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15 mars 2009 7 15 /03 /mars /2009 14:44
Crise des Antilles : la chute d'un modèle de dépendance
Par Constant Rémond dans Economie à 22:42

Un vent de révolte traverse actuellement les départements d'Outre-mer, exprimant la faillite d'un modèle de développement rendu caduque par la mondialisation. Parti de Guadeloupe, ce mouvement embrase la Martinique, la Réunion, pour toucher demain peut-être la Guyane. L'expression la plus dure du mouvement s'incarne dans le LKP, ce collectif regroupant des mouvements syndicaux et associations culturelles guadeloupéennes. Manipulant habilement les symboles équivoques, ce collectif cristallise une émotion légitime concernant la vie chère, agite des revendications salariales à contre-courant de la crise mondiale, attise des accès identitaires jouant dangereusement avec les ressentiments ethniques. 

Une révolte paradoxale de nantis ? 

Comment expliquer ce vent de révolte, alors que la Guadeloupe et la Martinique représentent des îlots de prospérité dans leur environnement immédiat ? Le PNB par habitant des Antilles françaises s'élève à 18 000 dollars, soit 36 fois plus que les 500 dollars d'Haïti, ce premier pays à avoir acquis l'indépendance en 1804 pour devenir le plus pauvre des Amériques. Bien qu'inférieur à la moyenne hexagonale, le PNB par habitant de la Guadeloupe et Martinique se rapproche de celui du Tarn ou de la Lozère, révélant des performances enviables vu le caractère insulaire de ces territoires éloignés des grandes aires économiques mondiales. 

Ce niveau de vie élevé résulte principalement d'un transfert massif de richesses entre la métropole et les Antilles françaises. Craignant de perdre les dernières reliques de son empire colonial, la France acheta la paix sociale et politique en injectant des milliards de francs et en ouvrant les rangs de la fonction publique hexagonale à des milliers de fonctionnaires antillais. L'explosion démographique de la Guadeloupe et Martinique, lesquelles enregistrent une densité de population trois fois plus élevée qu'en métropole, fut contenue par la soupape de l'émigration métropolitaine. Plus du tiers des antillais français habitent actuellement l'hexagone, privant l'élite antillaise d'un enracinement local qui faciliterait un développement endogène. 

La structure sociale des Antilles reflète l'interventionnisme de l'Etat français, avec ses 40% de fonctionnaires contre 25% en métropole, ses 27% de chômeurs indemnisés, ses 7% de rmiste. Les institutions publiques nourrissent environ les trois-quarts de la population antillaise, laissant au secteur marchand une portion congrue. 

La générosité de l'Etat français ne se limite pas aux fonctionnaires, d'ailleurs payés 40% de plus qu'en métropole, mais arrose ces départements qui bénéficient d'exemptions fiscales et de subventions diverses. Sans les subventions européennes, la banane antillaise ne serait pas compétitive sur le marché international, du fait de la cherté de la main d'oeuvre locale. La Guadeloupe et la Martinique bénéficient d'hôpitaux publics les plus modernes de la région. Leurs infrastructures routières dépassent largement en qualité celles des îles voisines. 

L'interventionnisme de l'Etat renforce l'assistanat des antillais peu sensibilisés à la vie d'entreprise. Cette attente pour l'Etat s'incarne jusqu'à la caricature dans la personne d'Elie Domota, le leader du LKP, qui critique la politique française tout en bénéficiant du régime de faveur d'un haut fonctionnaire de l'ANPE. Les sondages prouvent qu'une large majorité d'antillais s'opposent à l'indépendance, de peur que le cordon ombilical unissant leurs économies sous perfusion à l'hexagone ne se rompe. 

Paradoxalement pourtant, la vie chère aux Antilles ne relève nullement du mythe. Le problème, c'est que cette vie chère résulte précisément de cette relation de dépendance à l'égard de la métropole. Les salaires élevés accordés aux fonctionnaires accroissent mécaniquement le niveau des prix. Plus grave, la nature exclusive des relations commerciales avec la métropole renchérit l'approvisionnement en denrées importées depuis l'hexagone. 

Le manque d'intégration régionale 

Car la raison majeure de la crise réside dans une habitude moribonde d'exclusivité commerciale des anciennes colonies avec la métropole. Relique du système mercantiliste, l'économie des Antilles françaises dédaigne le marché américain pour se focaliser sur la métropole, exportant vers l'Europe des produits à faible valeur ajoutée comme la banane et important les biens manufacturiers ou agricoles que produit l'hexagone. Cette exclusivité commerciale explique pourquoi le marché de Pointe-à-Pitre regorge de pommes françaises alors qu'il serait économiquement plus judicieux de les importer d'Amérique. 

Piégées par leur statut de département français, la Martinique et la Guadeloupe doivent appliquer des normes européennes que n'intègrent pas les produits américains, rendant problématique leur importation. Le matériel médical en Guadeloupe provient directement de l'hexagone alors qu'il serait moins coûteux de s’approvisionner au Vénézuéla. L'octroi des mers, qui consiste en une taxe sur les importations pour financer les collectivités locales, efface l'avantage comparatif d'une importation régionale face à une importation hexagonale. 

Cette relation malsaine d'exclusivité commerciale avec la métropole explique l'aberration d'une balance commerciale totalement déséquilibrée. Ainsi les exportations guadeloupéennes, principalement des produits agricoles, s'élèvent à moins 100 millions d'euros contre 1,6 milliard d'importations. Un déficit aussi chronique de la balance commerciale révèle la pauvreté du tissu industriel des Antilles. 

La tromperie du LKP 

Au lieu de mobiliser les guadeloupéens sur la nécessaire refondation de l'île sur des bases productives, le LKP entretient les antillais dans l'assistanat permanent en exigeant une élévation des bas salaires de 200 euros par mois. Ne résolvant nullement les problèmes de fond, ces augmentations de salaires se traduiront mécaniquement par l'inflation des prix, le renchérissement de la main d'oeuvre et l'exposition accrue des PME à une faillite pure et simple. Un cabinet d'audit guadeloupéen estime que le taux de chômage augmentera fortement à cause des agissements du LKP, passant de 23% à 33% de la population. Déjà concurrencé par les îles voisines où la main d'oeuvre locale s'avère meilleur marché, le seul poumon économique de l'île que constitue le tourisme pâtira d'autant plus que l'image dégradée de la Guadeloupe finira par éloigner les derniers touristes. 

Pourquoi le LKP dupe-t-il autant la population antillaise par cette augmentation suicidaire des salaires ? La stratégie de son fondateur Elie Domota, du nom de ce secrétaire général de l'UGTG dont la charte contient une référence indépendantiste, ne consiste-elle pas à déstabiliser durablement l'économie de l'île, avivant les tensions ethniques avant l'indépendance ? 

Le racisme anti-blanc, une valeur d'avenir ? 

Plus inquiétant encore, le LKP établit un lien entre la pauvreté des noirs et la prééminence des blancs dans la bourgeoisie locale. La désinformation atteint son sommet quand le LKP accuse les prétendus "békés" guadeloupéens, c'est-à-dire les blancs, d'être les descendants des maîtres esclavagistes alors que ces derniers furent en grande partie massacrés en 1794 sous la dictature de Victor Hugues, alors commissaire de la République. Les blancs présents en Guadeloupe proviennent très majoritairement de la métropole après l'abolition de l'esclavage. L'ironie de l'histoire, c'est qu'Elie Domota a peut-être plus de sang "esclavagiste" dans les veines que la plupart des blancs en Guadeloupe, étant lui-même mulâtre et descendant possible d’un aïeul planteur. 

Comment expliquer le ressentiment grandissant de certains noirs guadeloupéens à l'endroit des blancs ? Certes, quelques familles blanches exercent une domination économique sur la grande distribution locale, mais le même constat s'applique à l'hexagone où les entreprises familiales Auchan et Leclerc s'arrogent une position dominante. En réalité, ce ressentiment racial résulte d'une recherche identitaire typique dans une mondialisation amorale, et s'inscrit dans un phénomène beaucoup plus vaste de mise en accusation des Blancs désignés comme les uniques responsables de l'esclavage et de la colonisation. 

En Côte d'Ivoire, au Zimbabwe ou au Soudan, le souvenir de l'esclavage et de la colonisation est instrumentalisé pour excuser l'incurie des gouvernements africains après l'indépendance. Aucun dictateur africain n'aurait l'idée incongrue d'expliquer au colonel Kadhafi que le sous-développement de son pays résulte des raids arabes et de la traite musulmane, pourtant considérablement plus massive et durable que la traite atlantique. Seule la traite atlantique et la colonisation européenne méritent d'être citées comme causes infaillibles de sous-développement, comme si l'Afrique avait été un havre de paix, de bien-être et de liberté avant l'arrivée des explorateurs portugais. 

Cette victimisation se trouve confortée par l'attitude des Occidentaux, qui pratiquent eux-mêmes une culpabilisation effrénée depuis les années 60. La reconnaissance de la traite atlantique comme crime contre l'humanité, les festivités entourant l'abolition de l'esclavage, les manuels scolaires regorgeant de détails sordides contribuent à donner l'impression que la traite atlantique européenne est l'unique prisme par lequel diffuse le malheur des Noirs. Cette vision inexacte de l'histoire, habilement entretenue par les néo-trotskystes pour mieux détruire la société bourgeoise, prive les intéressés de l'effort nécessaire pour se prendre en main, construire une société moderne tournée vers l'avenir, compter sur ses propres ressources pour libérer l'esprit d'entreprendre et rompre avec le fatalisme mortifère. 

Conclusion 

A l'heure d'une crise économique mondiale promettant de décimer les économies moribondes, les antillais trompés par le LKP choisissent délibérément la voie de l'inflation et du chômage. Ce mouvement de gauche radicale agite les tensions raciales pour déstabiliser les Antilles et amorcer un mouvement d'indépendance que la majorité silencieuse des antillais refuse. 

Contre cette tentative de déstabilisation, les bonnes volontés doivent se mobiliser. Refusant la tendance victimaire de nos sociétés promptes à s'émouvoir pour éviter de réfléchir, remettant à sa juste place une reconnaissance de l'esclavage qui outrepasse parfois son rôle pédagogique pour flirter avec l'idéologie, nous devons oeuvrer à un travail de vérité et d'efficacité. Seule une croissance économique endogène solide pourra redonner espoir aux antillais. La fin d'une départementalisation démagogique, une meilleure intégration régionale, l'incitation au retour des antillais porteurs de projets constituent des pistes intéressantes de réflexion. Une vraie révolution consiste à déjouer l'esprit d'assistanat pour revaloriser la valeur travail, l'unique clé d’un développement harmonieux, puissant et pérenne. 


Constant Rémond
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15 mars 2009 7 15 /03 /mars /2009 14:42
La FSU n’est pas contre le rattrapage mais contre la désinformation

La FSU prend position sur la question du rattrapage.



Le service public d’éducation est un droit pour tous.
Il est l’expression de l’égalité républicaine indispensable à chaque citoyen.
Il est donc souhaitable que chaque élève puisse bénéficier de la meilleure formation avec les enseignants les plus qualifiés et dans les meilleures conditions.
 
Nos syndicats ont pour rôle l’information des personnels qui les ont désignés majoritairement par leur suffrages, nous sommes aussi la voix des personnels qui nous ont donné des mandats lors de nos congrès :
 
Lutte contre l’obscurantisme
Non à l’intox et à la désinformation de certains qui font croire que le dispositif est obligatoire et cependant bénévole.
 
Défense d’une culture commune
La logique de socle commun induit une hiérarchisation des matières et des enseignants.
Rien d’étonnant de trouver des défenseurs de la suppression du sport scolaire du mercredi après-midi ou de toutes les activités considérées comme facultatives car exclues du socle.
 
Respect des textes en vigueur et du dialogue social
Le recteur s’était engagé lors de nos premières rencontres à respecter les textes en vigueur.
Il faut croire que sous prétexte d’urgence, « la force prime le droit » et qu’un arrêté puisse être publié sans aucune concertation avec les représentants des personnels et des parents d’élèves (pas d’avis du CEN).
 
Respect du rythme de l’élève
Le décret n°90-236 du 14 mars 1990 fixant les conditions dans lesquelles le calendrier scolaire national peut être adapté prévoit en son titre premier à l’article 1 :
Les recteurs d'académie ont compétence pour procéder, par voie d'arrêté, à des adaptations du calendrier scolaire national rendues nécessaires (…) soit par des circonstances susceptibles de mettre en difficulté, (…) dans l'académie, le fonctionnement du service public d'enseignement.
Ces adaptations ne peuvent avoir pour effet de modifier le nombre ou la durée effective totale des périodes de travail et des périodes de vacances des classes de l'année scolaire ni l'équilibre de leur alternance.
 
En conclusion
Oui au rattrapage positif et efficace qui vise l’acquisition des compétences de base
Oui au volontariat et au bénévolat (dans les circonstances exceptionnelles actuelles)
Oui au respect des élus et du dialogue social
Oui au respect des procédures et des textes
Oui au respect des rythmes d’apprentissage
Oui à la transparence et à la concertation
 
« Il ne faudrait pas que les solutions choisies (curieusement identiques du primaire aux classes prépa) pour faire face à une situation qui est loin d’être aussi dramatique que la névrose ambiante le laisse entendre, engendrent des maux tout aussi préjudiciables que ceux qu’elles sont sensées atténuer » citation d’un collègue enseignant d’EPS.
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15 mars 2009 7 15 /03 /mars /2009 14:41
An Lyanaj (Ensembles)

Composons aux Antilles une manière de peuple, héritier d'une histoire
commune et condamné à se déterminer un avenir -  Par Audrey Pulvar  



C'est un fracas venu de loin. Une houle. Charroi d'alluvions
ancestrales. Grondement de ces voix jamais tranquilles, plusieurs fois
séculaires, qui hantent chacun d'entre-nous, blancs et noirs
créoles-caribéens.

Celles de millions d'hommes et de femmes jetés par-dessus bord. Corps
pourris, mangés par la mort. Corps souffrants, corps punis, vifs,
s'enfonçant dans l'effroi, poumons asphyxiés à peine emplis d'eau
sombre. Elles mugissent, plaintives, au gré de nos courants marins pour,
périodiquement, s'unir en une grande déferlante.

Comme un rappel qu'en dépit du vertige consumériste, de
l'occidentalisation à tous crins, de l'individuation maximale et de la
dilution des savoirs transmis, nous, lucioles d'une Histoire jamais
vraiment sortie de sa nuit, devrions toujours garder en mémoire les
sacrifices imposés par les siècles d'Abomination, au fil desquels naquit
- levé sur les cendres de populations indigènes premières, par ailleurs
massacrées - un peuple Créole-Caribéen issu de terreurs historiques,
d'une Déportation, de migrations et de métissages, porteur du maelström
mondial, inéluctable, devant lequel frémissent aujourd'hui les plus
frileux des occidentaux.

Nombreux parmi nous, sont les lyriques, rêveurs ou utopistes, au choix,
qui disent ces voix furieuses aujourd'hui levées dans un cri impérieux,
grave, unique et venant réclamer leur du.

Cette colère tellurique, dont l'amertume semble faire peuple, gagnant
de semaine en semaine les petits bouts de France éparpillés en mer ou
forêt et soudain tendus dans le même poing fermé, serait de nature,
selon eux, à balayer l'existant, à construire un demain neuf dans lequel
le monde en crise, ravagé par un capitalisme chien méchant, pourrait se
mirer, sûr d'y trouver l'exemple, la force, le questionnement nécessaire
à la reconstruction d'une société humaine. La création, enfin, d'un
nouvel ordre.

Mais les déferlantes parties d'aussi loin ne s'épuisent-elles en route ?
Ne sont-elles déjà arrivées, à plusieurs reprises dans notre jeune
passé, essoufflées, inoffensives vaguelettes, petites toux asthmatiques,
léchant un rivage las ? Des élans plus forts que ces semaines de grève
générale se sont déjà brisés sur le mur des prétentions, peut-être
légitimes, à jouir des biens et services que nous fait miroiter le reste
du monde industrialisé.

Des souffles, aussi puissants que ceux de  <http://www.cesaire.org/>
Césaire ou  <http://www.frantz-fanon.com/> Fanon, n'ont pas réussi à
nous sortir de notre éternelle schizophrénie qui nous fait, aujourd'hui
encore - alors que de toutes parts montent des voix revendiquant la
responsabilité de nous-même, par nous-même pour nous-même- réclamer avec
force de la puissance que nous dénonçons comme dominatrice, qu'elle
consente à régler, pour nous, un quotidien de souffrance économique.

Ce double discours, qui ne nous a pas vu élaborer de nous-même,
responsables, ensemble et sans l'intervention de la lointaine Mère
patrie, un projet de société neuf, réconcilié, constructif, plus
équitable, créatif. Une poétique de la relation enfin concrétisée plutôt
que fantasmée.

Pourquoi l'élaboration d'un tel projet n'a-t-elle été possible ? À quoi
ont servi les combats, les écrits, les discours dits fondateurs, la mort
parfois, de poètes, d'hommes et de femmes politiques ou de syndicalistes
au sortir de la colonisation, si soixante ans après nous pleurons,
encore offusqués, devant ce que nous nommons mépris et si c'est encore
au pouvoir centralisé de décréter, pour nous, quand et pour dire quoi
auront lieu des « Etats généraux de l'Outre-mer » ?!!

Quel manque d'imagination ! N'aurait-il été plus responsable de bâtir
ensemble, an lyanaj - puisque qui noirs, qui békés, qui zendyen, qui
siryen, qui chin'... composons une manière de peuple, héritiers d'une
histoire commune et sommés de nous déterminer un avenir- un projet
global avant d'aller le défendre, an lyanaj, devant la puissance
centrale ? Voilà la petite utopie, la candeur, l'éclat lumineux, la lame
de fond salvatrice, que j'attends, naïve, depuis le lointain rivage d'où
je contemple mon île et les miens. Là réside peut-être l'espoir d'une
réconciliation que je prétends possible.

Une énergie, un effort, progressant sans doute à tâtons. Un
après-cristallisation. Un rêve, fragile mais irréductible devant
l'obstacle. Un défi, qui révélerait sur notre sable chaben, quand la mer
se sera retirée, les conques d'une liberté nouvelle.

Audrey Pulvar

lundi 9 mars 2009

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15 mars 2009 7 15 /03 /mars /2009 14:39
QUESTIONS POSEES PAR UN GUADELOUPEEN DE PARIS
 
Grave … en effet !... « Génocide par substitution » Le Pen n’aurait pas dit mieux !...
Supposons une seconde qu’on remplace « Martinique » par « France », « blanc » par « noir » (ou « arabe ») et « noir » par « blanc ».
Cela provoquerait, bien sûr, un tollé général et des clameurs d’indignation.
Le Procureur de la République, alerté par SOS Racisme ouvrirait immédiatement une instruction pour « incitation à la haine raciale », l’auteur de l’émission et tous les participants se retrouvent devant le juge d’instruction, ou ils encourent amendes, inégibilités et peines de prison.
Mais, bien sûr, ce qui serait inacceptable dans un sens en France, semble accepté, dans l’autre sens, aux Antilles.
Question : quelles ont été les réactions, aux Antilles ? s’il y en a eu, merci de m’envoyer les références.
Voici un extrait d'une émission locale Martiniquaise qui me laisse perplexe ......
link
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15 mars 2009 7 15 /03 /mars /2009 14:38
Jacques Gillot refuse d’adopter la LODEOM

Jacques Gillot « se félicite que la Haute Assemblée ait adopté certains des 100 amendements qu’il a défendus ou cosignés et qui concernent respectivement:
La taxe de 10% sur les courses et les jeux de hasard destinée notamment à compenser les charges des compétences transférées aux collectivités,
La prise en compte de la notion de familles de produits de première nécessité (et non simplement de produits) dont le prix devra faire l’objet d’une diminution conséquente comparativement au prix pratiqué en France Hexagonale.
L’extension aux zones rurales défavorisées du bénéfice de l’exonération de l’Impôt sur les Sociétés prévue pour les Zones Franches Globales d’Activités.
L’alignement du régime d’exonérations fiscales des bailleurs sociaux de l’outremer sur celui de la France hexagonale (amendement adopté à l’unanimité). »
Cependant, Jacques Gillot « regrette en revanche très vivement que la majorité de la Haute Assemblée se soit opposée à l’adoption de plusieurs de ses amendements s’agissant notamment :
De l’extension des Zones Franches Globales d’Activités (ZFGA) aux petits commerces de moins de 11 salariés et à la restauration,
De l’atténuation de la dégressivité dans le temps des avantages de la ZFGA (ce dispositif n’est en effet prévu que pour 10 ans et devient dégressif à l’issue des 5 premières années),
De la hausse des plafonds de salaires éligibles aux  exonérations des ZFGA à 1,6 et 1,8 SMIC au lieu des 1,4 et 1,6 SMIC prévus par le texte de loi,
De la réintégration des cotisations « accidents du travail et maladies professionnelles » que la loi de financement de la sécurité sociale pour 2008 a exclues de l’assiette des exonérations,
Du fait de conditionner le bénéfice des exonérations de cotisations de charges sociales patronales pour les entreprises de plus de 20 salariés à la conclusion d’accords salariaux d’entreprise,
De la création d’une taxe sur les profits considérables réalisés par les sociétés monopolistiques comme la Sara aux Antilles-Guyane,
De la mise en œuvre d’une étude circonstanciée visant à mettre en place un plan d’urgence pour l’emploi et la formation des jeunes,
De la sanctuarisation de la LBU comme socle du financement du logement social outre-mer,
De la mise en œuvre par l’Etat d’un bilan du parc de logements sociaux en outre-mer afin d’initier une véritable politique de  lutte contre l’habitat insalubre. »
Au delà des quelques avancées obtenues, Jacques Gillot a donc décidé de s’abstenir « afin de signifier à la Haute Assemblée son refus de voter en faveur d’un texte qui n’affiche pas d’ambition et d’audace au regard des enjeux colossaux de l’outre-mer en termes de développement économique, d’emploi des jeunes, de logement social et de finances des collectivités locales. »
Na !

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15 mars 2009 7 15 /03 /mars /2009 14:34
QUOI DE NEUF AU PAYS ?

Quoi, de neuf en Guadeloupe ? Les tournées des hôtels et des entreprises pour obtenir une signature de l'accord Bino se sont poursuivies toute la semaine et encore cette fin de semaine.

Nicolas Vion, président du GHTG (Groupement des hôteliers de la Guadeloupe) s'élève contre des visites qu'il qualifie de « musclées ».

EXTORSION ?
Ce soir 12 mars, 19 h 15, quelle est la situation dans l’hôtellerie alors qu'un groupe de syndicalistes se présente dans les entreprises dont SODEXO et WSC pour dire : « L’hôtellerie a signé, alors vous aussi vous devez signer ».
N’ont pas signé :
Le Club Med,
Pierre et Vacances,
La Cocoteraie,
Le Manganao,
Golf Marine,
Le Canella Beach,
La Créole Beach
Les Palmes
Le Mahogany
Yucca,
La Vieille Tour,
La Maison Créole,
Village Soleil,
La Sucrerie du Comté,
Golf Village,
affirme Nicolas Vion, président du GHTG.

Il nous communique ce courrier :

UN DOCUMENT TROUBLANT

Groupement Hôtelier & Touristique Guadeloupéen

Club des hôteliers de la Guadeloupe

Tél : 0590.84.90.90 - Fax : 0590.84.90.91 - Mail : hotelsdeguadeloupe@lamaisoncreole.com

À Mr Bruno IBANEZ Directeur Gal du MANGANAO (Nouvelles Frontières) à Saint François Guadeloupe.

Cher Collègue,

Je réponds à votre dernier mail, très préoccupant.
Vous m’avez rapporté fidèlement, à diverses reprises, par téléphone et mails, vos entretiens lors des visites de Mr LENDO à votre hôtel, alors qu’il est accompagné à chaque fois de quelques uns de vos salariés et de nombreuses personnes étrangères à l’hôtellerie, le “Groupe” variant de 50 à 150 personnes.

Mr LENDO, au nom du LKP, veut vous faire signer avec insistance l’accord BINO et vous avez résisté jusqu’ici : je vous en félicite.

Il s’est présenté à vous dernièrement les 10, 11 et 12 mars.

Vous lui avez dit qu’en accord avec votre siège, vous vous engagiez à appliquer la recommandation patronale hôtelière du GHTG, qui, par la mise en place d’un Bonus de 50€ dont les conditions sont précisées dans la recommandation GHTG ci-jointe, contribue, avec le RTSA de 100 € de l’État, et l’apport de 50 € des deux collectivités Régionale et Départementale, à augmenter les Revenus mensuels des salariés de 200 €, ce qui répondait à la demande du LKP.

Mr LENDO vous a dit que là n’était pas le problème, et qu’il fallait signer l’accord BINO.

Il a ajouté que si vous signiez, il s’engageait :
•À ne pas demander d’autre hausse salariale sur 2009,
•À ne pas envahir votre hôtel en 2009,
•À ne pas réclamer le paiement des jours de grève !
•Que cependant, il aurait à exprimer d’autres revendications à débattre en 2009.

Vous lui avez demandé de bien vouloir vous confirmer ces engagements par écrit, mais il a refusé, ajoutant que si vous ne signiez pas, JAMAIS votre activité économique ne reprendrait.

Je vous informe qu’il a tenu le même langage à :
•Mr Fabrice MOLINIER Directeur de la Cocoterie (Hôtel 4 * de 52 chambres)
•Mr Armand Amsellem, propriétaire du Canella Beach ( Hôtel 3 * de 150 chambres)
       D’autres  n’ont pas su résister aux pressions, aux menaces, au Chantage.

Alors que la situation touristique est désastreuse, que le trafic aérien total a baissé de 30 % et que la baisse est catastrophique pour la seule clientèle de nos hôtels,
Alors que nos hôtels sont vides,
Que nous n’avons plus de recettes,
Que nous ne savons pas comment payer les salaires de mars, et pour les plus riches d’entre nous d’Avril,

Mr LENDO annonce :
Si vous ne signez pas, nous nous OPPOSERONS À VOTRE REPRISE ÉCONOMIQUE JUSQU’À CE QUE VOUS FASSIEZ FAILLITE.

Où est l’ÉTAT DE DROIT, Où est LA RÉPUBLIQUE ?

Je vous remercie de votre engagement à défendre les intérêts économiques et sociaux de votre hôtel, mais aussi du Groupement, du Tourisme, de l’Économie et de toute la Guadeloupe.

Nous n’avons malheureusement pas la CHANCE d’avoir des partenaires sociaux avec qui l’on puisse dialoguer comme en a la Martinique.

Les nôtres ne semblent avoir pour objectif que la Révolution, tout en masquant leur démarche derrière une amélioration du sort du plus grand nombre, qui en séduit plus d’un, comme le bon docteur Duvallier avait su séduire en son temps...

Espérons que les exactions, menaces, chantages que nous vivons et dénonçons au quotidien, qui sont inacceptables et intolérables, seront enfin entendues par l’ÉTAT RÉGALIEN.

Nicolas   VION
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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 20:16
Enfin la transparence sur les prix des pompes funèbres
 
A l’initiative de Patrick Karam, délégué interministériel pour l’Égalité des chances des
Français d’outre-mer, le premier site Internet comparatif des prix des pompes funèbres
avec une rubrique « Spéciale outre-mer » sera lancé officiellement le mardi 17 mars
2009 à 10h. La présentation sera effectuée par son concepteur et en présence du
Délégué à la délégation interministérielle (Salle Dumont d’Urville 27, rue Oudinot – Paris
7ème).
Ce site à destination de l’ensemble de la population a été conçu pour répondre aux
attentes spécifiques des Ultramarins. Le Délégué a suscité la création d’un devis type
pour le rapatriement des corps dans les DOM pour mettre un terme à l’opacité qui règne
dans ce secteur.
Avec cette transparence nouvelle, les familles peuvent désormais réduire fortement les
frais liés au décès d’un proche. Le coût peut en effet varier du simple au triple pour les
mêmes prestations. Ce portail mettra en outre à la disposition du grand public une
rubrique « Conseils » exhaustive. 
Ce nouvel outil répond à une forte demande des Ultramarins qui dépensaient jusque-là
non sans difficultés des sommes astronomiques faute d’accès à l’information.
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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 20:15

Les Antillais entre deux écueils

Jean Marie Colombani(www.slate.fr)

La situation guadeloupéenne n'est pas sans rappeler la Nouvelle-Calédonie.
Le début de détente que connaît la Guadeloupe n'est évidemment qu'un répit; souhaitable pour tout
le monde, mais qui laisse entier le problème de l'outre-mer.
Passons par profits et pertes les questions de méthode: imparfaites, tardives, sûrement. Il y a eu
matière à dresser un tableau apocalyptique, puisque l'on peut résumer la séquence en un constat: un
mort et trente jours pour que ça bouge! Pourtant le seul «bug» réel a été l'opposition du Premier
ministre à l'engagement, pris sur place par le secrétaire d'Etat à l'outre-mer, de faire financer par
l'Etat les hausses de salaires auxquelles le patronat local répugnait; et répugne toujours.
Le conflit guadeloupéen a été, en partie, victime du zèle de ceux qui ont trop vite proclamé que l'île
préfigurait la levée en masse espérée en métropole. Dès lors, président et gouvernement n'ont plus
eu qu'une seule obsession: déconnecter, localiser, et ne rien décider qui puisse sortir du cadre
général de gestion de la crise, à savoir une gestion sociale, concentrant les efforts sur les plus
faibles. On peut dire, comme l'a fait le leader de la révolte, que dans un système qui voit les
autorités se précipiter sur place, au chevet des victimes, au moindre incident, il était parfaitement
choquant de laisser le conflit s'étirer en longueur; mais il est difficile de faire grief à un
gouvernement de dire, dans la gestion d'une crise, ce qui est possible et ce qui ne l'est pas. Comme
il était indispensable de tracer une limite entre, selon l'expression de François Fillon, «ce qui est
légitime», à savoir la grève et la manifestation, et ce qui ne l'était pas, les barrages et le tirs contre
les gendarmes.
Pour finir, la crise se solde par une enveloppe qui passe de 100 millions d'euros (total des
engagements pris par Yves Jégo sur place ) à 580 millions, total des annonces présidentielles, qui
équivalent à un véritable plan de relance, il est vrai pour tout l'outre-mer. Effort qui n'est ni
négligeable, ni critiquable, tant sont grandes les difficultés spécifiques de ces îles: taux de chômage
supérieur à 20%, chiffre record de rmistes, qui correspond au nombre très élevé de personnes vivant
sous le seuil de pauvreté, pratiquement un Guadeloupéen sur quatre, distorsions de revenus au
bénéfice du secteur public, et de prix par rapport à la métropole, etc...
Ces territoires vont devoir eux aussi subir les conséquences de la crise mondiale. Guère critiquable,
non plus, la sortie de crise par le haut annoncée par Nicolas Sarkozy, sous la forme d'états généraux
de l'outre-mer, remise à plat et remise en cause de tout un système qui produit d'aussi grandes
difficultés pour les habitants concernés. Et c'est là que la partie risque d'être vraiment difficile, pour
qui veut réformer de bonne foi.
Car il faut d'abord avoir à l'esprit que ces îles sont, au regard de leurs caractéristiques économiques,
la caricature de la métropole, dont elles reproduisent les traits distinctifs: elles vivent d'importations
et de subventions; or aujourd'hui la France vit avec un déficit extérieur record, et des déficits
publics qui sont autant de subventions que nous consentent les générations futures. Certains seront
donc fondés à dire que pour en sortir il leur faudra sortir du cadre national.
Mais il faut aussi accepter l'idée que chaque île, chaque territoire est une histoire spécifique, avec
des aspirations qui le sont tout autant, en même temps qu'une propension très insulaire au
malthusianisme, nourri souvent par un sentiment, et un constat d'enfermement. C'est Gisèle Halimi
qui rapporte ainsi une conversation éclairante avec Aimé Césaire pour qui les Antillais devaient
naviguer entre deux écueils, à ses yeux également dangereux, celui de la ségrégation, qui est une
négation, et celui de l'universalité qui, disait-il, fait courir le risque de la dilution. Lui-même avait
souhaité, à la Libération, la voie de la départementalisation, moyen pour lui de l'émancipation. C'est
la constante recherche de celle-ci qui l'a ensuite conduit vers la revendication de l'autonomisation.
Sarkozy et les jacobins
Autonomie, départementalisation: quel que soit le cas de figure, la France est restée, et veut sans
doute rester jacobine;  la mondialisation a d'ailleurs provoqué une réaction jacobine dans notre plus
récent passé; il suffit pour s'en convaincre de se souvenir de l'échec de Jean-Pierre Raffarin, dont
l'ambition fortement décentralisatrice ne convenait  ni à Jacques Chirac, ni au parti dominant
d'alors, le RPR.
Or nous ne connaissons pas encore le centre de gravité du sarkozysme sur ces questions.  S'il se
montre ouvert, prêt à prendre le risque d'une évolution institutionnelle de l'outre-mer — après tout,
il avait tenté cette ouverture en Corse, avant d'en être découragé par les Corses eux-mêmes — il
risque de heurter de front une grande partie de sa propre famille politique, et ceux qui se sont abrités
derrière elle et qui ont laissé s'installer et perdurer tant de rentes de situation; un seul exemple: qui
se souvient que l'attribution de la desserte maritime des Antilles est allé à la CMA-CGM, après que
leurs propriétaires se soient vus attribuer la reprise de la CGM, le tout sous l'égide de l'un des
prédécesseurs d'Yves Jégo, à savoir Bernard Pons, porte-parole du chiraquisme ultramarin. Il n'est
pas question de mettre en cause le professionnalisme de cet armement, mais à l'époque seule la
CFDT avait protesté et prôné une solution plus favorable à l'économie locale. Bon courage, donc, à
qui voudra réformer!
Si donc, à l'inverse, Nicolas Sarkozy se tient plus près des intérêts traditionnellement représentés
par la droite, il court le risque de voir grossir les rangs de ceux qui, comme en Guadeloupe, ont
voulu et voudront davantage en découdre. Avec une perspective de plus en plus ouvertement
politique. Car à n'en pas douter, la Guadeloupe a vu s'affirmer un leader politique dont l'objectif
presque explicite est l'indépendance.
Le moment ressemble à celui qui a vu, à l'orée des années 1980, s'affirmer, plus ouvertement il est
vrai, un mouvement indépendantiste kanak, en Nouvelle-Calédonie. Alors, Elie Domota-Jean-Marie
Tjibaou, même combat? Le rapprochement est tentant, mais ne convainc pas: même levier
puissamment identitaire, certes, même aptitude au leadership, même conscience aigüe des injustices
et des inégalités; mais Tjibaou était, en gestation et à l'échelle de son territoire, un émule de
Mandela, qui souhaitait n'exclure personne, voulait rassembler «deux couleurs, un seul peuple», et
cherchait à avancer par le dialogue des cultures, sa marque de fabrique, et non par l'affrontement.
J'ignore comment fonctionne ce gouvernement, mais il compte pourtant dans ses rangs un
spécialiste authentique des situations de crise outre-mer, qu'il eut été utile de consulter: il pourra
témoigner au moins de la difficulté de réformer, des obstacles et des menaces qu'il faut être prêt à
affronter, des réseaux qu'il faut combattre et de ceux qui peuvent aider: il s'agit de Christian Blanc.
Il a a vécu et géré la crise calédonienne aux cotés d'Edgard Pisani et qui prit part aux premiers
accords de Matignon. C'est une leçon qui en vaut une autre, et qui peut aider à éviter d'autres erreurs
de méthode ou d'appréciation, si vite interprétée  comme la marque du mépris métropolitain, et si
vite exploitées. Exploitation qui elle aussi méprise le sort de celles et ceux à qui, en tout état de
cause, il faudra laisser le dernier mot.
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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 20:13
La « mémoire » de l'esclavage instrument d'exploitation des métropolitains et des immigrés

Capté sur leNet apr Jean-François.

Pour enrichir la réflexion sociétale en particulier sur la place dans le débat de  l’argumentation « victimaire » .. Intéressant le chiffrage ( à vérifier).
 
Dommage que ce genre d’analyse ne soit pas signé. Peur de représailles ?
 
 
La « mémoire » de l'esclavage instrument d'exploitation des métropolitains et des immigrés
 
Les mouvements de protestation aux Antilles ont des causes économiques et sociales mais aussi, et surtout, des causes raciales et idéologiques.

Le mouvement « Liyanna Kont Pwofitasyon » (LKP) est parti de Guadeloupe le 20 janvier 2009, jour de l’investiture d’Obama.
La première rencontre des manifestants avec le secrétaire d’Etat à l’outre-mer, Yves Jégo, a été fixée au 4 février, jour où, en 1794, la Convention avait aboli l’esclavage !
Les agitateurs savent choisir leurs dates et utiliser les symboles.

Cent soixante ans après son abolition définitive en 1848, c’est encore la « mémoire » de l’esclavage qui sert de socle idéologique aux revendications antillaises.
Le chef syndical guadeloupéen, Elie Domata, surnommé Moïse, porte un tee shirt ainsi libellé : « Sé neg ki libéré neg ».
Selon le discours dominant, la majorité noire serait exploitée par la minorité blanche des métropolitains et des békés qui contrôlent la grande distribution.
Qu’il puisse y avoir dans une situation insulaire, donc de semi-monopole, des abus de position dominante de la part des pétroliers et des épiciers, c’est incontestable.
Que cela rende pleinement compte de la situation économique et sociale des Antilles, assurément pas !
Et la mise en avant de « l’esclavage » comme facteur justificatif des revendications n’est pas intellectuellement recevable.


La « mémoire » de l’esclavage : une arnaque idéologique

Une première remarque chronologique s’impose.
L’esclavage a été aboli aux Antilles françaises il y a 160 ans : six générations plus tard, l’idée qu’il puisse y avoir un peuple « bourreau » et un peuple « martyr » n’est pas acceptable.

= Elle n’est pas acceptable moralement puisqu’elle suppose une responsabilité collective, de surcroît transmissible de génération en génération.

= Elle n’est pas acceptable historiquement, car si presque tous les peuples ont pratiqué l’esclavage (y compris les Africains qui en faisaient commerce), seuls les Européens l’ont aboli.

= Elle n’est pas acceptable génétiquement : l’immense majorité des métropolitains, y compris ceux implantés aujourd’hui aux Antilles, n’ont jamais eu d’ancêtres maîtres ou négociants d’esclaves ; en revanche – et ce n’est pas le moindre des paradoxes – l’immense majorité des Antillais qui sont des métis ont souvent pour souche originelle l’union d’un maître blanc et d’une esclave noire.
« Le Monde » souligne à l’envi que le chef agitateur guadeloupéen Elie Damota est un « chabin » – affectueux terme créole pour désigner un Afro-Caribéen de carnation… claire.
Elie Damota a donc, selon toutes probabilités, des ancêtres maîtres d’esclaves… ; ce qui n’est pas le cas de l’immense majorité des métropolitains qui subventionnent les Antilles avec leurs impôts.


Les Antilles : une économie de transferts en provenance de la métropole

L’Institution d’émission de l’outre-mer, l’IEDOM, équivalent local de la Banque de France, publie des bilans économiques pour chacun des DOM.
Il apparaît clairement à travers leur analyse que ces départements vivent essentiellement des transferts financiers effectués depuis la métropole : traitement de fonctionnaires nationaux et locaux, retraites, allocations chômage, RMI.

L’exemple de la Guadeloupe est à cet égard éclairant.

En 2007, sur une population de 450.622 habitants, il y avait 167.306 actifs dont 39.786 chômeurs ; il y avait aussi 32.052 allocataires du RMI.

En 2006, le PIB s’élevait à 7,750 milliards.
La consommation finale (des ménages et des administrations), considérée comme « moteur de la croissance », en représentait près de 100%.
Signe du transfert massif de biens venus de l’extérieur, les exportations ne représentent que 3,2% du PIB contre 30,9% pour les importations.
Le déficit commercial s’élève à 28% du PIB.
Et même en tenant compte des dépenses des touristes (tourisme affinitaire ou tourisme de loisir), le déficit commercial reste à la hauteur de 25%.

Le compte de l’Etat en Guadeloupe affiche, lui aussi, un déficit massif.
En 2007, les recettes fiscales de l’Etat s’y élevaient à 594 millions d’euros et ses dépenses à 1.400 milliards dont 854 millions pour les charges de personnel.
L’Union européenne apporte aussi sa contribution aux investissements réalisés en Guadeloupe.

L’Etat fait bénéficier les Antilles de nombreux allégements, sociaux et fiscaux : cotisations sociales allégées, abattement sur les impôts sur les revenus et les bénéfices des sociétés, taux de TVA exceptionnellement bas.
La « vie chère » évoquée par les Antillais n’est donc pas la conséquence des impôts d’Etat.
Elle s’explique, en revanche, en partie par la fiscalité des collectivités territoriales : communes, groupements de communes, départements et régions prélèvent en effet une taxe spéciale sur les produits pétroliers ainsi que l’octroi de mer : ce droit de douane, issu du régime colonial, est peu protecteur d’une production locale souvent inexistante, mais c’est une vraie source d’augmentation des prix.
Ce prélèvement sur le consommateur est versé aux collectivités territoriales ; celles-ci le redistribuent localement sous forme de salaires et de prestations sociales selon des logiques souvent « clientélistes ».
A titre d’exemple, en Guadeloupe, les charges de personnels des communes se sont élevées, en 2006, à 265 millions d’euros et les dépenses d’intervention sanitaire et sociale du département à 393 millions d’euros (en 2007).


La « mémoire » de l’esclavage, alibi commode de l’exploitation de l’immigration caribéenne ?

Alors que la situation économique et sociale de la Guadeloupe se caractérise par un pourcentage exceptionnellement fort de chômeurs et d’assistés, ce département français est pourtant de plus en plus concerné par l’immigration étrangère.

Selon les statistiques officielles, la Guadeloupe comptait, en 2004, 27.800 immigrés : venus pour moitié de Haïti et pour le reste de Saint-Domingue et de la Dominique.
A ce chiffre il convient d’ajouter 3.680 demandeurs d’asile.
Et selon l’IEDOM : « La population vivant en situation irrégulière était estimée entre 10.000 et 20.000 clandestins ».
Cette situation peut s’expliquer de différentes manières.

= D’abord, par l’attrait d’un département français pour les habitants des îles voisines indépendantes.
A cet égard le cas de Haïti est exemplaire : cette île, entrée dans l’histoire avec la révolte de Toussaint Louverture, est indépendante depuis plus de deux siècles.
Mais à Haïti  le revenu par tête en 2007 est de 1.900 dollars (contre 17.721 euros en 2006 en Guadeloupe, soit dix fois plus !) ; l’espérance de vie est de 57 ans à Haïti (79 ans en Guadeloupe).
Il est facile dans ces conditions de comprendre pourquoi beaucoup de Haïtiens se tournent vers le paradis antillais : cet « enfer colonial » où il y a un distributeur automatique de billets de banque pour… 1.534 habitants.
Pour les mêmes raisons les Haïtiens se tournent aussi vers la Martinique et la Guyane.

Toutefois, l’arrivée en Guadeloupe de nombreux immigrés des pays voisins n’est pas due seulement au système sanitaire et social français.
Elle s’explique aussi par la répugnance de certains Guadeloupéens, protégés par le filet de l’Etat providence, à accomplir certaines tâches matérielles.
Pourtant réputé « progressiste », le voyagiste Jacques Maillot a déclaré de manière un peu abrupte : « Il y a quelque chose qu’il faut faire remarquer : on ne trouve pas de barman guadeloupéen parce que cela leur rappelle l’esclavage. Je n’ai jamais trouvé un Guadeloupéen compétent pour être directeur d’hôtel et, quand je proposais à certains de le devenir, ils ne voulaient pas ».

Il n’est d’ailleurs pas rare que certains Guyanais, Guadeloupéens ou Martiniquais que la « mémoire » de l’esclavage conduit à délaisser les métiers de service et les tâches manuelles, jugées dévalorisantes, recourent pour les effectuer, chez eux, dans leur jardin ou leur entreprise, à une main-d’œuvre étrangère souvent clandestine sinon… quasi servile !

De même, le contrôle par des familles blanches des grands réseaux de distribution n’explique pas la mise en place, d’abord en Guyane puis progressivement en Guadeloupe et en Martinique, de nombreux petits commerces de dépannage et de restaurants tenus par des… Chinois.


Vers un dénouement de la crise à un milliard d’euros ?

Nul ne sait encore comment se dénouera la crise dans les Antilles françaises.
Mais il est probable qu’elle se terminera par de nouveaux transferts de fonds de la part des contribuables métropolitains.
Alors même que le calme était loin d’être en voie d’être rétabli, le gouvernement avait déjà accepté, au 12 février 2009, tout ou partie de 132 revendications : mise en place généreuse et accélérée (dès 2009) du revenu de solidarité active (RSA), amélioration de l’allocation logement, aide à la restauration scolaire ; au passage en caisse, le « caddie » du gouvernement valait déjà au bas mot 190 millions d’euros, soit 2.000 euros par ménage.

Etendu à l’ensemble de l’outre-mer (Guyane, Martinique, Réunion, en particulier) c’est 1 milliard d’euros supplémentaires (et plus peut-être) qui pourrait peser sur le budget de l’Etat et grever un peu plus le déficit public.


« La Danseuse des Caraïbes » abuse de la culpabilité métropolitaine

Bien entendu, cette manne supplémentaire ne contribuera pas plus que les aides précédentes au développement autocentré des départements concernés.
C’est simplement la poursuite d’une politique finement analysée, en 1998, par un haut fonctionnaire d’inspiration démocrate chrétienne. Dans « La Danseuse des Caraïbes aime trop son père » Nicolas Delahaye écrivait : « Le conflit-séduction trouve son origine dans l’acte fondateur de la société antillaise : la colonisation. Elle a installé chacun des partenaires dans un rôle dont il ne parvient plus à sortir. L’un s’autoflagelle pour une défaite dont il n’est pas responsable mais qu’il revendique en victime. L’autre, par mauvaise conscience, cherche le pardon dans une attitude de laisser-faire qui irrite les frustrations (…) Les relations Antilles françaises/métropole sont typiques d’un rapport parent/enfant. Tous les aspects de la vie sociale et politique ramènent à cette analyse. »

Rien n’a changé depuis, ou plutôt si : de nouveaux transferts ont aggravé les effets pervers de l’Etat providence.
Et l’idéologie de la culpabilisation, véritable fonds de commerce de la classe politique et syndicale antillaise et des associations noires en France, s’est encore renforcée.
L’agitation des années 1960 et des années 1980 se faisait sur fond d’indépendance.
L’agitation d’aujourd’hui s’adosse à un fond de repentance et de demande de « réparation ». C’est moins… risqué et plus… rentable.

Car dans la France multiculturelle et multiraciale du début du XXIe siècle, les Français blancs de souche européenne sont déclarés toujours plus coupables : coupables de la défaite de 1940 comme de l’Occupation et de la Collaboration qui l’ont suivie, coupables de la colonisation, coupables de l’esclavage.
Coupables, coupables, coupables !

Et pour cela les Français blancs doivent payer tribut.
Tribut moral et tribut financier.
Jusqu’où ?
Jusqu’à quand ?
Jusqu’à ce qu’à leur tour ils se révoltent et brisent les grands tabous de l’idéologie dominante que leur impose la cléricature médiatique !
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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 15:51
Un plaidoyer pour l’Art 73 (DOM) inattendue…de la part d’un brillant intellectuel …fable ? ou projet ?

 
 Extrait de l'article  : UN TRACTEUR QUI BRULE OU LE BOOMERANG DE L’HISTOIRE
publié le lundi 9 mars 2009 par Raphaël CONFIANT in MontrayKreyol.

Le dilemme du présent

Reste que les explications historiques, c’est bien joli, mais pour diriger (ou prétendre diriger) un pays, on ne peut pas s’en contenter. Ceux qui auront à diriger la Martinique autonome de demain, puis la Martinique indépendante d’après-demain, seront bel et bien confrontés à cet énorme problème d’une ville-capitale, à laquelle il faut ajouter son appendice, Schoelcher, dont elle n’est séparée par aucune frontière, qui ne produit strictement rien. Un ensemble parasitaire de 130.000 habitants, soit plus du quart de la population du pays, qui ne survit que grâce aux transferts financiers de l’Etat français, soit de manière directe soit de manière indirecte (impôts locaux, payés par les fonctionnaires notamment). Une aberration dans la Caraïbe où dans aucune île, on n’observe un tel phénomène, même pas en Guadeloupe qui pourtant a subi, et continue de subir, le même système colonial que la Martinique. Cette dernière ressemble à une sorte de pays hydrocéphale, c’est-à-dire un corps maigrichon portant une énorme tête vide.

Pays ingérable donc…

Car si on met de côté l’histoire, la scélératesse des Békés et bla-bla-bla, si on examine froidement ce qui s’est passé l’autre vendredi sur la Rocade, ce n’est jamais que le triste affrontement de la Martinique qui ne produit rien et qui vit des transferts financiers français et de la Martinique qui produit (même si elle pollue, même si elle bénéficie elle aussi de subventions franco-européennes etc.). C’est l’affrontement du Rmiste, du djobeur, du chômeur avec l’agriculteur, qu’il soit conducteur de camion et de tracteur, petit planteur nègre ou gros planteur béké. L’affrontement de la Ville parasite et de la Campagne qui produit. On peut comprendre qu’un tracteur ne symbolise rien pour un Rmiste et qu’il y foute le feu sans le moindre état d’âme, reste que dans une perspective (prochaine ou probable) de prise en charge par les Martiniquais de leur propre pays, cela pose un énorme problème qu’il faudra résoudre aussi sans…états d’âme.

Une fois que les transferts financiers, allocations, 40% et autres subventions franco-européens ne couleront plus à flot, il faudra bien s’attaquer au problème de l’hydrocéphalie de la Martinique. Et là, je ne vois, pour ma part, que des lois communistes pour tenter de le résoudre :

. loi contre le parasitisme de la Cuba communiste : la ley sobre el estado peligroso (la loi sur l’état dangereux), dans son article 72, poursuit ceux qu’elle nomme les « parasites sociaux », les « délinquants » et autres « criminels », en fait ceux qui refusent de travailler.

. loi visant au transfert à la campagne des populations inutiles dans les villes du Cambodge communiste : sans sombrer dans le polpotisme, il est clair qu’une Martinique non dépendante d’un Papa Blanc ne pourra pas vivre avec plus du quart de sa population dans la capitale d’autant que cette capitale ne produit rien du tout. Cette Martinique ne pourra pas supporter non plus que sa région la plus fertile, le Nord-Atlantique, continue à se désertifier. Il faudra donc prendre des mesures de transfert de certaines populations urbaines vers ladite région.

. loi instaurant une sorte de passeport pour empêcher l’exode rural et l’installation anarchique dans les villes de la Chine communiste : un habitant des campagnes chinoises ne peut pas décider de quitter sa campagne pour s’installer en ville comme un habitant de Macouba peut décider d’aller vivre à Fort-de-France. En Chine, il faut un « pass », une autorisation de résidence en ville, et tous les jours des dizaines de milliers de « mingong » ou travailleurs migrants sont refoulés sans ménagements vers les campagnes.

. loi instaurant l’enfant unique de la Chine communiste : la Martinique a déjà une densité de 240 habitants au Km2, l’une des plus fortes du monde, et son territoire n’est, hélas, pas extensible, ce qui veut dire qu’au-delà de 400.000 habitants notre pays devient ingérable à tous points de vue (économique, écologique, social etc.), sauf à compter sur l’aide extérieure ou, pour appeler un chat un chat, la charité internationale. Il faudra trouver un moyen de stopper la natalité et d’enrayer ce cinéma de milliers de femmes qui font quatre ou cinq enfants, qui vivent d’allocations (« Je travaille pour la Caf ! » ironisent certaines), qui passent leur journées à regarder des feuilletons du genre « Amour, gloire et connerie », qui paradent (y compris dans les manifs !) avec des colliers-forçat et des lunettes de soleil dernier cri et qui, pour certaines, pestent contre les immigrés saint-luciens et haïtiens qui viennent « voler le travail des Martiniquais ». Dans une Martinique responsable de son destin, 1 enfant par femme ou par couple, ce sera bien suffisant.

On comprend que certains de nos « grands » révolutionnaires, mesurant sans doute l’ampleur et la sévérité des mesures qu’il faudra prendre dans une Martinique devenue responsable d’elle-même, préfèrent évacuer la question du statut et se complaire dans la seule défense des droits des travailleurs au sein du confortable cocon « domien » et franco-européen. Car ils savent pertinemment que ce qu’ils réclament à hauts cris aujourd’hui, jamais ils ne pourraient l’obtenir dans une Martinique autonome et encore moins indépendante. Ils savent bien que dans aucun pays indépendant de la Caraïbe__que ce soit la très communiste Cuba au nord ou la très capitaliste Barbade au sud__on ne verrait une grève générale bloquer le pays pendant plus d’un mois. Pourtant, dans ces îles, quel qu’en soit le régime politique, il existe bel et bien de la « pwofitasion » et autant, sinon plus qu’en Martinique ! Frantz Fanon, dans « L’An V de la Révolution algérienne », avait d’ailleurs pointé du doigt le fait que dans une colonie, la lutte des classes peut gêner, voire entraver, la lutte de libération nationale. Ce qu’il écrivait à propos d’une vraie colonie, d’une colonie classique comme l’était l’Algérie est dix fois plus vrai dans une colonie aberrante, une colonie de consommation comme la Martinique.

Répétons-le : une Martinique autonome demain et indépendante après-demain ne pourra résoudre la question de l’hydrocéphalie de notre pays que par l’instauration de lois communistes. Celles évoquées plus haut.

J’attends donc que certains aient le culot de me traiter de réactionnaire petit-bourgeois pro-capitaliste !

Raphaël Confiant
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