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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 14:50
TRIBUNE LIBRE
ON N’ARRÊTE PAS LE PROGRES !
Par Dominique DOMIQUIN


Tanpèt adan on zékal a bougo ! L’électeur martiniquais a tranché : Il ne souhaite pas (aujourd’hui) connaître l’ombre du préambule d’initiation d’un début de commencement d’entame d’une possibilité de cheminement lentissime vers l’indépendance de son île. Comme c’est surprenant ! Il y a toujours eu quelque chose de tordu dans le royaume de Mada comme dans celui de Gwada, mais pour une fois, le non-dit du NON a été dit. Et ça, c’est déjà un énorme progrès !

On m’objectera ce qu’on voudra ; que ce n’était pas le sujet, qu’il ne s’est jamais agi de quitter la république française mais d’obtenir plus de responsabilité dans la gestion des problématiques locales, qu’on aurait pas dû déterrer l’affaire Marie-Jeanne, que les krapolad d’un Létchimy ou d’un Chamoiseau ont embrouillé les esprits, que le bilan du Karam n’avait rien à faire là, que  le Lurel l’a jouée perso avec son délai de 18 mois, Que le Virapoullé en a rajouté, que l’Etat a encore voulu fourguer son matou miteux dans un sac, et blablabla…

N’empêche, tous les acteurs du débat n’ont parlé que de ça, rien que ça, répété ça ! Même le sage Edouard Glissant, dans un reportage diffusé la veille du scrutin, a moelleusement regretté que « les martiniquais renoncent à la belle aventure de l’indépendance pour conserver leur petit début de confort ». Plutôt gonflé, l’Edouard ! Car l’on apprend par le même reportage qu’il ne vit pas vraiment en Martinique. A se demander dans quel camp il joue. Les légitimistes (au rang desquels il faut désormais compter le PPM ?) ont, sans se fouler, brandi la menace séculaire qui hante Ti-Sonson, acculant les nationalistes (au rang desquels il faut dorénavant caser Claude Lise ?) à minimiser l’impact social du 74 tout en défendant becs et ongles leurs convictions idéologiques. Et ça a marché comme un kyenbwa ! Notons pour l’anecdote que tous se réclamaient de Césaire. Est-ce à dire que « les jours étrangers » ne le sont plus tant que ça ?

Ce rejet massif du 74 n’est-il pas un motif valable pour que nous artistes, politiques, intellectuels, universitaires, syndicalistes, journalistes ou gros négociants de tous poils et bords, cessions enfin de prendre nos concitoyens pour des bourriques ? Comme si, sur nos minuscules territoires, ces derniers ne remarquaient pas la dichotomie permanente entre nos dires et notre « faire ». Les martiniquais, comme les guyanais et bientôt les guadeloupéens ont tout bêtement reconnu historiquement qu’ils sont avant tout Pragmatiques. Et ça c’est un second progrès !
 
Bon, pour moi qui ai tôt tété l’épopée des Delgrès, Kiwan and Co, je reconnais que ce NON n’est ni très chevaleresque ni bien glorieux… Mais force m’est aussi d’admettre que nos populations sont en phase avec leur temps. Messieurs et dames, à l’aube du XXIe siècle, on dirait que le « peuple souverain » commence à piger comment gérer ses élites ! On dirait qu’il oblige tous ceux qui sont censés le « cornaquer » à ajuster en permanence leurs positionnements et discours respectifs. Le LKP nous aurait-il révélés à nous-mêmes en tant qu’hybrides échappant à toute nomenclature ? Y compris à la sienne ? Si tel est le cas, loué soit le LKP !

D’aucuns semblent regretter que la question de lendépandans ait tant « empoisonné » le débat statutaire. Peut être faut-il rappeler qu’à la Guadeloupe, dès janvier 2009, c’est bel et bien là-dessus qu’a été bloqué le curseur par les leaders politiques et syndicaux du mouvement social. (La presse ayant servi de caisse de résonance, les images, articles papiers et enregistrements FM diront aux historiens si je me leurre, puisque  LKP et K5F font aujourd’hui mine de s’en défendre...) L’Etat n’a donc eu aucune peine à grossir la focale durant 44 jours et plus ! Raphaël Confiant, bien avant sa récente implosion défécatoire (splotch !), avait pourtant prévenu les nationalistes des Antilles-Guyane du danger qu’il y avait à confondre lutte anti-coloniale et lutte des classes : cqfd !

Grossomodalement, la Pwofitasyon nous a été présentée comme le Léviathan Etat-patronat-politiciens-békés qui, à l’abri d’un système colonialo-esclavagiste outrageusement grimé en démocratie, enchaîne et fouette de pauvres victimes Noires sans défenses à grands coups de 4x4,  d’Education Nationale, de foie gras, d’individualisme, de RMI, allocs et autres 40%...  Le remède de cheval pour détotyé nos départements étant, à n’en point douter, la souveraineté nationale exigée à la Fwans et à l’ONU ! On a peut être commis l’erreur, au détriment des luttes sociales, de vouloir à tout prix affranchir un peuple (qui politiquement ne souhaite pas pour l’instant en être un), d’une tyrannie de lui-même qu’il a mis 150 ans à se forger. D’un « semblant de démocratie » dans lequel lui, trouve manifestement son compte. Vu la conjoncture économique, vu la recentralisation qui s’annonce, c’est ce qu’on pourrait appeler « casser ses œufs pour mettre le kabwa avant les bœufs ».

La stratégie du PEUPLE (la minorité dans la rue autant que la majorité silencieuse) semble être depuis tantôt, sans quitter le cadre national fwansé, d’utiliser à son profit tous les pieds nickelés qui prétendent parler en son nom sans chercher à savoir ni qui il est vraiment, ni ce qu’il veut exactement. Et ça, reconnaissons que c’est un troisième progrès ! A bon lecteur, salut !


Dominique DOMIQUIN
Goyave, le 11/01/2010

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commentaires

Aimar 19/01/2010 16:34


Il faudrait qu'un esprit clair d'une des deux îles explique pourquoi un président de conseil général, un président de conseil régional, un maire, un président de syndicat de communes, de Guadeloupe
et de Martinique, exercent leurs pouvoirs sous l'emprise du régime colonial alors que leurs homologues des 90 départements de métropole semblent exercer leur pouvoir en toute démocratie.
Les élus des départements d'outre-mer souffrent-ils du syndrome du Roi Christophe ?


l'archipélien 19/01/2010 15:07


konklizion:Pa jété dlo sal aw si ou pa ni dlop pwop(ne jette pas ton eau sale si tu n'as pas d'eau propre)- (un "tiens vaut mieux que deux "tu l'auras")


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