme, reste encore sujet à caution. « Je pense qu'un accroissement de l'autonomie et de la capacité d'initiative des collectivités d'outre-mer n'est pas nécessairement incompatible avec un renforcement du rôle de l'Etat localement. De nouveaux équilibres sont à trouver », a-t-il encore dit. Pas question donc de larguer une parcelle d'autorité régalienne, mais tout doit se faire en concertation avec les assemblées locales.
Enfin, le chef de l'Etat a passé en revue les souhaits des Guadeloupéens au travers des remontées des ateliers des états généraux. Il faut, a-t-il dit, recenser toutes les absurdités administratives, ces freins au développement. Exploiter les potentialités locales, les potentialités du sol, de la nature, les potentialités qu'offre la jeunesse.
« Il nous faut reconstruire, a-t-il conclu, sur des bases différentes. Je mettrai toute mon énergie, ma détermination, pour vous accompagner... »
Le chef de l'Etat a quitté la Guadeloupe peu après la fin de son discours.

Partager cet article

Repost 0
André-Jean Vidal
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de André-Jean Vidal
  • : Revue de l'actualité politique locale
  • Contact

Texte Libre

Recherche

Liens