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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 18:35

                                              QUI SAUVERA POINTE-A-PITRE
                                                                                                                           
Témoin privilégié, parmi d’autres, de l’évolution de la cité qui a accueilli mes ancêtres, acceptez, en ce début du 21ième siècle, cette interrogation sur son avenir.
Mes ancêtre maternels, les Réaux,  arrivés de la partie française de Saint-Domingue y ont survécu au séisme de 1843. Tandis que mes ancêtres paternels, les Dessout, arrivés en 1880, de la partie française de Saint-Martin, y ont survécu au cyclone de 1928.
 
Le 13 avril 2010, le maire a qualifié d’ « historique », le budget primitif 2010, qui devrait permettre à notre cité, avec une capacité d’autofinancement de 732.630 €, d’investir 35 millions € !!!
Pointe-à-Pitre (P-à-P) ne disposant pas de tels moyens budgétaires, on ne peut être que circonspect, face à une telle affirmation.
Puisque d’une part, malgré la sévérité de la crise et la grande incertitude du prix des matières premières,  le contribuable national, par le biais de l’Agence Nationale de Rénovation Urbaine
(ANRU), s’est engagé dans le cadre d’un programme de 400 millions €, étalé sur 10 ans,  à accompagner la plus grande opération de rénovation urbaine de France. Cette opération vise à reconstruire une partie de la ville déjà rénovée de 1959 à 1980.
D’autre part, la très grande paupérisation des pointois, conséquence de l’absence de mixité sociale, conduit le contribuable régional guadeloupéen, depuis 2007, à verser  à notre ville  une subvention
de 2 millions €/an, pendant 4 ans, alloué à un fonds résiduel de loyers pointois. La SIG pourra, désormais, maintenir, à P-à-P, certains loyers en dessous de 150 €/mois.
Ce sauvetage national et régional demeure insuffisant, si l’on en croit, l’avis du 18 février 2010 de
La Chambre Régionale des Comptes (CRC), sur les comptes de 2001 à 2008 de notre capitale économique qui  constate en 2008 des comptes artificiellement équilibrés et une absence de marge budgétaire et financière.
A la veille de la réforme nationale vers l’autonomie des collectivités locales, le journaliste d’investigation  trouvera, dans cette analyse, matière pour enrichir le débat démocratique.
 Cet avis de la CRC, en ligne sur le site de la Cour des Comptes, constitue un instructif bilan de 47 ans de gestion municipale communiste puis depuis 1991, progressiste et démocratique et demain socialiste, conséquence logique du lifting idéologique, en cours.
Ce constat budgétaire et financier s’explique :
-la population de P-à-P, qui s’élevait, en 1965 à 29.000 habitants, a diminué, depuis 1990,
de 32%   (26.000-17.000). Elle conserve l’héritage des charges d’un encadrement administratif dont ni la rémunération ni la sur-rémunération légale ne sont   entièrement compensées par la réduction de la dotation globale de fonctionnement (DGF), proportionnelle à sa nouvelle population.
-  la ville a perdu ses principales activités économiques  (usine Darboussier, port, agences maritimes et de transport, vice-rectorat, équipement, hôpital, assurances, banques, abattoir, etc.)
Or, en 1973, Henri Rinaldo, élu socialiste du cœur historique de P-à-P, Président du Conseil Général (CG) et de la Société d’équipement de la Guadeloupe (SODEG), filiale de la Caisse des Dépôts (CDC), Possédait la légitimité et les capacités intellectuelles, comme d’autres, mais avec un sens tactique pour négocier avec le CG et la CDC, leur transfert à Jarry (Baie-Mahault), contre des participations légales et contractuelles pour les finances communales.
L’équipe municipale aurait-elle préféré le neutraliser avec des moyens peu orthodoxes, comme la domiciliation fictive des agents municipaux et leur famille ? Je ne soulignerais pas que son score électoral  était, depuis cette époque, comme par hasard, un multiple de l’effectif salarié municipal. (PM en 1986, malgré l’attestation par la Poste de 1.500 fausses domiciliations, le Conseil d’Etat a rejeté ma demande d’invalidation du scrutin cantonal de 1985, au motif « d’un trop grand écart de voix »).
En 2010, la CRC, en consolidant les chiffres des agents communaux et assimilés, évalue l’encadrement administratif de la population à 52 agents pour 1.000hab, comparé au ratio national moyen de 19,6. Cet effectif municipal de 900 employés constitue, toutefois, un réel progrès par rapport au 1.600 des années 1980. Aujourd’hui, 14.000 électeurs, subsistent pour 18.000 habitants.
Enfin, en dépit, de cette absence de marge budgétaire et financière, la majorité persiste à vouloir construire pour 18.000 habitants, un stade de 1.000 places dans la mangrove de Grand Camp (Abymes). Sa construction est évaluée à 6 millions€ dont 2 pour  combler la mangrove et surélever la côte de son terrain d’assiette à  plus 2,5 mètres, conformément au cahier des charges de la  zone.
En conclusion,  comme nous  ne cessons de le  proposer, depuis 1985, c’est  la mutualisation du personnel et des équipements municipaux des communes de l’agglomération  pointoise qui permettra de compléter les bouées de sauvetage national et régional et assurer leur entretien et aménagement.
Cependant, alors que certains pointois doivent être aidés pour régler leur loyer, la municipalité devra, inexorablement et également, leur demander à apporter leur contribution, en augmentant substantiellement les impôts et taxes, déjà fort élevés.  Mais elle risque de compromettre, ainsi, toute légitime ambition de sauver Pointe-à-Pitre, patrimoine inestimable économique et mémoriel urbain de La Guadeloupe.
Louis Dessout, conseiller municipal 16/05/10

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André-Jean Vidal
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