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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 23:14
Climat tendu en Nouvelle-Calédonie où l'USTKE multiplie les manifestations

Le climat s'est tendu lundi en Nouvelle-Calédonie où des manifestations du syndicat indépendantiste USTKE, en grève générale, ont dégénéré en affrontements avec les forces de l'ordre, blessant 27 gendarmes.

Depuis une semaine, ce syndicat, proche de la CGT et du NPA d'Olivier Besancenot, multiplie blocages et dégradations, notamment aux zones industrielles de Ducos et de Numbo, au nord de Nouméa, suscitant l'exaspération croissante des chefs d'entreprise.
La semaine dernière, alors que Marie-Luce Penchard, secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, et Bernard Kouchner, ministre des Affaires Etrangères, étaient en Nouvelle-Calédonie, les forces de l'ordre sont intervenus quotidiennement pour lever barrages et blocages.
Le syndicat entend protester contre l'enlisement d'un conflit à Aircal, pour lequel un accord a été trouvé mais que le président de la compagnie domestique, Nidoish Naisseline, refuse de signer. Ce conflit est lié à un licenciement pour faute professionnelle.

Résistance
Deuxième syndicat de Calédonie, l'USTKE a récemment créé le parti Travailliste, qui a obtenu 3 élus au Congrès lors des élections territoriales de mai.
Tôt lundi, entre 50 et 200 adhérents de l'USTKE (Union syndicale des travailleurs kanak et des exploités), mais aussi jeunes des tribus kanakes avoisinantes, ont dressé un barrage filtrant, près de la subdivision administrative de Koné, dans la province Nord.
Alors que les gendarmes tentaient de les disperser, ils ont violemment résisté, répondant aux grenades lacrymogènes par des coups de bâton, des jets de pierre et de billes en acier.
Selon un porte-parole de la gendarmerie, les affrontements ont duré plus d'une heure, faisant 27 blessés, la plupart légèrement atteints, dans les rangs des gendarmes. L'un d'eux a eu une jambe cassée. En fin de journée (heure locale, 9 heures de plus qu'à Paris), le calme était revenu.
Lundi, des chefs d'entreprises ont organisé une contre-manifestation pour dénoncer « la prise en otage » de l'économie, tandis que les Nouméens sont soumis chaque jour à d'interminables embouteillages.

Un militant emprisonné
A propos du conflit d'Aircal, Philippe Gomes (droite), président du gouvernement, a indiqué sur Télé Nouvelle-Calédonie: « Nous avons demandé à la direction du travail de rouvrir le dialogue avec l'USTKE, mais elle a reçu une fin de non-recevoir. Comment discuter dans ces conditions ? »
L'USTKE réclame en outre la libération de son président, Gérard Jodar, condamné fin juin à un an de prison ferme, avec cinq autres adhérents, pour entrave à la circulation d'un aéronef après un coup de force, déjà dans le cadre du conflit Aircal.
Alors que l'organisation dénonce une « répression policière » du syndicalisme, le haut-commissaire de la République, Yves Dassonville, qui dépêche systématiquement les forces de l'ordre en cas de blocages d'entreprise, a appelé lundi soir à ne pas céder « aux menaces et intimidations de l'USTKE ».
Au sein du FLNKS, coalition indépendantiste dominante, certains élus issus du parti Union Calédonienne soutiennent les actions du syndicat. A l'instar de Yann Devillers, membre du gouvernement collégial en charge du transport aérien domestique, et donc d'Aircal.
La Nouvelle-Calédonie vit en paix depuis plus de 20 ans, et ses communautés, notamment européenne et kanake, ne veulent pas revivre les violences, qui les avaient opposées dans les années 80.
Le discours radical de l'USTKE trouve néanmoins un certain écho, en raison des profondes inégalités sociales et du désoeuvrement d'une frange de la jeunesse kanake.

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André-Jean Vidal
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