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27 avril 2009 1 27 /04 /avril /2009 00:47
Emploi des jeunes : les mesures annoncées applicables dans les DOM

Les mesures pour l'emploi des jeunes seront "naturellement applicables" dans les départements d'outre-mer, a affirmé le président Nicolas Sarkozy vendredi à Jouy-le-Moutier (Val d'Oise).

"S'agissant de l'avenir des jeunes d'outre-mer, naturellement les dispositions que je viens d'annoncer leur seront applicables dans les départements d'outre-mer", a-t-il dit.
Le taux de chômage chez les jeunes dans les DOM est de l'ordre de 50%, soit deux fois plus que la moyenne dans ces départements.
Selon les statistiques d'Eurostat (février 2009), le taux de chômage chez les 15 à 24 ans est de 55,7% à la Guadeloupe, 50% à La Réunion et 47,8% à la Martinique.
Selon M. Sarkozy, "il existe outre-mer des dispositifs de grande qualité comme le service militaire adapté (SMA)", destiné principalement à facilier l'insertion dans la vie active des jeunes adultes en situation d'échec dans les départements et collectivités d'outre-mer.
Le taux d'insertion est de 80%.
Le secrétaire d'Etat Yves Jégo a annoncé que le nombre de places au SMA serait doublé, passant de 3 000 en 2009 à 6 000 en 2012.
"Mais cela ne suffit pas, il faudra aller plus loin", a souligné M. Sarkozy, indiquant qu'il présiderait "dès le mois de septembre un comité interministériel de l'outre-mer, à l'occasion duquel des décisions seront prises sur la base des remontées des états généraux de l'outre-mer, qui se déroulent en ce moment".

25 000 aides à la mobilité des jeunes chaque année

Le projet de loi de développement économique (LODEOM) prévoit une réforme de la politique de formation en mobilité, permettant de confier à un opérateur unique (l'ANT, Agence nationale pour l'insertion et la promotion des travailleurs d'outre-mer) la gestion de l'ensemble des aides dont bénéficient notamment les jeunes aujourd'hui pour aller étudier, faire un stage, passer un concours, hors de leurs collectivités d'origine.
L'ANT pourra gérer seule l'attribution d'environ 25 000 aides à la mobilité des jeunes chaque année (prise en charge du billet d'avion, financement de la formation, attribution d'une allocation mensuelle quand les ressources du jeune sont insuffisantes).
D'autre part, le fonds d'expérimentation pour la jeunesse créé par la loi généralisant le RSA en décembre 2008, sera doté de 2 à 3 millions supplémentaires chaque année.
Les entreprises bénéficiant d'avantages fiscaux devront verser des contributions à ce fonds qui finance des programmes innovants pour l'insertion des jeunes.
Un appel à projets spécifique à l'outre-mer sera lancé en 2009, des porteurs de projets se porteront candidats et les projets retenus seront financés grâce à ces 2 ou 3 millions, testés, puis éventuellement généralisés.
Le gouvernement met aussi en place un programme "Jeunes diplômés" dans le cadre de l'ANT (1 500 bénéficiaires d'ici 2011) et va augmenter le nombre de contrats aidés, qui bénéficient notamment à la jeunesse : 34 000 contrats en 2009, soit 12% de plus qu'en 2008.
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27 avril 2009 1 27 /04 /avril /2009 00:45
Lurel (PS) : non à une "confusion" des états généraux et des européennes

Victorin Lurel (PS), a mis en garde vendredi contre toute "confusion" entre états généraux pour l'Outre-mer et élections européennes, en prenant la défense du délégué interministériel Patrick Karam, mis en cause un peu plus tôt par la tête de liste UMP pour l'Outre-mer.
Répondant, dans un communiqué, à Marie-Luce Penchard, qui dirige la liste européenne du parti majoritaire dans la circonscription ultramarine, le président du conseil régional a estimé que les états généraux ne devaient "en aucun cas devenir l'otage des enjeux des élections européennes".
Mme Penchard, également conseillère technique à l'Elysée, avait souhaité que les débats en Guadeloupe ne soient pas "ramenés à des combats de coqs". Une attaque visant le délégué interministériel Patrick Karam, qui avait proposé un débat à Elie Domota, leader du collectif LKP qui a mené la grève en Guadeloupe et refuse de participé aux états généraux.
"Après être restée inerte et silencieuse tout au long du mouvement social qui a secoué la Guadeloupe en janvier et février, malgré un poste dit d'influence à l'Elysée, Mme Penchard, en quête de notoriété, ramène aujourd'hui tout le travail engagé dans le cadre des Etats généraux à ses ambitions électorales. C'est là une bien curieuse façon de faire de la politique", accuse M. Lurel.
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24 avril 2009 5 24 /04 /avril /2009 02:11
Etats Généraux : Pour qui, pourquoi ?
(Débat public à l’initiative du groupement d’action communale (GAC) et de la fédération
Guadeloupe du Parti socialiste, Cité des Métiers, mardi 21 avril 2009, 19h.)

 
 
Mesdames, messieurs, Cher-e-s Camarades,
Le débat de ce soir a ceci de symbolique, qu’il se tient à la veille de l’ouverture officielle –
après moult tergiversations – des états généraux dans les DOM. Mais rassurez-vous, je
n’accorde aucune attention à ce genre d’augures.
 
La première question que l’on devrait se poser est la suivante : L’annonce faite par le
président de la République le 19 février – à l’issue de la rencontre à l’Elysée avec les élus
d’outre-mer –  concernant la tenue d’états généraux dans les DOM, est-elle à la hauteur de
la crise historique, à la fois sociale et sociétale, que traversent nos départements, et plus
particulièrement la Guadeloupe ?
 
Si l’on se réfère aux états généraux de 1789 – le roi Louis XVI décidant de convoquer des
états généraux pour consulter ses sujets, ou du moins leurs représentants, afin de trouver
des solutions à la grave crise des finances du royaume ainsi que la famine qui menace – ,
nous pourrions en effet penser qu’au moins sur le plan symbolique, cette décision de Nicolas
Sarkozy – qui a d’ailleurs suivi sur ce point les propositions de certains élus des DOM –
semble à la hauteur du mouvement social récent aux Antilles.   Un premier hic cependant :
nul doute que le silence assourdissant de Nicolas Sarkozy pendant près d’un mois durant le
conflit – et alors même que toute la presse nationale relayait au quotidien les événements
en Guadeloupe – tranche étonnement avec son style pourtant très volontariste. D’un
volontarisme, soit dit en passant, inquiétant, tant par son côté caporaliste que par son
accaparation des pouvoirs, mais aussi par le fait qu’il vibrionne à hue et à dia, finissant par
affaiblir le côté sacré – au sens laïc et républicain, bien entendu – de son éminente fonction.
Et ce silence a été à juste titre vécu comme du mépris affiché envers nos concitoyens
domiens, et est donc incontestablement une faute politique de la part du président de la
République. 
 
Mais passons, reconnaissons-lui au moins le mérite d’avoir, bien que trop tardivement, pris
la mesure de la crise aux Antilles : Il est indéniable que Nicolas Sarkozy a vu juste – même si
franchement, il n’était pas nécessaire vu l’ampleur du mouvement d’être un visionnaire –,
en décryptant ce conflit selon une triple dimension : sociale, sociétale, et politique. Il n’est
donc pas absurde dans ce cas d’envisager pour nos départements une réponse politique
forte, semblable à un nouveau contrat social ;  expression judicieusement utilisée, je le
rappelle, par la fédération du Parti socialiste en Guadeloupe.  
 
Reste que le Collectif LKP aussi, prône à sa façon l’avènement d’un nouveau contrat social en
Guadeloupe, clairement explicité dans le préambule de l’accord Binot – aujourd’hui obsolète
–, et repris dans un tract en date du 4 avril ; je cite : « LKP entend promouvoir avec le Peuple
en mouvement de nouveaux rapports économiques et sociaux, pour passer d’une économie
de plantation d’import-distribution à une économie de production tournée prioritairement
vers la satisfaction des besoins du Peuple guadeloupéen. » Sauf qu’à la différence de nous
autres socialistes, et plus largement de nous autres démocrates, le LKP compte y parvenir
non pas par des voies réformistes – et de noter aussi le peu de crédit que le collectif accorde
à la légitimité des urnes –, et ne cache pas ses inclinations marxistes-léninistes, et donc
révolutionnaires. Qui plus est, largement traversé par des ressentiments nationalistes, il lui
est insupportable que des choix lui soient imposés depuis Paris, à commencer par les états
généraux eux-mêmes. Notons cependant au moins une contradiction : Tout au long du
conflit social porté par le LKP, le principal interlocuteur – bien avant les présidents des deux
collectivités et des élus locaux – sinon le seul valable pour le collectif, aura été « l’éta
fwancè » [l’Etat français]. Et pour des revendications qui sur le plan social et salarial,
apparaissent comme une demande de plus d’intégration dans la République, ne serait-ce
qu’en revendiquant l’égalité des niveaux de vie, et en faisant appel à la solidarité nationale.
Qu’aurait été l’accord Binot sans la contribution de l’Etat à hauteur de 100 € par salarié ?
 
Bien entendu, je considère pour ma part que ces revendications de 200 € étaient justes
socialement et efficaces économiquement, je m’en suis déjà expliqué dans un précédent
texte – « Ô Guadeloupe » –, et j’y reviendrai si vous le souhaitez au cours des débats. Mais
enfin, il fallait tout de même souligner cette contradiction par rapport aux aspirations
autonomistes, voire indépendantistes de certains leaders du LKP, et non des moindres. 
 
Et pour faire un peu d’humour : En bons révolutionnaires, et en ayant un peu le sens de
l’Histoire – je pense ici à 1789 –, n’aurait-il pas été souhaitable pour le LKP d’investir ces
états généraux et d’y imposer sa marche, voire même de se proclamer Assemblée
constituante, comme le demande expressément le Parti communiste guadeloupéen membre
éminent du LKP ?
 
Mais avançons. Le LKP l’a officiellement annoncé : il boycottera les états généraux. Ce qui
signifie donc que la totalité des organisations syndicales de Guadeloupe n’y participera pas.
A noter aussi que les collectifs de la Réunion et de Martinique sont solidaires du LKP. Par
conséquent, certes l’on peut toujours dénoncer la politique de la chaise vide, mais reste que
cette absence du LKP – collectif issu de la société civile à l’origine de la grogne sociale dans
les DOM – va fortement affaiblir la portée des états généraux. Et cela n’a pas échappé aux
plus hautes autorités de l’Etat, d’où le flou artistique et le retard à l’allumage de ces états
généraux. 
 
Enfin, sur le fond : Je ne m’attarderai pas – tant cela a été décrié par tous – sur l’excès de
précipitation dans l’organisation des états généraux, ainsi que les délais trop courts, dès lors
que l’on souhaite vraiment prendre le temps des débats de fond. A noter que certains se
félicitent déjà que ceux-ci aient été repoussés jusqu’en septembre. Mais soyons sérieux, je
ne vois pas de différence entre des états généraux qui s’arrêtent en juin, ou qui se terminent
en septembre : Combien de guadeloupéens pourront se targuer de participer aux débats
durant les vacances de juillet/août ? Et je ne m’attarderai pas non plus sur les modalités
d’organisation des ces états généraux, avec la mise en place de commissions par thèmes ;
thèmes du reste imposés sans concertations, et qui prêtent à discussions, du fait de
l’absence notamment de problématiques importantes comme les finances des collectivités
locales, ou encore la santé, l’éducation et le logement social, cela a été fortement souligné
par la fédération ; commissions animées par des personnalités locales, qui pour certaines
d’entre elles pourraient poser problème. Comment garantir ensuite que les débats ne soient
pas par trop orientés, et les propos tenus fidèlement retranscrits ? Mais tout ceci n’est que
la résultante d’une trop grande improvisation de la part du Gouvernement, ce qui risque
encore d’affaiblir la parole et les décisions de celui-ci. 
 
Sur le fond donc : Peut-on à proprement parler d’états généraux, dès lors que les décisions
relèveront en dernier ressort du Gouvernement, et non des citoyens domiens ? Il s’agit ni
plus ni moins d’une vaste consultation populaire, qui est tout simplement en train de virer à
une vaste farce, et dont on ne peut exclure certaines logiques un peu trop démagogiques et
politiciennes. Consultation de masse dont la droite a le secret depuis 10 ans en France : on
consulte le plus largement possible dans un secteur donné ou sur un thème donné, on jure
d’avoir retranscrit fidèlement les débats, et puis au final on prend des décisions qui sont très
souvent à l’opposé des aspirations du plus grand nombre, mais qui vont toutes dans le
même sens, c’est-à-dire celui de la réforme de l’Etat, mais dans le sens néolibéral : la
restriction toujours plus étendue du périmètre de l’Etat, au nom de la rareté des deniers
publics ; rareté pourtant organisée par ceux-là même qui la déplorent, notamment par la
réduction continue d’impôts pour les plus aisés, les plus riches échappant totalement à
l’impôt aujourd’hui. C’est pourquoi le LKP a quelque part raison en déclarant que tout est
plié d’avance, d’autant que l’on connaît les convictions du Premier ministre pour les DOM : Il
est tant pour ces départements d’envisager « l’autonomie économique », dans un contexte
de « rareté des deniers publics ». Non que je ne défende pas l’idée d’une plus grande
responsabilité locale, au contraire. Mais cela ne peut se faire dans la précipitation, et cela
suppose préalablement que nous ayons, nous guadeloupéens, clairement débattus les
cadres d’un nouveau contrat social. Victorin Lurel proposait notamment la tenue d’un
référendum sur les questions d’évolution institutionnelle d’ici 2013, et il a mille fois raison,
ces délais sont très raisonnables.
 
Alors, nous devons maintenant regarder vers le Congrès des élus du 7 mai 2009, qui lui va
proposer la mise en place de vrais états généraux, bien que très ambitieux dans ses objectifs.
Mais cela me semble être la bonne démarche : on prend le temps de consulter tous les
concitoyens, ainsi que toute la société civile sur tout le territoire, on tâche de définir un
nouveau contrat social local, et l’on transmet ensuite les délibérations au Gouvernement,
dont les choix devront s’imposer à lui, quitte à envisager la tenue in fine d’un référendum
local à l’initiative des collectivité locales, comme le prévoit l’article 72 de la Constitution.
 
Je vous remercie de m’avoir écouté.
 
Intervention de David Dahomay, membre du Parti socialiste.
 
PS : Les propos tenus ici n’engagent que moi, et donc aucunement la fédération du PS.
 
 
 
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24 avril 2009 5 24 /04 /avril /2009 02:07
INTERVIEW
''Nous ne pourrons revenir en arrière et renouer avec une économie à forte croissance''


Basé à Santa Rosa, en Californie, consultant auprès du Post Carbon Institute, Richard Heinberg, auteur d'ouvrages remarqués, est mondialement reconnu comme l'un des principaux spécialistes de la question du pic pétrolier. Il nous explique pourquoi la poursuite de la croissance relève selon lui d'une logique insoutenable.
Une interview d'Actu environnement (
www.actu-environnement.com) à commenter.
Actu Environnement : Quels sont les principaux facteurs de déplétion des énergies fossiles ? Qu'est-ce qui vous permet d'affirmer que nous allons bientôt commencer à en manquer ?

Richard Heinberg : Tout d'abord, force est de constater qu'à cause de la récession, les prix du pétrole ont baissé, ce qui entraîne une baisse de la motivation des compagnies pétrolières à se lancer dans des investissements pour développer de nouveaux gisements. Du coup, durant ces six derniers mois, plus de cent milliards de dollars de nouveaux projets pétroliers ont été annulés. Ce qui signifie que, dans les cinq prochaines années, lorsqu'il y aura un regain de l'économie et un sursaut de la demande en pétrole, il y aura moins de pétrole sur le marché que si ces investissements avaient été réalisés. Autre constat : des pays qui importent du pétrole comme les Etats-Unis et la France dépendent des pays exportateurs. Or les pays exportateurs sont confrontés à une demande intérieure en hausse, qu'ils satisfont en priorité, avant de vendre le surplus sur le marché mondial. Par exemple, la demande domestique de pétrole de l'Arabie Saoudite augmente de 7% par an, soit une demande qui double quasiment tous les dix ans. Ce qui veut dire que la quantité de pétrole disponible sur le marché à l'export pourrait décliner très rapidement, alors même que la production décline elle-aussi graduellement. Ce phénomène se vérifie dans d'autres pays exportateurs de pétrole, le Mexique par exemple, qui a longtemps été un exportateur important vers les Etats-Unis. Désormais la production de pétrole du Mexique décline tandis que la demande intérieure augmente. A tel point que le Mexique est en passe de cesser d'exporter du pétrole dans les trois prochaines années. Ce qui veut dire que les Etats-Unis devront faire venir du pétrole d'ailleurs : du Venezuela ou de l'Arabie Saoudite, où le même phénomène est en train de se passer. La production de l'Arabie Saoudite décline en raison des restrictions à l'exportation fixées par l'OPEP afin de soutenir les prix, mais c'est un des rares pays qui n'est pas frappé d'un déclin de sa production en raison de la déplétion géologique. C'est du reste le principal producteur. Car la Russie commence à voir sa production décliner, le Nigéria aussi pour des raisons politiques. Le Brésil, en revanche, a fait de nouvelles découvertes de pétrole, l'Algérie voit sa production augmenter.
AE : Dans votre ouvrage Power Down1, vous analysez les implications de la raréfaction des ressources pétrolières. Quels en sont les enjeux ?
RH : L'enjeu, c'est que nous risquons d'être confrontés dans les toutes prochaines années à des prix très élevés des carburants et à la raréfaction des ressources fossiles - y compris du charbon, dont les réserves ont été largement surestimées. Certes, la récession complique les choses parce qu'elle a pour effet de réduire la demande en énergies fossiles et donne l'impression d'une abondance de pétrole. De même pour l'électricité, qui fait l'objet d'une moindre demande, en raison du ralentissement de l'activité économique, comme c'est le cas en Chine. Pour autant, dès que l'économie va repartir, la demande va augmenter et se heurter aux limites des ressources fossiles, ce qui pourrait projeter l'économie dans une spirale de récession encore plus vertigineuse. A la mi-2008, nous avons vu le prix du pétrole atteindre les 147 dollars le baril. Les gens ont cessé d'acheter des voitures, ils se sont mis à moins conduire, et l'industrie aérienne a beaucoup souffert. Dans notre système économique, tout le monde table sur une croissance continue. Or la croissance implique la hausse de la consommation d'énergie. Du coup, lorsque les prix de l'énergie ont augmenté de manière si dramatique, cela a eu pour effet que les investissements drainés par des actions en bourse jusque là en hausse se sont soudain effondrés comme un château de cartes.
AE : Dans Power Down, vous affirmez que la poursuite de la croissance relève d'une logique insoutenable. Que voulez-vous dire par « power down » ?

RH : Power down renvoie à la nécessité de réduire délibérément la consommation d'énergie. Or ce n'est pas ce qui s'est passé, car la chute de la consommation n'a pas résulté d'un processus délibéré. Ironiquement, ce à quoi nous assistons aujourd'hui, c'est au déclin substantiel des émissions de gaz à effet de serre, et ceci s'explique non pas parce que tous les pays du monde se sont mis autour d'une table et se sont mis d'accord sur un Protocole, mais simplement parce que l'économie s'effondre. Cela aurait été bien mieux de planifier cette réduction, si nous avions été capables de réduire notre consommation d'énergies fossiles sans y être acculés par une crise économique. Mais cela n'a pas été le cas. Malheureusement, la situation risque d'empirer. Je ne pense pas qu'il y ait une solution à la crise économique. Nous allons assister au ralentissement de l'activité économique dans les prochaines années, et ce ralentissement sera tel qu'en aucune manière nous ne pourrons revenir en arrière et renouer avec une économie à forte croissance. Mais ce que nous pouvons faire en revanche, c'est réformer notre économie de manière à ce qu'elle puisse fonctionner avec beaucoup moins d'activité, ce qui implique d'accorder plus d'attention aux services d'intérêt général - éducation, santé, culture…, et de mettre moins l'accent sur la consommation, la production industrielle et toutes les choses que nous considérons d'habitude comme des facteurs de croissance économique.
 
AE : Cela signifierait un autre type de croissance ?

RH : C'est exact. Et cela impliquerait aussi un système financier complètement différent, parce que pour le moment, celui-ci dépend totalement de la croissance. Même la monnaie devrait être réformée. A moins que la monnaie injectée dans le système continue à être en expansion, il arrive un moment où il n'y a plus assez d'argent en circulation pour rembourser les prêts et les intérêts. C'est à ce moment là que les failles apparaissent, et c'est ce à quoi nous assistons aujourd'hui. Il nous faut donc un système monétaire qui ne soit pas basé sur la dette.

AE : Cela voudrait dire, par exemple, de baser cette monnaie sur les ressources naturelles ?

RH : Oui, ce serait une bonne idée. Mais si cette création monétaire est soumise à des taux d'intérêt, elle reste dans un système qui exige une croissance continue. Donc, il faudrait créer des monnaies à des échelles régionales, qui pourraient être adossées aux ressources naturelles, à l'énergie par exemple. Une carte de crédit carbone individuelle serait une possibilité. Certains économistes, comme Herman Daly et Bernard Liétard, qui a contribué à inventer l'euro, en ont fait la proposition.

 
AE : Quel est votre sentiment sur la politique de Barack Obama en matière d'environnement et d'emplois « verts » ?
 
RH : Il fait beaucoup de choses positives. Pour autant, je n'ai pas relevé de signes qui traduiraient une réelle prise de conscience de sa part des défis entraînés par le pic pétrolier (Pick oil). Et donc, malheureusement, sa politique économique et énergétique ne peut qu'échouer, à moins qu'il mette l'accent sur la conservation de l'énergie et le développement des énergies renouvelables. Tout en étant bien conscient qu'on ne pourra pas développer les énergies renouvelables à une échelle et à une vitesse suffisantes pour remplacer les énergies fossiles, à mesure que celles-ci décroîtront. Donc le plus important est de trouver le moyen de vivre avec moins d'énergie. Et cela va avoir des implications sur le secteur des transports, sur notre système alimentaire, sur nos modes d'habitat, et cela a déjà des conséquences sur notre système économique, comme nous pouvons le constater.

AE : Que pensez-vous du projet du président Obama d'instaurer un marché de permis d'émission de CO2 en 2012 ?
 
RH : Je pense que c'est très problématique. Cela pourrait marcher, mais dans des conditions très spécifiques. Des conditions qui supposent que la demande et la production d'énergies fossiles soient prévisibles. Or aujourd'hui même, la demande, tout comme l'offre de ces énergies est imprévisible. Du coup, le prix du carbone sur le marché va être extrêmement volatile et les effets escomptés par les concepteurs de ce marché carbone n'auront pas lieu.

 
AE : Alors, quelle politique suggérez-vous ?
 
RH : Nous devrions rationner les carburants. Les citoyens devraient se voir attribuer une quantité déterminée de pétrole, qui réduirait d'année en année. Certes le mot « rationnement » est tabou et rappelle la deuxième guerre mondiale. Mais je pense que nous entrons dans une période de crise d'une échelle comparable à celle de la deuxième guerre mondiale. Donc nous devons songer à nous rationner afin de conserver l'énergie pour des besoins de base. Pour le moment, le rationnement se fait par les prix. Si les prix quintuplent aux Etats-Unis, seuls les riches pourront continuer à conduire des automobiles. Or, ce n'est pas la manière la plus juste d'allouer des ressources en voie de raréfaction


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24 avril 2009 5 24 /04 /avril /2009 01:03
Karam à Domota : « C'est où il veut, quand il veut ! »

Le délégué interministériel Patrick Karam a proposé hier un débat au porte-parole du collectif guadeloupéen LKP Elie Domota « quand il veut et où il veut ».

« Je voudrais proposer à Domota un débat, j'ai vu qu'il m'avait égratigné dans un meeting, je ne comprends pas pourquoi il a perdu son calme, son sang-froid et a peur de moi », a-t-il déclaré sur RFO.
« Je dis à Domota de m'affronter en débat, je viens en Guadeloupe spécialement pour ça, je lui demande d'accepter de débattre », a ajouté M. Karam, lui-même guadeloupéen, qui reproche au leader du LKP de refuser de participer aux états généraux de l'outre-mer.
« Rendez-vous est pris pour moi, là où il veut, quand il veut », a ajouté le délégué interministériel, qui s'exprimait pour partie en créole.

« Il regarde le train passer »
« Le mec, il se croise les bras, il regarde le train passer, non on n'est pas responsable quand on fait ça », a déclaré M. Karam.
Le délégué interministériel a défendu les élus guadeloupéens, notamment le président du conseil régional Victorin Lurel (PS), « injustement pris pour cible », selon lui, alors que « c'est un leader pour l'ensemble de l'outrer-mer ».
« Dans un système démocratique, c'est pas la rue qui décide, c'est pas la population, c'est les élus, la population est là pour pousser les élus, pas pour les insulter et les lyncher », a-t-il dit. « Est-ce que c'est un pays comme Haïti que l'on veut ? ».


Plaidoyer pour Yves Jégo

M. Karam a affirmé hier qu'il avait été « le premier à écrire au président de la République pour lui dire qu'il fallait garder Yves Jégo », lorsque le secrétaire d'Etat était en difficulté lors de la crise sociale en Guadeloupe.
« On n'allait pas changer trois secrétaires d'Etat en deux ans, ça serait mal perçu par les outre-mer », a ajouté le délégué interministériel pour l'égalité des chances des Français d'outre-mer.
Démissionnaire après les municipales de mars 2008, le prédécesseur de M. Jégo, Christian Estrosi, n'était resté en poste que neuf mois.
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24 avril 2009 5 24 /04 /avril /2009 01:02
INDISCRETIONS
Eric
Eric Jalton, député de la première circonscription, voulait détailler devant ses collègues de l'Assemblée nationale, une question sur... On ne le saura pas puisque Marc Le Fur (UMP), vice-président, président de séance, l'a interrompu après que notre député ait fait, de sa voix traînante, une long préambule. Dialogue :
- Le président : « C'est terminé.
- Eric Jalton : Je n'ai pas atteint mes deux minutes !
- Bernard Roman (PS) : C'est un scandale !
- Maxime Grémetz (PC) : C'est du racisme ! »
Pauvre Eric !

Jean-Marc
Jean-Marc Aurault, député (PS), président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, a fait savoir (voir plus haut) que les conditions dans lesquelles se déroulent les débats « ne sont ni respectueuses des députés et de leurs collaborateurs, ni des fonctionnaires de l'Assemblée nationale. Elles interdisent tout travail sérieux... » On veut bien le croire si l'on interdit à nos élus de s'exprimer plus de deux minutes chacun !

Ernest
L'écrivain et directeur au Conseil général Ernest Pépin a remporté, dans un concours, son poids... en melons !
Le concours était organisé par Victor Sabardin, pionnier de la plantation de melons en Guadeloupe, « écrivailleur », comme il dit, auteur lui-même de plusieurs ouvrages satiriques sur la vie politique locale. Combien pèse Ernest Pépin, c'est la grande question ! Comme écrivain, c'est un homme de poids, auteur de romans publiés dans les meilleures maisons d'édition. D'ailleurs, il est en ce moment en Afrique du Sud à l'invitation de l'Institut Français d'Afrique du Sud pour participer à un colloque sur les créolisations.

Victorin
Vicorin Lurel joue pleinement le jeu des états généraux de l'Outre-mer. En effet, la Région accueille les contributions sur son site www.cr-guadeloupe.fr.

Maryse
Maryse Pochot, ancienne salariée de l'Office du tourisme de Guadeloupe, femme politique abymienne, avait été épinglée par le tribunal correctionnel pointois en 2006. On lui reprochait d'avoir perçu en 1998 au travers d'une association créée pour l'occasion des fonds de l'Office du tourisme, remis pour organiser le village de la Route du rhum. Condamnée en première instance, elle vient d'être renvoyée des fins de la poursuite sans peine ni dépens par la cour d'appel de Basse-Terre... dix ans après les faits reprochés. Maryse Pochot, affirme la décision des magistrats, contrairement à ce qui avait été dit dans le jugement de première instance, n'a pas agi « par esprit de lucre » ni ne s'est comportée comme « un pirate des Caraïbes ».
André-Jean VIDAL
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23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 18:56
Les états généraux de l'outre-mer « prennent l'eau », selon la CGT

La CGT a estimé jeudi que les états généraux de l'Outre-mer, qui se sont ouverts mercredi à Paris « prennent l'eau », du fait du boycottage des collectifs ayant mené les grèves générales en Guadeloupe, Martinique et La Réunion.
« En panne de réponse face à la grève générale engagée dans les Antilles », le président Nicolas Sarkozy avait pris cette initiative qui n'était qu' « une manoeuvre pour déporter le débat des revendications sociales sur le terrain politique », selon un communiqué de la confédération intitulé « les états généraux de l'outre-mer prennent l'eau ».
Le leader du LKP guadeloupéen Elie Domota avait justifié sa non-participation par le fait que « tout a déjà été décidé » par des « technocrates » parisiens.
Pour la CGT, cette manifestation comporte en outre « un calendrier des plus confus ».
Ces états généraux sont censés remettre à plat les problèmes de l'outre-mer. Selon la ministre Michèle Alliot-Marie, y seront abordés « tous les thèmes, sans exception, avec un grand esprit d'ouverture et sans tabou, aussi bien ceux de la gouvernance locale que les problèmes du dialogue social, de la culture, de la mémoire, de la formation jusqu'à ceux de l'identité ».



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23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 18:55
Redécoupage : Aubry écrit à Fillon, lui demande de revoir le projet

La première secrétaire du PS Martine Aubry a demandé jeudi au Premier ministre François Fillon de « revoir » ses propositions sur le redécoupage électoral et s'est dit prête à « travailler » avec le gouvernement si ses intentions sont de parvenir « à un projet équilibré ».
« Ce projet n'est pas conforme à l'exigence de neutralité électorale et de transparence démocratique, je vous demande donc solennellement de revoir vos propositions avant de les transmettre à la Commission » de contrôle du découpage électoral, écrit la maire de Lille dans une lettre au Premier ministre.
« Il est possible d'aboutir à un projet équilibré. Nous serons prêts a y travailler avec vous à condition que votre intention soit effectivement d'y parvenir ».
Pour Mme Aubry, « loin de répondre à l'exigence de neutralité », le projet du gouvernement « vise à rendre plus difficile l'alternance » et aboutit à « un gain de 28 sièges pour la majorité actuelle ».
La patronne du PS rappelle, en outre, que les propositions concernant les Bouches-du-Rhône, la Moselle, Paris, la Guadeloupe, la Martinique, les Français de l'étranger n'ont pas encore été communiquées au PS.
Le secrétaire d'Etat à l'Intérieur Alain Marleix avait regretté jeudi l'interruption de la concertation avec le PS sur le redécoupage électoral projeté par le gouvernement.
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23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 16:40
Réflexions transmises par un correspondant anonyme
 
 
PROTOCOLE DE FIN DE CONFLIT :
Le mouvement du LKP qui a bloqué la Guadeloupe du 20 janvier au 4 mars 2009 a produit l’accord "Bino" et le
protocole de fin de conflit du 4 Mars :  C’est sur ces deux éléments qu’il faut se baser pour mieux
comprendre et définir ce mouvement sur lequel beaucoup de choses ont été dites.
L’accord Bino, à part son préambule sur lequel il faudra revenir, définit que les entreprises verseront 50 euros, l’Etat 100 euros (provisoirement), les collectivités 50 euros(provisoirement).
L’accord du 4 Mars comporte 165 points alors que la plateforme déposée le 20/01 en comportait 119 donc 46 point
supplémentaires.
Pourquoi ?
Voici les rubriques traitées :
• Prestations sociales, minimas sociaux et salaires
• Baisse des prix produits de première nécessite
• Baisse des prix des carburants
• Baisse du prix de l’eau
• Logement
• Transport
• Education
• Formation professionnelle et emploi des jeunes
• Droits syndicaux
• Services publics
• Production : volet agricole et volet pêche
• Aménagement du territoire et infrastructure
• Culture
• Dispositions finales et diverses.
On aurait aimé imaginer qu’il s’agisse du projet de société que la Guadeloupe aurait fait pour elle même ....
Pas du tout, ce sont les domaines dans lesquels la Guadeloupe exige qu’on fasse pour elle. 
« fé sa ban mwen ! »
L’Etat (et ses administrations) est concerné 104 fois.
Les collectivités locales et divers organismes locaux sont concernés 78 fois.
....88 fois, l’un ou l’autre est sollicité financièrement d’une manière ou d’une autre.
Chaque fois qu’elles sont citées, les entreprises ou les employeurs que sont les administrations, le sont financièrement d’une manière ou d’une autre.

 « Ban mwen l’agent »
La situation que traduit ces documents illustre effectivement que ceux qui les ont promus sont toujours dans le schéma de l’économie de plantation (préambule de l’accord Bino) où il y a un « patron » plein de privilèges et de sous, et une masse de travailleurs opprimés.
Il est évident que les choses ont sensiblement changées au cours du XXè siècle, mais surtout, les craquements qui annoncent, non pas des évolutions, mais des ruptures imminentes ne sont absolument pas prises en compte.
Mais pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple, même si c’est faux : c’est un excellent levier.
Ainsi, sur 182 points (104+78), l’Etat, la Région, le Département sont d’accords pour modifier immédiatement leurs budgets, leur organisation, leurs projets, leurs tâches, leur politique.
Si tel est le cas, ce n’est pas un protocole de fin de conflit qu’ils auraient dû signer, mais leur démission. 
Ou bien notre organisation démocratique est incapable de correspondre aux attentes du peuple, 
Ou bien on fait exprimer au peuple des attentes qui ne sont pas démocratiques. Mais dans les deux cas il y a un problème fondamental. 
À l’exception des 50 euros payés par les entreprises, les énormes budgets mobilisés pour l’exécution de l’accord, sont des fonds publics, par définition budgétés, ce qui veut dire qu’ils sont limités et déjà affectés.
Les sommes réaffectées hâtivement pour calmer le LKP vont entraîner des coupes sombres dans les projets mûrement choisis et programmés en fonction de l’intérêt supérieur de la communauté,
ou augmenter les prélèvements. On parle là de 25 millions pour le Conseil Général, environ 50
pour le conseil Régional, soit en coût direct 75 millions sur les finances locales : une paille !
Si c’est la pression de la rue qui dicte la politique et les budgets, "la pwofitasyon" ce sont alors les élus payés qui ne servent à rien. Résultant de l’accord Bino, on voit (pour la première fois à ma connaissance) l’argent public faire irruption dans les salaires : Grève ou pas, les élus ont-ils le droit d’utiliser l’argent public pour abonder (même sous forme de prime), ce qui est demandé par le LKP : une augmentation de salaire ?
Outre ce financement anormal, voire illégal, il est évident que cet accord entraîne :
Un effet inflationniste immédiat.
Un renforcement de la dépendance de l’économie à l’argent du
contribuable.
Un pallier de plus franchi dans l’économie virtuelle.
Une accentuation du clivage entre nos territoires et leurs voisins tant pour le niveau de vie que pour l’assistanat. 
Une attractivité des produits de métropole renforcée (coûts de production moins élevés). On voit bien que cette mesure n’a donc qu’un seul effet : la démagogie.... Car les effets cités plus haut son justement les axes contre lesquels le LKP dit se battre. Sans oublier les milliers d’emplois et les banqueroutes que le blocage va laisser derrière lui.

Une grève ?
Ainsi nommée par l’ensemble des acteurs, à commencer par le LKP, suivi par l’ensemble des interlocuteurs.... pourquoi ? 
Une grève c’est : Un Mouvement collectif pris à l'initiative de tout ou partie du personnel d'une entreprise, destiné en général à contraindre l'employeur à la négociation des conditions de travail et de rémunération.
J’y ai vu plutôt : 
La sédition : Trouble contre l'ordre public, contre l'autorité légale, qui est concerté, a des meneurs et n'est pas l'action d'un rassemblement fortuit. 
La subversion : Action visant à saper les valeurs et l’ordre établi. 
Un mouvement populiste : Mouvement politique mené par un homme fort, fondé sur le recours au peuple, orienté vers la dénonciation de ce qui menace le peuple en question, et appelant à un changement, à une régénération.
Si, dès le début, ils avaient mis les bons mots sur les évènements, MM Lurel, Gillot, Desforges et Jégo ne seraient pas tombés dans le piège du LKP et auraient évité de passer pour des "incapables". 
Si on soigne une migraine alors qu’il s’agit d’une méningite, on se fait moins de soucis, mais on décède. 
Le populisme, c’est quoi ? 
Un mouvement populiste voit généralement le jour quand on perçoit mal le projet commun, quand les valeurs et les institutions en place s’essoufflent, et quand les égoïsmes sont exacerbés dans une population qui se paupérise. Dans ce contexte, un leader charismatique rencontre une attente sécuritaire (providentielle ?) face à des menaces qu’il n’est pas difficile de cibler. Le Leader charismatique est le pivot du système. Tout repose sur son discours caractérisé par une grande violence symbolique, un nationalisme radical, une opposition systématique entre le peuple, (la masse des travailleurs, est toujours désignée comme un tout homogène, une communauté, parée de toutes les vertus et qui
incarne les vraies valeurs nationales) opposé aux ennemis chargés de tous les maux. C'est une action sociale et politique abrupte et rapide, dont l’objectif est de changer de régime politique, sans plan stratégique net ni idéologie structurée, mais parfaitement rôdée à la manipulation des foules, à la controverse politique et idéologique, aux rapports de forces. Avec un langage simple, avec peu de termes techniques, facilement compréhensibles par tous, il développe une réthorique pleine de bon sens populaire, promet ce qui rassemble une frange déstabilisée de la population, exacerbe une bi-polarisation de la Société (les bons contre les mauvais) et fait l’éloge du peuple à
travers sa culture, son histoire, ses blessures, son folklore, ses martyres pour donner tout son poids à l’identité nationale à laquelle il promet de redonner toute la place qu’elle n’a pas.
Après cette brève définition faut-il envoyer les sous-titres pour vous aider à faire le rapprochement avec des personnes ou des faits ?.... En Amérique du Sud et en Afrique, les mouvements populistes qui sont arrivés au pouvoir n’ont jamais engendré de démocratie, mais on a vu de solides dictatures durer… Durer très longtemps. Seule la nationalisation des ressources vives du pays a permis de mettre en oeuvre les politiques annoncées. 
À part en nationalisant des dettes, comment peut-on se payer une telle aventure en Guadeloupe ? Cette brève analyse permet de comprendre que le blocage de Février n’est qu’une première étape et que la suite est clairement balisée si l’on n’arrive pas à infléchir le cours des évènements. 
Dans le même temps, les évènements ont administré la preuve que la mouvance LKP avait sous son contrôle : 
Les administrations,
La distribution des produts pétroliers,
Le trafic portuaire, 
Le trafic aéro portuaire, 
L’électricité, 
Les transports terrestres personnes et marchandises, 
La distribution des biens de consommation,
Les principaux médias,
La santé,
Les hordes de voyous, 
Des commandos de makoutes... 
Désolé si le tableau est inquiétant, mais il vaut mieux avoir une vue objective du champ de bataille et des forces en présence : il s’agit bien d’un rapport de forces !
 *****
Au-delà de l’évènement créé par le LKP, la seule question importante et urgentissime, c’est l’indépendance de la
Guadeloupe : 400 000 habitants, avec 40% de fonctionnaires (25% en France 20% dans le reste de l’Europe) et 30% de chômeurs., RMI et autres.
Quand on importe 100 €, on n’exporte que 7€ 95% de ce que l’on consomme est importé.
La France est encore plus en faillite aujourd’hui que quand M. Fillon l’annonçait l’an dernier.... et la dette publique voisine avec le crime contre l’humanité à l’encontre des générations futures.
Comment imaginer sereinement de continuer de dépendre à 70% du contribuable d’un État malade et à 95% de compagnies de transports incontrôlables ? Dans un tel contexte, le moindre faux pas entraînera famine et guerre civile. Une révolution serait suicidaire.
Aussi, plutôt que de dresser les uns contre les autres, il faut courageusement réunir autour d’une table toutes les compétences et dessiner le plan de la Guadeloupe de demain capable de s’assumer autant qu’elle le peut. Ça va changer : au lieu de demander de sous, il va falloir bosser !.... et en plus faire preuve d’imagination car la marge de manoeuvre est bien mince : 
Quelles sont les ressources de la Guadeloupe ? 
La canne échappe totalement à notre contrôle : le sucre est sous contrôle de Bruxelles, et son prix doit baisser de 36% sur 8 ans. Nos unités sont gravement déficitaires alors que le prix n’a pas fini de baisser. 
La banane n’a aucune visibilité dans le cadre de l’OCM. 
Le tourisme est sabré chaque fois qu’il semble rebondir. La crise internationale va-t-elle préserver ce secteur ? Rien n’est moins sûr.
Toute l'activité de production se heurte à l’étroitesse du marché :
Face à une offre mondialisée, comment imaginer produire un quelconque bien de consommation localement sans s’appuyer sur une protection douanière ou normative, et sans bénéficier d’exonérations ou subventions quelconques ? 
Les « nouvelles technologies » sont apparues comme une solution possible à un certain moment mais on a vite vu que le « nomadisme » profitait à l’ensemble du monde et le marché est actuellement dominé par des pays émergeants : sommes nous au niveau ? 
C’est pourtant avec ce contexte compliqué qu’il faut trouver un moyen de conserver, autant que faire se peut, le niveau de vie que nous connaissons, ce qui semble être l’option minimum. 
Qui peut relever le défi ? le LKP ou les « pwofitasyoneurs » puisque le décors bipôlaire est planté ? Ni l’un ni l’autre. Surtout pas, l’un contre l’autre. Peut-être l’un avec l’autre....... Ce qui supposerait que l’une et l’autre des deux parties soient disposées à s’asseoir autour d’une table pour construire. 
Peut-on attendre d’un mouvement, subversif, séditieux, populiste, qu’il devienne un partenaire valable pour construire quelque chose, avec qui que ce soit, qui ne lui est pas complètement inféodé, surtout quand il se sent fort ? On a bien vu tout au long des « négociations » le LKP esquiver ostentatoirement toutes les mains tendues et brandir la menace jusqu’à l’absurde.
En refusant de participer aux Etats Généraux, (ça peut changer disent certains ?) le LKP confirme son positionnement: Pas besoin de se gratter la tête pour savoir quel avenir pour le pays : le schéma est tracé : c’est une dictature populiste (choisir le modèle dans la liste...) 
Pas besoin de savoir comment financer un quelconque développement puisqu’ils feront main basse sur toutes les
richesses disponibles au profit de «l’appareil», quelque soit le sort du peuple qu’il dit défendre ou d’une économie qui sera confisquée. 
Surtout ne pas s’impliquer dans un quelconque plan avec les institutions en place ou le camp désigné comme responsable de tous les maux : ce serait se priver du pouvoir de briser à volonté les tentatives de redressement qui déjà sont sur la route. Face à cette posture simpliste mais terriblement efficace en termes de nocivité, la tâche de ceux qui doivent reconstruire n’est pas facile.
 
De plus, pour reconstruire, il faut des bases solides : des fondations.
 
Au cours des évènements nous avons vu : 
Entrave à la liberté de circulation, 
Entrave à la liberté de travailler, 
Pressions sur les personnes, 
Intimidations physiques et morales, 
Exactions diverses et multiples, 
Pillages, 
Émeutes, 
Partialité des médias
 
Les discours incantatoires du Préfet n’ont eu aucun effet : le LKP a fait ce qu’il voulait quand il voulait et l’a fait savoir. 
 
La seule consolation est qu’il n’y a pas eu de mort à cause des forces de l’ordre : c’est une attitude on ne peut plus minimaliste. 
 
Comment aujourd’hui rétablir un fonctionnement conforme à "l’État de droit" que la constitution garantit et que le Préfet est là pour faire respecter ? 
 
Comment, dans ce contexte, élaborer un plan de relance et de développement réaliste ? 
 
Avant d’écoper, il faut commencer par colmater les voies d’eau, non ? 
 
Autrement dit, il revient à l’Etat d’apporter les garanties qu’il saura faire respecter "l’Etat de droit" dans l’île et qu’il est en mesure de contenir les mouvement séditieux et subversifs, faute de quoi, tout projet est voué à l’échec.
 
À moins qu’il ne se résigne : 
 
À faire le jeu de ceux qui descendent dans la rue,
 
À jouer le Père Noël indéfiniment aux frais du contribuable,
 
À quitter la scène de la Guadeloupe ?
 
Parce que c’est plus facile et moins coûteux. 
 
Les réactions enregistrées au cours du mois de Mars semblent montrer que tous les acteurs contournent soigneusement le sujet central : Courage fuyons ! 
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23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 16:38
La Guadeloupe menacée par un tsunami dû à l'effondrement d'un volcan

L'effondrement d'un volcan en Dominique provoquerait un tsunami qui atteindrait en quelques minutes les côtes de la Guadeloupe.
Ce sont les conclusions d'une étude publiée dans la lettre d'information de l'American Geophysical Union.


L'effondrement d'un volcan éteint sur l'île de la Dominique, le Pic du Diable, au sud de la Guadeloupe (voir infographie) provoquerait, selon une étude scientifique menée entre autres par Richard Teeuw, géologue de l'université britannique de Portsmouth, un tsunami qui atteindrait en très peu de temps, l'auteur parle même de « quelques minutes », les côtes de la Guadeloupe située à une quarantaine de kilomètres au nord.
« La question n'est pas de savoir "si" ce glissement de terrain et ce tsunami vont se produire mais "quand" », écrit ce scientifique qui n'y va pas de main morte.
Comment ce morceau de la Dominique pourrait-il s'effondrer si le volcan n'est plus en activité ? M. Teeuw répond : « Le déclic sera probablement un tremblement de terre majeur, intervenant après les pluies diluviennes et l'érosion dues à la saison des ouragans. Cela pourrait se produire dans une centaine d'années ou ça pourrait arriver la semaine prochaine ».

Trois millions de tonnes à la mer, des vagues de cinq mètres
Selon lui, « un morceau de rocher d'un million de tonnes pourrait se détacher de ce volcan, le Pic du Diable, basculer dans l'océan et provoquer un tsunami avec des vagues de trois mètres ». Il se base pour affirmer ceci sur des calculs récents de géologues.
Il poursuit son explication : « Ce glissement de terrain affaiblirait un autre amoncellement de roches, de quelque trois millions de tonnes, provoquant des vagues encore plus importantes, jusqu'à cinq mètres.
Un tel événement causerait d'importants dégâts et ferait également des victimes », conclut cette étude.
Les milliers d'habitants se trouvant sur la côte de la Guadeloupe, entre Basse-Terre et Saint-François, en passant par Marie-Galante, n'auraient pratiquement pas le temps d'aller se réfugier sur les hauteurs, estiment les auteurs. Les dégâts seraient d'autant plus importants que les côtes sont basses sur toute cette zone.
« Beaucoup de plages de la Guadeloupe sont larges, avec de faibles inclinaisons dans la mer, une situation qui les rend particulièrement vulnérables aux tsunamis », souligne Richard Teeuw.
« Cette partie du monde est bien préparée aux risques dus aux ouragans mais est relativement démunie face à l'impact rapide d'un tsunami », ajoute-t-il.

Grâce à Google Earth
La formation de rochers du pic du diable est instable depuis un premier effondrement survenu il y a plusieurs milliers d'années, d'autant que l'érosion a rongé les falaises sous le volcan.
Les géologues ont interprété cette situation en étudiant des images en trois dimensions du site d'exploration Google Earth (earth.google.fr) faisant clairement apparaître des failles dans le rocher.

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