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26 août 2009 3 26 /08 /août /2009 14:44
Nouvelle-Calédonie : le syndicaliste Jodar reste en prison

Gérard Jodar, président du syndicat indépendantiste calédonien USTKE, reste en détention, sa libération ayant été refusée mardi par la cour d'appel de Nouméa, qui a mis son jugement pour une opération menée sur un aéroport en délibéré au 15 septembre.
Une aggravation - d'un an à 15 mois de prison ferme - de la peine prononcée le 29 juin contre le responsable syndicaliste a par ailleurs été requise par l'avocat général Jean-Louis Pagnon pour "entrave à la navigation ou la circulation d'aéronef".
L'audience d'appel s'est déroulée sans incidents alors que dès le début de la journée, des militants de l'USTKE (Union Syndicale des travailleurs Kanak et des exploités), s'étaient rassemblés dans le calme à proximité du palais de justice.
Les fait remontent au 28 mai: plusieurs centaines de militants USTKE avaient envahi l'aérodrome domestique de Magenta. Certains, dont M. Jodar, étaient montés à bord de deux appareils de la compagnie Aircal qui avaient été endommagés. Des échauffourées avaient opposé forces de l'ordre et manifestants.
Le licenciement, jugé abusif par l'USTKE, d'une employée de la compagnie aérienne était à l'origine du conflit qui a par ailleurs suscité des violences et des affrontements début août en Nouvelle-Calédonie.
D'imposantes forces de police avaient été déployées autour du tribunal pour contenir tout débordement éventuel des quelque 200 sympathisants qui pique-niquaient sous des tentes blanches installées pour les protéger du soleil.
"Quand je vais sortir, je serai encore plus fort que je ne l'ai jamais été", a lancé M. Jodar, vêtu d'un tee-shirt blanc au dos duquel on pouvait lire "libérez nos camarades syndicalistes", et portant un keffieh noir et blanc.
Keffieh également et tee-shirts rouges pour les cinq autres syndicalistes calédoniens qui comparaissaient détenus, comme lui et se sont vu aussi refuser leur mise en liberté. 22 autres comparaissaient libres.
Cependant, les emprisonnements concernaient des condamnations préalables pour d'autres opérations syndicales accompagnées de désordres, pour lesquelles les sursis étaient tombés, en raison du verdict du 29 juin.
M. Jodar avait aussitôt fait l'objet d'un mandat de dépôt.
"Il n'est pas question que l'État permette à M. Jodar et ses amis de ramener le territoire à la situation dans laquelle il se trouvait en 1984", a lancé M. Pagnon, en allusion à la période la plus aiguë des violences entre communautés en Nouvelle-Calédonie, avant la pacification née des accords de Matignon en 1988.
Premier ministre au moment de ces accords, Michel Rocard (PS) a, à Paris, appelé les juges de M. Jodar à faire preuve "d'un souci de compréhension".
L'avocat des prévenus, Laurent Aguila, a livré un plaidoyer très politique et insisté sur les inégalités sociales dans ce territoire français du Pacifique.
"L'État veut la tête de M. Jodar", a-t-il proclamé, mettant directement en cause le haut-commissaire Yves Dassonville pour les interventions très fermes des forces de l'ordre lors des affrontement de début août.
Des observateurs ont mis en rapport la sévérité des réquisitions de l'avocat général et la réputation de mansuétude qui s'attache à la cour d'Appel de Nouméa.
Le maintien en détention du président de l'USTKE intervient dans un contexte social tendu en Nouvelle-Calédonie. Samedi, plus d'un millier de personnes ont défilé dans le calme à Nouméa pour demander la libération des syndicalistes.

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André-Jean Vidal
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