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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 04:43
Lurel au premier tour

Une victoire sans discussion de Victorin Lurel, président sortant de la Région, ceci dès le premier tour.
La bonne participation est un échec pour ceux qui prônaient l'abstention.
Les autres candidats sont loin derrière, marquant le pas.

La forte mobilisation a profité au président sortant, Victorin Lurel. Un ras de marée ? Oui et non. Avec plus de 30/41 sièges, pas de discussion, d'autant que les autres candidats vedettes de ce scrutin, Blaise Aldo (5/41) et Eric Jalton (4/41) sont loin derrière. Voire très loins. En tous les cas, une élection confortable pour celui qu'on vouait aux Gémonies ces dernières semaines.
On a tout dit de Victorin Lurel, après l'avoir laissé gouverner la Guadeloupe pendant six ans, sans protester quand il soutenait un Département défaillant, quand il refaisait le réseau routier, construisait des lycées, en faisait rénover d'autres. Quand il soutenait l'économie locale (les structures du tourisme lui doivent de ne pas avoir plus souffert de la conjoncture), on lui trouvait bien des vertus. Et soudain... C'est un dictateur, un homme avec lequel il était impossible de s'entendre... Un sectaire, ont dit ses détracteurs.
C'est pourtant lui que les Guadeloupéens ont choisi pour la Région.
Pourquoi ? Sans doute parce que son bilan n'est pas négatif, loin s'en faut, notamment en matière économique. Sans doute parce qu'il a su tenir tête au LKP au moment de la mobilisation générale, rappelant qu'il fallait respecter le droit. Ceci tout en accordant au LKP que certaines revendications étaient légitimes, le cri de douleur d'une population souhaitant voir changer les choses. Les voir changer, mais non voir la société guadeloupéenne exploser au gré des humeurs des uns ou des autres.
Et puis, il y a eu le référendum sur le changement de statut de la Martinique et de la Guyane. Souhaité par les élus, pas souhaité par les citoyens. Un référendum qui a consacré un statu quo, même si ces deux départements vont être dotés d'une assemblée unique. Une situation qui inquiète les Guadeloupéens. Ils souhaitent des élus circonspects qui ne vont pas réclamer du jour au lendemain un changement de statut en s'appuyant sur le mouvement de la rue... plutôt que sur les urnes.
Depuis la tenue du congrès des élus sur la question statutaire, en juin 2009, Victorin Lurel a dit qu'il souhaitait que la Guadeloupe reste régie par l'article 73 de la constitution. « Un article 73 élargi... » Donc, plus de pouvoirs aux assemblées locales... mais pas de rupture avec Paris. Un discours sans équivoque qui a été entendu.
E puis, Victorin Lurel avait l'appui de Gabrielle Louis-Carabin et d'Ary Chalus, ce qui n'est pas rien puisqu'ils ont apporté la majorité des électeurs de leur commune dans l'escarcelle de leur champion.

Qui a perdu ces élections ?
Qui a perdu ces élections ? Eric Jalton et Blaise Aldo, dans une certaine mesure. Jeanny Marc assurément.
« Je n'ai pas fait le mauvais choix... Je salue la large victoire de la liste de M. Lurel » , a dit Guy Losbard, bien déconfit de la défaite de son champion, Eric Jalton. C'est la défaite de M. Jalton, mais c'est surtout la défaite de ceux qui se sont portés sur lui, non parce qu'il était un candidat crédible — tout candidat est crédible, d'autant plus s'il est maire de la plus grande ville du département et député de la Nation —, mais parce qu'il capitalisait sur sa personne toute la haine (il faut dire les mots) des uns et des autres pour Victorin Lurel.
C'est la défaite de Blaise Aldo parce que celui-ci, quoique flanqué de marie-Luce Penchard, ministre de l'Outre-mer, n'a pas pu s'imposer pour réunir la droite locale. La droite locale, c'est à dire pas les élus de cette droite locale, mais les électeurs de droite. La plupart de ceux-ci ont préféré voter... Lurel. Pesant plus à leur gré.
Jeanny Marc a perdu... l'occasion de s'abstenir de participer à ces élections régionales où il était acquis, dès le début de la campagne qu'elle n'avait aucune chance, même pas celle de figurer dans le tiercé de tête. Mais, que diable allait-elle faire dans cette galère ? Un temps accrochée à Eric Jalton, parce qu'il avait un discours populaire, qui pouvait plaire, au premier abord (mais qui n'a pas passé le cap de la réflexion), elle s'est éloignée dès qu'elle a vu qui composait la liste de celui-ci. Outre quelques revanchards qui avaient à se plaindre de Victorin Lurel, des communistes et des indépendantistes. C'est résumer un peu mais c'est ainsi que l'a vu Mme Marc. Qui a fait sa liste. Composée de personnes de la société civile, d'inconnus. Et la mayonnaise n'a pas pris. Malgré une campagne d'affichage de la frimousse de la dame partout sur le territoire.
Les autres candidats ? Hormis Cédric Cornet, qui tire son épingle du jeu, ils apparaissent bien anecdotiques.
Reste maintenant à panser les plaies.
André-Jean VIDAL



La surprise Cornet
Cédric Cornet a créé la surprise. Candidat d'une trentaine d'années, connu jusqu'à présent pour son amour des jeux vidéo, c'est le seul qui a cessé toute activité professionnelle pour rédiger son programme, s'investir pleinement depuis un an en vue de ces élections régionales. Il récolte le fruit de cette capitalisation risquée. Cédric Cornet bénéficie sûrement du vote des jeunes, qui se sont reconnus en lui... et des vieilles personnes qui ont vu en lui un petit fils bien sémillant. Deux sièges l'attendent à la Région.

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André-Jean Vidal
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