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5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 14:19
L'expérience Saint‐Martinoise dans l'article 74 ‐ (Georges GUMPS) 
Document très intéressant sur le passage de Saint‐Martin à l’article 74 
Georges GUMPS président du CESC de Saint‐Martin était l’invité du CESR  Martinique lors de la plénière du 09/06/09. Et il parle de l’expérience de Saint‐
Martin lors de son accession à l’article 74.

Voir la vidéo sur : 

http://kmttelevision.com/html/assemblee.htmlUTH et cliquez sur 
plénière du CESR du 09/06/09.
Georges GUMPS intervient à partir de la 49 e minute de la vidéo (curseur au milieu).
Nous avons sélectionné quelques extraits de son intervention.
Georges Gumps : Ca me fait très plaisir d’être parmi vous ce matin et je remercie le 
président Michel Crispin de m’avoir invité. Là je vais vous parler dans une langue qui 
m’est complètement étrangère, je veux dire la langue française !
Ce dont on va parler c’est de l’expérience Saint‐Martinoise, pas forcément de la loi 
organique ou de l’article 74 en tant que tel tout ce qui attrait aux techniciens aux 
constitutionnaliste etc. . … Ce sont les meilleurs ! 
Ce qu’il faudrait savoir c'est que le cas de Saint‐Martin ne ressemble pas à celui de la 
Martinique ni celui de la Guadeloupe, parce que Saint‐Martin c’était une commune.
Comment sommes nous arrivés là ? Il y a eu ce que le gouvernement a bien voulu 
appeler les assises des libertés locales dont j’étais le rapporteur à Saint‐Martin. A partir 
de cela on a rédigé un document avec les problèmes de Saint‐Martin et ce que nous 
pensons être des solutions. A ce moment là il n’était pas question de l’article 74 en tant 
que tel !
Nous évoluons dans un milieu anglophone et contrairement à la Guadeloupe et la 
Martinique nous vivons nous, dans la caraïbe. 
A l’école on nous envoyait des enseignants de la Guadeloupe qui ne comprenaient pas 
ce que nous disons et nous ne comprenions pas ce qu’on nous disait et encore dans 
une langue qui nous était complètement étrangère ; Du coup le Saint‐Martinois a eu 
un peu le rejet du système français.
Et puis est venu ce référendum où ils (l’Etat) nous ont proposé quelque chose, ils nous 
ont proposé l’article 74. On a dit que c’était une forme d’autonomie on a dit oui, mais 
mille fois oui. Au moins on va pouvoir s’exprimer tout en étant français, garder la 
réalité St‐Martinoise. On a sauté sur ça tête baissé et bien sûr, il y a eu des problèmes.
Mais quand on passe d’une commune à une COM c’est sûr, il y a des crédits, il y a 
beaucoup plus de compétences et qui dit compétences dit charges ! Et donc la loi 
organique il était stipulé et toujours stipulé qu’il y aura cette évaluation des charges 
occasionnées par ce transfert de compétence et nous avec nos spécialiste qu’on a fait 
venir de la France de la Guadeloupe et même des iles environnantes , ils ont fait des 
calculs et les frais de transfert se chiffraient à plus de cent million d’euros.
Et quand l’Etat lui a fait ses calculs ce n’était pas 100 000 000€ (cent million 
d'euros) mais 250 000€(deux cent cinquante mille euros) et on a déchanté car on ne 
peut pas fonctionner comme on le voudrait comme les hollandais parce qu’il n’y a pas 
d’argent.
Notre combat maintenant ce n’est pas contre l’application de l’article 74 mais c’est 
carrément contre l’état français qui pour nous n’a pas respecté ses promesses.
La majeure partie des français travaillent en partie hollandaise. Nous ne sommes pas 
allés vers l’article 74 pour des questions financières mais pour le cœur.
Je parle pour la Martinique, si on va vers l’article 74 rien que pour les avantages 
financiers je pense que c’est une mauvaise solution.
Moi qui voyage beaucoup dans la caraïbe, il faut savoir que la Guadeloupe et la 
Martinique ne sont pas perçus comme des caribéens, on les considère comme étant la 
France, ils ne sont pas dedans. Ils sont trop riches et tout cela. Nous le simple fait 
qu’on parlait anglais faisait qu’on passait.
Aujourd’hui la notion même d’indépendance a changé, on parle maintenant 
d’interdépendance c'est‐à‐dire définir ses relations avec les autres et l’une des raisons 
majeure pour laquelle nous sommes allé vers le 74, c’est qu’en étant commune ce 
n’était pas à nous de définir nos relations avec les autres même avec la partie 
hollandaise.
La partie hollandaise de Saint‐Martin fait vivre toutes les autres iles hollandaises.
Nous allons remplacer la taxe professionnelle par une autre taxe.
Vous pouvez monter toutes les sociétés que vous voulez mais c’est devant le conseil 
territorial que vous passez pour avoir une licence d’exploitation, et quelque soit 
l’activité c’est eux qui décident et c’est ce que qu’ils font en partie hollandaise et que 
nous voulons faire en partie Française ;
L’élément important très important pour nous ce sont les touristes qui 
viennent de la Guadeloupe et de la Martinique. On a les touristes américain qui 
sont là de décembre à mars, mais après ce sont particulièrement les antillais
qui viennent avec leur carte bleue et nous sommes très content. Ils dépensent 
bien ils ont un pouvoir d’achat, impeccable.

L’Etat nous demande d’augmenter nos impôts si on veut combler nos dettes.
La prime à l’emploi à Saint‐Martin au début ça représentait 30% de notre budget ; On 
avait prévu de la supprimer sur une période de cinq ans certaine personne ont même 
proposé dix ans ; Mais on ne pouvait toujours pas car on tomberait sou tutelle ; Ce 
qu’on a fait, on a regardé qui avait vraiment besoin de cette prime et ceux qui n’était 
pas éligible et on a carrément supprimé d’un seul coup cette prime.
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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 23:30

Le gouvernement espère un retour au calme

 

Le haut commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, Yves Dassonville, a appelé pour sa part le syndicat indépendantiste de l'USTKE (Union syndicale des travailleurs kanaks et des exploités), qui multiplie les barrages sur l'île depuis la fin de la semaine passée, à revenir à la raison.

"Il faut absolument que les gens reviennent à la raison, notamment les dirigeants de l'USTKE. Je ne vois pas où ils vont (...) Ils perdront s'ils persistent dans cette voie", a-t-il dit sur France Info au lendemain de heurts avec les forces de l'ordre qui ont fait 28 blessés, dont deux sérieux, dans les rangs de la gendarmerie.

Le deuxième syndicat du territoire, qui bénéficie en métropole du soutien du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), e lancé depuis une semaine un appel à la grève générale pour protester contre l'enlisement d'un conflit en cours depuis mars à la compagnie Aircal.

Il réclame en outre la libération de son dirigeant, Gérard Jodar, condamné fin juin à un an de prison avec d'autres syndicalistes pour "entrave à la circulation d'un aéronef".

Interrogée également sur France Info, Marie-Luce Penchard a reconnu que la situation était "préoccupante" tout en soulignant que le président du gouvernement de Nouvelle-Calédonie, Philippe Gomes, avait proposé de reprendre des négociations sur la base notamment d'un précédent protocole d'accord conclu en juin mais qui n'a pas été signé à ce jour par la direction d'Aircal.

"Des contacts ont eu lieu. Il y a eu une rencontre hier soir. Aujourd'hui, nous espérons qu'en début de soirée nous aurons des résultats plus probants qui nous permettent d'espérer qu'on devrait sortir du conflit d'Aircal", a-t-elle dit.

"Nous espérons que, dans les 48 heures, nous trouverons une solution qui permettra d'apaiser la situation", a-t-elle ajouté.

Yves Dassonville a dénoncé de son côté les "manoeuvres d'intimidation" de l'USTKE tout en appelant les patrons locaux, en colère contre les barrages qui isolent plusieurs zones d'activité de Nouvelle-Calédonie, à ne pas céder à la tentation de se faire justice.

"L'ordre public, c'est l'affaire de l'Etat", a-t-il dit.

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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 23:27
Une banale histoire d'adultère à l'origine du conflit Aircal

Un adultère familial est à l'origine du conflit à la compagnie domestique de Nouvelle-Calédonie, Aircal, qui a débouché lundi en affrontements violents, blessant plusieurs gendarmes.
Le mouvement du syndicat USTKE à Aircal a démarré en mars, suite au licenciement pour faute professionnelle d'une employée.
On reprochait à cette dernière d'avoir indiqué à sa mère que son père se trouvait à bord d'un avion en compagnie de sa maîtresse, trahissant le secret professionnel auquel sont soumis les salariés d'une compagnie aérienne.
A l'affaire, se sont aussi mêlés des conflits d'influence coutumiers kanaks, le président d'Aircal, Nidoish Naisseline, étant également grand chef sur l'île de Maré, d'où est originaire la famille de l'employée.
Face à l'enlisement du conflit, le syndicat a mené une action coup de poing fin mai, qui a ensuite conduit le président de l'USTKE, Gérard Jodar, en prison, pour entrave à la circulation d'un aéronef.
Une solution a par la suite été trouvée pour reclasser l'employée licenciée, mais le conflit a été relancé autour du paiement des jours de grève. Un accord a été conclu avec la direction du travail et le syndicat en juin mais M. Naisseline refuse de le signer, arguant des difficultés financières d'Aircal. Ce qui a débouché sur une montée en puissance des actions de l'USTKE.
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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 23:14
Climat tendu en Nouvelle-Calédonie où l'USTKE multiplie les manifestations

Le climat s'est tendu lundi en Nouvelle-Calédonie où des manifestations du syndicat indépendantiste USTKE, en grève générale, ont dégénéré en affrontements avec les forces de l'ordre, blessant 27 gendarmes.

Depuis une semaine, ce syndicat, proche de la CGT et du NPA d'Olivier Besancenot, multiplie blocages et dégradations, notamment aux zones industrielles de Ducos et de Numbo, au nord de Nouméa, suscitant l'exaspération croissante des chefs d'entreprise.
La semaine dernière, alors que Marie-Luce Penchard, secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, et Bernard Kouchner, ministre des Affaires Etrangères, étaient en Nouvelle-Calédonie, les forces de l'ordre sont intervenus quotidiennement pour lever barrages et blocages.
Le syndicat entend protester contre l'enlisement d'un conflit à Aircal, pour lequel un accord a été trouvé mais que le président de la compagnie domestique, Nidoish Naisseline, refuse de signer. Ce conflit est lié à un licenciement pour faute professionnelle.

Résistance
Deuxième syndicat de Calédonie, l'USTKE a récemment créé le parti Travailliste, qui a obtenu 3 élus au Congrès lors des élections territoriales de mai.
Tôt lundi, entre 50 et 200 adhérents de l'USTKE (Union syndicale des travailleurs kanak et des exploités), mais aussi jeunes des tribus kanakes avoisinantes, ont dressé un barrage filtrant, près de la subdivision administrative de Koné, dans la province Nord.
Alors que les gendarmes tentaient de les disperser, ils ont violemment résisté, répondant aux grenades lacrymogènes par des coups de bâton, des jets de pierre et de billes en acier.
Selon un porte-parole de la gendarmerie, les affrontements ont duré plus d'une heure, faisant 27 blessés, la plupart légèrement atteints, dans les rangs des gendarmes. L'un d'eux a eu une jambe cassée. En fin de journée (heure locale, 9 heures de plus qu'à Paris), le calme était revenu.
Lundi, des chefs d'entreprises ont organisé une contre-manifestation pour dénoncer « la prise en otage » de l'économie, tandis que les Nouméens sont soumis chaque jour à d'interminables embouteillages.

Un militant emprisonné
A propos du conflit d'Aircal, Philippe Gomes (droite), président du gouvernement, a indiqué sur Télé Nouvelle-Calédonie: « Nous avons demandé à la direction du travail de rouvrir le dialogue avec l'USTKE, mais elle a reçu une fin de non-recevoir. Comment discuter dans ces conditions ? »
L'USTKE réclame en outre la libération de son président, Gérard Jodar, condamné fin juin à un an de prison ferme, avec cinq autres adhérents, pour entrave à la circulation d'un aéronef après un coup de force, déjà dans le cadre du conflit Aircal.
Alors que l'organisation dénonce une « répression policière » du syndicalisme, le haut-commissaire de la République, Yves Dassonville, qui dépêche systématiquement les forces de l'ordre en cas de blocages d'entreprise, a appelé lundi soir à ne pas céder « aux menaces et intimidations de l'USTKE ».
Au sein du FLNKS, coalition indépendantiste dominante, certains élus issus du parti Union Calédonienne soutiennent les actions du syndicat. A l'instar de Yann Devillers, membre du gouvernement collégial en charge du transport aérien domestique, et donc d'Aircal.
La Nouvelle-Calédonie vit en paix depuis plus de 20 ans, et ses communautés, notamment européenne et kanake, ne veulent pas revivre les violences, qui les avaient opposées dans les années 80.
Le discours radical de l'USTKE trouve néanmoins un certain écho, en raison des profondes inégalités sociales et du désoeuvrement d'une frange de la jeunesse kanake.
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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 23:09
INDISCRÉTIONS
Nérée
Nérée Bourgeois, maire de Vieux-Fort, vient de publier, aux Editions Nestor, Les yeux d'Amélys. On connaissait M. Bourgeois pour être un bon vivant, au franc-parler direct. On y découvre un passionné. « L'auteur nous entraîne, avec volupté, dans toutes les émotions d'un amour dantesque dans une tiédeur tropicale sur fond de paysage pittoresque », nous dit la quatrième de couverture. Vérification faire : c'est vrai ! L'ouvrage est passionnant.

José
A l'attention de José Toribio, maire de Lamentin : Quand verra-t-on rouvrir le centre thermal René-Toribio ? Cette structure accueillait, en période de vacances, des milliers de Guadeloupéens, et toute l'année, les scolaires pour la piscine. Fermée au prétexte de revoir certains bassins... cela fait quatre ans qu'elle n'a pas rouvert ses portes. Pour colmater quelques brèches, c'est long !

Marie-Luce
Première difficulté — et pas des moindres — de la mission de la nouvelle secrétaire d'Etat à l'Outre-mer : contribuer à ramener le calme en Nouvelle-Calédonie, qui est en train de prendre feu. Le syndicat indépendantiste USTKE proteste contre l'enlisement d'un conflit à Aircal, pour lequel un accord a été trouvé mais que le président de la compagnie aérienne refuse de signer. Ce conflit est lié à un licenciement pour faute professionnelle d'une employée à laquelle on reprochait d'avoir indiqué à sa mère que son père se trouvait à bord d'un avion en compagnie de sa maîtresse, trahissant le secret professionnel auquel sont soumis les salariés d'une compagnie aérienne... Depuis, la situation s'est durcie.

Yves
Yves Dassonville, ancien préfet de la Martinique, est haut-commissaire en Nouvelle-Calédonie. Il vient de se faire fustiger par José Bové, député européen altermondialiste. « Philippe Gomes, le président du gouvernement local de droite, ne veut pas trouver de solutions. Mais le premier responsable de cette montée des tensions c'est le haut-commissaire, Yves Dassonville. Il jette en permanence de l'huile sur le feu. Il fait une croisade anti-USTKE », a affirmé mardi dans une interview à Libération M. Bové, proche du syndicat indépendantiste. M. Dassonville « dit ne pas vouloir discuter sous la contrainte, mais la réalité c'est que le dialogue n'existe pas. Et ce, sur fond d'un refus de rééquilibrage de l'emploi en faveur des kanaks et des insulaires », estime M. Bové. 
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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 01:02

Les états généraux prônent un renforcement de l'autonomie de la Guadeloupe

 

Annoncés mi-février par Nicolas Sarkozy, lors d'une crise sociale qui a secoué la Guadeloupe pendant 44 jours, les états généraux de l'outre-mer (EGOM), dont la phase locale vient de s'achever, ont prôné « le renforcement de l'autonomie » de l'archipel antillais.

 

Ces travaux de la Guadeloupe, joints à ceux des autres collectivités pour ce qui se veut la plus grande consultation jamais réalisée en outre-mer, doivent déboucher sur des décisions en octobre lors d'un premier conseil interministériel présidé par le chef de l'Etat.

L'atelier consacré à la gouvernance a écarté unanimement la solution de l'indépendance immédiate, estimant que « les conditions sont très loin d'être réunies », selon la synthèse des propositions, issues de plus de trois mois de travaux, qui vient d'être rendue publique.

Les rapporteurs rappellent toutefois que « les défenseurs notoirement connus de la thèse de l'indépendance ont refusé de participer et de cautionner les états généraux ».

L'atelier gouvernance s'est prononcé pour la fusion du conseil régional et du conseil général et une nouvelle assemblée territoriale élue au scrutin uninominal à deux tours. En émanerait un conseil exécutif qui élirait son président.

 

Pouvoir d'achat et kilti kréyol

Née de revendications sur le pouvoir d'achat (200 euros), la crise a conduit les ateliers à demander des enquêtes régulières sur l'évolution des structures des budgets et des niveaux de vie de la population ainsi que sur les écarts de prix Guadeloupe-métropole.

La pauvreté a gagné du terrain aux Antilles-Guyane entre 2001 et 2006, selon une étude INSEE-CAF.

Pour rénover un dialogue social surtout perçu à travers les conflits, il est proposé de « faire une place officielle aux organisations syndicales non représentatives au niveau national mais majoritaires sur le terrain » (UGTG, CTU, CGTG).

Au titre de l'égalité des chances, les ateliers souhaitent « développer des chantiers école de longue durée pour désocialisés dits "border line" » (un jeune sur cinq est en exclusion).

Pour les carburants, est proposée une simplification de la formule de calcul des prix ainsi que leur libéralisation dans la distribution (115 stations-services, 1 000 pompistes).

L'atelier prix a opté pour des approvisionnements européens (gains de 15 à 17 centimes par litre de super) et à terme américains, signifiant la fin de l'activité de raffinage de la Sara (190 emplois en Martinique).

Dans un département « pas toujours équipé de façon durable », sont retenus de « grands projets structurants », comme la reconquête des centres-villes, le développement de la géothermie, la création d'un pôle d'excellence-sport et d'un port en eau profonde.

Enfin, l'atelier sur l'identité et la culture a souhaité notamment le renforcement de l'apprentissage du créole et de l'histoire de la Guadeloupe.

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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 01:00

Redécoupage électoral : la Guadeloupe concernée

Soixante-sept départements, 63 en métropole et les quatre d'Outre-mer, sont affectés par le redécoupage électoral, parmi lesquels 42 vont perdre ou gagner des sièges à l'Assemblée nationale.

En outre-mer, les collectivités de Polynésie, Mayotte, Saint-Barthélémy/Saint-Martin gagnent un député.

Par ailleurs, 25 départements ont été remodelés, dont ceux de Guadeloupe, la Martinique et la Guyane. Quant à savoir à quoi correspond effectivement ce « remodelage », il semble encore trop tôt pour le dire.

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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 00:58

INDISCRÉTIONS

Eric

L'attelage qui s'annonce aux Abymes, entre l'ancien et le nouveau maire, annoncé, pas confirmé, démenti, mais probable, est la suite logique des manœuvres des prochaines régionales. Il faut déquiller Toto Lurel, président de Région. Plusieurs équipes s'y emploient. Celle de ses amis de longtemps, celle de ses amis d'il y a peu... Bref, gardez vous de vos amis ! Que se passe-t-il donc aux Abymes ? Les tensions entre Eric Jalton et Victorin Lurel — après le mouvement social des 44 jours — ont fait que certains adjoints, certains conseillers, fidèles de Toto, renaclent... et font une majorité bancale pour Eric Jalton. En se rabibochant à tout prix avec son rival, il entend faire glisser sa majorité... et conserver la mairie. L'ancien rival aux Abymes aurait la Région en compensation. Entre ennemis de Toto. Attendons la suite...

 

Jacques

Jacques Bangou, maire de Pointe-à-Pitre, mène en ce moment une active campagne pour faire en sorte que les quartiers reprennent vie. Rares sont les rues où il n'y a pas deux ou trois rénovations d'immeubles, surtout quand il s'agit de ces anciens bâtiments en pierre et bois, avec chien assis. Autre point fort de l'action du Dr Jacques Bangou, celui de l'hygiène : une campagne de remplacement du système de collecte des ordures ménagères est en cours, visant à doter chaque immeuble soit d'une série de poubelles individuelles à déposer devant l'immeuble et à ramasser rapidement après le passage des éboueurs, soit d'une poubelle collective. Allez Jacques, nou èvè zòt !

 

Jeanny

Jeanny Marc, maire de Deshaies, a enfin fait éteindre les spots qui éclairaient la plage de la Perle, depuis un an ou peu s'en faut. Ces spots étaient allumés jour et nuit. Nous avions, il y a quatre ou cinq mois, soulevé le problème, émettant l'idée que Mme Marc disposait d'une centrale électrique personnelle... Aujourd'hui, comme c'est le temps des économies, celle-ci ne sera pas négligeable ! Merci madame le maire !..

 

Marie-Luce

Un sondage Qualistat ayant affirmé que Marie-Luce Penchard, secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, était bien vue des Guadeloupéens et estimée qualifiée pour ce job nouveau pour elle, elle passera de bonnes vacances. Quoique pas si nouveau, ce job, quand on sait que, comme Brigitte Girardin en son temps (sous Jacques Chirac), Mme Penchard était LA spécialiste de l'Outre-mer de Nicolas Sarkozy avant de prendre ses fonctions.

 

Marie-Luce 2

Un mois après son arrivée au gouvernement, la secrétaire d'Etat à l'Outre-mer a visité les trois provinces de l'archipel de Nouvelle-Calédonie en fin de semaine dernière. La ministre connaît bien le dossier calédonien pour l'avoir suivi lorsqu'elle était chargée de mission à l'Elysée. Il lui manquait la découverte du pays. C'est chose faite dans les trois provinces, Sud, Nord et îles Loyauté.

 

Yves

Yves Jégo semble s'être calmé depuis que Nicolas Sarkozy a trouvé les mots pour l'amadouer. C'est que l'ancien secrétaire d'Etat à l'Outre-mer était remonté comme une pendule de n'avoir pu conserver son job. Fini les voyages à l'autre bout du monde. Dommage en un sens, pour l'écologie en tout cas, car le ministre compensait la pollution liée à ses déplacements en avion pour financer la plantation d'arbustes dans une île des mers du Sud.

 

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27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 02:28
INDISCRÉTIONS
Gugusses
Mais quels sont les gugusses qui les avaient mis là ? Les anciens combattants ont été parqués dans un coin, à l’aéroport. Quand le président est sorti du sas, il a vu une belle fille, des cuisinières… Il n’a pas vu les anciens combattants placés là pour lui rendre les honneurs. Alors qu’en Martinique, il a eu droit à une cérémonie où les anciens combattants étaient mis à l’honneur… Les anciens sont amers. Ils n’ont pas apprécié que leurs drapeaux soient ainsi bafoués. Ils ont même eu envie de partir !

Nicolas
Nicolas Sarkozy, qui s’est déplacé essentiellement en hélicoptère lors de son déplacement de sept heures en Guadeloupe a eu une panne d’hélicoptère entre le camp militaire de Baie-Mahault, après la visite du Rsma, et Petit-Bourg, où il a présidé une réunion des états généraux. Il a fait le trajet en voiture, d’où un léger retard.

Chalè
Qu’il faisait chaud salle Flessel, à Petit-Bourg. Mille quatre cents personnes entassées là, une clim plus que faiblarde… Et dire qu’on a réparé cette clim il y a quelques jours, pour l’occasion. Qu’est-ce que cela doit être habituellement !

Maurice 1
Maurice Marianne, président de l’atelier Gouvernance, qui ne cache pas son goût pour l’indépendance, a tout de même fait droit aux souhaits des membres de son ateliers et des autres présidents d’ateliers, quand il a reconnu, devant le chef de l’Etat : « Il y a ici un peuple qui veut continuer à faire partie de la communauté nationale tout en demandant la prise en compte de son histoire et de son environnement… »

Maurice 2
Il tirait un peu la gueule, Maurice Marianne, quand le chef de l’Etat a dit : « Je ne conçois une éventuelle évolution statutaire que dans le cadre de notre République et, plus précisément, dans le cadre notre Constitution. Les articles 73 et 74 de notre Constitution sont très souples. Ils permettent d’envisager divers degrés d’autonomie, ainsi qu’une organisation politique adaptée au contexte insulaire. La question de l’indépendance n’est donc pas à l’ordre du jour. La Guadeloupe est française et le restera… »

Eustase
Eustase Janky, professeur de médecine, président d’un des ateliers, a relevé, dans son bref discours, que la Guadeloupe est l’un des trente-quatre points chauds de la planète. Il faisait allusion, non aux conflits sociaux, dont la Guadeloupe s’est fait une spécialité, mais à sa particularité, notamment, géologique. A noter qu’Eustase janky, aux dires de ses confrères présidents d’ateliers, est l’un des plus prolifiques quand il s’agit d’avoir des idées. Et des idées qui ne sont pas utopiques, des idées de génie pour une Guadeloupe de demain.

Richard
Richard Samuel, coordonnateur national des Etats Généraux, a introduit les intervenants, signalant, en préambule devant le chef de l’Etat, que sur 100 000 connections Internet sur le site des états généraux (www.etatsgenerauxdeloutremer.fr) 20 000 provenaient de Guadeloupe, ce qui démontre, malgré les fâcheux, les aigris, qu’il y a un réel intérêt pour ces états généraux. Quoique… 100 000 clics c’est pas beaucoup en deux mois, M. Samuel !

Delile
Delile Diman, l’une des présidentes d’ateliers des états généraux, a résumé, devant Nicolas Sarkozy : « Les Guadeloupéens veulent plus de transparence, veulent un suivi des propositions des états généraux (ce à quoi le chef de l’Etat a donné une suite positive), veulent qu’il y ait une évaluation des dispositions législatives existantes avant qu’on en empile d’autres par-dessus, etc. » Elle parle d’or !

Victorin
Superbe, le discours de Victorin Lurel (voir l’intégralité sur www.franceantilles.fr). Un peu long, Nicolas Sarkozy ayant manifesté une ou deux fois son impatience de prendre la suite… mais nul ne pourra reprocher à M. Lurel de ne pas être courageux. Il a été direct, sans ambigüité !

Marie-Lucile
Marie-Lucile Breslau, maire de Baillif, a ceci de bien, c'est que quand elle a quelque chose qui coince, elle crache ! Hier, elle a peu apprécié que les maires soient bloqués au pied d'un escalier, tandis que le président de la République, poursuivait sa course, suivi de près par les grands élus. Essentiellement des socialistes... sauf Lucette. Et comme Marie-Lucile est plutôt de droite, elle a accusé le choc et promis d'y réfléchir avant de voter la prochaine fois. Bigre, la carabinite aigüe fait des ravages jusqu'en Basse-Terre !
André-Jean VIDAL
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27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 01:22

DISCOURS DE M. LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
États généraux de l’Outre-mer
Guadeloupe – Vendredi 26 juin 2009


Mes chers compatriotes,
Je suis heureux de pouvoir m’adresser à vous, ici, sur cette terre de Guadeloupe avec laquelle j’ai tissé
au fil du temps un lien particulier. Durant ces dernières années, je suis venu à plusieurs reprises à votre
rencontre : comme Ministre de l’Intérieur, comme candidat à l’élection présidentielle et, aujourd’hui,
comme Chef de l’Etat.
On peut, sans doute, me trouver beaucoup de défauts, mais on ne peut pas me reprocher l’inconstance.
Mon attachement à la Guadeloupe et aux Guadeloupéens a toujours été fort, viscéral, comme l’est
votre attachement à l’égard de notre République.
Vous m’avez toujours accueilli avec chaleur et amitié mais vous avez toujours été exigeants. A chaque
fois, j’ai tenu à répondre à cette exigence en m’adressant à vous de manière franche et directe, comme
on le fait entre amis. J’ai voulu que notre relation se construise sur la confiance et la responsabilité.
Aujourd’hui, je ne suis pas venu vous faire un grand discours émaillé d’annonces. Je suis venu vous
parler avec mon cœur, vous parler de l’essentiel : du lien qui nous unit et de notre République.
*
La crise qu’a connue la Guadeloupe nous a tous interpellés: Français de Guadeloupe et de métropole,
élus, partenaires sociaux, représentants de l’État. Il ne me viendrait pas une seconde à l’esprit d’en
minimiser la signification et la portée. Je ne sous-estime pas ce que vous avez pu ressentir. Je sais que
certains d’entre vous ont pu éprouver un sentiment d’abandon, accentué par l’effet de l’éloignement.
Mais croyez le bien, durant cette crise longue et complexe, il ne s’est pas passé un jour où je n’ai pas
suivi ce qui se passait ici avec la plus grande attention. Beaucoup des décisions qui ont été prises l’ont
été dans le but d’assurer, en priorité, la sécurité des personnes et des biens. Tout n’a pas été parfait, je
le sais, mais nous avons évité le pire, même si je n’oublie pas qu’un homme est mort en Guadeloupe.
Pendant cette crise ont été mis à jour des problèmes bien réels : la transparence des prix, le pouvoir
d’achat, la répartition des richesses mais aussi l’accès des Guadeloupéens aux responsabilités dans
l’entreprise et la Haute administration.

Je vous l’ai dit, dès le 19 février dernier : je sais le sentiment d’injustice qui vous habite face à
certaines inégalités. Et ce sentiment, je le partage sur bien des points.
C’est la raison pour laquelle j’ai pris l’initiative de réunir vos élus à l’Élysée et ai décidé d’un certain
nombre de mesures d’urgence qui étaient nécessaires : mise en place du RSTA pour les plus modestes,
aide à la restauration scolaire ou encore alignement du forfait de charges de l’allocation logement ...
Au-delà de ces mesures d’urgence, nous avons définitivement adopté de façon consensuelle, la « loi
pour le développement économique des outre-mer », la « LODEOM », le 13 mai dernier. Cette loi
porte en elle les germes d’un développement économique endogène au bénéfice de l’emploi local et du
pouvoir d’achat. LA LODEOM, c’est un contrat de confiance passé avec vous. C’est une loi qui
affirme la capacité des territoires d’outre-mer, et donc de la Guadeloupe, à générer leurs propres
emplois, à créer leurs propres richesses, à prendre en charge leur destin.
Je fais confiance aux Guadeloupéens, et notamment aux chefs d’entreprises, pour se saisir des
nouveaux outils que nous avons mis à leur disposition. Je pense notamment aux zones franches
globales d’activités que j’avais promises lors de la campagne présidentielle et qui sont aujourd’hui
créées. Je pense à l’aide aux intrants et aux extrants pour compenser les coûts de transport des matières
premières avec l’Union européenne et favoriser la production et la transformation de produits locaux.
La LODEOM est donc une étape importante sur le chemin du développement mais elle n’a
évidemment pas vocation à répondre à toutes les questions soulevées par la crise.
C’est la raison pour laquelle j’ai proposé à vos élus -- qui l’ont accepté – d’organiser la plus grande
consultation jamais réalisée par un Gouvernement sur l’avenir de l’outre-mer. L’Etat, avec les élus
locaux d’outre-mer, a défini une méthode et fourni des moyens pour que chacun puisse s’exprimer
librement et en confiance. C’est, en revanche, à vous qu’est revenue la tâche de faire émerger des
idées neuves pour préparer l’avenir de vos territoires, votre avenir. Je crois sincèrement en cette
démarche des Etats généraux décentralisés. Je m’étais d’ailleurs engagé à venir en Guadeloupe dans ce
cadre. Cette promesse, je la tiens aujourd’hui.
Je suis convaincu que seul le dialogue, seul un travail approfondi en commun peuvent apporter des
solutions durables. Aucune solution ne peut naître du désordre et de la violence. Aujourd’hui, les États
généraux, vos Etats généraux, sont bien engagés et je vous en remercie. Des dizaines de réunions, des
milliers de contributions viennent progressivement nourrir notre réflexion commune. J’y attache un
grand prix et je suis avec beaucoup d’attention l’évolution de vos débats.
Le point d’étape que vos rapporteurs généraux viennent de faire augure bien de la suite de vos travaux.
Si vous faites émerger des propositions concrètes et audacieuses, vous pourrez compter sur moi pour
les faire vivre et vous accompagner sur le chemin que vous aurez choisi d’emprunter. Je présiderai,
pour cela, le premier « Conseil interministériel de l’Outre-mer » de l’histoire de la République, à la fin
du mois d’octobre.
En revanche, et parce qu’un large travail de consultation démocratique a été engagé en accord avec
vos élus, je serai très ferme sur le respect des principes républicains en Guadeloupe.
Alors que des accords ont été conclus, que des mesures importantes ont été prises et qu’un processus
de travail collectif a été engagé, je constate que des grèves se poursuivent avec leurs lots de défilés,
d’occupations et d’invectives entre Guadeloupéens.
Je m’interroge sur les finalités poursuivies par ceux qui entretiennent ces désordres de façon souvent
artificielle. Le droit de grève est un droit légitime. Il est un outil de revendication normal dans notre
pays. Mais il ne peut être utilisé comme un instrument de propagande et de déstabilisation politique. Je
vous le dis tout net : je ne suis pas prêt à accepter l’inacceptable.

Je n’accepterai pas que, sur le territoire de la République, l’on menace ouvertement des responsables
publics ou l’on constitue des groupes d’intimidation violents. L’autorité de l’Etat sera assurée, comme
partout ailleurs sur le territoire national.
Je n’accepterai pas que, sur le territoire de la République, l’on stigmatise une catégorie de citoyens en
raison de leur origine, quelle que soit cette origine.
Je n’accepterai pas que, sur le territoire de la République, l’on entrave le fonctionnement démocratique
de nos institutions, en empêchant vos élus locaux de se réunir, ou en contestant à un tribunal le droit de
délibérer librement.
La démocratie est notre bien le plus cher. Certains de nos compatriotes sont morts pour l’obtenir et la
défendre. Leurs successeurs se sont battus pour la faire vivre. Les Guadeloupéens ont versé leur sang
pour défendre la démocratie et la liberté, qui sont indissociables. La cérémonie d’hommage aux
dissidents antillais que j’ai présidée, hier, à Fort-de-France nous l’a rappelé avec force…
Nous avons fait le choix d’une société dans laquelle les orientations politiques et les décisions
économiques se font dans les urnes, par un vote libre. Rien ne peut se substituer à la légitimité
démocratique. Ce mécanisme qui garantit que chacun, dans le secret de l’isoloir, peut s’exprimer
librement sans subir de pressions. Ce mécanisme qui garantit que tous les citoyens puissent faire
entendre leur voix, y compris la majorité silencieuse qui ne manifeste pas.
Aujourd’hui, je sais combien l’atmosphère est encore lourde dans l’Archipel… Les Guadeloupéens
ont encore du mal à se parler entre eux. A force de rendre l’ « Autre » toujours responsable de tous les
maux, la méfiance et le ressentiment se sont installés un peu partout. Cet « Autre » si commode à
désigner comme bouc-émissaire: le voisin, le patron, le Français de l’Hexagone, l’élu, le représentant
de l’Etat, l’immigré… Est-ce de cette société dont vous voulez ? Est-ce dans un monde replié sur lui-
même que vous souhaitez élever vos enfants ?
Je ne le crois pas. Je commence à bien connaître les Guadeloupéens. Je vous sais profondément
attachés à la démocratie et à la liberté. Cette démocratie et cette liberté qui paraissent si naturelles mais
qui manquent si cruellement quand elles viennent à être entravées.
Je suis certain que les Guadeloupéens veulent une société dans laquelle on est libre d’avoir des
opinions et de penser différemment, sans avoir peur pour soi, sa famille ou ses biens. Une société dans
laquelle on sait être solidaire et se rassembler pour relever des défis communs. Voilà ce à quoi aspirent
les Guadeloupéens!
Il est aisé de dénoncer, de combattre et de détruire. Il est bien plus difficile de proposer, d’agir et de
construire ! Cela demande de l’imagination, de la ténacité et de l’humilité. Je sais que beaucoup
d’entre vous ne demandent qu’à s’investir pour sortir la Guadeloupe de ses difficultés actuelles. Je
serai toujours là pour vous y aider.
Aujourd’hui, il est temps de regarder plus loin, de bâtir. Les Etats généraux doivent contribuer à cet
effort de construction. Je sais que vos élus ont déjà beaucoup réfléchi à ce que devrait être la
Guadeloupe dans 20 ans. Il est temps maintenant de rassembler les idées et les projets de chacun, sans
exclusive. Je dis bien « sans exclusive » car je souhaite tendre la main à tous ceux qui se sont
mobilisés durant le long mouvement social, y compris aux syndicats. Vos idées et vos projets, je vous
le répète, sont les bienvenus.
Nous sommes aujourd’hui à la croisée des chemins : ou bien la Guadeloupe se referme sur elle-même
et s’enlise dans une crise économique et sociale ravageuse, ou bien nous arrivons tous ensemble à
sortir par le haut de cette crise en bâtissant un nouveau projet de société.

Ce projet de société, seuls les Guadeloupéens peuvent en définir les contours. Ce projet, dont les élus
du peuple doivent être les maîtres d’œuvre, avec les acteurs économiques et sociaux, doit répondre aux
attentes de tous les Guadeloupéens. Chacun a sa place en Guadeloupe.
Cet archipel a toujours été une terre d’accueil et de métissage et personne n’a le droit de rejeter une
partie de nos concitoyens. Indiens, Syro-libanais, Noirs, Asiatiques, « Békés », Métropolitains,… vous
êtes tous Français, vous êtes tous Guadeloupéens ! L’Histoire vous a réunis, vous avez contribué à
façonner ce territoire, vous avez partagé des valeurs fondamentales. Ne laissez personne vous diviser,
ne laissez personne vous dresser les uns contre les autres !
Que ceux qui ont un projet alternatif de société pour la Guadeloupe l’exposent ! Qu’ils se présentent
devant les électeurs guadeloupéens qui feront, alors, leur choix librement ! Il n’y a pas deux sources de
légitimité dans une démocratie, il n’y en a qu’une : celle de l’élection.
Nos institutions, vos institutions, permettent le débat et permettent de faire des choix démocratiques.
Et je vous le dis clairement : le discours de ceux qui agitent le fantasme de l’oppression coloniale n’est
plus crédible en 2009.
Je ne nie nullement les souffrances passées et les erreurs qui ont pu être commises. Je dis simplement
que, moi, je suis le Président de la République d’aujourd’hui, celui qui a en charge de préparer l’avenir
de tous nos enfants, sans distinction de couleur, d’origine ou de confession. L’Etat a changé et il est
faux de prétendre qu’il est un monstre froid, un rouleau compresseur des identités locales… Ce
discours facile est, chaque jour, contredit par la politique menée par les gouvernements successifs.
Pour ma part, j’ai toujours eu l’intime conviction que les collectivités d’outre-mer ne pouvaient pas
être gérées comme celles de métropole. A ceux qui souhaitent que leur territoire dispose de davantage
d’autonomie, ma réponse n’a jamais varié.
Je suis ouvert à toute demande d’évolution qui serait formulée par vos élus, pourvu que celle-ci soit au
service d’un projet dans l’intérêt de tous les Guadeloupéens.
Quels que soient les souhaits d’évolution qui pourraient être exprimés, il est, en tous cas, clair que rien
ne se fera sans le consentement de la majorité des Guadeloupéens. C’est cela la démocratie, c’est cela
notre conception d’un pays moderne !
J’ajoute, qu’en tant que Président de la République, garant de la cohésion et de l’unité nationale, je ne
conçois une éventuelle évolution statutaire que dans le cadre de notre République et, plus précisément,
dans le cadre notre Constitution. Les articles 73 et 74 de notre Constitution sont très souples. Ils
permettent d’envisager divers degrés d’autonomie, ainsi qu’une organisation politique adaptée au
contexte insulaire ; je pense en particulier à la collectivité unique.
S’il doit y avoir évolution institutionnelle – ce qui sera avant tout votre choix –, cette évolution devra
se faire dans ce cadre constitutionnel qui scelle notre pacte républicain. La question de l’indépendance
n’est donc pas à l’ordre du jour. La Guadeloupe est française et le restera.
Quant à l’État, je suis convaincu qu’il doit aussi s’interroger sur sa façon d’être et de faire. Je ne pense
pas que les récentes manifestations aient traduit un rejet de l’État. C’est peut-être même le contraire…
Je crois qu’une large majorité des Français d’outre-mer demandent « plus d’État » afin de mieux
garantir l’intérêt général. Un État plus proche d’eux et plus efficace, un État qui soit un meilleur
régulateur, un État qui assume pleinement -- mais de façon juste -- ses missions régaliennes.
D’ailleurs, je pense qu’un accroissement de l’autonomie et de la capacité d’initiative des collectivités
d’outre-mer n’est pas nécessairement incompatible avec un renforcement du rôle de l’Etat localement.
De nouveaux équilibres sont à trouver.

Pourquoi ne pas imaginer des collectivités d’outre-mer mieux articulées, plus autonomes et plus
responsables, disposant d’un vrai pouvoir d’adaptation législatif ?
Pourquoi ne pas imaginer un Etat déconcentré qui soit davantage à l’image de la population locale ?
Un Etat plus ferme sur le respect des règles du jeu économiques et sociales, et notamment des règles
de la concurrence. Un Etat qui accompagne les projets de territoire et qui fixe des objectifs communs
stratégiques, en accord avec les acteurs locaux.
Pourquoi ne pas imaginer un monde socio-économique plus solidaire qui participe avec plus de
volontarisme à une politique de l’insertion par l’emploi ? Un monde économique plus puissamment
armé pour agir, bâtir des filières et conquérir de nouveaux marchés ?
Pourquoi ne pas imaginer, finalement, un nouvel équilibre entre une collectivité unique regroupant
conseils régional et général, un Etat déconcentré, doté de pouvoirs accrus au niveau local, et une
nouvelle organisation économique puissante, dédiée à la promotion du développement endogène ?

Vos États généraux vont, bien entendu, au-delà de ces seules questions d’organisation institutionnelle.
Vous avez commencé à tracer de nombreuses pistes intéressantes. J’ai relevé, dans les travaux de
l’atelier « Dialogue social et Insertion », l’idée de la professionnalisation de la médiation sociale ou
celle de l’organisation en 21 branches des entreprises locales. L’Atelier « Insertion régionale » a fait de
séduisantes propositions sur la diffusion des programmes télévisés et radiophoniques caribéens, le
développement des échanges entre établissements scolaires ou l’harmonisation du droit des affaires au
niveau caribéen. J’ai aussi noté avec intérêt l’idée du développement d’un pôle d’excellence en
matière sportive et tant d’autres propositions encore...
Vos travaux sont riches, je vous en remercie. Permettez-moi, à mon tour, de verser quelques idées au
débat public, dans le cadre de ces Etats Généraux.
Vos travaux ont mis en évidence le besoin de passer à la vitesse supérieure sur le développement
économique endogène. Je suis prêt à vous y accompagner, parce que le développement endogène, ce
sont plus d’emplois et de richesses pour la Guadeloupe, mais c’est aussi un motif de fierté pour tous
les Guadeloupéens. J’en avais fait l’un de mes axes de campagne et je ne crois pas avoir été démenti…
Les Etats Généraux démontrent que les Antillais veulent pouvoir vivre des fruits de leur travail, de la
production de leur terre et de la valorisation de leur environnement. Il n’y a aucune raison que l’on ne
soit pas en mesure de produire sur place ce que l’on consomme sur place.
Qui peut comprendre que malgré ses centaines de kilomètres de côtes, 50% du poisson consommé aux
Antilles soit importé d’Amérique du Sud ou d’Asie ? Qui peut comprendre que les Antilles ne
produisent que 24% de leur consommation de fruits?
Tout ceci n’a pas de sens. Il faut penser autrement le développement économique de l’Archipel. Bien
sûr, il y a le tourisme, la canne à sucre et la banane. Mais la Guadeloupe possède en elle mille autres
richesses pour envisager son avenir.
Sans doute y a-t-il une réflexion à mener autour de la structuration des filières agricoles, afin de mieux
valoriser l’extraordinaire patrimoine naturel dont vous disposez. L’une des pistes, c’est peut-être de
conduire les producteurs à se réunir par catégorie de produits pour pouvoir négocier de meilleurs prix
auprès de leurs fournisseurs. Une fois réunis au sein d’interprofessions qui regrouperont tout le monde,
les producteurs seront plus forts pour négocier avec la grande distribution. La grande distribution, elle
a besoin de prévisibilité et de fiabilité dans ses approvisionnements. Si les producteurs se concertent
entre eux, ils peuvent assurer aux distributeurs des denrées de qualité, produites sur place, et avec un
approvisionnement régulier. Ils pourront même proposer aux distributeurs des produits à plus forte
valeur ajoutée. Ils pourront créer un label « Produit du Pays », qui garantira au consommateur son
origine, la traçabilité de son alimentation, sa contribution à l’emploi local. C’est un pari
gagnant/gagnant. La structuration des filières est désormais vitale et je suis prêt à prendre, dans ce
domaine, des mesures fortes. Pourquoi ne pas imaginer, par exemple, un système de modulation des
aides publiques en fonction des efforts de structuration réalisés ?
Il faut aussi que les industriels de la Guadeloupe considèrent leur marché comme un « marché
antillais » de 800.000 clients potentiels. Trop d’initiatives sont freinées parce que les coûts de
lancement et de commercialisation d’un nouveau produit sont excessivement élevés pour un marché
étroit de 400.000 habitants. Dans un monde de plus en plus ouvert, les entrepreneurs de Guadeloupe
doivent s’intéresser aux marchés à gagner en Martinique, et inversement. Je ne méconnais pas les
difficultés qui existent mais je crois que ce changement est indispensable pour le développement des
deux îles. L’Etat pourrait y prendre toute sa part. Je ne serais pas choqué, par exemple, que l’on
nomme, pour trois ans, un « Commissaire au développement endogène des Antilles », qui serait chargé
de lever tous les blocages en la matière. Il pourrait favoriser la constitution de ce grand marché
antillais en intervenant auprès des acteurs économiques et politiques de chacune des deux îles. A vous
de me dire si vous jugez cette idée pertinente. Encore une fois, ce sont vos Etats Généraux.
Il existe aussi d’autres manières de valoriser les ressources naturelles de la Guadeloupe. Le potentiel
géothermique de la Guadeloupe se monte à 200 à 300 mégawatts par an, soit l’équivalent de sa
consommation actuelle en électricité. Aujourd’hui, seuls 15 mégawatts sont produits grâce aux
centrales géothermiques de Bouillante, alors que les centrales au diesel produisent 150 mégawatt
d’une énergie à la fois plus polluante et plus chère. Pourquoi ? Voici une piste intéressante qui
permettrait de renforcer l’indépendance énergétique des Antilles, puisque le problème est le même en
Martinique. Il existe aussi une espèce de canne, plus riche en fibres que la canne à sucre et qui dispose
d’un rendement énergétique dix fois supérieur à la bagasse. Pourquoi ne pas développer sa culture,
notamment sur les sols qui ont reçu du chlordécone ? Là encore, c’est à vous de nous dire, mais l’Etat
vous accompagnera dans vos propositions.
Enfin, je voudrais dire un mot sur la question, essentielle, de la formation, et tout particulièrement de
la formation des jeunes. J’ai visité ce matin le Régiment du Service Militaire Adapté, qui connaît des
taux d’insertion remarquables des publics difficiles, de l’ordre de 80%. Son action doit bien
évidemment être saluée, et j’ai eu l’occasion de dire tout le bien que j’en pensais. Mais il ne faut pas
que le RSMA soit la seule perspective pour une jeunesse de Guadeloupe qui connaît des défis
considérables à relever : le taux de chômage des 15-24 ans est de 55% en Guadeloupe, c’est le plus
élevé d’Europe ! 33% des 25-34 ans sortent du système scolaire sans le moindre diplôme en
Guadeloupe ! C’est inacceptable.
Ce n’est pas une fatalité. Président de tous les Français, je n’accepte pas et n’accepterai jamais les
discours condescendants vis-à-vis de l’Outre-mer. Ici comme ailleurs, le travail et l’effort sont des
éléments clefs de la réussite individuelle. Ici comme ailleurs, on doit avoir des exigences, viser
l’excellence, faire émerger ses propres techniciens, ses propres cadres.
C’est pourquoi j’ai demandé à l’Université des Antilles-Guyane de se rapprocher, dans le cadre des
Etats Généraux, des Grandes Ecoles de notre pays, notamment les Ecoles de commerce et celles
d’ingénieur, pour envisager des partenariats renforcés et des formations communes. Je veux saluer
L’Ecole des Hautes Etudes Commerciales -- HEC -- qui s’est immédiatement portée volontaire et qui,
très prochainement, commencera à former, avec l’UAG, des cadres de haut niveau à la gestion
d’entreprise et au management, ici en Guadeloupe. Je suivrai personnellement ce dossier pour que
d’autres Ecoles s’engagent sur ce chemin. Nous devons faire de la Guadeloupe un pôle de formation
de haut niveau qui rayonne dans la Caraïbe et au-delà !
La jeunesse de l’outre-mer n’est pas un problème, elle est un atout, une chance formidable pour les
Antilles. Je veux m’adresser, aujourd’hui, à cette jeunesse. Lui dire que l’avenir de l’outre-mer est
entre ses mains, lui dire que je crois en elle et que je ne l’abandonnerai pas. Nous devons nous donner
des objectifs ambitieux. Je veux que nous relevions le défi de former 10 000 jeunes de plus en outre-
mer d’ici 2011 ! Je demande au Gouvernement d’y travailler sans délai.

Mes chers amis, vous le voyez, je suis venu vous écouter mais aussi vous proposer quelques réflexions
personnelles. Elles sont versées au débat pour que vous vous en empariez, les critiquiez, les amélioriez
ou, au contraire, les écartiez. Le temps des décisions n’est pas encore venu. Il nous faut continuer à
dialoguer et à travailler. La seule chose dont je sois certain, c’est que le statu quo n’est pas possible.
Au fond de moi, je suis convaincu de la profondeur du lien qui nous unit. La Guadeloupe était
française avant Nice ou la Savoie. Notre histoire, nos destins et nos sangs sont mêlés.
Aucun discours haineux, aucune forme de violence ne pourra dissoudre ce lien fondamental. Mais ne
nous voilons pas la face : beaucoup de nos compatriotes en métropole ont été choqués par les images
ou les slogans qui ont été diffusés largement par les médias durant de la crise. La violence qui s’est
exprimée a pu faire douter certains de la persistance du lien qui nous rassemble, de ce « vouloir vivre
ensemble » sans lequel il n’y a pas de Nation.
Je n’ai, pour ma part, aucun doute. Je sais l’immense majorité des Guadeloupéens profondément
attachée à son Pays, la France. Cette France qui, sans la Guadeloupe, ne serait pas la France. Je veux
en convaincre les Français de métropole qui nous écoutent aujourd’hui.
Notre identité nationale s’est forgée par l’addition, la synthèse des identités. La Guadeloupe est unique
et le sera toujours. Son caractère est trempé, son identité est forte. La France que je veux construire est
une France qui respecte les identités et sait les mettre en valeur. Depuis juillet dernier, notre
Constitution reconnaît que « les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France ». Voilà
une preuve tangible, inscrite dans notre Loi fondamentale, de l’état d’esprit nouveau qui nous anime!
Nous avons, à partir d’aujourd’hui, l’impérieux devoir de reconstruire. Reconstruire sur des bases
différentes. Vous pouvez être certain que je mettrai toute mon énergie, toute ma détermination pour
vous accompagner sur le long chemin qui nous attend.
Vive la Guadeloupe !
Vive la République !
Vive la France !
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