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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 15:27
GUADELOUPE : TOUT L'ACCORD NE SERA "PROBABLEMENT PAS" ÉTENDU

Le gouvernement ne va "probablement pas" étendre à toutes les entreprises privées de Guadeloupe le passage de l'accord ayant mis fin à la grève générale et qui prévoit une hausse de 200 euros pour les bas salaires, a déclaré jeudi le président de la CGPME, Jean-François Roubaud.

"En droit" il peut étendre tout l'accord, "mais il ne va probablement pas le faire", a déclaré M. Roubaud, lors d'une rencontre avec l'Association des journalistes d'information sociale (AJIS).
Selon lui, le gouvernement s'achemine vers une solution consistant à "retrancher de l'accord les points litigieux que sont le préambule qui parle d' "économie de plantation" (...) et l'article 5 qui parle des 200 euros".
"Il n'y a pas d'engagements mais nous avons eu des conversations avec le Premier ministre et Yves Jego", le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, a-t-il dit.
"Le gouvernement peut modifier le texte signé et ne proposer à l'extension que certaines parties du texte", a-t-il souligné.
A ce stade, l'accord interprofessionnel sur les salaires en Guadeloupe, conclu le 4 mars après 44 jours de grève générale, n'a été paraphé que par des organisations patronales minoritaires, ce qui limite sa portée à une population de 15 à 30 000 salariés.
Cet accord octroie, suivant un mécanisme complexe, une augmentation de 200 euros/mois aux salariés gagnant entre 1 et 1,4 SMIC, en combinant une hausse de salaire immédiate de 50 euros et des primes des pouvoirs publics, dont 100 euros provisoirement à la charge de l'Etat, mais ensuite des entreprises.

« On ne peut pas engager les entreprises sur des hausses qu'elles ne pourront pas tenir »


Pour s'appliquer à tout le département de Guadeloupe, il faudrait que le ministère du Travail procède à l'extension intégrale de cet accord, en passant outre l'hostilité des organisations patronales non signataires, comme le Medef ou la CGPME.
Ces organisations sont farouchement opposées à l'accord, car, a répété M. Roubaud, "on ne peut pas engager les entreprises sur des hausses qu'elles ne pourront pas tenir". "La partie des 100 euros doit être assumée de manière définitive par l'Etat", a-t-il dit.
Lundi, le ministre du Travail Brice Hortefeux avait refusé de se prononcer sur l'issue de la procédure d'extension, lancée samedi en vertu d'un avis paru au Journal officiel, alors que la Guadeloupe, a-t-il observé, est "en situation de sortie de crise".
"Il y aura une décision qui sera annoncée dans la foulée du 20 mars", date d'examen du texte par les partenaires sociaux siégeant à la sous-commission des conventions et accord, avait-il dit.
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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 15:20
LA GUADELOUPE AU FUTUR ANTÉRIEUR

La Guadeloupe est dans un tel état général que beaucoup craignent que les Etats généraux aient l’effet d’un check-up qui révèle quelques remèdes de charlatans.
La Guadeloupe est descendue dans la rue, parce qu’elle était au bord du gouffre. Les commentateurs sont unanimes. Nous aurions fait un grand pas en avant. En toute logique, on est donc en train de tomber dans le précipice. Et pendant que commence la chute, à mesure que la falaise défile sous nos yeux, ils se disent : Pour le moment, tout va bien. « Rien ne sera plus comme avant. » Cette phrase est censée exprimer un progrès. En fait, elle avoue l’incertitude du lendemain. Nous sommes passés experts en phrases sibyllines. La période serait historique. Historique comme Hugo ? Nous nous gargarisons qu’on ait parlé de nous dans le monde. Comme du tsunami dont on se rappelle les images, mais pas les pays frappés ? Pour cette pub, aurions-nous été jusqu’à lancer deux avions sur notre WTC à nous ? La presse filma la Star academy tropicale, dixit le Préfet, et notre   feuilleton Gwada avait l’insoutenable légèreté de la téléréalité. Un drame se nouait, et les protagonistes jouaient la comédie. Par quel miracle pouvons-nous sortir d’un tel conflit dans l’euphorie apparente ? La foule, une fois dans la rue, fut surprise par son nombre. Elle embauma l’espoir. Au sortir, il y a peu, si peu. L’inclination à la cécité, à la surdité, notre génie collectif dans le négationnisme de cet échec collectif incommensurable, disent notre profond désarroi, promesse de deux dépressions imminentes. Une d’ordre économique, confortée par la crise financière internationale, plus une dépression nerveuse collective. Nous sommes confrontés désormais à la réalité, et elle est têtue. La crise, en cours et à venir, ne cédera ni aux vaines menaces d’extradition du LKP, ni aux rêves incantatoires ni à la politique de l’autruche. Après 44 jours, la grève a été suspendue. Au départ asthmatique congénital, porté à bout de souffle, notre pays survit, en apnée.
Assurance chômage et Garantie Inflation
La Guadeloupe chante au présent. Elle déchantera au futur antérieur. Elle chante « On a gagné ». Au fond d’elle, elle déchante déjà « On aura beaucoup perdu. » Elle se console en se disant « On aura défilé, chanté, espéré, fanfaronné, insulté, invectivé, menacé, déraisonné, illusionné. Enfin, on se sera beaucoup trompé. »
Il n’y a pire erreur en démocratie, que de tuer une si belle espérance collective. Tous mauvais ! Voilà le constat fait par la population, même si les médiocres des uns ne sont pas ceux désignés par les autres. Car la responsabilité de l’échec d’une négociation est collective, incombe à toutes les parties. La présence des médias, avides de spectaculaire, de coups de théâtre, leur a fait oublier à quel point leur mission était essentielle pour ceux qui souffrent. Que le peuple ait apprécié le spectacle de Guignols que donnait au monde notre élite politique et sociale ne leur vaut pas absolution. En tant que citoyen, je ne prends pas pour un progrès de passer du statut de spectateur à téléspectateur de l’Histoire et j’ai peu goûté la démonstration d’immaturité, de puérilité des séances du WTC. Et moins encore les propos à relents racistes dont on se loua qu’ils fussent diffusés urbi et orbi. Je ne suis pas fier que mon pays soit fier de battre un record de durée de grève générale pour aboutir à deux accords médiocres, au fond et dans la forme, bâclés comme par des collégiens pressés d’aller en récréation. Et si le mouvement social devait sa longue durée d’avoir été porté en majorité par ceux qui en subissent peu les effets, fonctionnaires et inactifs de tous horizons ? De même que nos élections locales sont sous influence de ceux qui ne paient pas l’impôt. Parmi nos leaders LKP, les faux idolâtres patentés de Barak Obama, qui s’est demandé pourquoi il n’a pas haussé les salaires américains de 200 dollars ? Parce que c’est la garantie de 15% de chômeurs supplémentaires, de l’inflation. A moins que l’inflation ne soit interdite de séjour chez nous par le LKP. Pour les jeunes, ce n’est pas en rehaussant la barre salariale et faire démarrer le concours d’embauche à SMIC + 200 € qu’ils entreront plus aisément dans les entreprises. Il faut 8 bénéficiaires d’accord Bino pour compenser la perte de pouvoir d’achat d’un seul licenciement. L’île était déjà malade. Elle est meurtrie, affaiblie, et sa cohésion sociale est en haillons. Et pour quel gain ? Elle aurait accouché d’une nouvelle  société ? Mais quel visage a donc cette nouvelle société putative ? Est-elle plus libre ? On est libre de le croire ! Est-elle plus fraternelle ? Qui peut le croire ? Serait-elle plus équitable ? On a peine à le croire, c’est le contraire !
Solidarité ou Lyannaj pou pwofitasyon ?
« Pwofitasyon » signifie abus, de surcroît commis au détriment d’un plus faible. Or, l’accord Bino a laissé les plus faibles sur le bord du chemin. Qui sont nos pauvres ? C’est une famille monoparentale. C’est un pléonasme que dire qu’elle est dirigée par une femme, une tautologie, qu’elle ne peut travailler et élever ses trois enfants à charge.  La pauvreté chez nous, c’est comme sur le Titanic, « les femmes et les enfants d’abord ». Pas de 200 € pour nos mères privées d’emploi. Que des syndicats abandonnent le peuple au profit de leurs mandants salariés n’est pas surprenant. Ils auraient toutefois pu avoir la décence de ne pas jouer aux défenseurs de la veuve et l’orphelin, ceux-là même précisément qu’ils ont abandonnés à leur plus triste sort. L’abandon est moins excusable de la part des élus, qui n’ont rien compris, ou n’ont rien dit. Il est condamnable que l’Etat en toute conscience ait laissé commettre ce véritable hold-up, perpétré sous ses yeux, avec sa bénédiction. Le projet initial d’extension du RSA qu’il proposait et qui fut refusé par le LKP, était plus favorable aux ménages à bas revenus que l’accord Bino, qui ne concerne que les salariés. De RSA à RTSA, un mot avait disparu : solidarité. La comparaison de la presse est édifiante. Un couple ayant deux enfants, disposant d’un salaire, pour un emploi à mi temps, aurait perçu 492 € de plus. Cette famille, de par l’accord Bino, recevra moins de 200 €. Le célibataire sans enfant qui occupe un emploi à temps plein n’aurait perçu que 26 € de RSA. Il percevra 200 € dans l’accord Bino. En fait, pour en finir, l’Etat a accepté que l’argent du RSA soit détourné au profit des salariés. C’est un choix. Ce n’est pas le choix de la justice, ni celui de l’équité. Les autres laissés pour compte sont les personnes âgées, les chômeurs et les handicapés qui défilent en fauteuil. L’apport de 25 € des collectivités revient à exonérer ces salariés de taxe d’habitation, ou foncière, que va toujours payer le plus démuni. L’accord Bino porte en lui des vices cachés qui renforcent l’inégalité, et creusent encore l’écart entre les plus défavorisés et le reste de la société. Qui a imaginé que la guerre contre la pwofitasyon finirait donc en… pwofitasyon de plus grande envergure ?
Aki yo ? LKP ? Courage, fuyons !
Les séminaristes et les fidèles des grand messes médiatiques de notre hivernage brûlant se sont fourvoyés… dans un concert d’autosatisfaction. Les journalistes ont oublié leur carte de presse et sorti leur carte syndicale. On aurait gagné à ce que certains bénéficient d’une carte d’invalidité pour être dispensés de couvrir l’événement à la manière d’un supporter chauvin. Les intellectuels n’ont pas été d’une grande utilité dans la période tourmentée. Pour l’essentiel, ils se sont plus à approuver ou à se taire « gentiment ». Même leurs explications se devaient d’être estampillées politiquement correct par le LKP. Or, l’intellectuel qui cesse d’exercer sa fonction critique n’a pas d’utilité. Certains ont y vu la naissance d’une improbable opinion publique. Si on ne change pas la société par décret, légalement, crée-t-on une opinion publique par diktat démagogique d’un groupe informel sans projet, ni imagination ? Ceux qui ont chauffé le climat amenant ce cyclone social étaient mal préparés à le gérer. On peut le comprendre. Mais alors il leur aurait fallu faire preuve d’humilité. Ils furent au contraire présomptueux, fanfarons et donc ridicules. Qui des acteurs du WTC est formé au logiciel pour administrer un pays, dans toutes ses dimensions, économique, sociale, culturelle, etc. ? Le Préfet seul. Et les syndicalistes fonctionnaires qui sont ses subalternes tous les jours, loin en dessous dans la hiérarchie, ont cru bon de se moquer de lui. Dans le silence des agneaux, les élus furent lâchement complice. Ils n’ont pas tardé à être punis, sacrifiés à leur tour sur l’autel de revanche de toutes nos frustrations, celles justifiées par l’injustice des figures imposées des modèles économique et social de la mondialisation, de nos tares en gestion publique, tout comme les chutes subies dans nos figures libres, et les fruits accumulés de nos propres insuffisances, de nos propres carences, individuelles et collectives.
De Che Guevarra à… Papa Yaya
Que dire d’un accord en 165 points dont 20% à peine est signifiant, avec les effets contre productifs décrits. Il y a des signes non trompeurs. Lorsque sur la poitrine de nos guides, l’effigie de Papa Yaya chasse celle Che Guevarra, alors la messe noire est dite. On « copie colle » la page de faits divers du journal pour écrire notre livre d’histoire. Comment s’étonner que le volet culturel de l’accord de fin de conflit dénote une totale absence de réflexion  et ressemble plutôt à un bouillon de culture, où vont incuber des esprits folklorisés, incultes. Enfin, la pseudo révolution, tellement conservatrice, se caractérise par le non dit, par les problématiques tues. On glosa éducation, sans évoquer l’échec scolaire, plutôt explosif dans notre système éducatif, le plus couteux du monde. Les élèves, les étudiants sont les œufs cassés de l’omelette à 200 € que consomment les petits salariés. Serions-nous un peuple anthropophage ? Sans doute pas. Mais plutôt un peuple de réducteurs de têtes, vu la production de matière grise rejetée à la mer. Dans un  « lyannaj kont pwogrésyon », autre LKP, on a fait un pont qui a failli relier Bethléem au Golgotha, allant des vacances scolaires de Noël à celles de Pâques. Combien sont-ils, ces Mozart noirs qu’on assassine ? Pendant que l’on conteste le monopôle sous contrôle d’Etat de la Sara, le conseil général a offert 120 millions d’euro de terres agricoles à GDF Suez, plus le monopole incontrôlé du stockage des déchets. De quoi payer les 200 € pendant 10 ans. La question vitale du traitement de nos déchets était-elle le 166e point de l’accord ? A moins que l’imprimante des Verts et des (écologistes) pas mûrs du LKP soit tombée en panne d’encre. On nous propose une nouvelle société dont les principes sont les même qu’An tan Sorin. Notre futur serait donc dans le passé. Un futur antérieur en somme. Conjugué à l’impératif, s’il vous plait, un temps qui n’est pas le plus démocratique. Mais c’est logique. An tan Sorin, c’est un sale temps, un temps de guerre, un temps de restrictions des libertés. C’était le temps des gouverneurs. Et dans l’armée mexicaine nationaliste du LKP, il y a un quarteron de généraux en retraite qui aimerait bien jouer à l’apprenti gouverneur comme au club de 3e âge.
Domota Prix Nobel d’économie ?
A mesure que les clameurs se taisent, la réalité reprend le dessus. Les gagnants de ce conflit ne seraient-ils pas les « pwofitè » ? L’accord Bino a redonné raison à un patronat qui veut le profit sans les charges. Si le salarié demande 200 €, le réflexe patronal est d’en appeler à l’Etat. Avec les collectivités, il va payer les ¾ de l’addition. En outre, pendant la lutte de baisse des prix, ceux-ci ont explosé. Les grandes surfaces pourront réduire leurs frais de publicité. Le LKP fait leur pub. Il est désormais notoire que la grande distribution pratique les plus bas prix, sur les produits de première nécessité. Ce qui leur permettra de se rattraper sur les écrans plats et le champagne acheté par la clientèle drainée par le LKP. Un jour, il aura sa statue dans l’entrée d’un hypermarché. Le prophète Elie peut-il expliquer à quoi il sert de faire baisser les prix de grandes surfaces si c’est pour arrêter de pousser les caddies. Dire de cesser d’acheter brutalement les produits d’importation, c’est vouloir plonger l’économie dans la dépression, tuer tout le commerce et nous faire vite apprendre le goût de la malnutrition et du striptease. Au bilan que l’on peut faire aujourd’hui, le LKP n’a pas réussi son pari. Il n’est parvenu qu’à une destination opposée à celle de sa feuille de route. Le pouvoir d’achat des 200€ de quelques uns est largement mangé par une « inflation pour tous » et un jeu de vases communicants. Les 3/4 des 200 € seront payés par les bénéficiaires, sous forme d’impôts nationaux, locaux et de taxes diverses. C’est donc un gain en trompe l’œil. Après avoir mobilisé contre les cadeaux excessifs au patronat sous forme d’exonération, l’accord Bino est le papier d’emballage d’un cadeau au patronat. L’Etat, les collectivités versent 150€ de salaire pendant que les « pwofitè » vont encaisser les profits. Cette « révolution », c’est le retour à l’URSS du temps de Brejnev, mais au profit du privé. C’est une révolution au sens astronomique, celle qui nous ramène au point de départ. Le résultat final est mièvre s’agissant du pouvoir d’achat. La redistribution des revenus a plutôt opéré un recul. Le prophète Elie a provoqué l’effet Saint Mathieu. « A ceux qui ont, il sera donné davantage, et à ceux qui n’ont pas, on prendra ce qu’ils n’ont pas. » Si l’épouse du patron qui fait du secrétariat et vient travailler dans sa limousine va bénéficier de l’Accord Bino sur les bas salaires, comme leur fils qui y bénéficie d’un emploi, réel ou fictif d’ailleurs, sa maîtresse, femme au foyer à qui il a fait trois enfants, n’a pas droit aux 200 €. Sauf si elle est très gentille avec lui… La Guadeloupe est féminine. A la table de négociation, il n’y avait que des machos ? Peu étonnant que dans la négociation, la Guadeloupe fut oubliée. Et ce n’est pas une surprise. C’est plutôt l’habitude. Une triste habitude.
Après la crise, hélas, le show continue. Faute de nouvelle société, Yves Jégo parle à son tour d’un nouvel ordre économique local, mais ne met dans sa loi de développement que les sempiternelles exonérations. Si nous devions trouver ici une alternative au capitalisme triomphant, ce qui est l’objet de recherches dans les laboratoires de toutes les universités, nous passerions alors directement de  « l’économie de plantation » au Prix Nobel d’économie. On a le droit de rêver.
Alain Lesueur. Enarque, mais Guadeloupéen, et donc chômeur
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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 15:19
JACQUES GILLOT SE FÉLICITE AUSSI
LODEOM : Jacques Gillot défend ses premiers amendements en faveur du pouvoir d’achat et de la relance de l’économie.

A l’occasion de l’examen, en cours, de la LODEOM, et conformément au discours qu’il a prononcé hier en discussion générale afin de réclamer du Gouvernement « de l’audace et de l’ambition en faveur de l’économie des territoires ultramarins et particulièrement de la Guadeloupe », le Sénateur Gillot a introduit près d’une centaine d’amendements au texte de loi.
Jacques Gillot « se félicite ainsi que la Haute Assemblée ait adopté deux amendements qu’il a défendus » et qui tendaient respectivement à la prise en compte, conformément aux accords signés en Guadeloupe, de la notion de familles de produits de première nécessité dont le prix devra faire l’objet d’une diminution conséquente comparativement au prix pratiqué en France Hexagonale (et non simplement de produits comme initialement prévu par le texte).
Mais aussi à l’extension aux zones rurales défavorisées du bénéfice de l’exonération de l’Impôt sur les Sociétés prévue pour les Zones Franches Globales d’Activités.
Jacques Gillot regrette en revanche « très vivement que la majorité de la Haute Assemblée n’ait pas choisi d’adopter plusieurs de ses amendements qui auraient permis aux petites entreprises de mieux résister à la crise et de distribuer davantage de pouvoir d’achat à leurs salariés » grâce notamment à l’extension des Zones Franches Globales d’Activités (ZFGA) aux petits commerces de moins de 11 salariés et à la restauration, à l’Atténuation de la dégressivité dans le temps des avantages de la ZFGA (ce dispositif n’est en effet prévu que pour 10 ans et devient dégressif à l’issue des 5 premières années), à la hausse des plafonds de salaires pour les exonérations des ZFGA à 1,6 et 1,8 SMIC au lieu des 1,4 et 1,6 SMIC prévus par le texte de loi, à la réintégration des cotisations « accidents du travail et maladies professionnelles » que la loi de financement de la sécurité sociale pour 2008 a exclu de l’assiette des exonérations.
Le Sénateur Gillot « regrette également que le Sénat ait refusé de conditionner le bénéfice des exonérations de cotisations de charges sociales patronales pour les entreprises de plus de 20 salariés à la conclusion d’accord salariaux d’entreprise, alors même que le rapporteur de la commission des finances jugeait cet amendement « vertueux ». »
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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 15:18
LUREL AUTOSATISFAIT

Victorin Lurel « se félicite du vote d'un prélèvement sur les jeux de hasard au profit des collectivités d'outre-mer, mais il regrette le rejet de la taxation des profits des compagnies pétrolières.

 
Victorin Lurel, député et président du Conseil régional de la Guadeloupe, se félicite de l'adoption de l'amendement du groupe socialiste au Sénat visant à créer un prélèvement de 10% sur les sommes engagées dans les départements d'outre-mer dans les courses et les jeux de hasard au profit des collectivités d'outre-mer.
En effet, il s'agit là d'une des propositions faites avec son collègue Jacques Gillot, sénateur et président du Conseil général de la Guadeloupe, afin de trouver des ressources supplémentaires au profit des collectivités locales confrontées à de lourdes charges.
Cet amendement, adopté d'une voix au Sénat, doit maintenant être approuvé à l'Assemblée nationale où Victorin Lurel le défendra personnellement Le député regrette cependant le rejet, à une très courte majorité, d'une autre de ses propositions visant à créer une véritable « taxe sur la pwofitasyon » de la compagnie pétrolière Total, actionnaire majoritaire de la SARA, société ayant le monopole de la
distribution du carburant aux Antilles-Guyane.
Rappelant que les modalités d'administration des prix du carburant outre-mer ont notamment pour finalité de permettre une rentabilité de 12% pour la SARA et un surprofit évident pour Total (dont les profits record ont atteint près de 14 milliards d’euros cette année !), Victorin Lurel indique qu'il défendra à son tour cette juste proposition à l'Assemblée nationale afin que les sommes ainsi récupérées puissent
servir, notamment, à la formation professionnelles des ultramarins.
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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 15:18
EN DIRECT DE L'UGTG
voici quelques documents intéressants que nous livre webugtg@gmail.com.

·  W. Selbonne Lettre ouverte à Jean-Michel Prêtre, procureur de la république : http://ugtg.org/article_787.html
·  Claudette Duhamel : Lettre au Procureur de la République : http://ugtg.org/article_788.html
·  La zone blanche globale : http://ugtg.org/article_86.html
·  Racisme en France : le rapport 2007 de l’ENAR : http://ugtg.org/article_603.html
·  L’ ATPC apporte son soutien à Elie DOMOTA : http://ugtg.org/article_786.html
·  MODEMAS : Soyons solidaires des propos d’Elie DOMOTA : http://ugtg.org/article_785.html
·  En liyannaj avec LKP : Opération bay koko pou savon ! : http://ugtg.org/article_783.html
·  A Pôle Emploi Guadeloupe : la mobilisation se poursuit ! : http://ugtg.org/article_782.html
kenbé fô
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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 15:13
PAPY DESPOINTES CONTRE PAPA DOM

Un courrier de Fwiyapin.

Quiconque se frotte de près ou de loin à la désinformation, à la subversion et, plus généralement à l'intoxication, sait que l'amalgame fait partie de la gamme. Pour ceux qui n'ont pas compris, Guaino monnaie Papy Despointes contre Papa Dom.
"Les propos échangés de part et d'autre", dit M. Guaino.
Corrigeons les embrouilles de ce désinformateur :
- d'un côté il y a des propos stupides tenus à son domicile par un homme qui s'exprime mal et dont l'agilité intellectuelle est visiblement absente (propos tenus en 2008), même s'il a créé des centaines d'emplois par sa seule industrie...
- de l'autre, il y a un tribun, orateur charismatique, qui s'exprime en public, et dont les propos sont manifestement destinés à susciter la haine raciale des foules, même s'il est en train de mettre au chômage des milliers de travailleurs par sa seule intention criminelle.
Et le Guaino tombe du ciel, comme par hasard. Au moment précis où le Procureur de la république se décide à poursuivre M. Domota. M. Domota qui, publiquement, de manière répétée et persistante, incite depuis des semaines si ce n'est des années à la haine raciale avec le concours de tous les moyens de l'État, y compris RFO.
Et pourquoi le M. Procureur de la république se décide-t-il à poursuivre M. Domota ? Parce qu'il n'a pas le choix : plainte a été déposée par un particulier.
Si Fwiyapin a compris que selon le Procureur, Domota et Despointes c'est... mèm bèt mèm pwèl. Fwiyapin n'a sans doute pas compris que le Procureur de la république (de Martinique) s'était auto-saisi et sur le champ, alors que celui de la Guadeloupe, fut quelque peu "criqué" après une quasi institutionnalisation du racisme véhiculé par les propos de M. Domota.
Et Guaino tombe du ciel !!! Avec sa balance faussée et des justifications que certains en Allemagne ont avancées au moment de la crise de 29 et des malheurs qui s'en sont...
On a compris. À moins que Guaino ne comprenne ni ce qu'il dit, ni ce qu'on lui dit. Cela expliquerait peut-être en partie le caractère étonnant et très controversé du discours du Président de la République à Dakar en 2007 (et celui non moins surprenant du 19 février 2009 sur RFO). Et, au cas où il ne serait pas le seul, c'est ce qui expliquerait aussi la conduite par l'État de la crise ultra-marine depuis plus de six semaines.

A lire...


Guaino juge que le racisme en Outre-mer est alimenté par "des formes d'injustice"
NOUVELOBS.COM | 08.03.2009 | 17:28 Toute incitation à la violence ou à la haine raciale est "inacceptable" dans la
crise sociale outre-mer, mais le sentiment identitaire y est alimenté par "des formes d'exploitation et d'injustice", a
déclaré dimanche 8 mars Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy. Henri Guaino était interrogé au "Forum"
de Radio-J sur l'ouverture d'une enquête judiciaire, pour provocation à la violence et la haine raciale, après des déclarations du leader syndical guadeloupéen Elie Domota affirmant que les entreprises devraient appliquer l'accord salarial ou quitter l'île et qu'il ne laisserait pas des békés, descendants de colons blancs, "rétablir l'esclavage".
 
 
"Toute incitation à la violence, à la haine raciale, tout usage de la force et de la brutalité dans une démocratie comme la nôtre est inacceptable et doit être condamné", a déclaré Henri Guaino.
Il a toutefois estimé qu'"il y a des propos qui ont été échangés de part et d'autre, en Guadeloupe et en Martinique, qui ne sont pas dignes d'une République comme la nôtre et qui s'apparentent à une approche raciale des problèmes".
Henri Guaino faisait allusion à une autre information judiciaire ouverte en février pour "apologie de crime contre l'humanité et incitation à la haine raciale" à la suite de déclarations d'un béké affirmant "vouloir préserver sa race".
 
 
Dans ces territoires d'outre-mer, "le partage des richesses n'est pas équitable, on est en face d'une économie de rente parfaitement organisée (...). Ce qui fait qu'une partie importante de la population subit une situation d'injustice qui n'est
pas tolérable au sein de la République", a-t-il dit, évoquant "des formes d'exploitation et d'injustice qui ne sont pas acceptables au XXIe siècle". "Quand vous subissez l'injustice, vous avez plus de chances de réveiller le problème identitaire que si tout le monde se sent dans une République de citoyens égaux en droits, en dignité et en devoirs", a-t-il enfin expliqué.  Le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino (Sipa) 
T
"Pas dignes d'une République comme la nôtre" "Le partage des richesses n'est pas équitable" Interrogé sur l'enquête pour provocation à la haine raciale visant le leader du LKP Elie Domota en Guadeloupe, le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy a par ailleurs jugé que toute incitation au racisme était "inacceptable".

 

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11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 23:49
LA LODEOM EXPLIQUÉE

Au terme d’une concertation approfondie avec l’ensemble des élus et des socio-professionnels
d’Outre-Mer, le projet de loi pour le développement économique de l’Outre-Mer est débattu depuis
le mardi 10 mars au Sénat.
Le projet de loi pour le développement économique de l’Outre-Mer (LODEOM) met en œuvre des
orientations volontaristes : 
- pour faire baisser durablement le chômage (plus de 22 % aujourd’hui), la création de zones
franches d’activités (fiche 2) qui allégeront les coûts de fonctionnement des entreprises et
favoriseront le développement endogène des économies ;
- pour réduire les files d’attentes en matière de logements sociaux, la mise en place d’un
véritable plan de relance des constructions (fiche 3) qui permet de compléter les
financements existants avec un nouveau produit de défiscalisation ;
- pour prendre en compte les besoins des citoyens, un dispositif de continuité territoriale
étendu (fiche 4) et des mesures adaptées par territoire (fiche 6) ;
- enfin, une réforme des dispositifs dont l’efficacité n’est plus avérée.
 
Les mesures prévues dès juillet dernier doivent être adaptées pour tenir compte de la crise à la
fois économique et sociale qui a touché les départements d’Outre-Mer (fiche 5).
Le Président de la République a ainsi décidé que le projet LODEOM pourrait être amélioré à
hauteur de 150 M€, afin d’accélérer la relance Outre-Mer.

link
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11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 23:48
JEAN-FRANçOIS FAIT UN COURS D'HISTOIRE

Avec Wikipédia, notre ami Jean-François nous donne un cours d'histoire.
Quel lien entre les deux cents familles... et nous ?


« La rhétorique du bouc émissaire est vieille comme l’histoire. Le LKP récite l’histoire de son mentor Trotski.  Dans « ou va la France « publié en 1936 le leader de la 4éme international reprenait le thème des 200 familles , causes de toutes les misères de la France.
Aujourd’ hui les Békés remplacent les 200 familles. C’est tellement porteur pour accrocher ceux qui suivent sans se poser de questions ou qui ont peur des représailles.
 Il n’y a peu être pas de leçons de l’histoire , mais on peut y puiser toutes les bonnes recette de grand mère ! », nous dit Jean-François.


Deux cents familles
L'expression « deux cents familles » désignait les deux cents plus gros actionnaires (sur près de 40 000) de la Banque de France pendant l'Entre-deux-guerres.

Historique
Le slogan a été lancé par Édouard Daladier, président du Conseil, lors du Congrès radical de Nantes en 1934 :
« Deux cents familles sont maîtresses de l'économie française et, en fait, de la politique française. Ce sont des forces qu'un État démocratique ne devrait pas tolérer, que Richelieu n'eût pas tolérées dans le royaume de France.
L'influence des deux cents familles pèse sur le système fiscal, sur les transports, sur le crédit. Les deux cents familles placent au pouvoir leurs délégués. Elles interviennent sur l'opinion publique, car elles contrôlent la presse. »
Depuis la création de la Banque de France en 1800, ce système s'est instauré légalement, puisque selon l'article 11 des statuts de la Banque de France, (fixés par la loi du 24 Germinal an XI, loi confirmée par Napoléon Ier le 22 avril 1806), « Les 200 actionnaires qui composeront l'Assemblée générale seront ceux qui seront constatés être, depuis six mois révolus, les plus forts propriétaires de ses actions. »
Ces 200 membres de l'Assemblée générale avaient ainsi le pouvoir de désigner quinze membres du Conseil de régence de la Banque de France.
Dans le contexte de la Grande Dépression économique des années 1930, le slogan des « 200 familles » a été très largement repris, par des milieux politiques aussi opposés que l'extrême-droite, des anarchistes, le Front populaire, et même Léon Trotsky, qui écrit « Dans le cadre du régime bourgeois, de ses lois, de sa mécanique, chacune des « deux cents familles » est incomparablement plus puissante que le gouvernement Blum » (Où va la France ?, 1936).
Après avoir été un thème de campagne électorale, le système de régence fut réformé par une loi du Front populaire, le 24 juillet 1936 :
    ▪    Un gouverneur (assisté de deux sous-gouverneurs) continue de diriger la Banque ;
    ▪    Il n'a plus à justifier de la propriété d'actions de la Banque ;
    ▪    La pratique du serment, tombée en désuétude, est rétablie ;
    ▪    Le conseil général regroupe le gouverneur, les deux sous-gouverneurs, les trois censeurs élus par l'assemblée et vingt conseillers (remplaçant les quinze régents précédents) : deux sont élus par l'assemblée, neuf représentent les intérêts de la nation, huit sont choisis au titre des intérêts économiques et des usagers du crédit, un est élu par le personnel de la Banque ;
    ▪    Par souci d'égalité, au sein de l'assemblée générale, 1 actionnaire = 1 voix.
Cependant, si le système des « 200 actionnaires » a été réformé, les Accords de Matignon du 7 juin 1936, pris entre la Confédération Générale du Travail (CGT) et la Confédération générale de la production française (CGPF, ancêtre du MEDEF) sont parfois considérés comme nuisibles aux petites entreprises, favorisant la concentration industrielle, et renforçant ainsi le pouvoir des 200 familles.
Ainsi, dans Organized Business in France (1957, traduit en français sous le titre La politique du patronat français : 1936-1955, Colin, 1959), le professeur Henry Walter Ehrmann1, du Dartmouth College, écrit :
« Beaucoup d'industriels et de commerçants moyens affiliés à la CGPF estimaient, et ils n'avaient pas tort, que leurs propres organisations les excluaient des activités de l'association.
Les trusts qui les contrôlaient et une douzaine de « grands commis » qui dirigeaient la CGPF en leur nom étaient, aux yeux de beaucoup, de petites entreprises industrielles et commerciales, aussi néfastes que la propagande du Front populaire.
Craignant les conséquences de la nouvelle législation sociale, les petits patrons avaient le sentiment d'avoir été trahis et persistaient à croire à un complot entre « les 200 familles » et le gouvernement marxiste. »

Liste des 200 Familles
Dans La Banque de France au mains des 200 Familles (Comité de vigilance des intellectuels antifascistes, 1936), Francis Delaisi recensait ces 200 familles, parmi lesquelles :
Famille Rothschild (Banquier)
Famille Wendel (Industrielle)
Famille Louis-Dreyfus (Négoce de grains)
Famille Gradis (Commerce)
Famille Darblay (Industrielle)
Famille Stern
Famille Schlumberger
Famille Schneider
Famille Lazard
Famille Worms
Famille Mallet
Famille Hottinguer
Famille Mirabaud
Famille Vernes
Famille Fould
Famille Davillier
Famille Raphaël
Famille Petiet(Industrielle,UCPMI)...

Mensonges et confusions dans la dénonciation des "deux cents familles"
La dénonciation des "deux cents familles" naît de la confusion entre la notion même de famille, une notion floue puisque certaines familles tels les Wendel ou les Peugeot peuvent compter plusieurs centaines de membres, du fait qu'il existe entre ces familles de nombreuses alliances ; et la nommination des Régents de la Banque de France par le collège des 200 premiers actionnaires de l'établissement. Or Parmi les deux cents premiers actionnaires de la Banque de France certaines familles (Rothschild, Wendel, Neuflize...) disposaient de plusieurs membres (réduisant d'autant le nombre de familles), ensuite parmi ces actionnaires entre un quart et un tiers étaient des personnes morales dont l'APHP, la Croix-Rouge française et la CGT (cette dernière étant peut suspecte de participer à un complot capitaliste !). La simple lecture de la liste de ces actionnaires permet de démonter ce piteux mensonge.
La confusion naît également de l'enchevêtrement des "complots" : les Rothschild sont déjà dénoncés comme étant les agents privilégiés du "complot juif mondial", François de Wendel en tant que président du Comité des Forges (ancêtre de l'IUMM) est l'un des homme clef de ce que nous appelerions aujourd'hui le complexe militaro-industrielle. A travers les "deux cents familles" on retrouve la dénonciation des juifs et de marchands de canons (la première guerre mondiale hantait encore tous les esprits) associés pour détruire les institutions.

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11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 22:33
DÉLIRES

Depuis la décision de Jean-Michel Prêtre, procureur de la République à Pointe-à-Pitre, de demander l'ouverture d'une information judiciaire contre Elie Domota pour provocation à la haine raciale et extorsion de signatures, les prises de position reprenant les propos qu'il aurait tenus à RFO tantôt (voir indiscretions.over-blog.fr), les amplifiant, avec demande de poursuites affluent. Ronald Selbonne, Claudette Duhamel, mais aussi les 48 autres représentants du LKP, au cours d'une conférence de presse. Si l'on admet que tous ceux qui reprennent ces propos se rendent complices (ou auteurs principaux quand ils reproduisent les propos), ça va en faire du monde à mettre en examen si un jour il y a une mise en examen. On n'a pas fini de rire — ou de pleurer — avec cette affaire.
AJV
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11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 22:03
« Il n’y a jamais eu volonté d’inciter à la haine raciale », affirme Domota
Soupçonné d’inciter à la haine raciale, Elie Domota affirme s’être exprimé « sans tabou » et dénonce « de mauvaises interprétations ». Ni lui, ni le LKP n’ont d’ambition politique et l’objectif n’est pas l’indépendance de la Guadeloupe, ajoute-t-il, dans un entretien qu'il a accordée à l’AFP.
« Il y a réellement la volonté de faire de mauvaises interprétations », affirme mercredi le porte-parole et leader du LKP. Le parquet de Pointe-à-Pitre a lancé une enquête préliminaire pour provocation à la haine raciale et tentative d’extorsion de signature, après que M. Domota eut déclaré que les entrepreneurs refusant de signer l’accord salarial devraient « quitter la Guadeloupe » et qu’il ne « laisser (ait) pas une bande de békés (descendants de colons blancs) rétablir l’esclavage ».
« Il n’y a jamais eu volonté d’inciter à la haine. Ce ne sont pas des propos racistes », se défend le leader du collectif, dans son bureau, au siège de la centrale syndicale indépendantiste UGTG, à Pointe-à-Pitre.
Au mur, un portrait de Martin Luther King et un drapeau blanc avec la silhouette noire d’un sniper « offert par le Syndicat des travailleurs corses ».
« Aujourd’hui, s’attaquer à un tabou, en disant que la Guadeloupe est et demeure construite sur des rapports de classes et de races, cela choque alors que c’est la vérité ».
Ici, « classe sociale et apparence ethnique, comme par hasard, se confondent », explique-t-il. « Depuis l’abolition de l’esclavage, rien n’a changé ». « Il faut en parler. Sans tabou, sans haine, sans passion, mais il faut en parler », souligne-t-il.
S’agissant des méthodes, souvent intimidantes, employées par le LKP pour que les entreprises signent l’accord prévoyant 200 euros d’augmentation salariale, M. Domota dénonce « mensonge » et « cinéma ».
« Comment voulez-vous qu’on puisse extorquer une signature ? »
Prenant l’exemple du directeur général des supermarchés Match, qui affirmait mardi à la télévision être retenu de force dans son bureau par des syndicalistes, M. Domota explique : « On est en train de négocier. Le type dit qu’il part. N’importe quel syndicaliste, en Creuse ou à Paris va lui dire : + non, mon gars, reste là, on n’a pas fini + . On n’a rien inventé ».

« Le LKP n’a pas vocation à devenir un parti politique ni à promouvoir quiconque à être candidat à une élection particulière »

Son bilan de la grève générale de 44 jours qui a abouti à la satisfaction de 165 revendications ? « Une grande fierté ». « C’est une réussite, mais c’est un début », nuance-t-il. « Il faut continuer, à travailler sur […] tout ce qui est nécessaire à un réel développement économique de la Guadeloupe ».
Cette ambition prendra-t-elle une forme politique ? « Non. Le LKP n’a pas vocation à devenir un parti politique ni à promouvoir quiconque à être candidat à une élection particulière », assure-t-il. Lui y compris : « cela ne m’intéresse pas ».
Quant à la réforme institutionnelle ou statutaire, évoquée par le président Sarkozy, que certaines organisations membres du LKP souhaitent : « sincèrement nous ne pensons pas que cela va régler les problèmes ».
Le projet de loi d’orientation pour le développement économique de l’Outremer (LODEOM), en débat depuis mardi au Sénat, devra par contre être amélioré. « Il s’agit une fois de plus d’accorder des exonérations, sans pour cela qu’on sache où passe cet argent là », regrette-t-il.
« Il faudrait penser au développement de la production agricole, à la production locale dans tous les secteurs, aider les entreprises, les petites entreprises singulièrement, à accéder aux marchés publics et au crédit bancaire ».
Pour les semaines à venir, M. Domota se veut apaisant : « La raison est en train de l’emporter » […] C’est vrai qu’il y a eu un certain nombre de frictions, mais aujourd’hui je crois que le rapport employeur/salarié est en train de revenir à une situation normale ».
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