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24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 14:48
 
Synthèse de l’année 2009 en Guadeloupe
 
 
Après une année 2008 marquée par un ralentissement continu de la conjoncture économique, l’année 2009 a
affiché de nouveau une nette diminution de l’activité. Des mouvements sociaux de grande ampleur en début
d’année et la conjoncture internationale ont pesé sur les performances de l’économie guadeloupéenne et entraîné
la dégradation de la plupart des indicateurs d’activité. 
 
L’indicateur du climat des affaires, calculé à partir de l’enquête de conjoncture de l’IEDOM, s’est situé à son plus
bas niveau à la fin du premier trimestre 2009. Malgré une légère remontée au quatrième trimestre, sous l’effet
d’anticipations moins négatives, il demeure bien en dessous de sa moyenne de longue période.  
 
La consommation des ménages est restée mal orientée, en dépit d’un recul important de l’inflation. Les
investissements privés ont été très pénalisés par l’absence de perspectives de reprise à court terme. L’année aura
aussi été marquée par une contraction des échanges commerciaux qui se sont repliés à leur niveau du début des
années 2000. Cette orientation défavorable a touché toutes les branches d’activités.
 
Dans ce contexte, la mobilisation de tous les acteurs a visé à atténuer les effets de la crise. D'une part, l'État et
les collectivités, à travers le plan Corail et le plan de relance, ont conjugué leurs efforts pour soutenir l’activité
économique. D'autre part, les entreprises ont ajusté leur activité et vendu leurs stocks ; dans un climat encore
incertain, leurs anticipations en termes d’investissements pour 2010 restent très limitées.
 
Le financement de l’économie par le secteur bancaire, en corrélation avec l’évolution des différents secteurs
d’activité, a marqué le pas.
 
Au total, l’année 2009 apparaît contrastée, avec des résultats macroéconomiques et sectoriels plutôt ternes.
Néanmoins, l’économie guadeloupéenne aura relativement bien résisté si l’on en juge par l’orientation encore
positive de certains indicateurs financiers et de vulnérabilité de la place. 
 
 
I- Des indicateurs macroéconomiques orientés à la baisse
 
 
1- Dégradation du marché de l’emploi 
 
Dans un environnement globalement peu favorable, la situation du marché du travail s’est dégradée en 2009.  En
un an, le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A a enregistré une progression de 11,8 % portant le
nombre de demandeurs d’emploi à 52 010 à fin décembre 2009 (contre 46 510 un an auparavant). 
 
Les offres d’emplois collectées par le Pôle Emploi ont
connu pour leur part une baisse de 9,9 % à fin
décembre tandis que le nombre d’allocataires du RMI a
augmenté (+5,3 % en un an) pour atteindre 28 994
personnes. 
 
Au delà de ces résultats, certains signes encourageants
semblent se dessiner depuis la fin de l’année telle que la
moindre hausse du nombre de demandeurs d’emploi de
catégorie A observée en glissement annuel (+11,8 % en
décembre 2009 et +10,0 % en janvier 2010), après six
mois de hausses successives.  

2- Consommation et investissement mal orientés
 
Fortement impactée par le ralentissement de l’activité
économique et le blocage des commerces liée aux
évènements sociaux en début d’année, la
consommation des ménages a été mal orientée par
rapport à 2008. Les immatriculations de véhicules de
tourisme neufs, tout comme les importations de biens
de consommation courante et des produits
agroalimentaires ont été en recul (avec respectivement
-1,5 %, -7,3 % et -12,5 % par rapport à 2008).
L’évolution à la hausse de ces indicateurs en fin
d’année semble néanmoins montrer un retournement
de tendance. Les ventes de véhicules de tourisme
(+44,4 % sur le 4ème trimestre) ont en effet bénéficié,
comme en métropole, d’achats par anticipation
générés par la baisse annoncée de la prime à la casse. Les importations de biens de consommation courante et
celles des produits agroalimentaires suivent un mouvement similaire mais plus modéré (respectivement +1,2% et
+2,1% au dernier trimestre 2009).
L’encours des crédits à la consommation s’est contracté de 2,1 % en 2009, enregistrant au cours de la période sa
première baisse en dix ans.
 
 
Les incertitudes économiques ne favorisant pas les
efforts d’investissement des entreprises, ces derniers
ont été en retrait par rapport à 2008. Le nombre total
d’attestations du Consuel concernant les locaux
commerciaux et industriels a diminué de 26,7 %.
Parallèlement, les immatriculations de véhicules utilitaires
neufs et les importations de biens d’équipements ont
reculé respectivement  de 15,7 % et -14,7 % par rapport
à 2008. 
 
 
L’encours des crédits à l’investissement des entreprises est
pratiquement stable par rapport à 2008 (+0,3 % après
+13,3 %  un an auparavant). Si la croissance de l’encours s’est
maintenue au cours du premier semestre, c’est essentiellement
grâce aux crédits octroyés par les établissements financiers à
fin décembre 2008. 
 
Un ralentissement de l’investissement des ménages a
également été observé sur l’année. Le nombre d’attestations
du Consuel pour les logements neufs s’est inscrit en baisse par
rapport à 2008  (-9,5 %) tandis que le rythme de croissance
des encours de crédits à l’habitat des ménages a ralenti
(+6,9 % en 2009 après +10,6 % en 2008).
 
Reflétant la moindre dégradation de la situation financière des agents économiques sur les derniers mois, les
indicateurs de vulnérabilité des agents économiques, mal orientés en début d’année, se sont améliorés au
quatrième trimestre : au total le nombre de personnes physiques en interdiction bancaire (23 085) est en recul de
2,1 % en glissement annuel et le nombre d’incidents de paiement sur chèques enregistrés en 2009 enregistre un
recul de 1,9 % (en cumul par rapport à l’année 2008). Le nombre d’incidents de paiement sur effet de commerce
varie peu par rapport à 2008 (-0,3 %).
 
3- Hausse des prix modérée en 2009
 
A la fin de l’année 2009, l’inflation s’inscrit en hausse de 0,8 %
(+0,9 % enregistrée au plan national). On note cependant une
légère reprise en fin d’année.
Cette hausse modérée s’explique par la forte augmentation des
prix du tabac (+45,1 %) et, dans une moindre mesure des
services (+0,9 %), des produits manufacturés (+1,0 % et de
l’alimentation ((+1,1 %). En revanche, les prix de l’énergie se
sont repliés de 6,3 %. 

4- Echanges commerciaux en repli
 
Les échanges commerciaux se sont fortement contractés et ont atteint un niveau historiquement bas sur la
dernière décennie : les importations et les exportations ont respectivement diminué de 23,7 % et 14,2 % en
cumul sur l’année. A titre de comparaison, la grève des dockers en 2004 avait provoqué une baisse ponctuelle de
3,2% des importations. 
 
La chute des importations en valeur en 2009 est principalement liée aux importations de biens d’équipement et
de produits agroalimentaires  et la baisse des exportations est essentiellement due à la faiblesse des exportations
de produits agroalimentaires. 
 
 
II- Tendances sectorielles
 
1- Une conjoncture touristique défavorable 
 
L’activité touristique s’est nettement repliée en 2009, en lien avec  les mouvements sociaux de début d’année.
Près de 10 000 séjours à destination des Antilles ont ainsi été annulés au 1er trimestre et plusieurs structures
hôtelières ont fermé pendant les événements et durant les quelques mois qui ont suivis. Au total, en 2009, les
indicateurs relatifs à l’activité sont médiocres et la saison touristique 2008-2009 apparaît bien en deçà des
résultats obtenus ces trois dernières années. 
 
Dans l’hôtellerie, le nombre de nuitées est en
recul de 30 % par rapport à 2008 et le taux
d’occupation moyen des chambres enregistre une
baisse de près de 7 points. Le nombre de
mouvements d’avions diminue de 14,5 % et le
trafic de passagers enregistre un repli marqué de
9,6 %, soit 182 455 passagers de moins que
l’année précédente. 
 
La saison des croisières a également été très
perturbée avec 90 000 passagers contre 185 000
attendus au premier semestre. Néanmoins, la
saison 2009-2010 s’annonce prometteuse. En
effet, avec plus 30 000 visiteurs accueillis en
Guadeloupe à fin janvier 2010, elle apparait à ce
stade la meilleure des 4 dernières.
 
L’activité au quatrième trimestre 2009, qui marque le début de la nouvelle saison touristique, reste basse mais
semble néanmoins se redresser.
 
2- BTP en attente de la reprise
 
Déjà en ralentissement en 2008, l’activité dans le secteur
du BTP  a connu un véritable coup d’arrêt dès le premier
trimestre 2009, pénalisée par le contexte social qui a
paralysé l’économie et retardé de nombreux projets. Le
retard accumulé au cours du premier trimestre n’a pas été
rattrapé en cours d’exercice, la production ayant continué
à se dégrader mais à un rythme un peu moins soutenu.
Au total, pour l’année  2009, les statistiques relatives à la
consommation de ciment et aux attestations du Consuel
pour les logements et locaux neufs s’inscrivent ainsi en
fort repli (-12,8 % et -11,7 % par rapport à 2008). 
 
Afin de relancer l’activité du secteur, plusieurs mesures et projets de grande envergure ont été annoncés dans le
cadre du plan régional de relance de l’économie guadeloupéenne. Certains ont démarré et se poursuivront dans
les prochaines années (rénovation urbaine Abymes/Pointe-à-Pitre, travaux de confortement parasismique des
établissements scolaires et du logement social). L’effort d’investissement public s’est accru en 2009 et s’observe
au niveau des engagements cumulés à fin décembre de la ligne budgétaire unique, en hausse de 20 points par
rapport à 2008. 
 
3- Un bilan contrasté pour les industries agroalimentaires
 
L’industrie agroalimentaire enregistre un bilan d’activité qui diffère selon les filières. La campagne sucrière a été
décevante (-12,4 % de sucre par rapport à 2008), en raison de l’enchaînement des conflits sociaux retardant le
démarrage de la campagne et de la forte pluviométrie en période de récolte. 
 
Concernant le rhum, le bilan de l’activité en 2009 est
mitigé : les ventes de rhum agricole ont progressé de
0,2 % en cumul par rapport à 2008, mais celles de
rhum industriel ont accusé un repli de 5,8 %.
 
En revanche, les exportations de bananes ont retrouvé
dès le troisième trimestre 2009 des niveaux
satisfaisants et terminent en progression sensible de
près de 21 % par rapport à 2008. L’évolution en 2010
de la filière est cependant contrariée par la perte
récente d’une partie de sa production, celle-ci ayant
souffert en février des pluies de cendres suite à
l’épisode volcanique de la soufrière Hills de Montserrat.
 
Au total, les exportations de produits agroalimentaires,
impactées par les mauvais résultats de la filière
sucrière, ont reculé globalement de 14,5 % en valeur par rapport à 2008.
 
4- Le commerce et les services en repli
 
En 2009, le secteur du commerce a été fortement affecté par le mouvement social. Avec le blocage des centres
commerciaux pendant la période du conflit, les chefs d’entreprise on dû faire face à une baisse de leur chiffre
d’affaires et de leur trésorerie. Une amélioration, certainement liée à un effet saisonnier, a pu être observée en
fin d’année. Malgré ce léger mieux, les commerçants restent prudents et n’envisagent aucune perspective
d’investissement et d’embauche pour le début de l’année 2010. 
 
Le marché de l’automobile a enregistré pour sa part un fort recul au premier trimestre tant du côté des
immatriculations  de véhicules utilitaires neufs (-32,9 % en glissement annuel) que des véhicules de tourisme
neufs (-35,3 %). Ce n’est qu’au quatrième trimestre qu’une forte progression des ventes a pu être observée, sur
les véhicules de tourisme. Ce rattrapage de l’activité perdue au cours des derniers mois ne permet pas d’effacer
les mauvais résultats de l’année puisqu’en cumul à fin décembre les ventes de véhicules (tourisme et utilitaires)
sont en repli de 4,2 % par rapport à 2008.
 
Le secteur des services fait également état de la dégradation de son volume d’affaires depuis la fin de l’année
2008. Excepté une reprise technique de l’activité au deuxième trimestre 2009, les carnets de commande n’ont
jamais été aussi bas, notamment au premier et au quatrième trimestre 2009.  En revanche, les professionnels
interrogés anticiperaient un redémarrage rapide de leur activité pour le premier trimestre 2010. 
 
 
III- Tassement des encours de  crédit 
 
A fin décembre 2009, l’encours sain de crédit s’établit à 6,7 milliards d’euros, en croissance de 2,1 % sur trois
mois. En rythme annuel, l’encours, en ralentissement continu depuis mi-2008, affiche un taux de croissance
historiquement faible, à +0,7 % (+43,3 millions €). En comparaison, la croissance annuelle moyenne de l’encours
sur la période 2005-2009 était de +6,6 %.
 
La perte de vitesse de l’activité de crédit est plus marquée pour les établissements de la place bancaire locale,
lesquels enregistrent pour la première fois depuis 2002 un recul des encours totaux (-1,4 % sur un an, soit -
59 millions €). L’activité de crédit des établissements non installés localement connaît au contraire une embellie
en rythme annuel à fin décembre 2009, l’encours progressant de 4,1 % (+102,4 millions €) et apparaissant
comme l’élément moteur de l’évolution d’ensemble (établissements locaux et non installés localement).
 
A l’exception du financement de l’habitat qui continue néanmoins de ralentir, l’ensemble des segments de crédit
enregistrent une diminution par rapport à décembre 2008. Dans une morosité économique persistante, les
encours relatifs à l’investissement et à la consommation apparaissent en berne en fin d’année. 
 
Concernant les dépôt, les progressions tant pour les particuliers que pour les entreprises confirment l’attentisme
des acteurs économiques de la Guadeloupe.
 
SOURCE IEDOM

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André-Jean Vidal
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