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18 mai 2009 1 18 /05 /mai /2009 14:54
MARRANT
sur le site ugtg.org
Elie Domota :
« Hier soir [Lundi 6 mai 2009], nous les avons donc appelés pour leur rappeler que nous serons présents... Ils nous ont demandé avec insistance si notre venue était vraiment certaine. Nous leur en avons donné l’assurance. Ils nous ont alors signifié qu’ils ne pouvaient recevoir que 8 personnes. Nous leur avons dit que nous sommes effectivement à 49, mais que nous nous arrangerons entre nous pour composer une délégation de 8 personnes. Ils ont poursuivi en nous informant que la réunion ne se tenait plus au WTC mais à la sous préfecture de Pointe à Pitre. Nous leur avons dit que oui, c’est vrai, la salle de la sous-préfecture ne pouvait peut-être pas accueillir toutes les délégations [LKP - Etat - Collectivités]... Ils ont ensuite exigé qu’il n’y ait personne, aucun attroupement, aucun regroupement à l’extérieur ni aux abords de la sous-préfecture... Nous avons pareillement acquiescé... Ils ont précisé qu’il ne devait y avoir ni banderoles ni tambours car le ministre ne souhaitait surtout pas que les choses dégénèrent... ils nous ont enfin demandé de ne pas alerter les média... Et le conseiller de Jégo à la suite de cette longue énumération de nous demander une énième fois si malgré tout, nous consentions toujours à participer à cette réunion... Nous lui avons répondu par l’affirmative, Wi nou ka vinn’...
Quand le bonhomme s’est rendu compte qu’il n’y avait rien à faire, que nous entendions quand même nous rendre à cette réunion, il a poussé un soupir de découragement... »
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17 mai 2009 7 17 /05 /mai /2009 21:40
TRIBUNE LIBRE
PAR AMÉDÉE ADELAÏDE



Mes Chers compatriotes,


C’est lui, le profiteur

Peut être pour reprendre le vocable de Monsieur JEGO, devrions nous dire : le « profitationneur »

L’envahissement, le jeudi 7 mai 2009, du Palais de Conseil Général (où devait se tenir le Congrès des élus de Guadeloupe) par les hordes du LKP, est suffisant en soit pour prouver aux sceptiques que ce n’est pas un jeu auquel nous sommes en train d’assister, mais la réalisation d’un « projet » précis, structuré, visant à porter atteinte à toute puissance publique en Guadeloupe et à prendre le pouvoir par la rue.

La première étape, ou phase1 de ce dispositif, s’est déroulée du 20 février au 4 avril dernier. Elle visait à cristalliser les mécontentements et à discréditer l’Etat et ses représentants. Le blocage de la Guadeloupe pendant quarante quatre jours et la signature d’un accord sous la contrainte et les bons hospices de l’Etat, visait à démontrer au peuple, que l’on obtenait plus par la rue que par des négociations avec les pouvoirs publics.

La tentative de jeudi dernier, pour l’instant avortée, avait pour objectif de disqualifier les élus eux-mêmes et de s’emparer du pouvoir local pour mieux négocier avec le pouvoir central. Mais l’échec de cette manœuvre est à attribuer à la maladresse du LKP, qui en cette circonstance a agit avec précipitation. Cette opération « commando », du point de vu de la rigueur opérationnelle, a manqué de préparation et d’objectif clairement défini. A l’opposé de ce à quoi nous avons assisté dans la phase 1. A croire qu’ils ont perdu leurs conseillers en stratégie de guérilla urbaine ou qu’il commence à y avoir des problèmes au sein de la direction du mouvement. Le leader du mouvement lui-même aura montré son vrai visage. Loin de l’image lisse qu’il avait cultivé jusque là. Mais plutôt celle d’un homme hargneux, prêt à tout pour atteindre son but.

Au total, nous n’aurons guère été surpris, ni par le LKP dont on connaît les objectifs et les méthodes au regard de l’action destructrice de l’UGTG depuis plus de dix ans, ni par la réaction de nos élus locaux en cette circonstance qui nous laisse dans une immense perplexité. Contre ce qu’il faut bien appeler une action insurrectionnelle (définition du Larousse : Action de s'insurger, de se soulever contre le pouvoir établi pour le renverser ), on pouvait s’attendre à une condamnation unanime des élus de tout bord. On aurait pu espérer que tous, parlementaires, conseillers régionaux et généraux, Maires et conseillers municipaux, appellent à une grande manifestation de protestation. Mais à part une conférence de presse des Présidents des deux collectivités majeures, rien de tout cela. Encore faut-il noter, que si la condamnation de cet acte par le Président de Région fut claire, nette, dans la droite ligne du comportement républicain qu’on lui connaît, celle du Président du Conseil Général fut, comme à son habitude, confuse et ambiguë.

Quant à l’Etat, on peut se demander s’il existe encore. A moins que Ministre et Préfet n’aient téléphoné au Chef du LKP pour se rassurer. L’Etat semble oublier en effet que nous, citoyens Guadeloupéens, payons des impôts pour qu’il fasse son travail qui est de garantir le fonctionnement des institutions et d’assurer l’ordre républicain et la cohésion sociale. Or en Guadeloupe, depuis trois mois et demi, c’est l’ordre LKP qui règne sans partage sur notre malheureuse île. Même après la signature d’un accord abject et stupide sur les salaires et son extension par le ministre du travail, même après la signature par l’Etat de celui (à peine plus compréhensible) dit « de fin de conflit »., des dizaines et des dizaines d’entreprises sont, tous les jours, envahies par les nervis du LKP, leurs responsables sont menacés, voire séquestrés, sous l’indifférence aveugle et dédaigneuse de l’Etat, dont commissariats et gendarmeries refusent même de prendre les plaintes.

Alors à cet Etat, il faudra bien que la majorité silencieuse trouve le moyen de faire comprendre que ce n’est pas ce que nous voulons ; Ce que nous voulons, c’est vivre en paix, dans un pays où règne la COHESION SOCIALE ET LES LIBERTES REPUBLICAINES.

Nous citoyens vivant sur une terre de la République française, avons pour cela quelques « armes » dont nous devons user :

- La première, est de nous regrouper pour faire savoir aux pouvoirs publics que nous ne voulons pas de cet exercice là du pouvoir par l’Etat. Et c’est précisément l’objectif de notre association, à laquelle de plus en plus de Guadeloupéens adhèrent. J’invite fraternellement à rejoindre ceux qui ne l’ont pas encore fait.

- La deuxième, est de rappeler au Gouvernement que nous Guadeloupéens, vivant en Guadeloupe, payons des impôts pour que l’Etat fasse son travail, qui est, répétons le à souhait, d’assurer la COHESION SOCIALE ET L’ORDRE REPUBLICAIN, et que s’il continue à soutenir, par des artifices, la division sociale, l’opposition entre les hommes au motif de leur différence de couleur de peau, de race, de culture, de statut social, s’il continue à laisser régner le désordre dans les entreprises sous de fallacieux prétextes, alors il ne fait pas son travail et *c’est lui le Profiteur*.

- La troisième, et non pas la moindre, est notre bulletin de vote. Comment en effet pourrions nous voter pour les candidats d’un gouvernement qui maltraite de la sorte les Guadeloupéens. Un élu est un homme, une femme, a qui nous offrons notre confiance pour qu’il exerce un mandat, et que par ce mandat il défende nos intérêts collectifs. Comment pourrions nous faire confiance à des candidats qui approuve la politique actuellement mise en œuvre, en Guadeloupe, par ce gouvernement ci ? Comment pourrions nous offrir notre confiance à des candidats qui n’ont rien eu à dire durant les quarante quatre jours de souffrances que nous avons subis et qui n’ont encore rien à dire sur ce qui se passe aujourd’hui dans notre petite Guadeloupe ? Rien ne peut excuser, aucun droit de réserve ne peut justifier qu’un prétendant à nos suffrages n’ait rien à dire.

Alors, chers compatriotes, nous l’avons bien compris, pour nous sortir du pétrin où la connivence et le laxisme de l’Etat nous ont conduit, il nous faut, (comme toujours dans les situations difficiles) nous réveiller, nous prendre par la main, nous mobiliser, nous regrouper, et montrer au monde que nous savons ce que nous voulons : Vivre en paix au sein de la République Française.
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17 mai 2009 7 17 /05 /mai /2009 16:47
INDISCRÉTIONS
Jeanny
La député « de gauche » de la 3e circonscription s'est-elle mise en tête de dérouter ses collègues du groupe Socialiste, radical et citoyen ? Toujours est-il qu'après avoir recruté comme collaborateurs à l'Assemblée Andrée Corosine, ancienne prêtresse de la com' de Lucette Michaux-Chevry à la Région, puis Rémy Marcin, encarté UMP et ancien assistant parlementaire de la ministre de l'Outre-mer Brigitte Girardin, notre Jeanny régionale vient de s'adjoindre les services de Sophie Jacquest, élue à la région Ile de France sur la liste UMP-UDF en 2004, conseillère municipale d'opposition à Sarcelles où elle a régulièrement affronté... les socialistes Dominique Strauss-Kahn et François Pupponi. Alors Jeanny, championne de l'ouverture... à droite ?

Eric
Eric Jalton, maire des Abymes, a auditionné, mercredi soir, en conseil municipal extraordinaire, les représentants de plusieurs délégations syndicales d'établissements en grève. Asfo, Maison de l'enfance, pompiers de l'aéroport, urgences du CHU, CGRR, Orange Caraïbes, Nouvelle Afpa, Chantiers Audebert, Air France, Espace clôture. Une résolution a été votée par les conseillers municipaux unanimes. En substance : « Nou èvè vou »

David
David Dahomay tacle sans réserve, sur son blog — daviddahomay.over-blog.com —, René Beauchamp, du LKP, ancien syndicaliste que la longue marche de 44 jours a revivifié. Il lui dit en substance, après avoir été conspué, mardi soir, devant la mairie du Gosier devant 300 militants Lkpistes, qu'il ne souhaite pas vivre sous un éventuel régime dont Misié Bochan serait l'initiateur si la France abandonne la Guadeloupe à son destin sensément flamboyant.

Ivan
Dans France Antilles du 9 avril il était indiqué que le kilo de sucre Gardel serait à 1,20€. « C'est impossible à tenir, affirme le p.-d.g., Ivan de Dieuleveult. Il faudrait que le distributeur vende à perte ce qui est illégal ou que nous baissions le prix de notre sucre ce qui est inconcevable. Notre sucre est beaucoup moins cher que les autres sucres présents dans les rayons des magasins de Guadeloupe et il est beaucoup moins cher que les sucres de métropole. Certains consommateurs guadeloupéens n'hésitent pas à acheter des sucres pur canne raffiné, d'importation, à 2,50€ le Kg quand dans le même rayon le sucre Gardel est à 1,25€ le Kg. Certains consommateurs Gudaeloupéens acceptent de payer le double et boudent le sucre local. Pour aider au maintien ou au gain de pouvoir d'achat il faut consommer local donc du sucre Gardel. » Pour un « nuisible », Ivan de Dieuleveult tient un raisonnement... très LKP ! Comme quoi...

Yves
Le secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer Yves Jégo, soutient l'expédition de Bernard Decré, fondateur du Tour de France à la voile, qui veut retrouver l'avion de Nungesser et Colli, disparu alors qu'il tentait d'effectuer la première traversée de l'Atlantique (avant Lindbergh). Son hypothèse d'un accident au large de Saint-Pierre-et-Miquelon « semble la plus pertinente », s'appuyant sur « une longue et minutieuse enquête », commente M. Jégo. « La zone probable du crash se situe à quelques milles marins au large du cap noir, dans le sud de l'île de Saint-Pierre où se trouve la piste d'aviation de l'archipel français de l'Atlantique nord », selon M. Jégo. Ben, il en connaît des choses !
André-Jean VIDAL
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17 mai 2009 7 17 /05 /mai /2009 16:31

La vie démocratique n’est jamais un long fleuve tranquille.

Après l’occupation temporaire du Conseil général conduite par le LKP, j’ai beau me tâter, me toucher le front, mesurer ma tension, je n’arrive pas à me sentir choqué plus que de raison. Beaucoup moins que lorsque je vois nos collectivités, de mandature en mandature, utiliser l'argent public afin de maintenir une économie de rente. En tout cas, ma petite musique, que j’ai envie de faire entendre, est sans commune mesure avec la symphonie des cris de vierges effarouchées, jouée par la bien-pensance de nos parages et orchestrée de main de chef par deux frileux d’un ordre élevé. Je ne ferai pas monter la sauce.
Je m’adresserai d’abord aux amis proches: au LKP, donc. Je lui dirai que lorsqu’une action, à la différence de toutes celles entreprises jusque là, refroidit ou remplit de doute des soutiens jusque là acquis, lorsque parmi les manifestants même, beaucoup trop, préalablement ignorants de l’intention, se sont sentis mis devant le fait accompli, il faut chercher l’erreur. Gentiment. Sans culpabiliser outre mesure. Ça fait partie du boulot. Le plus sûr moyen d’éviter les erreurs c’est ne rien faire, ne rien tenter.  Et ça, honnêtement, je ne saurais le conseiller. Mais, quand même, quelle que soit sa légitimité et sa capacité de mobilisation, aucun mouvement de contestation ne peut s’offrir le luxe de perdre ne serait-ce qu’un seul allié, sauf l’enjeu en vaut vraiment la peine. Et puis, contraindre le laborieux président Gillot, qui s’est donné tant de mal pour travailler son solo, à s’engluer dans la logorrhée lurélienne, ce n’est vraiment pas sympa, les gars. Heureusement, le LKP n’a pas pris les assemblées pour entamer d’autorité son propre mandat. Il n’aurait su quoi faire de ces deux assemblées. Le Kolektif n’est pas fait pour ça et je ne pense pas qu’il n’en ait jamais eu le goût.
Mais j’entends criailler : « coup d’Etat », « insurrection »... Du coup, le Congrès des élus locaux se fait Parlement et nos exécutifs départementaux et régionaux chefs de gouvernement, ou d’Etat, ou…que sais-je encore. Je crois qu’ils deviennent beaucoup trop, et à trop bon compte. Tout ça pour sur-jouer le rôle de victimes d’une tragédie sur-annoncée. A entendre leurs jérémiades contre de virtuels fascismes, j’en arrive à me demander pourquoi tant de dons de voyance ne leur ont pas permis de voir venir les événements de ces cinq derniers mois. A force d’appeler les pompiers chaque fois que quelqu’un allume une cigarette, nos braves soldats du feu finiront par en avoir ras le front et ne se déplaceront plus le jour du vrai incendie.
Sérieusement, la Guadeloupe a-t-elle vraiment l’impression de vivre un lendemain de coup d’état (même raté) ou d’insurrection ? Monsieur X, continue à jouer tranquillement au loto, madame Z est allée gentiment voir « Solitude, la marronne », DJ .Y, devant ses camarades, slame des mots délicieux, ruisselant de poésie, tandis que sur tous les médias, en toute liberté, nos « rescapés »y vont de leur petit bonhomme de campagne pré-électorale… Dans deux semaines, la bouche enfarinée, écharpe tricolore et tout, ils n’auront pas de mots assez solennels pour commémorer le sacrifice de Delgrès, Solitude, Ignace et nos autres combattants de 1802.
Au fait, c’était quoi, en 1802 ?...Une insurrection, mon bon monsieur !  Donc l’insurrection, ce n’est pas forcément la honte de la Guadeloupe ?  Affirmatif, cher monsieur, il me semble que, république ou pas, on a le droit de s’insurger devant toutes les injustices, y compris celles qui relèvent parfois de la loi. Imaginez-vous Delgrès et Solitude s’obligeant à accepter le rétablissement de l’esclavage par respect du code noir !
Enfin, je veux aussi m’adresser aux amis qui ont eu si mal à leur bulletin de vote en voyant tant de quidams poser leurs fesses sur les fauteuils des représentants du peuple. Ces amis n’ont jamais fondé leur république ni aucune autre, mais ils sont attachés à cette république apprise par cœur. Ils mangent leur pain à l’odeur de son rôt. Ils reconnaissent tous ses principes comme un lait de nourrice. Ah, ce besoin irrépressible d’être bon élève, parmi tous les départements et régions de France ! A faire pâlir de jalousie le citoyen Lambda, d’Auvergne des Landes où d’autres lieux de la mère patrie. Là où la république est née au forceps, par la force et la volonté du peuple français, dans l’insurrection et la paix, par des hauts et des bas, au prix de beaucoup de larmes et de sang. Même du temps où nous étions encore des esclaves.
Ils ont raison de nous avertir que le pouvoir de la rue ne doit jamais se substituer au pouvoir issu des urnes. Je me permets seulement d’ajouter que la rue, ça aide parfois les urnes à être plus sincères et plus clairvoyantes. Ne peut-on pas considérer que la démocratie est plus alerte lorsqu’elle vit, et donc connaît ce type de contestation forte ?
La dramatisation excessive d’un fait aussi banal et aussi rare ici que l’envahissement relativement pacifique et pendant quelques heures d’une assemblée départementale, sans commune mesure avec ce qui se passe couramment en France, me laisse pensif. Je crains que ce type de comportement alarmiste sous-entende que les nègres colonisés doivent prendre plus soin que des citoyens normaux d’un vêtement emprunté que serait la démocratie. Il leur faudrait mener leur vie politique comme on marche sur des œufs, avec l’œil bleu de Schœlcher qui les surveille en permanence de Là-Haut. Pourquoi l'envahissement d'un conseil général devrait-il traduire autre chose que la colère d'une partie d'un peuple ? Pourquoi la contestation de la légitimité politique des élus serait-elle ici autre chose qu'un ras-le-bol populaire devant une situation sociale toujours plus désastreuse et structurellement inégalitaire ?
Je rêve d’une Guadeloupe où le droit de vote s’exerce librement, c’est-à-dire, allégé de ce foutu boulet qui consiste chaque fois, et avant tout, à faire preuve d’appartenance et d’allégeance à autrui, à travers des institutions mécaniquement calquées sur celles d’une puissance européenne. Qui se fout de mon histoire et ma géographie. Me répéter des siècles et des années durant « nos ancêtres se sont battus pour ça » relève d’une imposture anachronique. Car je ne crois pas qu’ils se soient battus pour que nous acceptions une domination qui ne dit pas son nom. Et qu’on ne me dise pas que « ça » vaut mieux que rien ! Quand donc apprendrons-nous à vouloir exister dans le monde et y prendre toute notre place ?
Le LKP n’est pas toute la société civile, mais c’en est une bonne partie du chemin. Et la condition d’une société civile efficace est bien sa vigilance, son pouvoir de critique et de surveillance à l’égard de toute autorité politique, fût-elle issue des urnes. Si le régime démocratique est censé représenter les citoyens, il doit pouvoir se prêter à tout moment au contrôle de ces derniers et admettre la société civile comme un moteur de réforme. Si les citoyens, malgré l’exercice du droit de vote, se sentent de moins en moins représentés dans leurs instances élues, il faut en chercher la cause ailleurs que dans le déni de démocratie, les menaces fascistes ou macoutistes. C’est que ces instances n’ont jamais été tout le pouvoir et que les citoyens comprennent désormais que le vrai pouvoir est toujours étranger, et ne fait l’objet d’aucun contrôle des Guadeloupéens. La vie démocratique n’est jamais un long fleuve tranquille.
Frantz Succab
Auteur
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17 mai 2009 7 17 /05 /mai /2009 16:30
LE COLLECTIF SANTÉ MONTE AU CRÉNEAU

Le Collectif Santé pour la Guadeloupe exige la levée de la procédure d'urgence de la loi Hôpital Patient Santé Territoires.


Le rapport Larcher a constitué la base de la réforme hospitalière en cours dans le cadre de la loi HPST. Dans son introduction il stipulait cependant qu’il n’abordait pas les problèmes spécifiques posés par les CHU, la psychiatrie et les départements d’outre-mer. Alors que la psychiatrie fait l’objet du rapport Couty et les CHU des travaux de la commission Marescaux, l’outre-mer demeure absent des réformes en cours.

Or, si les centres hospitaliers des DOM s’inscrivent dans le droit commun et fonctionnent sur le même mode organisationnel que les établissements de l’hexagone,  ils ont à faire face à des contraintes particulières nécessitant des solutions spécifiques. Leurs spécificités sont notamment liées aux contraintes, aux retards et aux risques auxquels ils sont confrontés, dans un contexte géographique, économique et social particulier, les récents mouvements sociaux qui les ont parcourus en étant une des illustrations.

 Ces spécificités imposent une déclinaison particulière de la réforme de l’hôpital actuellement en cours et un financement adapté des établissements des départements d’Outre-mer, dans le cadre d’un véritable plan Hôpital Santé Outre mer..

Parmi les nombreuses mesures à envisager, certaines sont des exigences vitales

L’hôpital public est la première réponse aux problèmes de santé publique, (diabète, hypertension etc.) il est également l’accès privilégié pour une population de plus en plus précaire tant du point de vue sanitaire que  social dans un contexte de crise économique particulièrement aigu. Il se doit de prendre en charge la population, et les patients les plus démunis et dépendants, les pathologies lourdes, avec les plateaux techniques indispensables à une médecine moderne préventive, curative et efficace.

L’hôpital public ce sont aussi des personnels et  des médecins qui en font l’énergie et le socle pour des soins de qualité aux malades, c’est en leurs noms que nous nous adressons à vous. Le projet de loi HPST de Mme BACHELOT, doit être repoussé et largement rediscuté hors de toute procédure d’urgence,  car il constitue une remise en cause du service public hospitalier, de l’égalité d’accès aux soins, et  contribue à l’asphyxie budgétaire avec la T2A, de tous nos hôpitaux.

Cette loi nous soumet à la seule logique de rentabilité d’entreprise privée. Sa conception marchande est dangereuse et inadaptée aux attentes des personnels de santé et des usagers. Fondée dans sa structuration de la gouvernance sur un déni de toute démocratie sanitaire, elle éloigne les acteurs du soin (personnels, cadres, médecins, représentants des élus et des usagers) des centres de décisions, et les place sous la seule autorité du directeur, aux ordres d’un Directeur de l’ARS tout puissant. Elle organise la fermeture de structures sanitaires de proximité, qui auront pour conséquence des drames sanitaires, des déserts médicaux et soignants. Elle restructure uniquement  par la logique financière et non pour répondre à des besoins  de santé.

La convergence des tarifs entre le privé et le public, dont les missions ne sont pas comparables, achèvera la destruction du service public hospitalier, avec son cortège de  concurrence, déficits, baisses des tarifs, et plans de redressements budgétaires dont la variable d’ajustement consiste toujours en des suppressions d’emplois.

C’est bien un choix politique, car les secteurs de la santé, du social et du médico social sont des enjeux humains fondamentaux pour notre société. Cela nécessite des moyens budgétaires, mais aussi  des capacités d’accueil,  de la qualité, de la proximité, des professionnels qualifiés. La logique comptable exclusive appliquée aux services public depuis des années doit cesser. Aujourd’hui nous avons besoin de plus de services publics, plus forts, dotés de moyens modernes et pourvus de personnels reconnus.

Pour ces mêmes raisons nous demandons le retrait des dispositions remettant en cause les statuts ou les acquis statutaires spécifiques des personnels hospitaliers. Par ailleurs il est temps de mettre fin aux suppressions d’emplois prévues notamment dans les plans de redressement imposés par l’ARH.                                        

Le Collectif Santé pour la Guadeloupe

Exige la levée de la procédure d'urgence de la loi Hôpital Patient Santé Territoires
Réaffirme sa volonté de défendre les services publics et les statuts particuliers
Condamne la logique d’enveloppes budgétaires fermées fixant les retards des hôpitaux d’outre-mer et demande leur financement par une dotation MIGAC outre-mer adaptée à leurs missions et leurs contraintes (bassins de santé « non rentables, rôle d’amortisseur social), ainsi que la révision des tarifs
Refuse les suppressions d’emplois qui auront des conséquences sur la qualité des soins l’accueil des malades, les conditions de travail des personnels.
Affirme la nécessité d’un véritable plan emploi- formation pour l’amélioration générale des conditions de travail des personnels
Exige l’organisation d’un véritable débat démocratique sur l’avenir de notre système de santé et de son financement et l’élaboration d’un plan Hôpital santé outre-mer
Ce plan devra prévoir de :
garantir la sécurité du dispositif de soins face aux risques majeurs : reconstruction du CHU de Pointe-à-Pitre, mais aussi le développement des pôles de Basse-Terre, des îles du Nord (Saint-Martin) et des îles du sud (Marie-Galante), c’est-à-dire des investissements significatifs dans les 4 territoires de santé de la Guadeloupe.
maîtriser et renforcer la démographie soignante : augmenter le numerus clausus à la fin de 1° année de médecine, créer des postes d’internes et d’assistants dans les hôpitaux, financer des aides à l’installation pour ceux qui choisissent la médecine libérale dans les zones sous-médicalisées, et rendre la carrière hospitalière attractive pour ceux qui choisissent le service public ; former plus de guadeloupéens aux métiers de la santé en créant les écoles nécessaires (aides-soignants, masseurs kinésithérapeutes, orthophonistes et orthoptistes, manipulateurs de radiologie, techniciens de laboratoire, cadres de santé, ergothérapeutes)
prendre en compte les pathologies surreprésentées en Guadeloupe : cancers de la prostate, diabète, d’hypertension, toxicomanies, drépanocytose, etc, nécessitant un effort pour leur prévention, leur traitement, l’éducation thérapeutique de la population, la recherche.
Répondre aux besoins des populations spécifiques : accueil et soins des personnes âgées, des personnes handicapées, des adolescents, des malades mentaux, des exclus.

Vous avez mesdames, messieurs les sénateurs et députés la responsabilité de l’offre de soins, de l’investissement, de l’avenir de l’hôpital public et de la politique de santé à la Française, la population y est très attachée, vous ferez un choix politique et de société en nous aidant à obtenir un Plan Santé OUTRE MER.

L’HOPITAL N’EST PAS UNE ENTREPRISE, LA SANTE N’EST PAS UNE MARCHANDISE.
L’OUTRE MER A DROIT A L’EQUITE DANS L’ACCES AUX SOINS !

Organisations fondatrices du collectif :
LKP Santé : CGTG Santé ; UTS/UGTG
Confédération des Praticiens des Hôpitaux (CPH)
Conférence des CME de la Guadeloupe
Syndicat des Médecins Généralistes de la Guadeloupe


COLLECTIF SANTE POUR LA GUADELOUPE
LKP Santé, CGTG, UTS/UGTG, Confédération des Praticiens des Hôpitaux, Conférence des CME,
Syndicat des Médecins Généralistes de la Guadeloupe




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17 mai 2009 7 17 /05 /mai /2009 16:27
GARDEL LA CIBLE D'ÉRIC JALTON

Ivan de Dieuleveult avait écrit aux députés de Guadeloupe pour leur demander de soutenir la modification du texte de l'article 11 de la Lodéom pour que l'usine sucrière puisse bénéficier des exonérations de charges prévu pour les PME des Dom.
Eric Jalton a déposé un amendement en sens contraire. Echange de courriers...


Mesdames, Messieurs
Les Députés de Guadeloupe

Le Moule le 25 avril 2009

Objet:   LODEOM ART 11

Mesdames, Messieurs
les Députés de Guadeloupe

L’article 11 modifié de la LODEOM, dans ses conditions d’éligibilité pour bénéficier des exonérations de charges sociales, est rédigé ainsi :
« régime bonifié d’exonérations de charges sociales……aux zones économiques défavorisées telles que décrites à l’article 1, aux entreprises des secteurs prioritaires de moins de 250 salariés et 50 M€ de chiffre d’affaires. »

Gardel ne compte que 182 Permanents mais emploie de 330 à 350 Equivalents Temps Plein, entre l’usine proprement dite et l’exploitation agricole.
Nous dépassons la barre des 250 salariés et nous sommes exclus du bénéfice de cette exonération, bien que notre chiffre d’affaires soit inférieur à 50M€.

Si cet article n’est pas modifié, Gardel serait la seule entreprise de Guadeloupe qui ne bénéficierait pas de ces exonérations de charges sociales alors qu’elle a le plus grand besoin d’alléger ses charges.

Il faudrait intervenir auprès de la commission parlementaire composée de 7 Députés et 7 Sénateurs pour demander une modification de cet article 11 afin que Gardel rentre dans le champ d’application des exonérations prévues à l’article 11.

Je propose d’amender le texte de la façon suivante :

«Le régime bonifié d’exonération de charges sociales ……..s’applique aux entreprises des secteurs prioritaires qui répondent à l'une des 2 conditions suivantes :

chiffre d’affaires inférieur à 50M€
effectif inférieur à 250 salariés.

Je vous remercie de l’aide que vous apporterez à Gardel pour régler cette situation.

Veuillez agréer, Mesdames et Messieurs les Députés, l’expression de mes salutations distinguées.


Ivan de DIEULEVEULT
P.D.G de GARDEL S.A.


Entre-temps, Eric Jalton a fait savoir qu'il avait déposé un amendement visant à faire exclure Gardel du bénéfice de ces exonérations. Ivan de Dieuleveult lui répond :


Monsieur le Député
Maire des Abymes

Le Moule le 16 mai 2009
Objet:   LODEOM ART 11

Monsieur le Député

Monsieur le Député Maire des Abymes, votre courrier du 7 mai vient enfin de me parvenir, par fax, après mes nombreuses demandes auprès de vos collaborateurs.
Ce courrier me plonge dans des abîmes de perplexité et appelle de ma part les remarques et réflexions suivantes :

Vous semblez très fier de me faire savoir que vous avez présenté un projet d’amendement tendant à réduire le champ d’application de l’article 11 de la LODEOM, ce qui allait dans le sens d’exclure Gardel du bénéfice de l’exonération des charges sociales.

Je suis pour le moins surpris, qu’un Député, au lieu de défendre les entreprises de son département, s’ingénie à leur créer des soucis financiers dont elles n’ont pas besoin. Beaucoup d’autres s’en chargent si bien.

Vous affirmez que les PME de Guadeloupe sont plus en difficulté que Gardel (qui est d’ailleurs classée dans la catégorie des MPI). C’est très mal connaître la situation, structurellement déficitaire, de Gardel, pourtant bien connue de ceux qui ont pris le temps de l’examiner et de manifester l’intérêt qu’elle mérite.

Vous ajoutez que nous bénéficions de la part de l’Etat et de la Région, d’importants dispositifs de défiscalisation de nos investissements. Permettez moi de vous dire que vous commettez une grave erreur. Nous n’avons pratiquement pas accès à la défiscalisation.

En revanche, lorsque la Région accepte de cofinancer nos projets d’investissements, nous pouvons avoir accès aux fonds européens et globalement bénéficier de subvention à hauteur de 60% de nos investissements.

Malheureusement depuis l’ouverture du PDR 2007/2013 qui se substitue au DOCUP, nous n’avons pas eu la moindre subvention. Nous avons été contraints de suspendre tous nos investissements depuis 2008. C’est tout à fait déplorable car nous avons besoin d’investir dans des matériels inox pour assurer la qualité de nos sucres de bouche qui constituent un des axes d’amélioration de notre compte d’exploitation.

Gardel n’est une entreprise capitalistique que sur le papier. Elle est constituée d’actionnaires privés et de l’Etat, à travers l’AFD qui détient 22,05% des actions. Ces actionnaires ont apporté 20M€, n’ont jamais touché de dividende et n’en toucheront jamais.

Il faut considérer Gardel, comme un outil industriel au service des Planteurs. Ces Planteurs n’existeraient plus sans Gardel et Gardel n’existerait pas sans les Planteurs.

3.500 Planteurs livrent leurs cannes à l’usine. Les experts estiment qu’avec les familles, Gardel fait vivre 9.000 personnes.

Par ailleurs, Gardel emploie 350 équivalents temps plein et distribue plus de 10M€ de salaires qui sont injectés dans l’économie de la Guadeloupe.

Gardel représente un pan entier de l’économie de la Guadeloupe et je m’étonne qu’un Député de la République, élu de ce département, de « ce pays », comme on entend fréquemment, puisse par aveuglement idéologique méconnaître une entreprise considérée comme emblématique qui connaît de graves difficultés économiques, malgré les efforts qui sont déployés par ses employés, par ses dirigeants, et malgré les aides de l’Etat et de l’UE. 

Je trouve parfaitement choquant qu’un Député puisse se glorifier de ne pas aider une telle entreprise et plus encore, s’emploie à augmenter ses difficultés.

Veuillez agréer, Monsieur le Député, l’expression de mes sentiments attristés.

Ivan de DIEULEVEULT
P.D.G de GARDEL S.A.
       








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15 mai 2009 5 15 /05 /mai /2009 00:03
Grippe porcine A (H1N1) : un cas probable à Saint-Martin

Le nombre de cas confirmés de grippe porcine A(H1N1) restait stable à 14 jeudi, en France, avec six cas « probables » dont un pour la première fois dans l'outre-mer français, plus précisément dans les Antilles, selon le dernier communiqué de l'Institut de veille sanitaire (Invs).
Si ce cas s'avérait, ce serait le premier cas outre-mer.
L'Invs a précisé qu'il s'agissait d'une femme de 30 ans, sans pouvoir dire si elle se trouvait en Guadeloupe ou en Martinique.
Il s'agit, en fait, d'un cas signalé à Saint-Martin pour lequel l'on saura, ce vendredi, s'il est avéré ou non.
Les cas probables sont les gens présentant un syndrome de détresse respiratoire aigu, ayant séjourné dans une zone dans laquelle circule le virus (un des trois pays d'Amérique du Nord), et chez qui ou bien un premier test viral prouve qu'il s'agit d'une grippe de type A ou bien il y a eu contact étroit avec un cas probable ou confirmé pendant sa période de contagiosité.
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15 mai 2009 5 15 /05 /mai /2009 00:02
N’effrayons pas ceux qui ont le désir de rebâtir !
 
Oui ! exprimons haut et fort notre indéfectible attachement aux valeurs de la démocratie. Le 7 mai 2009, le LKP nous a livré un curieux spectacle en envahissant l’hémicycle du Conseil Général ! Mais l’esprit démocratique permet aussi de laisser chacun libre de désapprouver certaines méthodes tout en saisissant le sens de certaines motivations dans ce contexte donné.
Pendant la longue mobilisation du mois de février, et d’après un même rituel, une catégorie de manifestants a occupé une radio d’état, après que d’autres aient foulé le tribunal de Pointe-à-Pitre pour interpeller les plus hautes instances sur l’apparente iniquité de l’appareil judiciaire
de notre pays. Qui a osé se prononcer sur de telles pratiques au nom d’une atteinte à la
souveraineté de la justice ?!! La légitimité des élus est un acquis incessible, mais légitimité n’implique pas recevabilité absolue et assujettissement jusqu’à la prochaine échéance électorale ! Comme dirait Georges Bernanos, « c’est aussi le citoyen qui fait la république ! »
À force de clamer que la rue ne pourrait remplacer les urnes, on en viendrait à douter que ce sont celles et ceux qui ont marché durant 44 jours, qui marcheront bientôt vers ces mêmes urnes, donnant quitus ou pas à un nouveau lot de promesses déja connues.
Comment expliquer ces nombreux conflits qui s’enlisent malgré des accords signés suite une mobilisation mondialement médiatisée. Plus que ces images certes « dérangeantes » de l’envahissement du Conseil Général, force est de constater qu’un climat social délétère indiffère à nouveau tous les « chanceux » qui ont pu relancer leur « machine à faire du chiffre » ! Ce calme sournois est selon moi le véritable avertissement annonciateur de l’œil du cyclone. Si cette thèse se confirme, les vents qui menacent changeront de sens et seront plus dévastateurs, c’est une loi de la nature.
 
La plume de David Dahomay  sous le titre de « soutenons les luttes sociales, mais défendons les principes démocratiques » arriverait-elle à point nommé ? Elle permet au moins à tous les camps de s’y retrouver. Et c’est bien ce qui peut gêner dans cette pétition! Le contenu de l’article est aussi pertinent qu’insidieux, car comment souscrire à de si justes récriminations sans céder à l’alarmisme politique ? Et comment désapprouver de tels arguments sans cautionner l’anarchisme et l’incivisme ?  Cette pétition est du pain béni pour ceux qui n’ont pas entendu le cri de la rue, tout en n’ayant pas eu le courage de s’aligner ouvertement aux côtés des adeptes du « lésé sa jan i ja yé » .
Que l’on soit « elkapiste » ou pas, c’est finalement « la rue » qui est le réceptacle des dégâts de la crise post-conflit que nous vivons. Le temps est venu de se mettre à pied d’œuvre pour que chacun porte sa pierre à l’édifice. Que se soit dans le cadre des états généraux qui, selon moi, risquent de servir l'inanité de l’urgence dans laquelle se construit notre société depuis 1946, que se soit pour aiguiller « la rue » et contenir ses fièvres « envahisseuses » par un travail de fond et de proximité visant une prise de conscience durable, pour un renouvellement des idées. 
Si nous consentons tous que nous vivons un tournant de notre histoire, c’est que l’archipel guadeloupéen doit désormais anticiper un autre modèle de développement, dans un contexte mondialisé au sein duquel il a toute sa place. Bienvenue donc à tous ceux qui aideront à transformer l’essai du 20 janvier en projet, pour convertir l’énergie des envahissements quels qu’ils soient, en actes concrets. 
Oui, condamnons tous les écarts, mais de grâce, ne cédons pas aux diversions qui annihilent adroitement l’essentiel. N’éveillons pas non plus la nostalgie des dogmes dépassés à travers des échanges intello-hermétiques, voir des conflits de personnes qui pourraient à tort, effrayer ceux qui ont le désir de rebâtir « jantiman ».
 
P-à-P, le 13/05/09
 
Marc Jalet
architecte


La réponse de David Dahomay

Cher Marc,
 
Je viens de lire ton texte. Que te dire ?
 
Tout t’abord, puisque tu mes cites, une mise au point importante : Pour la plume, il ne s’agissait pas de moi ce coup-ci mais de mon père. Puis, il y a eu de nombreux amendements des signataires. Donc, je ne comprends pas bien le but recherché de me désigner ainsi nommément, ce d’autant plus que cela affaiblit la valeur des autres signataires, qui tous sont des citoyens très engagés dans la vie publique de leur île, et non des moindres. Soyons donc prudents sur cet aspect des choses.
 
Ensuite, ton texte soulève tellement de problématiques diverses, que l’on en perdrait presque la finalité première. Au fond, si je crois comprendre, tu sembles dire que dans le fond nous avons raison, mais qu’il aurait mieux valu malgré tout ne pas en rajouter, afin que l’espoir né aves le LKP ne retombe pas, est-ce cela ta pensée ? Je considère pour ma part, que dès lors qu’il y a atteinte aux principes fondamentaux, où qu’ils se trouvent, un citoyen respectueux de ces principes doit agir, quoi qu’il lui en coûte. Et pour ce coup-ci, force est d’admettre que nous payons le prix fort, et que nous n’avons pas encore fini d’encaisser les rudes sommations. Sur l’affaire du tribunal, je t’avoue mon ignorance complète de cet événement, et je le déplore, c’est un manquement de ma part.  Mea Culpa.
 
Mais enfin, nous devons aussi nous interroger sur l’impact qu’a eu cette pétition signée par quelques uns sur l’opinion publique. Pourquoi un simple texte suscite un tel émoi, et parvient à ce point à déstabiliser le LKP ? Je crois que cette pétition a libéré la parole, et en soi elle a donc du bon. Ce qui prouve bien aussi que les gens avaient peur de donner une opinion différente de celle officielle du LKP. Ne juges-tu pas inquiétant toi ce climat de peur, voire de terreur que font régner de façon très subtile certains leaders du LKP ? Je suis pour ma part convaincu qu’un mouvement est grand chaque fois qu’il inspire l’esprit de grande sympathie –parce que non violent – et de justice. Mais quand un mouvement inspire en se radicalisant – et il se radicalise parce qu’une faction du LKP est en train de dévoiler petit à petit ses vrais inclinations idéologiques et surtout politiques, et là-dessus j’espère que tu n’es pas naïf ? – autant la peur, ce n’est jamais très sain. Pourtant, je le dis haut et fort, ces 44 jours de mobilisation ont été un beau et grand mouvement, du moins jusqu’aux émeutes des derniers jours, et c’est avant tout pour cela qu’il a fédéré autant de monde. J’étais de ceux-là dans la rue le 30 janvier. Et cette fois-ci, il faut le souligner positivement, l’UGTG a su a peu près sortir de ses méthodes de terreur habituelles. Non que je sois moi non plus naïf, étant moi-même syndicaliste, j’approuve dans certains cas très particuliers, une certaine radicalité des luttes. Et quand je n’approuve pas les plus extrémistes, du moins je peux les comprendre – comme par exemple la séquestration d’un parton qui n’a que cure de ses salariés poussés à bout. Mais on doit tout de même s’interroger sur certaines pratiques – qui je l’espère finiront par être abandonnées tant elles desservent les causes que l’on défend – de l’UGTG, en particulier le fait de terroriser quelques fois les propres salariés de l’entreprise – y compris ceux issus des classes populaires  –, ou encore de systématiquement dans une manifestation, imposer aux commerçants de fermer rideaux. Au point que désormais, les commerçants s’autocensurent eux-mêmes en baissant leurs rideaux, pour toute manifestation, qu’elle soit UGTGiste ou pas ! Non, je le crois définitivement : Plus un mouvement inspire un élan de sympathie par sa non violence et en même temps la grandeur des idées qu’il défend, plus il a de chances d’emporter l’adhésion.
 
Enfin, je ne souhaiterais pas en Guadeloupe que l’on sombre dans le manichéisme : Pour ou contre LKP. Ainsi donc, les signataires seraient anti-LKP, et ceux qui ne la signent pas pro LKP ? Et ci nous complexifions les débats mon cher Marc ? Personnellement, pour LKP chaque fois qu’il restera à sa place – c’est-à-dire d’abord un collectif issu de la société civile, et donc portant des revendications de celle-ci, quitte bien entendu quand nécessaire à interpeler les élus pour les mettre face à leur responsabilité, mais tout en respectant leur légitimité – et n’enfreindra pas le respect des principes démocratiques et de respect de la personne humaine, mais contre LKP chaque qu’il enfreindra ces principes, et surtout lorsqu’il s’insinue subtilement comme mouvement politique, mais chose dangereuse, de type révolutionnaire et s’acharnant du même coup à délégitimer coûte que coûte la légitimité des élus.
 
Alors, après, sur la question des élus qui feraient ce que bon leur semble dès lors qu’ils seraient élus, je t’encourage à relire ce que dit Jacky Dahomay sur la notion de société civile. Plus une société civile est agissante – pas dans le sens activiste bien entendu, mais simplement le sens de l’activité, comme par exemple les analyses et réflexions, voire propositions avancées dans ton dernier livre, ou encore les grèves et revendications, les manifestations associatives et culturelles, les pétitions, que sais-je encore ? – et plus elle va peser sur les choix des élus. Mais cela suppose un véritable espace public, comme une grande agora en quelque sorte, aujourd’hui non matérialisée, mais que symbolisent tous les outils de communication : presse, médias audiovisuels, Internet, …  Espace où la parole est libre, où l’on peut donner son opinion sans subir en retour d’attaques ad hominem – tant que l’on respecte l’autre – où les citoyens puissent trouver du liant et se construire ainsi une conscience politique relative à la vie de la cité. Plus la société civile est active, et plus la démocratie est vigoureuse, et plus nos mandants politiques d’une certaine façon sont façonnés eux-mêmes par ce qui se dégage de la société civile. Mais il y a ensuite une distinction fondamentale à faire entre la légitimité des élus et la société civile. En effet, la société civile n’est pas le peuple, elle ne peut en être, car le peuple, au sens de la philosophie politique – plus précisément de Rousseau –, est le titulaire de l’exercice de la souveraineté nationale. C’est le génie de Rousseau d’avoir compris qu’en incarnant la volonté générale dans une personne abstraite – le peuple –, l’on résolvait l’équation inextricable de la souveraineté exercée par un monarque ou une oligarchie.  Ainsi donc, c’est un contrat implicite passé entre tous les citoyens pour que le titulaire de cette souveraineté soit tous les citoyens, sinon aucun. D’autant que la société civile au fond est toujours dans des finalités catégorielles, et c’est en se constituant en citoyens que tous les membres de la société civile traitent de ce qui est plus fondamentalement politique, c’est-à-dire l’intérêt commun à tous. Mais dans les faits, ne pouvant tous l’exercer en même temps – même si de plus en plus, sur un certain nombre de sujets fondamentaux, voire même dans certains cas intéressant la vie communale ou territoriale, il faut encourager la démocratie directe, mais par le droit, et non le fait ! (comme par exemple envahir un hémicycle et se réclamer du peuple comme a pu l’affirmer Domota) – cette intérêt commun – et cela tient peut-être d’abord à la multitude d’une part, et d’autre part à la division des tâches et du travail consubstantielle à l’homme ; l’homme n’est-il pas un animal politique ? –  il faut bien déléguer le pouvoir, mais toujours par le droit. Donc la démocratie représentative à mon sens est de toute façon inévitable, voire même souhaitable. Et c’est d’abord cela que représente un élu politique : l’intérêt commun, que ne peut représenter la société civile. Même si, j’ai insisté sur ce point, l’élu est traversé par les activités et débats au sein de la société civile, et c’est heureux. Alors, encore une fois, oui LKP a raison, en tant que mouvement de la société civile, d’interpeler les élus, et que ceux-ci entendent les questions sociales,  pour celles qui relèvent de leurs compétences – car il ne s’agirait pas non plus de demander aux élus des comptes sur des compétences dont ils ne relèvent pas ! –, mais non LKP a tort, quand il dit agir au nom du peuple, car il usurpe ce droit, cela a été suffisamment explicité dans la pétition. A moins effectivement de vouloir d’ores et déjà la souveraineté pleine et entière du peuple guadeloupéen ? Pourquoi pas, mais alors que ceux qui défendent ce souhait, au moins le disent clairement, et cessent d’avancer masquer. Car si le peuple guadeloupéen doit accéder à la pleine souveraineté, j’ose espérer au moins que de lui-même, par le vote, il l’aura décidé. Sinon, on en revient au principe rousseauiste : S’il ne l’aurait pas décidé, c’est que quelqu’un d’autre – ou une faction du peuple – aurait fait le choix à sa place, d’où encore l’usurpation, qui ici prendrait le nom de coup d’Etat, ni plus ni moins.
 
Pour ce qui est enfin des analyses et des propositions pour la Guadeloupe de demain, que tu appelles de tex vœux, cher ami, je n’ai pas attendu ta missive pour me mettre au travail. Je te renvoie à tous les textes que j’ai pu écrire, modestement, sur le sujet : http://daviddahomay.over-blog.com . Bonne lecture donc.
 
Et surtout, dans l’attente de critiques constructives de ta part, après lectures.
 
Bien amicalement.

David Dahomay.
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14 mai 2009 4 14 /05 /mai /2009 16:40
INDISCRÉTIONS
Eric
Eric Jalton, maire des Abymes, qui trouve que l'intrusion du LKP au conseil général n'est pas grave, félicite Yves Jégo, secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, pour le dispositif d'aide à la continuité territoriale pour créer un véritable service public des transports de personnes et de marchandises.

Marie-Luce
Marie-Luce Penchard, tête de liste aux élections européennes pour la
circonscription Outre-mer, a mis en place une organisation de sa campagne en Guadeloupe, composée de Ginette Samson, déléguée au Conseil national pour la Fédération UMP de Guadeloupe, directeur de campagne, et Louis Molinié, secrétaire départemental de la
Fédération UMP, responsable de la coordination de l’ensemble des
opérations de campagne. 

Jacques
Jacques Gillot est le seul parlementaire à avoir répondu à l'invitation d'Yves Jégo, à dîner avec lui, lundi soir. Est-ce ce qui a décidé ce dernier à ne pas répondre à la demande d'audience du LKP, le lendemain ? Car Jacques Gillot est le seul élu à avoir pâti directement du LKP, ce au travers du blocage d'un Congrès de la méthode dans lequel il mettait beaucoup d'espoir après l'avoir porté sur les fonts baptismaux toutes ces dernières semaines lors de sa préparation.

Alex
Alex Lollia se dit particulièrement fier d'avoir fait capoter la rencontre entre le LKP et Yves Jégo : « On en a marre de ces jeux-là. On en a marre de ces magouilles, de ces discussions de Domota et quelques autres du LKP en douce, en catimini, avec Jégo. Et après, on implique le LKP... » Ben, il a mangé du lion, Alex !

Gugusses
Il semblerait que les mairies sollicitées assurent le service minimum pour ce qui est des Villages des états généraux. Des chaises, des tables, et basta. Voilà des élus, essentiellement de gauche, voire socialistes pour la plupart, qui participent activement à la démocratie participative qui est, souvenons-nous, le cheval de bataille de leur madonne, Ségolène Royal ! Sans doute ont-ils peur d'être pris pour des traîtres par le LKP... Ah, compromissions !

Laurent
Le recteur Laurent Dever, soucieux de sa tranquillité sans doute, n'a pas protesté quand il a su que le LKP tiendrait deux journées d'informations, ce week-end, dans les locaux de l'Université. Ah, recteur sous les cocotiers ! Pour certains, c'est presqu'un cauchemar !.. D'ailleurs, M. Dever sera vendredi... en prison.  En effet, il remettra à douze détenus du « pénitentier » le certificat de formation générale. Une façon de les encourager à poursuivre leur parcours de formation pour une meilleure insertion à la fin de leur détention. Merci m'sieur !

Jean-Jacques, Maurice, etc.
Renseignements pris, les personnes qui participent aux ateliers des états généraux de l'Outre-mer ne sont pas défrayées. C'est du pur bénévolat, affirme Claude Giraud, mèt a manniok de ces rencontres.
André-Jean VIDAL
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13 mai 2009 3 13 /05 /mai /2009 22:35
Pour signer la pétition : 
http://www.lapetition.be/en-ligne/soutenons-les-luttes-sociales-mais-dfendons-les-principes-dmocratiques-4330.html
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