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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 15:28
NOUS NE SOMMES PAS DES MENDIANTS AUX POCHES VIDES.
 
Ainsi, l’échec du Non s’expliquerait par le chantage du ventre. Je ne le pense pas. Les causes de l’échec sont ailleurs car, me semble-t-il,  partout sur la planète le ventre a une importance capitale pour les papas et les mamans d’enfants. Partout, sur la planète, l’homme sait que  pour rester en vie, et Dieu sait comme nous y tenons à cette vie, il est indispensable qu’il n’y ait pas de courant d’air dans nos huit mètres d’intestins, ni des trous de malnutrition  dans notre estomac, même si pour cela il faut s’accommoder de … l’esclavage. Le slogan « Vivre libre ou Mourir » est une formule de romantique qui peut être galvanisante si on explique comment et par quoi remplacer cet esclavage. Dans ce cas, l’action à un but et la  mort est une éventualité que l’on accepte, afin que notre descendance jouisse de cette liberté. Si pareil slogan correspondait à une logique humaine, en 2010, il n’y aurait pas eu de descendants d’esclaves appelés à voter, pour la bonne raison que ceux-ci  auraient choisi la mort, car nous le savons tous l’esclavage, était pire que l’enfer. Or,  les peuples vrais, en souffrance vraies, ont  appris, les yeux embués de larmes de sang, que la dignité le ventre vide n’existe pas, est panache et imaginaire de poète. Alors, tout révolutionnaire qui ne nourrit pas simultanément l’âme et le ventre de son peuple, produit un …sous peuple, surtout lorsque celui-ci est né dans l’esclavage et la colonisation … comme  nous. Et, pire,  lorsque l’esclavagiste a réussi à le convaincre qu’il n’est plus esclavage grâce à une généreuse mère patrie, la Métropole. Ce qui est notre cas. On ne trouve pas solution à un problème lorsque l’on nie les tenants et les aboutissants de ce  problème. Pour combattre un mal[1], il faut admettre la réalité de ce mal.  La tâche de nos leaders est autrement plus compliquée et difficile, presqu’à mettre à la rubrique mission impossible, parce que chez nous, il n’y pas de réveil d’un peuple, un instant endormi par le colonialisme,   à déclencher comme pour  les peuples identitaire ayant perdu leur souveraineté, mais bien un éveil à susciter chez des anciens Africains d’ethnies différentes mélangés à des Européens de nationalités différentes  dans un espace géographique nettoyé de ses habitants légitimes les Caraïbes, vainqueurs des Arawaks.  Alors, mon sentiment est clair : le votant martiniquais n’est  responsable ni coupable de l’échec du NON. Les promoteurs de ce Non, n’ont pas  eu la bonne stratégie, pas plus  que ceux du 73 d’ailleurs. A preuve, à peine le résultat connu, les adeptes du statuquo  qui n’osaient pas donner leur point de vue, le président de la République en personne ayant affirmé que le statuquo était impossible, repartent à l’attaque. Ils veulent être français, comme en France. C’est tout. Et, vive la réforme Balladur !
La réalité est bien que le Martiniquais péremptoire et définitif, dans une écrasante majorité, affirme : je suis français donc européen et ce n’est pas négociable. Mais ne s’arrêtant là, il déclare : Je suis également caribéen, cela n’ont plus n’est pas négociable. Et ce Martiniquais-là n’a entendu, à moins que cela m’ait échappé, aucune amorce de stratégie  qui lui permettrait de concilier son choix et cette hérésie historique et géographique, qu’il entend assumer pleinement en faisant justement un pied de nez, voire un bras d’honneur, à l’histoire et à la géographie. Car  cette Europe et cette Caraibe, dont il se réclame, sont très exactement les freins qui interdisent un  développement économique, indispensable pour assumer sa part dans la création de la richesse, dans le bloc  qu’il a choisi. Nos élus ont pleurniché, la capacité   de l’Article 73 ou 74 à nous maintenir dans le giron français.  Lors de mes  signatures organisées en librairie, beaucoup des nôtres m’ont dit : Rien ne sera réglé ni avec le 73, ni avec le 74, vous savez mes enfants sont en France, je suis en train de vendre ma maison, je vais m’installer auprès d’eux. Bon sang, je ne dois pas être le seul à qui on a fait ces confidences, tout de même !  Ma vision du futur, si on ne se hâte pas, de régler le problème de la création de la richesse, suivie de la création d’emplois  est très simple : Paris va réinventer  le BUMIDOM. Un BUMIDOM new look, qui prendra en compte notre réalité d’Européens à part entière car, qu’on le veuille ou non, en dépit de quelques  actes de racisme et parce que c’est l’intérêt bien compris de la France, nous sommes devenus européens à part entière et non plus « entièrement à part ». Nos enfants aux poches bourrées de diplômes  seront accueillis normalement, et vous diront comme je l’entends dans ma propre famille : «  Au niveau où je suis, on ne fait pas attention à la couleur de ma peau, seules mes compétences intéressent. » Je crois que c’est Aimé Césaire qui déclara, au cours d’une conférence de presse : « Si on n’y prend garde notre Martinique sera transformée en un gigantesque hôtel pour milliardaires avec des larbins martiniquais ».
Alors, je le répète, même si cela doit encore fâcher,  nous sommes   nés d’une insolence, alors l’insolence doit être notre drapeau.  Nous avons le devoir de  crier à Paris et à Bruxelles, notre vision de notre Devenu, et celui de notre Devenir de citoyen du monde dans le bloc économique choisi dès le 22 Mai 1848  par l’esclave lui-même, en signifiant…dignement à ce bloc, que nous ne sommes pas des mendiants aux poches vides.
 
Tony DELSHAM, auteur de 73-74, psittacisme ou la fin de la danse du scalp.
 Martinique-éditions. com.
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