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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 23:25

Lundi 22 Mars 2010, JOURNEE MONDIALE DE L’EAU

Avec cette Journée mondiale de l’eau, l’ONU-Eau réaffirme que l’eau est la base de la vie sur la terre et que notre qualité de vie en dépend directement. Cependant, la mauvaise qualité de l’eau se répercute sur l’environnement et le bien-être de l’homme. Ainsi, les maladies transmises par l’eau causent la mort de plus d’un million et demi d’enfants chaque année.

La qualité des ressources en eau est de plus en plus menacée par la pollution. Une pollution des ressources hydrologiques sans précédent dans l’histoire est imputable à l’activité humaine des 50 dernières années. Selon les estimations, plus de 2,5 milliards de personnes dans le monde vivent sans moyens d’assainissement adéquats. Chaque jour, 2 millions de tonnes d’eaux usées et autres effluents s’infiltrent dans les nappes phréatiques de la planète. Le problème est plus grave encore dans les pays en développement où plus de 90% des eaux d’égout et 70 % des déchets industriels non traités sont déversés dans les eaux superficielles.

Beaucoup des polluants de l’eau ont des incidences négatives à long terme sur la qualité de l’eau, ce qui représente un risque pour la santé de l’homme. De ce fait, la quantité d’eau douce est sérieusement diminuée. Par ailleurs, la capacité des écosystèmes de fournir des services est considérablement réduite, parfois avec des conséquences irréversibles. Il en résulte une dégradation de l’environnement due à une moindre productivité de la biomasse, à la perte de biodiversité et à une vulnérabilité accrue à d’autres tensions. L’ONU rappelle qu’il est beaucoup moins coûteux de protéger les ressources en eau que de procéder à leur épuration une fois qu’elles sont polluées. La protection et l’entretien des milieux aquatiques garantissent la viabilité des services des écosystèmes, c’est-à-dire des avantages tels qu’eau potable, pêche, loisirs et tourisme. Ainsi les terres humides naturelles qui fonctionnent bien filtrent les nutriments et les substances toxiques contenues dans l’eau. L’ONU préconise des moyens financiers plus importants pour protéger les écosystèmes et prévenir la pollution de l’eau : "Le financement devrait soutenir des initiatives concertées et bien ciblées de sensibilisation aux problèmes de la qualité de l’eau, qui devraient l’accompagner".

 

 

VEGETAL PLUS et LE JOUR DE LA TERRE GUADELOUPE appellent à sensibiliser le peuple Guadeloupéen sur la gestion de la ressource en EAU propre, en les incitant à faire les dix  « éco-gestes » durant cette journée de carême sec, voire plus.

-    Fermer le robinet en se brossant les dents,

Repousser le lavage de la voiture,

Eviter l’arrosage et ne pas arroser en plein soleil,

Prendre une douche au lieu d’un bain,

Ne pas jeter de détritus dans la rivière et dans la mer,

Faire l’acquisition d’un chauffe eau solaire,

Faire l’acquisition d’une citerne d’eaux pluviales,

Installer des économiseurs d’eau dans l’habitat,

Détruire les gites à moustiques,

A PENSER GLOBALEMENT ET AGIR LOCALEMENT….

VEGETAL PLUS *Pour tout contact : Portable : 0690 59 75 80

Fixe : 0590 24 69 83

E-mail : Jourdelaterreguadeloupe@hotmail.fr

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André-Jean Vidal
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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 23:24

RESPECTER LES ELECTEURS

par Michel EYNAUD

Les urnes ont parlé. Les citoyens se sont exprimés, et ceux qui ont sollicité des suffrages feraient bien d’écouter attentivement leur message. Les guadeloupéens ne sont pas des bwa-bwa : ils l’ont montré lors du mouvement social de 2009, ils le confirment à l’occasion des élections régionales.

L’élection dès le premier tour de scrutin régional de la liste de Victorin Lurel est un événement national exceptionnel. Il ne fait pas de doute qu’il fera couler beaucoup d’encre, de salive, et peut-être fera encore sécréter quelque venin revanchard. Il ne s’agit que d’une étape, et l’important c’est la suite : quand les citoyens s’expriment, il faut qu’ils soient entendus. Or les messages sont parfois contradictoires, et les politiciens sont quelquefois parasités par leurs convictions (dans le meilleur des cas), leurs stratégies (le plus souvent), leurs idéologies (pour quelques groupuscules plus ou moins repérés), quand ce n’est pas par leurs passions ou leurs aveuglements (pour quelques uns).

La plupart des observateurs semble s’accorder pour analyser le résultat de Lurel et de sa liste « Tous pour la Guadeloupe » comme une attente de stabilité et de sécurité. Quant à l’autre phénomène, c’est l’émergence de Cédric Cornet et de son Collectif des Inkoruptibles qui, avec la liste « Pour Gwadloup an nou ay » incarnerait le besoin de renouvellement d’une classe politique décevante. Pour les plus amers, leur défaite, quand ce n’est pas leur déroute, serait au moins en partie l’effet  d’une campagne électorale désastreuse car remplie de cancans mais vide de projets, culminant avec un débat télévisé évité ou calamiteux. Il faut cependant aller plus loin dans l’analyse.

Quelle validité ?

La première question doit porter sur la validité du résultat. Celle-ci découle du taux de participation. Un résultat est d’autant plus significatif qu’il est porté par un plus grand nombre de suffrages exprimés. Quand la moitié des électeurs s’abstient, on ne peut pas être totalement satisfait. Cependant, avec une participation comparable à ce qui est constaté au plan national, et dans un contexte local où certains décrient les élections pour n’appeler qu’au pouvoir de la rue pour instaurer une dictature « populaire », on ne peut douter de la représentativité des votants. Douter ne servirait d’ailleurs qu’à alimenter le découragement et l’impuissance, alors qu’il vaudrait mieux encourager à la réappropriation du pouvoir de décision par la démocratie représentative et ses urnes.

Mais ce vote n’est pas seulement valide dans sa forme. Il débouche en effet sur une majorité forte, difficilement contestable, même si certains esprits chagrins s’ingénieront à distiller la contestation sous diverses formes plus ou moins directes. Peu de listes avaient de projet précis, en tout cas explicite, à l’exception notable  de celles de Victorin Lurel et d’Alain Plaisir. Une majorité aussi écrasante dans toutes les communes de la Guadeloupe (sauf Terre-de-Haut) est un gage de légitimité forte pour le projet annoncé.

Quel message ?

Beaucoup de maires doivent constater que les électeurs qui les ont choisis comme chefs d’édilité ne les ont pas suivis dans leurs choix régionaux.  Certains pensent un peu trop facilement être « propriétaires » de leur électorat. Sans doute ont-ils de bonnes raisons de penser que le système clientéliste qu’ils entretiennent sur le socle de la précarité, régulée par quelques faveurs qui ne la remettent pas en question, est résistant. Aujourd’hui ils doivent apprendre que les électeurs ne sont pas des moutons à la remorque de leurs chefs de clans, de leurs opportunismes, de leurs alliances de circonstances. Il leur faut entendre l’expression d’une vraie conviction, et la respecter.

Cette élection correspond aussi à une forme de retour du politique. De vrais problèmes avaient bien été posés par le mouvement social. Mais si celui-ci est unanimement reconnu comme un moment fort de prise de conscience dans un mouvement de contestation sans précédent, les solutions attendues se font souvent encore attendre. Le quotidien nous rappelle sans cesse que la vie chère continue, et notamment à chacun de nos passages à la pompe à essence, tandis que la Guadeloupe demeure privée du RSA… discriminée donc. Si le mouvement social a réussi dans sa fonction de dénonciation et de protestation, il peine à créer un changement qui exigent un engagement durable de l’ensemble des acteurs de notre société. Les politiques bien sûr, au premier rang desquels les deux collectivités majeures. Mais attention à ne pas tout attendre ni des politiques, ni de la région. Personne n’a de baguette magique, de recette toute prête. Il va falloir prendre le temps d’un rassemblement solide autour d’un développement durable mobilisant toute la cité. Et ce ne sera pas facile.

Quelles revanches ?

Ce n’est pas parce que les choses ne sont pas faciles qu’il ne faut pas s’y employer, sans naïveté. On peut craindre que ceux qui contestent le pouvoir des urnes s’emploient à le contourner. Ils pourraient être tentés d’organiser une «  3° tour » social. Les conflits non ou mal résolus sont suffisamment nombreux pour fournir prétextes à de nouveaux blocages, ou  prises d’otage, en contre-point à un débat que tour à tour on empêche, on sabote, on contourne, on évite, on conteste. Il ne fait pas de doute que le déficit de dialogue social et les réelles « pwofitasyon » qui sévissent obligent à des rapports de force. Il ne fait pas de doute non plus que la démocratie participative est souhaitable pour que les promesses des candidats d’hier deviennent des réalisations concrètes des élus de demain. Mais il n’empêche qu’il faut respecter et renforcer la démocratie représentative, qui demeure incontournable et indispensable, alors même que, de son côté, l’économie libérale tente aussi de l’affaiblir en poussant à plus de dérégulations.

Chez les politiciens aussi, on peut redouter qu’il y ait de mauvais perdants. On connaît à l’avance leurs armes. Ils accuseront les sondages ou les médias, ils évoqueront la « propagande », la « corruption ». Certains auraient même peiné à proclamer les résultats des élections dans leur mairie. Et on en a déjà entendu faire allusion à de tristes desseins, et qui organiseraient volontiers la « chasse aux sorcières » dans leur conseil municipal voire la « purification ethnique » dans leurs adjoints… Le peuple jugera si ce n’est pas déjà assez fait !

Quelles attentes ?

Nous ne devons pas être obnubilés par ces pratiques passéistes. Mieux vaut positiver le message des citoyens. Ne faut-il pas entendre qu’on attend des projets et des valeurs de la part des politiques, et non pas des cancans de la part des politiciens ? Ne faut-il pas se convaincre qu’on espère de l’exemplarité de la part des leaders d’opinion, et non pas de la rhétorique de caniveau ou des clichés ne véhiculant que populisme et démagogie ?

Il faut aussi tirer les enseignements de l’émergence de la liste « Pou Gwadloup an nou ay ». Certes Cédric Cornet apporte une nouvelle fraîcheur de style, mais est-ce suffisant ? Attention au populisme même juvénile. Il est sans doute dépositaire d’un vote protestataire contre une certaine classe politicienne (« menm bèt menm pwèl »), qui dépasse le simple cadre de la jeunesse. Mais voter contre n’est pas suffisant… La classe politique a sans doute besoin d’un aiguillon stimulant mais il serait exagéré de voir en lui le représentant de toute la jeunesse guadeloupéenne. Il a cependant tous les outils pour une belle réussite aux côtés de ses aînés, s’il sait se mettre au travail pour  mieux maîtriser l’étendue (et les limites) des compétences et des finances régionales.

Quels défis ?

Le principal défi à relever est d’entrer de plain pied dans une Guadeloupe de développement maîtrisé grâce à des projets… réussis. L’écologie, la formation et l’économie sont bien entendus des champs de la plus haute importance. Mais si la question statutaire est résolue avec l’élection de Victorin Lurel, la question institutionnelle reste ouverte, comme cadre d’un progrès réussi. Le congrès des élus s’était donné 18 mois de réflexion pour travailler à un nouveau contrat social comme base de notre projet de société, ainsi que les nouvelles organisations institutionnelles nous permettant de le faire vivre. Il ne reste plus que 9 mois, pour décider nous-mêmes. On sait que l’Etat est pressé, mais il est important que nous construisions nous-mêmes notre projet sans se laisser imposer  son contenu, sa forme ou son calendrier.

Quelles que soient nos solutions, il nous faudra les assumer. C’est une véritable culture de la responsabilité que nous avons à promouvoir. La responsabilité des élus, qui doivent appliquer effectivement le programme pour lequel nous les avons élus, et en rendre compte. La responsabilité aussi des candidats perdants, qui doivent accepter le pouvoir des urnes, et l’expression des citoyens. Mais il ne faut pas non plus minimiser la responsabilité des citoyens, et du peuple dans son ensemble. Participer au développement du pays notamment par l’écologie et le développement durable, c’est aussi s’engager à des changements de comportement. Construire, défendre, conforter  une réelle démocratie, c’est aussi continuer de refuser les méthodes éculées du clientélisme et du clanisme (les « enveloppes » de la vénalité, les ordres parisiens ou des marionnettistes locaux), et même le « debrouya pa péché », qui assassinent l’intérêt collectif au profit de l’intérêt personnel.

L’avenir est ouvert. L’essentiel est de se mettre au travail, ensemble, dans le respect des différences en même temps que dans le projet partagé.

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André-Jean Vidal
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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 23:23
INDISCRÉTIONS
Cédric
Cédric Cornet, conseiller régional, va tout vêtu d'orange. « Pour être neutre, impartial », dit-il. Intéressant...

Cédric 2
Vendredi, Cédric Cornet s'est vu accorder par Victorin lurel, une mission s'il l'accepte : celle de mettre en place un plan pour la jeunesse. Il n'est en rien président de la Commission Jeunesse, présidée par Hugues Ramdini. Furieux de ne pas avoir été choisi, M. Cornet s'est écrié, dimanche soir, toujours sur RFO télé : « J'aurais du être président de la Commission du développement économique... pour montrer à M. Lurel en quatre ans comment on crée de l'emploi pour les jeunes. » Bigre !

Cédric 3
« Il ne fait pas confiance à la jeunesse », a dit Cédric Cornet pour expliquer qu'on ne lui ait proposé aucune présidence de commission. Il est vrai qu'aux âmes bien nées... Mais en l'occurrence, l'enjeu est sans doute trop important pour être confié à un néophyte. La prochaine fois, sans doute...

Victorin
Victorin Lurel a abandonné les grecs qui émaillaient ses discours, Sophocle, Démosthène, etc. Personnalités peu connues des Guadeloupéens et qui agaçaient un peu. Vendredi, dans son discours, il a cité Lacordaire. Religieux, prédicateur, journaliste et homme politique français. Restaurateur en France de l'Ordre des Prêcheurs (dominicains), il est considéré aujourd'hui comme l'un des précurseurs du catholicisme moderne. Bon...

Elie
« Démogagie ». C'est le commentaire d'Elie Domota, de l'UGTG, à la main tendue par Victorin Lurel qui, dit-il, « souhaite la réconciliation de tous les Guadeloupéens pour faire avancer le pays ». « Moteur historique, c'est le pèp an mouvman », dit encore M. Domota dans son créole très personnel. Le programme des semaines à venir ? Toujours le même : « Nou ké oblijé désann dan lari »... A vos baskets !

Marie-Luce
Remaniements ministériels, à Paris, depuis la cruelle défaite de l'UMP aux régionales. Marie-Luce Penchard, qui a perdu les élections en Guadeloupe tout comme ses collègues l'ont perdue dans leurs régions respectives (une vingtaine de ministres et secrétaires d'Etat concernés), va-t-elle conserver son maroquin avec 14% tandis que Darcos, avec 20% sauterait ? A suivre.

Marie-Luce 2
Il semble que Marie-Luce Penchard, fille d... prenne de plus en plus de distance, du moins officiellement, avec sa maman. La gestion de la Région entre 1992 et 2004, ce n'est pas elle. Elle l'a laissé entendre puis, au fil de la campagne, dit plusieurs fois. Et il est effectif qu'elle n'est en rien responsable d'un déficit d'une certaine ampleur laissé par LMC. Déficit provisoire, soit dit en passant, comblé rapidement par les fonds européens reversés les deux années suivant son départ.

Eric
Pour Eric Jalton, qui a perdu les élections régionales en Guadeloupe (quatre sièges), la vie continue. La Frapp, son mouvement politique abymien, fête ses dix ans aujourd'hui, à la cantine de Dothémare. Bonne fête Eric !..

Blaise
Blaise Aldo, maire de Sainte-Anne, est désormais président de la Commission des Affaires européennes de la Région. Ce qui veut dire qu'il va aller à Bruxelles soutenir les dossiers régionaux et ramener des subventions, aides et autres fonds nécessaires à leur mise en place. Belle mission. Qui sied à ravir à un ancien député européen. D'ailleurs, son sourire faisait plaisir à voir, vendredi... Un beau coup pour l'ami Blaise !

Gugusse
Certaine tête de liste avait demandé 2 400 euros par tour aux quatorze premiers de la liste, 2 000 euros du quinzième au vingt-cinquième. Or, il n'y a pas eu de deuxième tour. Ola lajan la pasé ?
André-Jean VIDAL
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André-Jean Vidal
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19 mars 2010 5 19 /03 /mars /2010 23:09
« Tout pour la Guadeloupe est notre feuille de route ! »
Hier, Victorin Lurel a été élu président de la Région Guadeloupe.
Il souhaite faire de sa devise de campagne celle de l'état d'esprit qui doit régner au sein de la Région.
Blaise Aldo présidera la commission des Affaires européennes.
Marie-Luce Penchard s'est vu confier une mission... Cédric Cornet aussi.
Réconciliation. Le maître mot martelé à plusieurs reprises, hier, par Victorin Lurel. « La campagne est terminée, la Guadeloupe nous regarde ! », a-t-il dit.
Hémicycle plein. « On ne peut pas prendre le risque de laisser entrer plus de monde », dit une jeune femme à l'entrée. Les élus prennent place. un peu isolée, Marie-Luce Penchard, nouveau conseiller régional. Deux gardes de corps se tiennent un peu plus loin. La ministre de l'Outre-mer observe la salle. Elle est rejointe par Blaise Aldo.
Harry Durimel, des Verts Guadeloupe, n'a pas avalé la pilule : « Ç'a m'a fait mal quand j'ai lu le gros titre de Domota "Ils n'ont rien compris". Il n'avait qu'à se présenter ! Je refuse qu'on dise que tous ceux qui étaient dans la rue pendant 44 jours n'ont rien compris ! »
Devant lui, ses invités, ses parents. Fiers et discrets. Harry Durimel, qui sait qu'il a apporté sa notoriété à la liste Lurel, va mal digérer, plus tard, que Gabrielle Louis-Carabin démissionne de sa troisième vice-présidence au profit de Justine Bénin (mais elle reste conseiller régional). « Bénin n'a aucune expérience ! », murmure-t-il.
Pour l'heure, il explique que c'est la crise sociale, environnementale, l'urgence d'agir concrètement, qui ont fait son engagement au côté du président sortant.

Jeux de mains...
Beaucoup de nouvelles têtes — une vingtaine. Dans les travées, Maryse Etzol, flamboyante, superbe Junon. Sophie Dagonia, belle jeune femme discrète, sourire aux lèvres, un magnifique dauphin tatoué sur le haut du dos, entre des épaules de sportive. Audry Cornano fait une entrée remarquée, béquilles (au moment du vote, l'urne sera déplacée jusqu'à son siège) et sourire un peu forcé. Il a eu un problème de santé. « Ça va aller... », dit-il visiblement très contrarié qu'on s'occupe de lui.
Christian Baptiste, qui a fait un très beau score à Sainte-Anne, face à Blaise Aldo, sourit quant on l'appelle Monsieur le maire.
Des applaudissements nourris. Victorin Lurel fait son entrée. Il disparaît derrière un double rang de photographes. La star !
Il prend place au côté de Gabrielle Louis-Carabin.
Jeux de mains... Victorin Lurel se lève pour saluer le préfet Fabre, Jacques Gillot, président du conseil général (qui va présenter, dans quelques minutes, la candidature de M. Lurel à la présidence de la Région), Marie-Luce Penchard, Blaise Aldo (sourires crispés).
Une fois élu — 31 voix sur son nom, six bulletins blancs, u bulletin nul, deux enveloppes vides —, MLP et M. Aldo vont le congratuler au pied du perchoir. Sourires plus détendus. La salle est debout, applaudissements nourris.

« L'urgence ce n'est pas l'évolution institutionnelle... »
Deux vainqueurs, dira M. Lurel dans son discours fondateur de cette mandature : la Guadeloupe et l'espoir (voir ci-contre).
Un hommage à sa mère, son épouse Francette, Henri Bangou et José Moustache (ils sont là !). Hommage à Jacques Gillot.
La réconciliation, « c'est le message adressé par le peuple guadeloupéen ». Victorin Lurel veut, comme il l'a été au moment du vote (il a réuni sur son nom des socialistes, bien sûr, mais aussi des centristes, des gaullistes de droite), être l'homme du consensus à la Région. C'est pour cela qu'il propose que soit confiée la commission des Affaires européennes à Blaise Aldo. L'homme qui connaît bien les couloirs de la Commission européenne puisqu'il a été député européen. Cédric Cornet se voit lui aussi confier une mission. Des élus de la minorité (M. Lurel n'emploiera jamais le mot opposition) sont présents dans la commission permanente, dans les autres commissions.
L'évolution institutionnelle ? Victorin Lurel balaie toute équivoque. « Ce n'est pas la priorité des Guadeloupéens. Le débat est tranché par le vote de dimanche dernier. L'urgence est économique et sociale. » Il rappelle que face aux crises que vit la Guadeloupe, l'Etat,la Région , le département doivent conjuger l'action afin de faire bouger la Guadeloupe. « Tous pour la Guadeloupe est notre feuille de route ! », conclut-il.
André-Jean VIDAL


COMMENTAIRE
Bien joué !
« Il a bien joué ». Le commentaire est d'un spectateur. Un vieux routier de la politique. Pas un élu, mais un de ces quasi anonymes qui suivent régulièrement les campagnes électorales depuis leur plus jeune âge.
Il, c'est Victorin Lurel, élu sans problème par 31 voix/41, contre quelques enveloppes vides, des bulletins blancs, hier à la tête de l'exécutif régional. Comment a-t-il bien joué, Victorin Lurel, élu par 78 261 Guadeloupéens dimanche dernier ? En impliquant son opposition, qu'il appelle minorité. Blaise Aldo se voit ministre... pardon, président de la commission des Affaires européennes. Pour qui a été député européen (et un excellent parlementaire, défendant les dossiers de la banane, entre autres), c'est un job idéal. Et puis, Blaise Aldo a déjà, à plusieurs reprises, flirté avec la gauche locale. Au nom du pragmatisme. Blaise Aldo est désormais pleinement responsable des affaires européennes, ce qui veut dire les dossiers (souvent à implication financière) pour lesquels l'Europe est compétente. Et ils sont légions.
Son adversaire politique Marie-Luce Penchard, conseiller régional en Guadeloupe, ministre à Paris, se voit assigner une mission : « témoigner de la consistance des dossiers que nous soumettons à Paris et nous expliquer la politique gouvernementale dont la logique nous échappe parfois. » De l'humour ? Sûrement. Victorin Lurel ne se fait pas trop d'illusion sur les rapports qu'il sera amené à avoir avec la ministre de l'Outre-mer.
Cédric Cornet ? Lui aussi a sa mission, « dont, a précisé M Lurel, nous définirons ensemble le contours » : « S'occuper d'un Plan d'urgence pour la jeunesse en errance. » Mais il ne sera pas, comme il l'a cru un moment (Impétueux jeune homme !) président d'une commission Jeunesse. C'est Hugues Ramdini le président de celle-ci.
Les jaltoniens ? Leur chef de file a démissionné le 18 mars. Ils intègrent les commissions, comme membres.
A.-J. V.
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André-Jean Vidal
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19 mars 2010 5 19 /03 /mars /2010 23:07
INDISCRÉTIONS
Elie
« Qui c’est celui-là ? » La question a été posée, sur les ondes, mais aussi dans les milieux politiques à propos des réactions d’Elie Domota, de l’UGTG, qui a dit ce qu’il pensait des élections régionales avant le scrutin et ensuite après l’élection de la liste Lurel. Autre version : « S’il veut avoir quelque chose à dire, il n’avait qu’à se présenter… » Sauf qu’Elie Domota est celui qui a mobilisé l’attention des médias toute l’année passée. L’attention des médias et sûrement aussi celle des politiques.
Harry
Harry Durimel, leader des Verts, l’un des principaux soutiens de Victorin Lurel et présent sur la liste que conduisait celui-ci, siégera, à partir de ce matin, au conseil régional. Avec trente autres élus de la même liste. Gabrielle Louis-Carabin cédera-t-elle son siège ? Les électeurs ne comprendraient pas.
Christian
Christian Jean-Charles (23e sur la liste de Victorin Lurel) serait un excellent représentant de la Côte-sous-le-Vent s’il était parmi les vice-présidents de la Région. Très actif sur Pointe-Noire, c’est un fidèle de Félix Desplan. Soutien actif de Victorin Lurel. C’est le bras droit de Jacques Gillot au conseil général dont il est vice-président.
Marie-Luce
Marie-Luce Penchard siégera-t-elle à la Région ? La question ne se pose pas. Elle veut reprendre l’UMP en mains… Sa mère, élue en 2004, n’y a jamais siégé. Elle a démissionné le jour de l’élection de Victorin Lurel. Pas plus que Blaise Aldo entre 2004 et 2010. Il est vrai que celui-ci avait la commune de Sainte-Anne, dont il est maire, à redresser.
José
José Toribio, maire de Lamentin, Jean-Claude Malo, maire de Bouillante, devrait se voir opposer, lors des prochaines municipales, des candidats estampillés Lurel. Jocelyn Sapotille (21e sur la liste Lurel) à Lamentin. Pour Bouillante, il faut voir…
Philippe
Philippe Chaulet, ancien maire de Bouillante, ancien député, sera candidat à Bouillante en 2014. « On n’a pas le droit de laisser Bouillante dans cet état », dit-il. M. Chaulet, homme de droite, gaulliste historique, a appelé à faire voter Lurel. A Bouillante, la liste de ce dernier a fait un carton alors que le maire soutenait Eric Jalton, minoritaire en voix.
Blaise
Blaise Aldo a fait un grand dîner à la Creole Beach, hier soir, avec les membres de sa liste. On ne sait pas si Louis Molinié, maire de Terre-de-Haut, seul maire à avoir fait échec à la gauche aux régionales, y était… On peut en douter. Il n’avait pas vraiment digéré la composition de la liste.
Victorin
C'est prévu ce dimanche, au Moule. Victorin Lurel va rassembler ses colistiers et ses partisans pour un grand déjeuner amical. Pour fêter la prise... de la Guadeloupe !
André-Jean VIDAL
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André-Jean Vidal
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17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 22:08
INDISCRÉTIONS
Marie-Luce
Elle est repartie, au grand dam des observateurs qui se sont étonnés qu'elle n'ait même pas remercié ceux qui ont voté pour elle... Marie-Luce Penchard, candidat aux régionales en Guadeloupe, est surtout ministre de l'Outre-mer. Les dossiers l'attendaient à Paris. C'est à Blaise Aldo de remercier les 19 405 électeurs qui ont voté pour sa liste...

Marie-Luce 2
« Je suis ministre de tous les outremers. Je vais assumer mes fonctions jusqu'à la dernière minute... », a-t-elle affirmé au sortir du conseil des ministre, hier. Marie-Luce Penchard, grande perdante des régionales en Guadeloupe, n'a pas à s'en faire : tous les ministres du Gouvernement Fillon seront dans le même cas dimanche prochain. C'est le hasard des élections...

Jeanny, Eric, etc.
Eric Jalton et Jeanny Marc ont du souci à se faire pour leurs circonscriptions législatives (même modifiées en leur faveur par le Gouvernement). Eric Jalton, député de la première, totalise 25,8% des suffrages dans sa zone. Jeanny Marc, député de la troisième, c'est pire, seulement 5,14% des suffrages. Pour Victorin Lurel, ça baigne : 60,35%.

Geneviève
Geneviève Giard, directrice générale déléguée en charge des réseaux régionaux de RFO; vient en Guadeloupe la semaine prochaine. Pour quoi faire ? Pour rencontrer les instances (préfet, président de région, président du conseil général général, autorités de Saint-Martinnet Saint Barthélemy) et leur présenter la TNT. Autre intérêt de cette visite, pour les salariés de la station : c'est elle qui nomme les uns, défait les carrières, etc.

Bernard
C'est qui Bernard Guérin ? Le nouveau sous-préfet de Pointe-à-Pitre. Commissaire de police à la base de sa carrière administrative (il est diplomé de criminologie), il a bourlingué pas mal, dans l'Hexagone et en Afrique, mais aussi dans les Iles du nord, en Nouvelle-Calédonie et à la Réunion. Bienvenue.

Cédric
Cédric Cornet, qui a deux sièges au conseil régional (bravo !) va partout, disant que ses indemnités (un peu plus de 2 000 euros) vont lui servir à régler ses dépenses de campagnes. Rassurons-nous. Avec près de 7% des suffrages, elles lui seront intégralement remboursées par l'Etat.
André-Jean VIDAL
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André-Jean Vidal
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17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 13:24

D’UN CWTC A L’AUTRE

Par Dominique DOMIQUIN

« L’agenda politique et l’agenda social obéissent à deux logiques distinctes. Lorsque ces deux agendas concordent, c’est la Révolution ! ». Au regard du résultat des régionales du 14 mars 2010, cette phrase du politologue Julien Mérion est pertinente. Seulement… Cette élection n’aurait-elle pas réellement débuté le 20 janvier 2009 ? On connaît les leaders officiels de la grève de 2009, mais la rumeur (qui a lourdement pesé dans le vote du 14) prétend qu’il y en aurait eu d’officieux, et pas des moindres… Info ou intox ? Cette campagne électorale ne s’achèvera-t-elle pas par notre OUI tièdasse à l’assemblée unique ?

Bon, oublions que la France Hexagonale ou les Métros de passage nous regardent, fermons les persiennes, tirons les rideaux et causons chwi-chwi-chwi entre NOUS. Je veux dire entre Nègres, Indiens, Syro-Libanais, Blancs Pays et Békés de toutes classes sociales ou bords politico-idéologiques. Tentons de voir par-delà l’omerta d’une île sourde à elle-même. D’ailleurs, Monsieur le Prefet, si par inadvertance ce texte parvenait jusqu’à vous, considérez que ce qui suit n’est que le délire d’un ababa resté trop longtemps au soleil. Vraiment pas de quoi fouetter un iguane.

Depuis que la Guadeloupe est française, excepté durant l’intérim des anglais ou celui du vilain Magloire Pélage, le pouvoir central de l’Hexagone décide du cadre à l’intérieur duquel nous jouons notre partition. Le Noir guadeloupéen, depuis son implantation de force sur notre île, n’a cessé de lutter pour faire reconnaître à la France Esclavagiste puis Coloniale, son statut d’Homme, puis de citoyen français à part entière. Ça n’a pas été de la tarte. Le droit de vote, nous l’avons arraché et, n’en déplaise à certains (Noirs ou Blancs d’ici ou d’ailleurs), nous ne somme pas près d’y renoncer. Même quand le goutte-à-goutte diminue pour cause de crise mondiale, on sait tous que c’est temporaire.

Plutôt que de chercher des oppositions, des contradictions entre le mouvement social d’Elie Domota et le MECHANT coup de boule infligé par Victorin Lurel a tous ses opposants, il faut bien entendre que c’est le même peuple qui s’exprime, transmettant sa force à un homme et la lui retirant aussi facilement qu’il la lui avait prêtée. Résultat : Une grève Historique suivie d’une réélection Historique.

La cohérence semble être la suivante : Malgré le poids et les blessures ouvertes de l’Histoire, nous aspirons à jouer notre propre toumblak, mendé ou graj à l’intérieur du cadre républicain français (ce dernier fut-il chouké dans l’Europe), tant que le plus grand nombre peut gratter un max de pépettes. Le tout en exigeant que cet Etat nous garantisse l’application au millimètre du Droit commun, des valeurs républicaines, la continuité territoriale, la justice sociale, le respect de nos spécificités locales, le monopole EDF à des tarifs défiant toute concurrence, moins 30% sur les impôts, j’en passe et des plus cocasses…

Grâce à l’économie de transfert, une majorité de guadeloupéens peut vivre largement au-dessus de ses moyens (quelle que soit sa classe sociale), Circuler en gwo loto, stocker an gwo fwigo, croisiérer en gwo bato, etc. Tant que cette majorité ne crèvera pas la dalle, si en plus on reconnaît notre langue, notre droit à battre monnaie et d’avoir notre propre drapeau, avec une production locale ZERO tout en restant français à part entière, c’est le jackpot ! Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse. Comme nous sommes terriblement gonflés, nous sentons bien que cela peut marcher. L’avenir dira si nous y parviendrons sans y perdre au minimum… notre santé mentale !

Au risque de lasser, je réaffirme que nous sommes d’abord un peuple Pragmatique. Quand je dis « nous », j’entends TOUT le peuple. Un peuple par nature tellement méfiant qu’il se méfie de lui-même mais qui sait disons… flairer et saisir la bonne affaire ! Depuis toujours se joue chez nous un jeu (extrêmement dangereux), dont les règles tacites n’appartiennent qu’à nous-mêmes. Ce qui paraît n’« est » pas vraiment et ce qui « est » n’apparaît que de manière fugace. Yves Jégo se souviendra longtemps du bon kalalou créole infesté de mâles crabes Blancs et Noirs à gwo modan ! Pauvre bougre…

NOUS, le Peuple, « Pèp la », dans toutes ses strates, dans toutes ses composantes, protégeons farouchement nos acquis sociaux et cherchons en permanence de nouveaux avantages matériels tout en refusant que l’on entame d’un iota notre guadeloupéenneté, notre caribéenneté, notre francité ou notre européanité. Après nous, le Déluge ! Telle est devenue notre arrogance… Rien ne dit que nous réussirons ce pari, mais tout tend à prouver que c’est ce vers quoi nous tendons TOUS, du Grand Patronat à l’UGTG en passant par l’avocat, le dentiste, le marin pêcheur, l’artisan, le jobeur, l’UAGiste, l’artiste subventionno-engagé ou même Ti-Sonson. Asi sa, an  péké jen  démod ! 

Entre la Guadeloupe et la France, les guadeloupéens ont, dès la 1ère abolition, choisi de ne pas choisir. Officiellement les Noirs sont Gwada-Gwada, mais dans les faits ? Officiellement les Békés sont Franco-Franco, mais dans les faits ? La question demeure : Puisque nous ne voulons pas choisir (non par peur du lendemain mais bien par certitude ancrée qu’« on » tente toujours de nous gruger quelque part !), sommes nous prêts à payer le prix du non-choix ?  Dominique Coco l’a chanté : « An sé pitit enkyèt a on ti lilèt enkyèt ». 

Nous descendants d’agriculteurs ayant connu l’exode rural. Nous qui sommes déjà tant « allés à leur école ». Nous qui sommes depuis longtemps devenus, sans vouloir l’admettre, des « messieurs de la ville ». Des « messieurs comme il faut ». Notre français a déjà monté trop de mornes ! Y compris celui des Flémin, Desfontaines, Mounien, Gama, Clavier, Déglas, Makouke, Reinette, Barfleur, Domota et autres Théodore. Davwa nou goumé pou sa osi ! Y compris en 2009 ! Il est déjà loin, le temps des Chopin é dimi Po ! Prétendre le contraire, c’est Gwan pawad, Ti kou baton. Il n’y a plus de bossales en Guadeloupe.

Il y a belle lurette qu’existe chez nous une grande bourgeoisie Noire. Il y a nanni nannan qu’existe un Capital Noir qui n’investit pas une cacahuète chez nous, à part pour faire des « coups » en défisc, mais qui se fait des couilles en or aux States, en Europe ou en Indonésie. Comment je le sais ? Parce que la Guadeloupe est, qu’on se le dise, un tout petit pays ! Où étaient-ils donc pendant 44 jours ? Elie Domota a tenu un discours historique au CWTC en Janvier 2009. Il a eu ce jour là ce que nous artistes appelons l’Inspiration. Lokans ! Je suis d’accord avec 70% des propos qu’il a tenus. Sauf que… i pa ay an bout.

Alos an ké fèy bay, davwa konba ay paka pewmet li fè sa. Mé an sèten an fondouk a kyè ay i ké dako épi mwen, pas i konnèt pèp ay ! Pourquoi le Syrien ou le Libanais arrivé pauvre comme Job à l’époque coloniale s’est-il enrichi en vendant des casseroles ou des culottes bon marché en parcourant des kilomètres avec son barda sur le dos ? Pourquoi l’indien coolie manjé chyen qui nous a tant fait rire, en haillons sur son tracteur, avec ses cinquante enfants dans sa camionnette bâchée, n’a pas vendu sa terre mais l’a travaillée rédomawto jusqu'à bâtir fortune ? Pourquoi c’est encore le cas aujourd’hui avec les asiatiques qui nous font tant ricaner dans leurs échoppes ou leurs roulottes minables ? Pourquoi ce sera encore le cas demain avec les immigrés Noirs Haïtiens et Dominicains que nous méprisons ? Pouki ti moun a yo ka réyisi lékol myé ki tan nou ? Les maîtres de la Guadeloupe aujourd’hui sont ils des Béké Martinique ou les multinationales européennes ? Si oui, en admettant que l’on veuille chasser ces multinationales, qui donc emploiera nos bac + 32 avec salaire, évolution de carrière et la protection sociale qui suivent ? Non, sérieux ? Ban blag la ?

Sentant confusément que depuis un an, on le prend pour une bille, le peuple, loin de vouloir scier la branche sur laquelle il a mis 150 ans à s’asseoir, s’épuise à lire à travers les postures, la fumée, le foin, le boucan, l’esbrouffe, le brouhaha du grand, du moyen, du petit patronat. Celui du politique, celui des syndicats, celui du LKP, celui des media, celui du gouvernement… Tous ceux qui cherchent à séduire, induire ou conduire parce qu’ils nous aiment tant… Tous les moyens sont bons. Mais quand vient l’heure du vote ? Quand le peuple doit choisir à l’abri des regards réprobateurs ?

One man, one vote. Chaque homme, femme, élu, pauvre, riche, patron, chômeur ou syndicaliste pèse autant que quiconque. Car il sait qu’il en va de son avenir face aux forces qui cherchent à conserver le pouvoir ou à s’en emparer. Le peuple, quitte à se tromper, vote toujours au mieux de ses intérêts du moment. Mais qui demande chez nous au peuple d’assumer ses choix ? NEANT. Sauf peut-être… Cédric Cornet !

La grande originalité, la grande utilité du LKP a été de mettre en lumière une partie des dysfonctionnements de notre société. Sa grande faiblesse fut de ne pas proposer de voie crédible pour y remédier. Car cela demandait l’effort de nous regarder nous-mêmes, TOUS, sérieusement, an mitan zyé. Nou poko pawé pou sa. Son ossature idéologique comportait une impossibilité congénitale à transformer l’essai sociétal (et plus si affinités) sur le terrain politique. J’admets qu’on ne peut pas dénoncer l’Etat Colonial pipeur de dés et participer à ses élections ! Ça se tient. C’est cohérent… Sauf que :

Si il y a une chose que les indépendantistes doivent retenir de cette bataille, c’est que l’Etat sait se rendre intangible et qu’il a tout son temps. Un bon paquet de temps ! Le temps par exemple que le peuple réfléchisse à deux fois. Et chaque seconde qui passe pèse lourdement en sa faveur. Car l’Etat, comme le Peuple dans sa majorité, sont d’accord sur ceci :

On ne peut pas être fonctionnaire du service Public et demander au peuple de boycotter les élections. On ne peut pas être employé de bureau climatisé et conseiller au peuple d’aller travailler la terre. On ne peut pas demander aux autres de tenir une grève dure lorsqu’on est sûr de garder son emploi et ses 40% chéris qui font flamber les prix. On ne peut pas dénoncer la survivance de pratiques coloniales sans exiger la suppression de l’Octroi de Mer qui plombe l’économie locale. On ne peut pas dénoncer la société de consommation et exiger de quoi brûler plus de thunes dans des couillonnades. On ne peut pas à la fois dénoncer et réclamer plus d’assistanat. On ne peut pas demander aux autres de garder leurs enfants au pays lorsqu’on envoie les siens faire des études partout dans le monde. On ne peut pas demander aux gens d’arrêter de « bourrer caddie » en continuant pépère a faire ses courses chez Reynoird ou Hayot… (A pa moun ki di mwen y, sé mwen menm ki vwèy an dé zyé an mwen).

On pourrait ainsi noircir dix pages. Le LKP est devenu un parti politique qui va en politique anba fèy. Alors on le vénère ou l’on s’en méfie, comme de n’importe quel parti politique. C’est dommage mais c’est comme ça.

Passons sans plus attendre au générique de fin de ce nouvel épisode de « La Baie des Flamboyants » :

LES GAGNANTS

Victorin Lurel a apparemment bouclé une boucle lors du débat bouffon du CWTC. Il est aujourd’hui l’ani-mâle politique alpha, le grand carnassier qui se hisse au sommet de la chaîne alimentaire. On ne gagne pas deux élections régionales d’affilée par hasard. Surtout après l’année 2009. C’est la fin sans appel de l’ère LMC-Larifla, respectivement ex-reine mère et ex-faiseur de rois. Toto Lurel s’est battu et a gagné. Il convient de respecter cela. Cependant qu’il soit conscient que la suite est entre ses mains. La Région Guadeloupe, il l’a voulue, il l’a eue. Je ne voudrais pas être à sa place. Qu’il assume ses choix et garde à l’esprit que nous tendons manifestement à devenir un peuple impatient en plus d’être gourmand.

Jacques Gillot, l’homme du consensus, mais surtout l’homme qui dure. Il a des chances de devenir le boss du GUSR. Il prononcera sûrement un poignant requiem aux funérailles politiques de Dominique Larifla.

Cédric Cornet semble avoir capté le vote des déçus du système. Il vole la vedette aux grandes figures du LKP en prônant travail et réconciliation.

Harry Durimel qui naguère soutenait le kalbandaj, reussit l’exploit de figurer parmi les garants politiques du système. Il peut désormais revendre sur e-bay son mégaphone et sa 205.

Philippe Chaulet et Gabrielle Louis Carabin ont considérablement pesé sur la campagne de terrain. Ils savourent leur revanche sur LMC, MLP et l’UMP parisien. Reste a refonder une droite locale…

Pèp Gwadloup, qui une fois de plus a bien niqué tout le monde.

LES PERDANTS

Eric Jalton et ses troupes sont les grands perdants de la course. Pour ne pas tirer sur l’ambulance, contentons nous de dire qu’ils sont allés là où le riz n’avait aucune chance de gonfler… Veni, vidi mais pas vici, c’était bien la peine de franchir le rubicon.

Blaise Aldo semble plutôt cuit mais MLP obtient son mandat local. Mission accomplie. En tant que pièce lourde de la Sarkostratégie Outre-Mer, elle devrait conserver son ministère… pour peu que le LKP fasse des vagues !

Jeanny Marc comprend peut-être aujourd’hui qu’elle ne s’est pas faite toute seule.

Jean-Marie Nomertin, Alain Plaisir, Eric Desfontaines, Rosan Mounien, Alain Felix Flémin vont avoir un mal fou a remobiliser le peuple avec le Mouvman Nonm et l’UGTGDifé kako en perspective !

José Toribio va tenter de garder sa mairie. Chienne de vie…

Marlène Mélisse ? Mais que diable allait-elle faire dans cette galère ?

Alain Lesueur gagnerait sûrement à faire semblant d’être modeste. Enfin, moi,  ce que j’en dis…

Pèp Matnik, si vous pouviez juste faire quelques erreurs avec Sarko, ça nous éviterait de commettre les mêmes. Merci d’avance ! Sans rancune ?

La société guadeloupéenne nie farouchement avoir encouragé l’emballement du quadrige « Décentralisation, Société de Loisirs, Société de Consommation, Globalisation ». Ainsi tel « jeune », n’ayant pas demandé à naître, n’a aucun devoir envers la collectivité. Encore moins envers l’adulte qu’il risque de devenir. Tel parent se prive sans compter pour que sa marmaille ait le superflu nécessaire. Tel chef d’édilité, de compromis en choses dues, se verrouille à son siège tel un bougo sur une caye. Tel journaliste fait ce qu’il peut, écartelé entre démocratie d’opinion, pression des annonceurs et promiscuité syndicalo-politicienne. L’entreprise est cette boucherie où s’étripent cordialement patrons et syndicats. Les commerçants dilatent leurs prix en remerciant le Ciel pour la martingale du passage à l’Euro.

Aujourd’hui plus qu’hier, il est utile de se demander si la Division n’est pas le noyau dur de notre Identité. Le NOUS guadeloupéen ressemble à s’y méprendre à un serpent de mer chassant désespérément sa propre queue. Le poids de l’Histoire, sans doute. L’évidence est que nous vivons DES réalités personnelles que nous ne souhaitons pas à élargir au delà d’une couleur ou d’un clan. Le problème est que nous ne voulons pas confronter, amender,  raboter, mettre à jour nos convictions afin de cerner froidement notre Réel collectif. L’emmerdant est qu’il y a chez nous pléthore de « Je » Noirs, Blancs, Roses, Marrons-à-pois et que sais-je encore.

Dominique DOMIQUIN

Goyave, le 16/03/2010

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André-Jean Vidal
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17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 12:37
INDISCRÉTIONS
Jean-Jacques
« Le Conseil de la Culture, de l'Education et de l'Environnement (CCEE), en la personne de son président, Jean-Jacques Jérémie, salue la victoire, dès le premier tour, de la liste Tous pour la Guadeloupe au scrutin du 14 mars et lui adresse, ainsi qu'à son leader Victorin Lurel, ses vives félicitations. » Platitudes...

Eric
Pas fini de s'attaquer à la presse, notre ami Eric Jalton,qui l'a encore fait alors que les résultats des régionales étaient proclamés. S'il a fait un score confidentiel (ou peu s'en faut), c'est la faute des journalistes. Ce n'est pas de sa faute s'il a refusé de participer à quelque débat que ce soit, ni à Fouillole, devant les étudiants de l'Université, ni au WTC, le soir du Grand débat de RFO. Ce n'est pas de sa faute si sa campagne s'est résumée en diatribe, en sms et en tracts nauséabonds. Triste campagne, ce qui explique sans doute qu'il soit désormais minoritaire aux Abymes, SA commune.

Daniel
Daniel Marsin a retrouvé une attache locale. Conseiller municipal minoritaire aux Abymes, ça ne mène pas loin. Conseiller régionale, ça a plus de gueule. Et puis, 2 000 euros par mois, c'est pas mal, pour régler les repas fins et les bonnes bouteilles. Reste maintenant à conserver son siège de sénateur. Et là, ils sont rares ceux qui sont prêts à lui faire ce cadeau. D'autant qu'il y a des candidats à la suite...

Lucette
La liste conduite par Blaise Aldo a perdu les régionales. Quatre candidats seront néanmoins conseillers régionaux. C'est anecdotique au regard de la majorité (31 sièges) de Victorin Lurel. Les observateurs s'attachent à penser que seuls Lucette Michaux-Chevry, malgré son âge, aurait pu sauver la mise. Pas l'emporter, bien sûr, la vague Lurel était irrésistible, mais faire un score moins étriqué.

Lucette 2
Lucette en observatrice, pas impliquée officiellement dans la campagne, et c'est tout le système Chevry à Basse-Terre qui s'effondre. Victorin Lurel y a fait 2 000 voix de plus que la liste Aldo/Penchard. Ce qui laisse penser qu'aux prochaines municipales, il y aura du changement. A condition de trouver un candidat valable.

Marie-Luce
Marie-Luce poursuit sa volonté d'implantation locale. Elle est conseiller régional (si elle siège effectivement) et serait tentée, dit-on, par la mairie de Gourbeyre, longtemps occupée par sa maman, avant que celle-ci connaisse un destin national et cède le siège à son adjoints de toujours, Luc Adémar. Un siège de sénateur aussi lui plairait sûrement.  Celui de Marsin ?..

Jeanny
Jeany Marc, qui a perdu l'occasion de rester tranquillement dans sa mairie de Deshaies et de regarder les autres s'étriper tout en faisant illusion sur son poids électoral dans sa circonscription, n'a même pas fait dans cette zone les voix qui lui ont permis d'être député. Avant, elle pouvait se targuer de peser lourd. Aujourd'hui, on sait. C'est dommage de s'abîmer ainsi !

Ary
Ary Chalus a apporté ses voix (et même plus) dans l'escarcelle régionale de Victorin Lurel. Ce qui lui a permis de comptabiliser les suffrages possibles dans la circonscription législative (le troisième) et de constater que s'il a le soutien de M. Lurel (et pourquoi ne l'aurait-il pas), il est député demain... s'il veut !

Axel
Axel Urgin, secrétaire national à l'Outre-mer du PS, s'est fendu des félicitations de mise à Victorin Lurel. Pas simple alors que les deux hommes sont connus pour ne pas être souvent sur la même longueur d'ondes. Mais, M. Lurel est le seul leader socialiste sur l'ensemble du territoire à avoir été élu dès le premier tour, avec un score imparable. Ça mérite bien d'avaler un parapluie et de le féliciter bien bas...

Rony
Rony Pizio et Jean-Michel Bellejambe, organisateurs de spectacles, partent pour Miami où va se produire Alicia Keys. Ils vont tenter de faire venir en Guadeloupe cette artiste pressentie pour être la prochaine vedette de Jarry en fête, succédant ainsi au fameux Lionel Richie. Houhou, Ary !
André-Jean VIDAL
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André-Jean Vidal
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17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 12:36

Victorin Lurel, président du conseil régional
« Ce que je vais faire... »
Victorin Lurel a remporté l'élection régionale. Avec 31 élus (sur 41), il est largement majoritaire et son élection, vendredi, ne fait aucun doute.
Tour d'horizon avec l'homme qui a été le seul élu en France au premier tour de ces régionales.

Pour Axel Urgin, secrétaire national du PS à l’Outre-mer, « il y a eu un vaste front républicain, anti-autonomiste, anti-violences, anti-Domota, anti LKP. Blaise Aldo et Marie-Luce Penchard ont été incapables d’incarner une ligne anti-rue. » Souscrivez-vous à cette analyse ?

Je suis très heureux d'apprendre que le PS, mon parti, a pu comprendre qu'il s'agissait d'un rassemblement républicain et qu'il fallait, après la crispation sociale que nous avons vécue, rassembler. Je ne conçois pas l'élection comme une arme anti-mouvement social ou anti-syndicat. Le peuple s'est prononcé en conscience. La politique que nous avons faite a correspondu aux attentes sociales du moment.

Aux Abymes, vous dépassez le score établi par le maire en place, candidat aux régionales, qui ne vous a pas épargné, quoique de votre sensibilité. Quelles conclusions peut-on en tirer ?

Je suis très heureux de ce résultat. Parce qu'une campagne dure, agressive, a été conduite aux Abymes, comme sur tout le territoire de la Guadeloupe, par le député, maire des Abymes, avec des arguments que je croyais d'un autre âge. J'ai pris l'engagement de ne pas négliger la population des Abymes. Nous ferons tout pour travailler avec elle, mais j'avoue que j'ai du mal à oublier ce que j'ai pu entendre, lire, voir. J'espère que j'aurais assez de force pour aller au-delà.

« Sur les Abymes se pose une nouvelle équation... »

Dans toutes les communes, sauf Terre-de-Haut, vous écrasez vos adversaires. Faut-il en déduire qu'aux prochaines municipales vous entendez déchouker Marc à Deshaies, Jalton aux Abymes, Aldo à Sainte-Anne, Lucette Michaux-Chevry à Basse-Terre, ceux qui vous ont le plus combattu ?

Je n'emploie pas le mot écraser, mais il est vrai que le score peut être écrasant. Je suis satisfait des résultats. C'est l'occasion de dire que les élections régionales surplombent les élections plus locales, en particulier les municipales. Il faudra en tirer des conséquences. Sur les Abymes se pose une nouvelle équation, sur Bouillante, sur Lamentin, la question se posera. Mais, les municipales c'est en 2014, les cantonales, en 2011.

En renouvelant votre équipe, vous avez éliminé des hommes et des femmes qui n'avaient pas démérité. C'est vous qui l'avez reconnu. Certains s'en sont sentis offusqués. Que leur dites-vous aujourd'hui ?

Je leur ai déjà dit que le fait de ne pas figurer sur une liste n'est pas une sanction. Constituer une liste impose des contraintes, liées à la campagne. Celle-ci était particulièrement difficile. Un excellent travail a été fait et si cette élection-plébiscite a pu avoir lieu, c'est la reconnaissance de leur travail. J'ai proposé et cela a été bien entendu que ces élus là restent des conseillers régionaux sans tablier. Ils auront accès aux services de la Région, seront présents lors des réunions politiques, pourront faire valoir leurs idées. Que leur manquera-t-il ? Un mandat ? En politique, l'important, c'est de faire passer ses idées. De voir transformer en actes des idées, des propositions, voir aboutir des dossiers.

« Il faut respecter le principe : les urnes sont supérieures à la rue »

Comment redonner confiance à la Guadeloupe alors que la crise nous a touchés de plein fouet ?

La crise a touché le monde. La crise qui frappe la Guadeloupe est la conjoncture de trois crises différentes : la crise mondiale, la crise nationale, conséquence de la politique économique conduite par le Gouvernement Fillon. Et les conséquences de la crise sociale en Guadeloupe. C'est une crise grave aux conséquences lourdes. Il faut rétablie la confiance. Cette élection est de nature à rassurer, à rétablir la confiance. La deuxième chose à mon sens à faire est de s'adresser aux adversaires d'hier. Voir comment nous pouvons travailler avec eux. La troisième chose, c'est faire comprendre au mouvement social qu'il y a une démocratie sociale qui a ses règles, qui doit être respectée. Il faut, de plus respecter la démocratie politique. Une société ne peut subsister que si ces deux démocraties sont respectées. Il faut l'équilibre, l'harmonie entre démocratie politique et démocratie sociale. Il faut respecter le principe : les urnes sont supérieures à la rue. Donc, moyennant le respect scrupuleux de ce principe, nous pouvons fonctionner efficacement.

Chômage, insécurité, désespérance de la jeunesse. La Région est-elle armée pour faire face à ces trois fléaux ?

Ces trois fléaux ne relèvent pas forcément des compétences de la Région. Mais, ce sont des fléaux qui frappent la société guadeloupéenne et nous prendrons l'attache des uns et des autres, et en particulier de l'Etat. Nous ne pouvons ignorer la montée de la violence en Guadeloupe. Au-delà des statistiques publiées, cela devient très préoccupant. J'ai proposé que tous les lycées, tous les bâtiments dépendant de la Région soient mis sous vidéo-protection. Il faudra probablement s'adresser à une certaine jeunesse en errance, même si elle n'est pas seule fautive. Pour aider à leur réinsertion. Il faudra permettre aux victimes de mieux accéder aux droits, aux indemnisations. Nous avons pris l'attache des autorités de justice. Il faudra, parce que sinon ce ne sera pas suffisant, que les parents, la famille, s'y mettent. Que l'Etat fasse son travail, pas exclusivement sur le plan répressif. L'Etat doit traiter cela comme il convient. C'est la priorité des priorités. Préserver la cohésion sociale. Lorsque la jeunesse ne travaille pas, que ceux qui ont quitté l'éducation nationale sans diplôme voient que rien ne leur est proposé, c'est trop facile de faire porter le chapeau à la collectivité régionale. On l'a fait durant cette campagne ! Le plan d'urgence pour l'emploi des jeunes, confié par l'Etat au pôle emploi, n'est pas suffisant. J'ai déjà eu l'occasion de le dire. 35 millions pour la formation des jeunes, ce n'est pas suffisant. Il faut tisser des liens, s'y mettre tous. 

« J'aimerais que notre ministre de l'Outre-mer soit plus constructive »

En avez-vous parlé avec la ministre de l'Outre-mer, Mme Penchard ?

On n'a pas l'occasion de parler de grand-chose avec la ministre de l'Outre-mer. Je l'avoue. Si ce n'est pour nous faire avaler la pilule de la énième étude commandée à l'association nationale d'organisation des commissions de travail... En revanche, je lui ai ait un courrier détaillé, circonstancié. Je lui demande de faire la lumière sur le fameux pactole de 500 millions dont elle a parlé en campagne aux Abymes. Cet argent  doit bien être inscrit quelque part. Pour quelle mission, sur quelle ligne budgétaire ? Je demande à faire la lumière sur cette affaire, comment présenter d'autres dossiers puisqu'en nous en avons une dizaine qui attendent une réponse de l'autorité ministérielle. J'aimerais que notre ministre soit plus constructive, propose davantage et digère très rapidement sa défaite !

Vous avez été attaqué sur la formation. On vous accuse d'avoir démantelé l'AFPA qui formait des milliers de jeunes au profit de l'Ecole de la deuxième chance, qui en a formé 80... Que répondez-vous ?

L'AFPA a été ruinée par ses propres dirigeants et ses propres agents. Elle a été liquidée par décision de justice. Celle du TGI. L'AFPA, c'était 42 millions de passif, 14 millions d'endettement. Un volume horaire enseigné en constante évolution. Peu de stagiaires formés au cours des dernières années. De plus, les titres délivrés n'étaient pas retenus par le ministère du Travail. C'était l'usurpation. Le label, entendez-moi, n'avait jamais été livré par l'AFPA nationale. C'est l'exemple même de ce qu'il ne faut pas faire en Guadeloupe. La Région a du prendre une initiative pour répondre très rapidement à la demande sociale en formation. Rien ne nous y obligeait. Nous l'avons fait en complément de ce qu'offre le secteur privé. Nous avons été plus loin en demandant une habilitation. Reste à mettre tout cela en musique. Ça va être rapidement opérationnel.

« L'écologie à appliquer en Guadeloupe ne doit pas être une écologie de riche »

La protection de l'environnement semble une de vos préoccupations. Harry Durimel, des Verts, sera-t-il votre ministre de l'environnement pour impulser l'éco-région ?

Je n'en sais rien. Vendredi, le président et son bureau seront élus et c'est à ce moment-là que nous décideront. Effectivement, Harry Durimel est bien placé pour l'être... On ne nomme pas un fonctionnaire de l'Education nationale au ministère de l'Education nationale. Cela fait corporatisme. On ne nomme pas un domien au ministère des Dom, cela peut donner lieu à des dérapages... Bref ! Nommer un vert à la croissance durable, aux énergies renouvelables ? Il faut voir.

La protection de l'environnement est une de vos passions...

Oui, c'est même une priorité de la Guadeloupe. En six ans, nous avons engagé de belles choses à la Région. La récupération des eaux de pluie paraît un détail. Installer partout des éoliennes, tenter d'acclimater ici, chez chacun, dans son quotidien, le solaire photovoltaïque, c'est important. Le solaire thermique, avec les chauffe-eau solaires, c'est important. Il faudra que nous aidions plus les installations de ce type. Afin qu'un maximum de Guadeloupéens y ait accès. L'autonomie énergétique de 50% d'ici 2030. Une déchetterie moderne à la Désirade. Le plan régional de gestion et d'élimination des déchets dangereux. Les énergies thermiques marines peuvent aussi être exploitées. Bientôt, nous allons exploiter les surfaces en toitures. On l'a fait au lycée hôtelier, au lycée de Port-Louis, à la résidence universitaire. Avec mes deniers, je n'ai pas hésité à installer des plaques sur ma maison. Je produis de l'électricité...

Vous avez touché les subventions régionales ?

Non ! J'ai utilisé mes deniers. C'est vrai que l'Etat donne un crédit d'impôt. L'année suivante, j'ai été remboursé de 8 000 euros sur les 16 000 euros engagés pour ces panneaux. C'est vrai que n'importe qui ne pourra pas faire l'avance de 16 000 euros et il faudra que la Région mette en place un préfinancement pour des panneaux comme ceux-ci. Même chose pour les chauffe-eau solaires qui coûtent à peu près 2 800 euros. C'est cher. Un malheureux ne peux pas en faire l'avance. Il faut trouver un dispositif pour aider les Guadeloupéens. L'écologie à appliquer en Guadeloupe ne doit pas être une écologie de riche. Elle doit être mise à la portée des petites bourses. La Région prendra des initiatives en ce sens. Mais, il faut faire évoluer les mentalités : éteindre en quittant la pièce, ne pas laver sa voiture quand il y a des cendres de Montserrat.

« Si je relance encore, je vais faire exploser le budget »

Comment peut se faire la relance de la commande publique alors qu'il y a crise économique ?

Si je relance encore, je vais faire exploser le budget. Actuellement, le carnet de commandes est déjà bien garni. J'ai tout fait pour maintenir les commandes publiques. C'est pour cela que nous avons fait un emprunt de 100 millions. Nous avons maintenu les chantiers. Lissé la commande publique sur deux années. Nous avons joué notre rôle. Nous avons aussi garanti des emprunts des opérateurs sociaux à la Caisse des dépôts pour le logement. 3 400 logements en 2009. Nous avons même signé une charte avec les opérateurs sociaux pour permettre aux artisans de travailler. Nous voulons que cette commande publique soit bien répartie.

La coopération régionale est un de vos dadas. Comment concevez-vous celle-ci pour les 4 ou 6 ans à venir ?

Il y a beaucoup à faire. La contrainte est celle des textes. Même si la loi d'orientation pour l'outre-mer votée en décembre 2000 a donné les moyens législatifs supplémentaires, il faut faire plus et mieux. Plus en, libérant davantage la coopération avec les Etats voisins. Je suis habilité par M. Douste-Blazy, ancien ministre des Affaires étrangères, pour la coopération avec la Dominique. J'aimerai pouvoir le faire en matière de pêche, de délimitation des eaux territoriales, de convention à passer pour ce qui est des zones de pêche. De plus, nous avons installé à Trinidad des Guadeloupéens qui prospectent, à partir de l'ambassade de France, les marchés possibles pour les entreprises guadeloupéennes. Il faudrait pouvoir le faire dans les autres ambassades de France de la zone. Et puis, il y a Interreg IV B, espace Caraïbe, avec des millions octroyés par l'Europe. L'autorité de gestion est l'exécutif régional de Guadeloupe. Il y a là des choses à faire sur tous les sujets. C'est grâce aux éoliennes guadeloupéennes et françaises de Vernier Caraïbes que Cuba maîtrise mieux son énergie électrique. C'est important !

« Il faut respecter le syndicat, le travailleur »

Les grandes mobilisations de 2009 ont laissé des traces. A quand un véritable dialogue avec les syndicats et le patronat pour mettre les choses à plat, envisager un grand plan social ?

J'ai proposé de tendre la main au mouvement social, pour sortir de l'affrontement. il faut comprendre qu'il y a des institutions sacrées, comme le conseil régional, le conseil général, la préfecture, les mairies. Il faut respecter le syndicat, le travailleur. C'est évident. Après avoir épuisé les voies et les moyens de la concertation, il y a un décideur en dernière instance et chacun doit s'y soumettre. Si ce principe est acquis, je suis convaincu qu'un long chemin peut être fait dans le respect du dialogue social. C'est ce que nous appelons de nos vœux. Un grand plan social ? Il faut un grand plan de développement économique. Nous avons balisé l'avenir sur les trente prochaines années. Jusqu'en 2016, nous savons comment financer. Nous avons défini 10 grandes priorités régionales réévaluées, réactualisées, qui répondent aux attentes. Faut-il y adjoindre un plan social ? Oui. Mais, l'emploi est une compétence de l'Etat. Je ne peux pas tout faire avec les moyens qui nous sont mesurés, comptés. Nous avons deux grands chantiers, ceux de la rénovation des Abymes et de Pointe-à-Pitre. L'Etat n'a aucun grand chantier ici. Il faut le retenir.

Comment promouvoir une Guadeloupe de projets quand le LKP semble penser que ce n'est qu'un prétexte pour donner des sous aux patrons ?

C'est toute la question, la culture du conflit, qui perdure encore en Guadeloupe et qu'il faudra affronter. Comment expliquer aux travailleurs ce que Légitimus expliquait déjà en 1905. Qu'il faut qu'il y ait collaboration entre l'apporteur de capital et l'apporteur de travail. C'est une nécessité. On ne peut pas attendre des lendemains en vilipendant le patron qui risque ses capitaux. Mais, il ne faut pas non plus mépriser l'ouvrier qui apporte son travail, son génie dans l'exécution des tâches. Il faut une culture de l'entreprise, un partenariat le plus intelligent possible. La montée aux extrêmes a fait suffisamment de mal pour qu'on comprenne qu'il faut changer de comportement. Il n'y a que le travail qui vaille. Ce que je vais faire, demain ? Travailler, encore travailler.

« Je n'ai pas l'ambition d'être président de la Guadeloupe »

Une Guadeloupe plus juste et plus solidaire, comment ?

Tout ce que nous avons fait à la Région ressort de ces mots. Il faut répartir le plus équitablement possible la manne régionale. Lorsque vous donnez des livres, des ordinateurs, des clés USB gratuits, que vous permettez l'immersion linguistique des enfants des familles défavorisées, lorsque nous créons des internats de la réussite, c'est une façon d'être juste, non ? Ceci est le fruit de la solidarité. Investir le secteur des centrales d'achats, lutter contre les pwòfitasyons, lutter contre la hausse des prix du carburants c'est être juste. C'est faire de la formation professionnelle pour venir en aide aux jeunes, etc. C'est ce que je vais faire. Avec l'équipe régionale. Nous allons y travailler.

Quel avenir institutionnel de la Guadeloupe prônez-vous ? Quels changement souhaitez-vous ? Comment impulser ce changement sans choquer votre électorat ?

Le changement institutionnel est en marche, voulu par le président de la République. Il faut que les élus s'entendent, retiennent un projet. Il faudra demander à la population de l'adopter. Mais, avant cela, il faudra la proposer au président de la République. Cela se jouera entre l'assemblée unique, la collectivité unique et le statu quo. Il faut savoir que, pour moi, c'est l'article 73, rien que le 73. Pas le 74. Le président de la République n'a pas a accélérer le calendrier comme l'ont demandé M. Aldo et Mme Penchard. Nous avons demandé dix-huit mois. Il reste neuf mois pour statuer. Faut-il organiser un référendum avant les cantonales ? Moi, je pense que non. Il y aura un conseil régional élu, un conseil général élu. Il faut avant tout de la stabilité pour s'engager ainsi. Le référendum peut intervenir en juin 2011 et il peut y avoir une élection pour la nouvelle assemblée en 2014.

Aimeriez-vous être président de la Guadeloupe ?
Il y a eu, si je puis m'exprimer ainsi, une prédécesseur qui s'est piquée d'être la présidente de la Guadeloupe. Elle disait qu'elle gérait le magot. Je n'ai jamais eu cette lubie, cette prétention. Je suis dans le cadre des institutions de la République président du conseil régional. On dit président de Région. je ne suis pas président de la Guadeloupe. J'ai un homologue, le président du conseil général de la Guadeloupe, Jacques Gillot. Je respecte cela. il y a une synergie qui marche jusqu'ici et qu'il y a volonté, je pense d'on-bserver. C'est vrai qu'il y a des temps nouveaux qui arrivent mais je pense que nous saurons trouver les équilibres pour préparer l'avenir institutionnel de la Guadeloupe au sein de la République.
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André-Jean Vidal
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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 14:23
Les électeurs de Guadeloupe ont livré leurs verdicts sur les 387 candidats qui composaient les neuf listes de 43 candidats briguant les suffrages à ces régionales de 2010.
 
Avec une participation de 54%, soit plus d’un électeur sur deux, nos compatriotes ont clairement fait un choix, libre et raisonné, de ne pas bouleverser la composition du Conseil régional sortant.
 
Dès le 1er tour, avec une avance respectable au Président sortant et à son équipe renouvelée, les électeurs guadeloupéens ont jugé nécessaire de couper court dès le 1er tour à toute éventualité de cuisine électorale et ont préféré porter leurs suffrages sur un candidat qui a affirmé qu’il ne remettrait pas en cause la situation ni institutionnelle de la Guadeloupe.
C’est sur ce point essentiel que les électeurs, notamment ceux de la droite guadeloupéenne, ont pris position, car trop de flous artistiques dans les propos de beaucoup de candidats, ne pouvaient rassurer les républicains, les tenants d’une stabilité institutionnelle, les fervents d’une fermeté sans faille pour assurer à tous une sécurité et un désir de poursuivre leur implantation en Guadeloupe.
 
 Evidemment on peut se demander avec froideur, pourquoi les électeurs de Guadeloupe ont opté pour le vote « à gauche », puisque la liste qui se recommandait de la majorité présidentielle n’arrive même pas à mobiliser 10% de l’électorat guadeloupéen.
 
Sans ambigüité et sans craindre les foudres ou les réactions nerveuses et épidermiques des responsables, qu’ils soient de Guadeloupe et surtout de Paris, nous pouvons affirmer que ces résultats sont la manifestation du mécontentement d’un électorat de droite, l’électorat républicain et français sans nuances, devant les erreurs et faux pas de l’équipe présidentielle et gouvernementale, quant aux décisions annoncées pour nos région d’outre mer.
 
Il faut être autiste ou aveugle, pour ne pas reconnaître que les atermoiements depuis fin 2008 dans la gestion de nos régions et de la Guadeloupe en particulier, surtout après les évènements de janvier à mars 2009, ne peuvent pas encourager les partisans de la majorité présidentielle à applaudir aux actions entreprises par les « agents électoraux » de cette majorité et encore moins aux annonces des plus controversées du Président lui-même sur ce qu’il estime être le meilleur pour l’outre mer.
 
Si ces annonces étaient si vertueuses et prometteuses, pourquoi nos partisans de cette majorité présidentielle, que ce soit dans n’importe quel département d’outre mer, ont il soit déserté les urnes, soit porté leurs suffrages ostensiblement vers des candidats de la gauche ?
 
Combien de temps encore allons-nous devoir subir ces incompréhensions qui ne peuvent que pénaliser le devenir de notre région ?
 
Quand aurons-nous la possibilité de constater que les mécontentements exprimés clairement dans les urnes, après qu’ils aient été exprimés dans les prises de positions fréquentes notamment dans nos réunions du CSLR, seront enfin entendus par les responsables du Gouvernement ?
 
Quand se décideront-ils à faire confiance à des responsables avertis et non opportunistes, à des responsables opérateurs économiques et sociaux implantés et non itinérants, à des responsables ne cherchant pas une onction paternaliste, mais au contraire une reconnaissance de leurs capacités à proposer et soutenir des options utiles et responsables pour la Guadeloupe ?
 
La droite guadeloupéenne, qui n’est ni légitimiste inconsciente, ni suiviste aveugle, mais au contraire responsable et désireuse de voir une stabilité sociale et politique se confirmer, avec des élus non équilibristes ou opportunistes, non usés par des contorsions condamnables, ne supportera pas longtemps encore de  se voir bafouer ou proposer des gadgets et des pansements type « cautère sur une jambe de bois ».
 
Il faut que dans les jours qui viennent, avec ceux à qui un mandat de quatre années vient d’être donné, nous puissions constater un réel effort pour un changement dans les méthodes de gestion de cette collectivité. Que les moyens tant institutionnels que financiers soient mieux utilisé et cela au bénéfice de toute la population guadeloupéenne sans exclusive, car les électeurs qui ont choisi avec clairvoyance, s’attendent à une reconnaissance de leur prise de position et que cesse pour un long temps les désirs de troubler les institutions.
 
A cela nous devrons aussi accepter de réclamer une fermeté en tous points dans la gestion générale de la Guadeloupe, sans faiblesse partisane, sans ostracisme. Il faudra aussi  une volonté de renouveler les équipes politiques pour offrir aux « jeunes » une place, car il faut bien que l’expertise des aînés, leur disponibilité pour exercer des responsabilités sans en faire une orientation professionnelle, soit aussi reconnue et utilisée.
 
Cette élection, avec une participation de plus de 52% des électeurs, avec une croissance du corps électoral de 2004 à 2010 de plus de 5%, devra nécessairement servir de motif de réflexion à tous responsables parisiens, qu’ils soient des appareils politiques, du gouvernement et surtout des conseillers les plus proches du Président, car des erreurs, il n’en faut plus dans les choix réservés à la Guadeloupe et sans doute de tout l’outre mer.
 
CSLR n’entend pas se laisser enfermer dans une tendance à seulement féliciter les élus, ni non plus considérer que seule la légitimité des urnes peut guider des choix pour la Guadeloupe, car nous voulons que la cohésion sociale soit bien affirmée et que la République sortira grandie si tous les observateurs acceptent de reconnaitre soit leur échec, soit leur besoin de ne marginaliser personne ni mépriser qui que ce soit et que le devenir politique de la Guadeloupe soit garanti.
 
Aujourd’hui que cesse les querelles et que les manches soient retroussées pour travailler.
 
 
 Jean –M. CIREDERF

 
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André-Jean Vidal
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