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14 septembre 2009 1 14 /09 /septembre /2009 01:16
LUTTE CONTRE LA DELINQUANCE : PRIORITES A 100 JOURS

Le préfet Nicolas Desforges a décidé de frapper fort pour tenter d'enrayer la croissance de la violence dans le département. Un plan baptisé priorité 100 jours a été mis en place, dont voici les principales mesures.

La Guadeloupe a été confrontée cet été à une hausse sensible de la délinquance de voie publique et des accidents mortels de la circulation. Par ailleurs, une série d'agressions violentes (homicides, agressions conjugales, rixes entre bandes) est à l'origine d'un sentiment d'insécurité, tant en Grande-Terre qu'en Basse-Terre.
Ces faits ont mis en lumière plusieurs phénomènes connus : la détention d'armes, les addictions diverses (alcool, drogues), la formation de bandes de jeunes armés, etc.
A ce titre, la réactivité des forces de l'ordre a permis l'interpellation en flagrant délit ou après enquête d'un certain nombre d'auteurs de coups et blessures avec armes à feu.

Toutefois, il est nécessaire que l'action des forces de l'ordre s'inscrive dans la durée, autour de priorités clairement définies, et que l'ensemble des acteurs de la chaîne de sécurité soient mobilisés (maires, autorités judiciaires, autorités administratives, etc.). C'est l'objet de ce plan à 100 jours qui définit les priorités à retenir et les actions à mettre en œuvre immédiatement pour enrayer l'augmentation de la délinquance. 

Ce plan s’inscrit dans les différents plans mis en œuvre en Guadeloupe dès 2008 ( plan judiciaire anti-violences, plan départemental de prévention de la délinquance, plan de protection de l’enfance, plan départemental d'actions sécurité routière, plan de lutte contre les violences conjugales,…) et a vocation à être reconduit sine die.

1.Priorités d'actions pour les 100 prochains jours
1.Lutter contre la circulation de armes à feu

Trop d'armes circulent en Guadeloupe. Il s'agit le plus souvent d'armes blanches (coutelas, machettes, etc) ou d'armes à feu trafiquées (fusils de chasse dont le canon a été scié, fusils à pompe). Ces dernières peuvent être de vieilles armes trafiquées, ou des armes volées lors de cambriolages. Si des trafics d'armes avec l'étranger ne sont pas à exclure, force est de constater que la majorité des armes saisies sont d'origine guadeloupéennes.

La priorité des forces de l'ordre doit donc être, après analyse du phénomène, de saisir les armes à feu illicitement détenues, en vue d’obtenir des tribunaux leur confiscation, l’objectif étant de tarir le marché local et d'interpeller les trafiquants d'armes.

1.Lutter contre le phénomène de bandes
Le phénomène des bandes tend à se développer en Guadeloupe, sans pour autant que l'on puisse parler de « gangs » véritablement structurés. Il s'agit de jeunes désœuvrés, vivant de trafics en tout genre. L'agglomération Pontoise est la plus touchée (Baie-Mahault, Lamentin, Pointe-à-Pitre, Les Abymes, Gosier) mais ces bandes sont mobiles et peuvent affronter d'autres jeunes pour des motifs futiles, par exemple ceux de Capesterre-Belle-Eau ou de Goyave, comme cela s'est déroulé cet été. Les lieux festifs sont souvent des points de fixation, notamment les discothèques et bars de nuit. Il est à noter que beaucoup de ces jeunes circulent sur des deux-roues, non équipés de casques, et cachent leurs armes dans la selle de leur véhicule.     
1.Lutter contre le trafic de drogues
La drogue est à l'origine d'une délinquance violente en Guadeloupe, qu'il s'agisse de règlements de compte entre trafiquants ou de cambriolages et vols à main armée de la part de consommateurs de drogue. Le crack, la cocaïne et le cannabis sont les drogues les plus consommées. La lutte contre la drogue suppose une action d'ensemble : une pression constante de la part des forces de l'ordre et la poursuite des efforts de prévention. 

1.Lutter contre l'insécurité routière
Alors que l'on constate une amélioration des chiffres de la sécurité routière (tués, accidents, blessés) depuis le début de l'année, l'été a été marqué par une série inhabituelle d'accidents mortels (5 décès en juillet et 11 décès en août). Cette série de décès sur les routes est le signe d'un relâchement des comportements de la part d'une minorité d'usagers de la route. Les causes de ces accidents sont toujours les mêmes : vitesse excessive et dépassements dangereux, non port du casque et de la ceinture de sécurité, comportements dangereux des piétons la nuit, etc.  

1.2.Les actions à mettre en œuvre au cours des 100 prochains jours
1.Mieux connaître la circulation des armes et mener des opérations ciblées pour saisir des armes et de la drogue
Les services de police et de gendarmerie, tout particulièrement le SDIG et le GIR, s'attacheront à analyser la circulation des armes (quelles sont-elles ? d'où viennent-elles ? qui sont les détenteurs ? Comment se sont-ils procurés ces armes ? Où les cachent-ils ?), notamment en opérant un véritable suivi des armes saisies et une vérification approfondie des armureries.  

Il s'agira également de saisir un maximum d'armes, en vue d'obtenir des tribunaux leur confiscation, en mettant en place des actions de contrôles avec réquisition du Parquet pour fouiller les véhicules. Les Douanes seront associées à ces opérations. Elles seront ciblées sur les quartiers sensibles, les squats ou les lieux marqués par une forte délinquance de voie publique. Les créneaux de temps et de lieux seront fixés au dernier moment. Le GIR pourra être associé à ces opérations dans le respect de ses attributions (échange de renseignements, avis technique…)

Il conviendra enfin de rappeler à la population les règles en matière détention d'armes, celle-ci étant à l'évidence méconnues.

Objectif : 2 opérations par semaine, l'une en zone police, l'autre en zone gendarmerie
       
1. Renforcer les contrôles autour des lieux festifs
2. Trop de discothèques ou bars de nuit sont le lieux d'affrontements réguliers, souvent sous l'emprise d'alcool. Il convient de rénover et de faire appliquer strictement la réglementation en matière de débits de boisson. Des contrôles fouillés seront réalisés dans les  discothèques et bars de nuit qui posent le plus de difficultés et des mesures de fermeture seront prises le cas échéant. Une collaboration étroite sera menée avec l'autorité judiciaire pour faire respecter les arrêtés de fermeture.

Parallèlement, un travail sera mené avec les représentants de la profession pour revoir l'arrêté préfectoral déterminant les heures de fermeture des débits de boisson et adopter une charte de bonne conduite.

Objectif : 2 contrôles par mois, l'un en zone police, l'autre en zone gendarmerie.
2.3 Une meilleure surveillance des bandes
Les bandes sont un phénomène nouveau qu'il convient de suivre avec attention. Pour cela, la police et la gendarmerie renforceront l'échange de renseignements sur ces bandes afin d'identifier les meneurs et faciliter d'autant leur interpellation en cas de délits. Le SDIG apportera son concours en élaborant une cartographie de ces bandes et en suivant de près leur évolution.

Objectif : réaliser un recensement précis des bandes et de leurs principaux membres
1.2.Une répression accrue des comportements les plus dangereux sur les routes
Les forces de l'ordre concentreront leurs actions sur les comportements« infractionnels » les plus dangereux, par une une répression systématique, sur le mode de la « marteau -thérapie » : le non-port des équipements de sécurité, casque et ceinture; le non-respect des priorités, les conduites sous l'emprise de l'alcool ou de     produits stupéfiants et la vitesse.

Objectif : 1 opération départementale par mois d'envergure, 1 opération d'envergure par mois au niveau de chaque compagnie de gendarmerie et de chaque circonscription de police, et plusieurs opérations d'envergure par mois au niveau de l'escadron départemental de sécurité routière.

2.5.Renforcer les moyens consacrés à la lutte contre la délinquance
Pour combattre la délinquance de voie publique, le taux d'occupation de la voie publique devra être renforcé aux heures et dans les lieux adaptés. Pour cela, la DDSP mettra en place un équipage BAC supplémentaire début septembre sur Pointe-    à-Pitre et renforcera la BAC de Basse-Terre. Par ailleurs, sur Basse-Terre, la mise en place d'un dispositif de vidéo-protection en Préfecture permettra de libérer des effectifs au profit d'une patrouille supplémentaire.

S'agissant de la gendarmerie, les deux escadrons de gendarmerie mobiles, désormais complets depuis le début de l'année, verront leurs missions réorientées vers la lutte contre la délinquance.
   
Objectif : améliorer le taux d'occupation de la voie publique, notamment dans les lieux et aux horaires les plus criminogènes.

2.6 Développer un partenariat fort avec les maires
Les maires, qui ont fait part de leur émotion devant les événements récents ont un rôle essentiel en matière de prévention de la délinquance :
⁃Mise en œuvre des attributions multiples qui leur sont confiées en matière de prévention de la délinquance (loi du 5 mars 2007) et que retrace le guide des maires;
⁃Développement des CISPD et des CLSPD, or trop de CLSPD sont insuffisamment actifs. Des réunions des CISPD de Basse-Terre et de Pointe-à-Pitre seront provoquées, et les maires seront sensibilisés à la nécessité de mettre en commun leurs CLSPD pour atteindre une masse critique;
⁃Développement de la vidéo-protection, moyen très efficace pour lutter contre la délinquance de voie publique;
⁃Signature de conventions de coordination police municipale/forces de sécurité de l'Etat afin d'assurer une complémentarité effective entre elles : patrouilles communes, meilleure participation à la lutte contre l'insécurité routière, etc.
⁃Participation à la lutte contre la circulation des armes: recensement des squats, engagement d'une réflexion sur une remise spontanée des armes détenues illicitement, etc. 
⁃Mise en place d'hébergements de nuit pour les sans domiciles fixes qui déambulent la nuit dans les rues de Basse-Terre et Pointe-à-Pitre.
     
Objectif : accroître le nombre de projets de vidéo-protection et réactiver les CLSPD et CISPD, faire signer toutes les conventions relatives aux polices municipales. 

1.    Une évaluation hebdomadaire du plan
Un tableau de suivi de ce plan à 100 jours sera réalisé chaque semaine, recensant notamment : 
- le nombre d'opérations « coup de poings »;
- le nombre de personnes interpellées au cours de ces opérations;               
- les suites judiciaires;
- le nombre d'armes (à feu, blanches) et de munitions saisies.

Un bilan sera réalisé à l'issue des 100 jours pour rendre compte des résultats de ce plan.
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commentaires

toto de bahia 14/09/2009 01:27

Que fera t-on des mineurs déférés sans point de chute familiale fiable?

incarcération? le quartier mineurs est plein

opp(ordonnance de placement provisoire)en internat? les structures sont en effectif complet...

Conclusion l'etat n'a pas les moyens de sa politique securitaire.

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