Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 01:18
Monsieur le Président de la République,
Madame et monsieur les ministres,
Chers collègues élus,
Mesdames, messieurs,

Vous êtes aujourd’hui, Monsieur le Président, devant des représentants du peuple de la Guadeloupe.

Il y a ici des parlementaires, des maires, des conseillers régionaux, généraux et municipaux. Il y a aussi des représentants consulaires et syndicaux. Dans notre singularité et dans notre diversité, chacun d’entre nous, ici, détient une parcelle de la légitimité démocratique que nous ont confiée, d’une façon où d’une autre, les citoyens par leurs suffrages.

La société civile est également représentée aujourd’hui avec de nombreux responsables d’associations ou autres corps intermédiaires.

Nous ne sommes évidemment pas, à nous seuls, élus, toute la Guadeloupe. Mais chacun d’entre nous, un jour, a fait le choix de représenter les Guadeloupéens en leur soumettant ses idées, ses convictions et ses projets d’avenir pour notre terre. Oui, un jour, nous avons tous voulu croire que pour changer la vie, progresser, s’émanciper, lutter contre les injustices et conquérir la part de bonheur à laquelle notre peuple aspire, il y a mieux que la violence, mieux que l’arbitraire, mieux que la haine, mieux que tout ce qui, chez nous particulièrement, a déjà meurtri notre passé, bousculé notre présent et menace d’obscurcir notre avenir…

Oui, Monsieur le Président, nous croyons simplement en la République et en la démocratie, ces deux acquis primordiaux qui constituent une part essentielle du lien qui nous unit à la France et qui nous apporte ce bien précieux et inaliénable : la liberté.

Je dois vous dire, Monsieur le Président, que l’assemblée que nous formons aujourd’hui est sensible au respect de votre promesse, formulée le 19 février dernier, de venir sur place prendre la mesure des défis que la Guadeloupe doit relever. Quelques semaines après une crise sociale qui a marqué les esprits et dont les conséquences sociales et économiques se feront longtemps sentir, votre présence  et votre parole étaient attendues. Il est important qu’à l’occasion de cette première visite en tant que Président de la République, vous puissiez aussi mieux connaître l’âme profonde de notre Guadeloupe.

Nous avions évoqué, Jacques GILLOT et moi-même, la nécessité d’une réflexion collective : vous l’avez organisée à travers les Etats généraux qui nous réunissent aujourd’hui. Nous, élus, pour la plupart jouons le jeu et nous prolongeons la démarche par nos travaux, engagés avant-hier, sur la formalisation d’un projet guadeloupéen.

Nous recevons également, Monsieur le Président, comme une marque de considération à l’égard de la Guadeloupe et des Outre-mers en général, la nomination d’une enfant du pays au poste délicat de secrétaire d’Etat à l’Outre-mer. Nous en ressentons tous sincèrement une réelle fierté. Bien sûr, au-delà de cette fierté, il y aura une forte attente de notre part, s’agissant d’un membre du gouvernement forcément sensible à nos préoccupations et averti de nos dossiers.

                        ----------------
 La crise , le malaise
Puisqu’il me revient l’honneur de m’exprimer devant vous, il me parait important, de rappeler quelques évidences sur la crise que nous venons de traverser, au moment où certains, depuis la rue, avouent leur volonté de « déconstruire la Guadeloupe » et d’incarner un pouvoir et une autorité distincts des institutions démocratiquement élues.

La crise sociale qui a pris forme en décembre dernier a été le révélateur d’un malaise qui touche l’ensemble des outre-mers. Un malaise que chaque territoire a exprimé avec ses nuances et ses spécificités. Un malaise qui – souffrez que je le dise devant vous – n’a pas été assez vite considéré à sa juste mesure par un Gouvernement qui n’a pas su diagnostiquer à temps et donc traiter le mal dont souffrait la Guadeloupe. Pire, pendant cette crise, certains commentaires, telle ou telle sondage, ou encore les comptes régulièrement présentés de ce que « coûte » l’Outre-mer, ont nourri les soupçons d’une volonté « cartiériste » de largage et accentué le malaise.

En revanche, les causes de ce malaise, il semble que vous les ayez bien identifiées dans votre adresse au Parlement réuni au Congrès de Versailles lundi dernier.

Il y a bien sûr les questions identitaires, complexes, nées du rapport tumultueux que nous entretenons avec une histoire trop longtemps occultée par les autorités pour qu’aient pu être purgées les méfiances, les peurs, les douleurs et les non-dits.

Mais les racines de ce malaise plongent aussi dans des promesses d’égalité réelle qui tardent à se concrétiser et dans la difficulté qu’éprouve la République à intégrer dans ses principes philosophiques, dans son corpus idéologique, dans ses fondements juridiques la prise en compte de la différence et des diversités. Notre République au nom des principes, respectables et généreux, d’égalité, d’unité et d’indivisibilité n’est pas toujours à l’aise avec la différence !

Ces promesses non tenues et cette difficulté à comprendre que la différence est une richesse et non une menace pour la République minent notre pacte social, menacent la cohésion sociale et conduisent certains à s’interroger sur la nature même du lien qui unit notre territoire à la République.

Certes, les revendications de la Guadeloupe en faveur d’une société plus juste, de rapports sociaux apaisés, d’un développement économique durable mis au service de l’Homme, peuvent ne pas apparaître très différentes de celles qui s’expriment n’importe où ailleurs dans la France en crise. ..

Mais, il faut que nous vous disions qu’en réalité, il s’agit d’une crise beaucoup plus complexe, une crise de société et que les réponses à y apporter doivent être forcément d’une autre ampleur …

… chez nous, où il est impossible de vivre décemment avec le salaire d’un emploi aidé quand tout coûte tellement plus cher qu’ailleurs ;
… chez nous, où il faut entendre les frustrations de trop nombreux jeunes qui ne voient pas d’issue au chômage, à la précarité, aux discriminations à l’embauche et qui sont choqués par le train de vie des plus riches ;
… chez nous, où des monopoles arrogants et sans scrupules exploitent la population avec, parfois, l’inertie condamnable des autorités ;
… chez nous, où nous ne pouvons nier l’existence de rapports complexes entre communautés, rapports marqués par l’Histoire, perpétués par l’économie, aux tensions attisées par l’imbécillité !
… chez nous où l’absence répété de volontarisme et d’interventionnisme de l’Etat laisse prospérer sous le soleil les injustices et les inégalités et pour tout dire les « pwofitasyons » qui ne sont pas le produit du seul cadre institutionnel actuel.

C’est pourquoi, Monsieur le Président, il est plus qu’urgent que la République trouve avec nous les voies et les moyens de tenir sa promesse d’égalité réelle. Sans tomber dans le différencialisme, la méthode de la discrimination positive territoriale évoquée au Congrès de Versailles est à poursuivre et à mieux pratiquer.

Depuis le 4 mars dernier, date de la signature de l’accord qui a permis de sortir de la crise qui nous paralysait, la parole de l’Etat est engagée sur plusieurs dossiers cruciaux :

- le plan santé Outre-mer et le développement de l’offre de soins

- le plan d’urgence pour la formation professionnelle et l’emploi des jeunes doit être, quant à lui, un vrai plan « Marshall » pour notre jeunesse, si durement frappée par le chômage. L’Ecole de la deuxième chance que vous citiez en exemple, il y a peu, existe en Guadeloupe depuis 18 mois. Nous vous proposons, notamment, d’accompagner son développement et son implantation en plusieurs points de notre territoire.

Oui, Monsieur le Président, les urgences sont nombreuses, mais il est encore temps d’agir!

Pour les emplois aidés, qui ont le sentiment d’avoir pris racine dans une antichambre de la précarité…

Pour les finances des collectivités locales, touchées de plein fouet par l’effondrement de leurs recettes fiscales après la crise...

La Guadeloupe positive
Aujourd’hui, la Guadeloupe qui est devant vous est soucieuse de dépasser l’image véhiculée ces derniers mois d’une population sans cesse contestataire et qui laisse trop souvent parler le sang mêlé de lave qui irrigue ses artères.

L’Hexagone doit savoir que la Guadeloupe est aussi une terre riche et fertile que nos voisins pourraient nous envier, que c’est une jeunesse talentueuse et volontaire qui atteint l’excellence dans bien des domaines, que c’est aussi un esprit d’entreprise audacieux et dynamique qui nous classe régulièrement parmi les premières régions de France pour la création d’entreprises, que ce sont aussi des femmes et des hommes qui, chaque jour, dans les associations, les entreprises, les collectivités s’emploient à faire progresser notre économie, à créer du lien social, à former les jeunes, à prendre soin des moins jeunes, à valoriser notre culture.

L’Hexagone doit également savoir que la Guadeloupe est née diverse, multiethnique, multiconfessionnelle, qu’elle s’est construite avec des bras de toutes les couleurs et que ses enfants ont la couleur de demain ! C’est bien le général de Gaulle qui soutenait que le métissage est l’avenir du monde.

C’est une terre accueillante, avec ses traditions, sa culture et je prétends que quiconque les respecte et les partage est le bienvenu ici et peut travailler avec nous à construire ce pays !

C’est aujourd’hui cette Guadeloupe, jeune, énergique, dynamique et entreprenante qui se tourne vers ses responsables locaux et nationaux et qui nous demande d’unir nos efforts pour permettre enfin à nos potentiels de se réaliser. Elle nous demande un « liyannaj’ pour » et pas seulement un « liyannaj’ contre ».

C’est cette Guadeloupe moderne et positive qui nous demande de refonder notre rapport à la République sur la base de liens apaisés et sereins.

La refondation du lien avec la République
Cette refondation de la place des outre-mers dans la République passe nécessairement par l’expression renouvelée de notre volonté commune de vivre ensemble et par des projets d’avenir partagé nous permettant à nous, Guadeloupéens, d’assumer notre identité propre, notre culture et nos spécificités, tout en contribuant sans réserve à enrichir le patrimoine commun.

Notre petite Guadeloupe a déjà tant apporté au rayonnement de la France des sports, des arts, des lois et des lettres, qu’elle veut pouvoir faire de même dans l’entreprise, dans les sciences, dans la technologie, dans la protection de la planète, où ses talents sont aussi nombreux.

La refondation de notre place dans la République passe aussi par notre capacité à nous interroger sur notre propre rapport à la République et à l’assumer.

Je crois qu’il est temps de ne plus invoquer en permanence le passé colonial et esclavagiste pour expliquer nos propres insuffisances. Il est temps de prendre conscience que la France n’est plus ici dans une logique colonialiste. En somme, il est temps de nous sentir à l’aise dans et avec la République, car nous savons que nous pouvons en sortir à tout moment, par notre seule volonté.

C’est pour cela que nous voulons vous dire, Monsieur le Président, que nos feuilles de route existent déjà dans presque tous les domaines, car cela fait déjà longtemps que nous réfléchissons et que nous débattons. Le Conseil régional et le Conseil général, avec leurs partenaires ont déjà réalisé, depuis 2004, une cinquantaine de plans et documents de prospective qui pensent la Guadeloupe à l’horizon 2030-2050.

La question statutaire et institutionnelle
Alors cette refondation passe-t-elle par une nécessaire réforme statutaire et institutionnelle ? Certains le pensent, qui voudraient vous voir annoncer aujourd’hui, ici même, des décisions en ce sens. Or, les outils qui nous permettent de prendre en main notre destin sont inscrits dans la Constitution. La Réunion a choisi le statu quo. Mayotte a choisi de devenir un département de plein exercice. Saint-Martin, Saint-Barthélemy, la Polynésie et la Nouvelle Calédonie ont choisi une autre voie, celle de l’autonomie, sans pour autant avoir encore réglé ni le scandale des « pwofitasyons », ni le malaise identitaire.

Nous avons déjà démontré, nous aussi, notre volonté d’utiliser ces outils en demandant et en obtenant pour la Région Guadeloupe l’habilitation à fixer la règle, autrement dit à légiférer et à réglementer, dans les domaines des énergies et de la formation professionnelle. Un vaste champ des possibles s’offre à nous pour continuer sur cette voie.

Mais pour aller plus loin, vous le savez et nul ne doit plus l’ignorer : c’est aux Guadeloupéens et à leurs élus que la Constitution de la Vème République donne aujourd’hui, dans une très large mesure, la maîtrise de l’avenir institutionnel et statutaire de l’archipel.

Les Guadeloupéens n’attendent donc pas, Monsieur le Président, que l’on pense ou que l’on décide à leur place, ni de Paris, ni de Fort-de-France, ni de Cayenne. La résolution adoptée avant-hier à l’unanimité par le Congrès des élus guadeloupéens ne dit pas autre chose. Les Guadeloupéens savent en effet que les chemins qui peuvent les conduire vers davantage d’autonomie sont nombreux et balisés par la Constitution et qu’il leur suffit de décider, démocratiquement, de les emprunter... Nous n’avons pas peur du changement. Nous voulons simplement avancer à notre rythme.

Ni immobilisme, ni précipitation. Mais détermination sereine et raisonnée, selon notre cadence.

                        ---------

En fait, Monsieur le président… Et s’il nous restait, tout simplement, ayons ensemble, je vous le demande, la volonté de faire vivre ici ce que nous enseigne la belle devise européenne : travaillons à être « Unis dans la diversité ».

Merci pour votre écoute.



















Partager cet article
Repost0
27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 01:16
« La question de l'indépendance n'est pas à l'ordre du jour »
« Je ne suis pas venu vous faire un discours exotique, dégoulinant de bons sentiments ». Cette référence explicite à ses prédécesseurs donne le ton de l'intervention, à Petit-Bourg, du Président de la République.
Une longue table sur une estrade, les huit présidents d'ateliers, les deux chefs des assemblées locales, le président de la République, et face à lui 1 400 Guadeloupéens, attentifs.
Nicolas Sarkozy a accusé un léger retard — son hélicoptère est tombé en panne, il a fait la route en voiture — et c'est sous un tonnerre d'applaudissements qu'il regagne sa place.
Trois intervenants, pour les ateliers des états généraux, Mme Diman, le professeur Janky, Me Marianne. Chacun va résumer les constats, les attentes.
L'un des moments forts de l'après-midi c'est l'intervention de Victorin Lurel, seul élu au micro, pour dire les choses, simplement : « Je crois qu’il est temps de ne plus invoquer en permanence le passé colonial et esclavagiste pour expliquer nos propres insuffisances. Il est temps de prendre conscience que la France n’est plus ici dans une logique colonialiste. En somme, il est temps de nous sentir à l’aise dans et avec la République, car nous savons que nous pouvons en sortir à tout moment, par notre seule volonté. »
Tout est dit. Reste au président de la République à concrétiser les promesses faites : le plan santé Outre-mer et le développement de l’offre de soins, le plan d’urgence pour la formation professionnelle et l’emploi des jeunes, entre autres...
« Ayons ensemble, je vous le demande, la volonté de faire vivre ici ce que nous enseigne la belle devise européenne : travaillons à être unis dans la diversité »,  concluait Victorin Lurel.

« Un comité de suivi des états généraux »

Qu'a annoncé le chef de l'Etat ? Tout d'abord qu'après les états généraux il y aurait un comité de suivi des décisions prises.
Nicolas Sarkozy a fustigé « les finalités poursuivies par ceux qui entretiennent des désordres de façon souvent artificielle... Le droit de grève ne peut être utilisé comme un instrument de propagande et de déstabilisation politique. Je ne suis pas prêt à accepter l'inacceptable. (...) Nous avons fait le choix d'une société dans laquelle les orientations politiques et les décisions économiques se font dans les urnes, par un vote libre.(...) Il est aisé de dénoncer, de combattre et de détruire. Il est bien plus difficile de proposer, d'agir, de construire. »
Pour ce qui est d'une évolution institutionnelle, le président de la République a été clair : « Quels que soient les souhaits d'évolution  qui pourraient être exprimés, il est en tout cas clair que rien ne se fera sans le consentement de la majorité des Guadeloupéens... La question de l'indépendance n'est pas à l'ordre du jour et ne le sera pas tant que je serai président de la République. La Guadeloupe est française et le restera. »

« Il nous faut reconstruire sur des bases différentes »


« L'Etat doit s'interroger sur sa façon d'être ». Cette petite phrase ouvrait le débat sur les absurdité d'un système qui, s'il n'est plus colonial au sens fort du terme, reste encore sujet à caution. « Je pense qu'un accroissement de l'autonomie et de la capacité d'initiative des collectivités d'outre-mer n'est pas nécessairement incompatible avec un renforcement du rôle de l'Etat localement. De nouveaux équilibres sont à trouver », a-t-il encore dit. Pas question donc de larguer une parcelle d'autorité régalienne, mais tout doit se faire en concertation avec les assemblées locales.
Enfin, le chef de l'Etat a passé en revue les souhaits des Guadeloupéens au travers des remontées des ateliers des états généraux. Il faut, a-t-il dit, recenser toutes les absurdités administratives, ces freins au développement. Exploiter les potentialités locales, les potentialités du sol, de la nature, les potentialités qu'offre la jeunesse.
« Il nous faut reconstruire, a-t-il conclu, sur des bases différentes. Je mettrai toute mon énergie, ma détermination, pour vous accompagner... »
Le chef de l'Etat a quitté la Guadeloupe peu après la fin de son discours.
Partager cet article
Repost0
26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 20:47
Nicolas Sarkozy attendu au tournant

Hier matin, Nicolas sarkozy a entamé sa visite en Guadeloupe.
Il a eu le bain de foule habituel à l'aéroport pôle caraïbes, avant de s'entretenir longuement, à huis clos, avec les grands élus (députés, sénateurs, président de l'association des maires). Beaucoup de maires, qui croyaient avoir été invités, ont été refoulés, occasionnant une grogne, y compris de fidèles de l'UMP.
Que se sont-ils dit ? La question que se posaient les observateurs, tandis que le service d'ordre de l'Elysée bloquait les issus à la salle où le président recevait ses invités.
« C'est un président à notre écoute », a dit Jeanny Marc, député d'opposition (PS). « Il est ouvert, pas du tout fermé à nos propositions », soulignait le président de l'association des maires de Guadeloupe, René Noël. Dans l'ensemble, des élus heureux de rencontrer le président de la République.
Pourtant, sur cette visite en Guadeloupe, plane une autre atmosphère, moins consensuelle. Tout le monde craint le pire : l'indépendance un de ces jours, après la mobilisation de 44 jours (20 janvier-4 mars), mais aussi des prises de positions d'élus qui n'ont pas manqué de dire qu'un peu plus d'autonomie ne ferait pas de mal. De l'autonomie à l'indépendance, il n'y a pas loin. D'où une grande attente du discours de ce soir, que Nicolas Sarkozy prononcera à petit-Bourg, devant les états généraux.

En Martinique, déjà...
L'instauration d'une collectivité unique en Guadeloupe et Martinique a été repoussée, respectivement à 72,98% et 50,48%, lors d'un referendum le 7 décembre 2003.
Pourtant, en proposant, vendredi, l'organisation d'un référendum sur un éventuel statut d'autonomie pour la Martinique, département-région régi par l'article 73 de la Constitution, Nicolas Sarkozy a créé la surprise. mais, n'oublions pas qu'il marche sur les traces de Jacques Chirac.
Le prédécesseur de M. Sarkozy avait déclaré, en mars 2000, également à la Martinique : « Les statuts uniformes ont vécu : chaque collectivité d'outre-mer doit pouvoir désormais, si elle le souhaite, évoluer vers un statut différencié, en quelque sorte un statut sur mesure » Aujourd'hui, il est exaucé puisqu'il existe sept statuts distincts pour les territoires d'outre-mer.
La Constitution prévoit de même des passerelles d'une catégorie à l'autre, pour tout ou partie d'une collectivité. Ainsi, les cas de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin, dépendances de la Guadeloupe, sont fameux. Elles ont choisi de se séparer de la Guadeloupe le 7 décembre 2003 et de devenir chacune une collectivité d'outre-mer.
A elles, les fonds d'Etat et les fonds européens, sans passer par le filtre de la Guadeloupe.
Ce soir, devant les états généraux de l'Outre-mer en Guadeloupe, Nicolas Sarkozy ne va-t-il pas répéter les mêmes mots d'autonomie ?

Partager cet article
Repost0
26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 14:26
VERBATIM

« Il faut qu'on change, je suis persuadé que le statu quo n'est pas possible. Il faut absolument trouver une solution, apaiser les choses et apporter une réponse à la fois à la demande d'égalité et d'identité. Je vais m'y consacrer pendant ces deux jours ».

« A l'heure où certains ont pu douter, dans un contexte de crise, de la force du lien qui nous unit, j'ai voulu rappeler aujourd'hui ce que pouvait avoir de concret le fait de vivre un destin commun. Notre histoire est partagée, nos sangs mêlés, c'est un sentiment que nul ne pourra jamais briser ».

« Je sais très bien l'inquiétude de certains d'entre vous, mais je me suis mis un défi en tant que chef de l'Etat, c'est qu'on réussisse ».

« Il va falloir qu'on apprenne à se comprendre, à s'écouter. On a mieux à faire que de s'affronter. La question antillaise est trop importante pour qu'on en fasse un question partisane. Si on veut réussir, on aura besoin de tout le monde ».

« Je dis à tous ceux qui ne participent pas à cet exercice démocratique, eh bien ils ont bien tort. Comme c'est facile de refuser de participer, comme c'est beaucoup plus courageux de participer ! ».

« On ne peut pas gérer un département au coeur de la Caraïbe comme un département dans la métropole, c'est une évidence. Sous une forme que nous déterminerons, je vous demanderai votre opinion ».
Partager cet article
Repost0
26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 14:16
Retraites : les Français privilégient l'augmentation des cotisations au relèvement de l'âge du départ


24 juin 2009 - Le chef de l’Etat et plusieurs membres du gouvernement ayant évoqué une prochaine réforme du système des retraites, Ipsos et Le Point ont décidé d’interroger les Français sur les solutions qu'ils jugent préférables pour faire face au problème de leur financement. Ce sondage a été réalisé par téléphone auprès d'un échantillon représentatif de 906 Français âgés de 18 ans et plus les 19 et 20 juin derniers.

Alors que la solution privilégiée par le gouvernement pour faire face au déficit de la branche vieillesse de la Sécurité sociale semble être celle du relèvement de l’âge de départ à la retraite (aujourd'hui fixé à 60 ans), les Français affichent, tout comme en 2002, une nette préférence pour une augmentation du niveau des cotisations au cours de la vie active (50%). Comme il y a sept ans, le soutien au recul de l’âge légal de départ à la retraite reste minoritaire dans l’opinion (29%), même s’il progresse de 6 points par rapport au score mesuré en 2002. Cette hausse se fait principalement au détriment de la troisième option proposée, celle d’une baisse des montants des retraites (9%, -5 points), option déjà largement minoritaire en 2002. Nul doute que le contexte actuel de « crise du pouvoir d’achat » renforce en grande partie le manque de popularité de cette dernière mesure. 

Comme en 2002 et sans surprise, les retraités sont particulièrement hostiles à une baisse des pensions et sont nettement plus nombreux que la moyenne à retenir la solution « recul de l’âge de départ » (38%, contre seulement 25% chez les actifs). Enfin, en termes de proximité politique, on constate que le débat actuel clive encore plus les opinions : les proches de l’UMP sont nettement plus nombreux qu’il y a 7 ans à préférer le recul de l’âge légal de la retraite (48%, contre 30% en 2002) alors qu’à gauche cette option ne progresse pas (19%, contre 18% en 2002).

 

 

link

Partager cet article
Repost0
26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 14:13
Expéditeur: "Roger de JAHAM" <rdejaham@publidom.com>
Date: 25 juin 2009 22:05:22 HAEC
Destinataire: "Roger de JAHAM" <rdejaham@publidom.com>
Objet: Yves JEGO : les Békés m'ont tuer...

Bonjour à tous,

 

Si les Békés ont eu le bras assez long pour pouvoir "débarquer" Yves JEGO, ils devraient être chaleureusement félicités par tous pour avoir fait nommer pour le remplacer la première personnalité originaire de l'outre-mer, et de surcroît une femme antillaise !

 

Bien cordialement,

 

Roger de JAHAM
Partager cet article
Repost0
26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 01:38
INDISCRÉTIONS
Victorin
Victorin Lurel, président du conseil régional, député, ancien secrétaire national à l'Outre-mer du PS, sera le seul élu à s'exprimer, lors d'un discours, devant le chef de l'Etat, les invités, salle Flessel, ce soir. A la demande du chef de l'Etat.

Gabrielle
Gabrielle Louis-Carabin, député, ex-présidente de l'UMP Guadeloupe, faisait remarquer, hier, qu'elle était à la pointe de la campagne pour l'élection de Nicolas Sarkozy, il y a deux ans. « Alors que certains traînaient des pieds... », a-t-elle ajouté. Elle promet des révélations pour plus tard, quand le moment sera venu. Bigre, elle a mangé du lion !

Pascal
Pascal Gauci, directeur de cabinet du préfet, quitte la Guadeloupe début juillet, pour la sous-préfecture d'Arcachon. Discret, efficace, ce haut fonctionnaire en charge de la sécurité sur le département a marqué son passage par son sens de l'a-propos lors de la longue mobilisation de ces derniers mois. La tâche n'était pas facile. Il a su la mener sans casse.

Didier
Le 30 juin, c'est la passation de commandement du chef de corps. Le colonel Didier Jamme, en poste depuis deux ans, cède la place au lieutenant-colonel Peloux.

André-Jean VIDAL
Partager cet article
Repost0
26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 01:37
Visite sarkozy : qu'attend le monde économique ?
La visite de Nicolas Sarkozy était attendue depuis quelques semaines déjà par le monde économique guadeloupéen. un monde économique qui a perdu une partie de ses repères quand Yves Jégo, secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, l'a désigné à la vindicte populaire, comme à l'origine de nombreux maux dont souffre la Guadeloupe.
Depuis, les patrons se terrent, quand ils ne mettent pas la clé sous la porte. Pour beaucoup, les femmes et les enfants sont partis, les affaires vont au ralenti et les investissements sont stoppés. On vivotte en attendant, comme le dit Colette Koury, présidente de la CCI, « que l'on nous donne des assurances sur l'avenir institutionnel de ce pays. »
« Ce qui nous tue, c'est l'incertitude ≤«, dit tout de go ce chef d'entreprise. Pour lui, plus question d'investir un euro dans le développement de son entreprise. Il a échappé jusqu'à aujourd'hui à le liquidation. Les banques ont mis ses dossiers de crédits d'investissements dans les tiroirs... en attendant un mieux. Il a mis un temps une partie de ses salariés en chômage partiel. Mais, il n'a pas licencié.
« Je gère une crise terrible, poursuit encore Mme Koury. J'ai regardé l'accueil du chef de l'Etat en Martinique. Il semble, d'après ce que j'ai vu, entendu, qu'il y a eu la mise en avant d'un attachement de la France pour ses départements d'outre-mer qui va à l'encontre de ce qu'on avait ressenti il y a quelques semaines. Il y a quelques mois. On avait l'impression que tout était orchestré pour se débarrasser de nous. On n'y comprenait rien. Il y a eu réellement un flottement.
J'attends du chef de l'Etat qu'il nous rassure. Qu'il nous dise une bonne fois pour toutes ce qui va se passer. Qu'on interroge le peuple, qu'il dise ce qu'il veut... »
Partager cet article
Repost0
26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 01:36
Sarkozy débarque en Guadeloupe

Nicolas Sarkozy est ce vendredi en Guadeloupe. Il y vient pour participer aux états généraux de l'outre-mer. Mais aussi pour rappeler quelques principes républicains...

Le chef de l'Etat est en Guadeloupe aujourd'hui. Il était depuis hier à Fort-de-France, présentant à la classe politique locale et aux martiniquais deux nouveaux ministres, celui de l'Intérieur, Brice Hortefeux, et surtout la secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, la Guadeloupéenne Marie-Luce Penchard (voir en page 3).
Décidés en mars, pour apaiser le conflit social aux Antilles, les états généraux devaient voir en avril, leur l'ouverture sous le haut patronnage du président de la République. Mais Nicolas Sarkozy a repoussé son voyage. Le bruit a couru qu'il viendrait en mai, à mi-parcours. Puis plus rien et, il y a quinze jours, la décision de venir ces 25 et 26 juin. Nicolas Sarkozy l'avait dit : il ne viendrait que quand il y aurait eu un « retour au calme ». Selon paris, c'est fait.
Cependant, sur place, si le déblocage par l'Etat d'une enveloppe de 580 millions d'euros le 19 février (pour faire droit à l'accord Bino) a progressivement mis un terme aux grèves générales, le malaise social — entretenu par un LKP insatisfait en Guadeloupe —, et politique, soutenu par les querelles entre partisans de l'article 73 et tenants de l'article 74 de la Constitution, ne s'est pas dissipé.
Tout ceci sur fond de grave crise économique (6 000 chômeurs de plus en mars-avril-mai), liée, selon des observateurs à 44 jours d'inactivités économique, selon le LKP à un patronat qui prend prétexte de cette grève longue pour éliminer les canards boiteux et reprendre leurs billes pour aller investir ailleurs.
L'une comme l'autre affirmation ne sont pas totalement fausses.
Les états généraux ? Ils poursuivent leur petit bonhomme de chemin, malgré l'indifférence de la population et l'hostilité marquée du LKP, qui boude cette consultation au prétexte que « tout a déjà été décidé par l'Etat » qui « revient sur ses engagements ». Mais en Guadeloupe, Claude Giraud, le coordonateur des ateliers, se veut résolument optimiste. Et les présidents des ateliers font leur job, préparant leur synthèse pour le 7 juillet.

Déplacement sous haute sécurité
Au début de cette semaine de mobilisation décrétée par le LKP dans l'attente de la visite de Nicolas Sarkozy, il s'agissait de défier le pouvoir par la grève (en manifestant devant quelques entreprises désignées à la vindicte syndicale, manifestations qui n'ont pas connu un grand succès et le blocage d'une poignée de stations-service (lundi, 4 stations sur 120, le lendemain, tout était rentré dans l'ordre). Le problème qui se pose c'est celui de la capacité de remobiliser du LKP. Là, c'est l'incertitude et la navigation à vue. Un grand défilé à Pointe-à-Pitre est prévu samedi.
Aujourd'hui en Guadeloupe, Nicolas sarkozy rencontre à huis clos les élus de l'île à l'aéroport, puis le monde socio-économique, avant de visiter le Régiment du service militaire adapté (RSMA) au camp de la Jaille, à Baie-Mahault. Il prononcera un discours à Petit-Bourg, en fin d'après-midi, avant de repartir à Paris.
A tout hasard, près de 900 gendarmes mobiles ont été dépêchés en renfort pour parer à toute éventualité et le programme de la visite a été conçu pour éviter tout risque de confrontation (déplacement en hélico entre chaque site).
Chacune de ces étapes doit être l'occasion pour Nicolas Sarkozy de délivrer des messages forts, annonce son entourage. Ainsi, devant les états généraux, après avoir entendu les présidents d'ateliers, et notamment celui de la gouvernance, présidé par Maurice Marianne qui ne cache pas sa préférence pour une autonomie, voire l'indépendance de la Guadeloupe, il souhaite, nous dit-on, « apporter sa contribution, ses idées, suggestions et intuitions à un processus de réflexion qui doit permettre de bâtir un modèle refondé de relations entre les Antilles et la métropole ». Ce qui n'exclut aucune perspective.
En fait, au regard de ce qui s'est passé ces derniers mois, de ce qui se dégage de la situation économique, sociale, politique, actuelle, le chef de l'Etat entend se prononcer sans ergotter sur l'avenir des Antilles.
Partager cet article
Repost0
26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 01:35
80 000 chèques de cent euros pour les Guadeloupéens
Hier, le conseil régional s'est réuni en plénière, pour discuter du compte administratif. Une pièce comptable passée au second plan compte tenu de deux annonces d'importance.
Souvenons-nous qu'au nombre des revendications du LKP, il y avait essentiellement des mesures touchant au pouvoir d'achat des Guadeloupéens. C'est d'ailleurs, ce qui a rendu le mouvement si populaire.
Les Guadeloupéens attendaient des gestes forts. Si les mesures gouvernementales suivent leur cours, à petits pas, la Région avait fait deux promesses, en voie de concrétisation.
Baisse de l'octroi de mer sur 1 500 produits
Ainsi, pour aider à la baisse des produits de consommation courante, Victorin Lurel avait envisagé la baisse de l'octroi de mer, taxe variable qui vient augmenter sensiblement le prix des denrées.
Il avait promis que lors de la plus prochaine plénière de la région, la baisse serait votée. Mais, faute d'avoir eu les documents à temps, lors de la récente plénière, les conseillers ont refusé de souscrire à cette idée... sans avoir pu examiner les documents. Il est vrai que cette mesure populaire a son corollaire : les communes seront moins dotées puisque la douane verse l'octroi de mer à ces communes pour leur permettre de s'équiper. Hier, les conseiller régionaux ont voté comme un seul homme pour la baisse de l'octroi de mer sur 1 500 produits.
En fait, plusieurs dizaines de familles de produits.
L'accord entre la grande distribution et le LKP visait des marques précises de produits, dans des quantités définies. Pour la Région, qui utilise la nomenclature douanière, la baisse concerne une famille entière de produits. Sont concernés, entre autres, les produits laitiers, les fromages, les légumes, les couches pour enfants, les déodorants, etc.

80 000 foyers aidés
Le président de Région avait promis d'aider 80 000 foyers les plus défavorisés de Guadeloupe au regard de l'administration des impôts.
Une aide sous forme d'une prime exceptionnelle de cent euros devait être versée rapidement. Les premiers chèques sont partis cette semaine, d'autres suivront afin de permettre aux familles nécessiteuses de recevoir cette somme symbolique mais sûrement bienvenue, le plus vite possible.
Et le compte administratif, alors ? Il est excédentaire, selon les services de la Région, il présente un taux d'endettement de 400 euros au lieu de 459 euros par habitant l'an passé. La taux d'exécution budgétaire est bon, 73%. L'autofinancement



Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog de André-Jean Vidal
  • : Revue de l'actualité politique locale
  • Contact

Texte Libre

Recherche

Liens