ENTRETIEN
Amélius Hernandez, président du SIAEAG
« Il ne faut plus gaspiller l'eau »
Quel est l'intérêt pour les Guadeloupéens de ces Journées de l'eau ?
L'intérêt que les Guadeloupéens peuvent trouver à nous rendre visite aux Journées de l'eau, c'est de comprendre, en visitant les stands, en assistant aux conférences-débats, que nous devons mettre
l'accent sur les problèmes que nous avons au niveau de l'eau, qu'il faut former les générations futures à utiliser l'eau avec plus d'à-propos. Ce que nous voulons, c'est conserver l'eau, parce que
nous avons besoin de cette eau, surtout en période de sécheresse, mais aussi bien l'utiliser. Il ne faut plus gaspiller. Il faut apprendre à gérer notre ressource. C'est ce que nous expliquons au
cours de ces Journées de l'eau.
Notre eau est souvent polluée. Potable, certes, mais présentant des traces de pollutions liées au chlordécone. Que répondez-vous ?
Il y a eu des générations d'agriculteurs qui ont utilisé des produits phytosanitaires qui ont pollué les nappes d'eau, surtout en Basse-Terre. On dit qu'il y a des eaux polluées. Je ne peux pas me
prononcer aussi catégoriquement que vous et dire s'il y a du chlordécone dans l'eau qui sort des robinets. Il faut mettre en place des stations de traitement modernes. Il faut trouver un dispositif
de dépollution toujours plus efficace. C'est une de nos préoccupations essentielles. Nos techniciens y travaillent.
Les stations d'épuration sont souvent obsolètes. Que fait le SIAEAG ?
L'assainissement des eaux usées est très important. Les eaux rejetées dans la nature doivent être les moins polluées possibles. C'est pourquoi nous avons mis en place une politique d'installation,
de modernisation, de remplacement des stations d'épuration. A Baie-Mahault, et nous allons l'inaugurer durant ces journées, au Moule, à Terre-de-Bas, à Terre-de-Haut, à Goyave, à Petit-Bourg, etc.
nous allons livrer des stations dans ces communes d'ici 2011. Ensuite, nous poursuivrons le renouvellement des ouvrages. Il faut toujours moderniser ces structures, au fur et à mesure que la
population s'accroît.
Les canalisations sont pourries, il y a un gaspillage d'eau important.
Aujourd'hui, il faut reconnaître que la moitié des canalisations est à refaire sur le réseau d'eau. Il y a aux alentours de 50 à 60% de l'eau captée qui arrive dans les robinets. Il faut améliorer
ce rendement. Nous utilisons des grosses canalisations maintenant et là, sur ces sections du réseau, il y a quasiment 100% de l'eau captée qui arrive à destination.
Pensez-vous à stocker de l'eau pour les périodes difficiles ?
Il est important de modifier le comportement des usagers. Il ne faut pas gaspiller les ressources. C'est pour cela que nous informons les population, pour que les usagers aient un autre
comportement. De plus, nous avons, au niveau du conseil général, des dispositions pour stocker de l'eau pour contrer les périodes de sécheresse. Nous allons aussi prendre contact avec l'île de la
Dominique pour envisager d'utiliser une partie de ses ressources en eau pour irriguer Marie-Galante.
Vous avez fait le choix de faire venir aux Journées de l'Eau des experts et des politiques de la Caraïbe. Pourquoi ?
Nous avons le sentiment ici, d'être coupés de la Caraïbe. Or, il y a des possibilités d'échanges. Je vous parlais de l'eau de la Dominique pour irriguer Marie-Galante. J'ai vu, à Santo Domingo, une
station d'épuration qui fonctionne parfaitement, qui coûte moins cher à la construction que tout ce que nous avons. Il faut regarder ce qui se fait autour de nous. Nous avons beaucoup à donner,
beaucoup à apprendre.
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