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31 janvier 2009 6 31 /01 /janvier /2009 03:15
LE PREFET ECRIT AUX GERANTS DE STATIONS SERVICES

Hier, le préfet Nicolas Desforges a expédié une adresse solennelle aux gérants de stations services en grève depuis le 19 janvier et aux compagnies pétrolières, dont Barbotteau et Gaddarkhan. 

Que veulent les gérants de stations ? Le gel de l'implantation de nouvelle structures.
Que veulent les compagnies pétrolières ? L'implantation de quatorze nouvelles stations.
Au fil des négociations, les gérants ont accepté la possibilité de quatre nouvelles stations.
Le préfet Desforges transige pour six nouvelles stations, portant le nombre d'implantations en Guadeloupe à 121 stations au lieu de 115.

" Lettre solennelle du préfet aux gérants de stations services et aux compagnies pétrolières

Depuis le lundi 19 janvier 2009, les gérants de stations service poursuivent un mouvement de grève qui se traduit par la fermeture de la totalité des stations services de l’archipel.

Conscient des retombées rapides d’une telle situation pour la population, j’ai organisé à plusieurs reprises des rencontres entre l’organisation professionnelle des gérants de stations services et les compagnies de distribution de carburants. J’ai écouté avec attention les arguments et les revendications des uns et des autres.

Les discussions avec les parties au conflit me conduisent à considérer que  la consommation de carburants routiers a vraisemblablement atteint un palier et qu’il n’existe pas de perspectives raisonnables d’une forte augmentation du marché en Guadeloupe dans les prochaines années.

Par ailleurs, l’équipement de la Guadeloupe en stations services apparaît satisfaisant.

Je constate aujourd’hui que les Guadeloupéens sont les premières victimes de ce conflit. Ils ne peuvent plus se déplacer, se rendre à leur travail ou faire leurs courses. Les entreprises ne peuvent plus fonctionner et leurs salariés sont inquiets.

Il n’est pas possible de fonctionner durablement sous le régime de la réquisition. 

C’est pourquoi j’ai adressé aujourd’hui à l’organisation des gérants de stations services ainsi qu’aux compagnies de distribution de carburants un appel à la responsabilité.

Dans le cadre de mon rôle de médiateur dans ce conflit, je leur ai fait une proposition qui prend en compte leurs intérêts respectifs sous la forme d’un plafond de 121 stations services en Guadeloupe pendant les trois prochaines années.

Je considère que plus rien ne s’oppose désormais à la réouverture des stations services en Guadeloupe.

J’appelle donc solennellement les gérants de stations services et les compagnies de distribution de carburants à œuvrer en ce sens dès lundi.

J’adresserai un courrier aux élus de la Guadeloupe afin qu’ils apportent leur contribution à la mise en œuvre de cette solution au conflit, notamment en me faisant part de toute initiative qui irait à son encontre.

Seule cette solution, guidée par l’intérêt supérieur de la Guadeloupe, est de nature à permettre rapidement le retour à une vie normale. " 

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30 janvier 2009 5 30 /01 /janvier /2009 12:54
Grosse fatigue

Jeudi matin, les trois présidents, Jean-Claude Malo, de l'Association des maires, Victorin Lurel, du Conseil régional, Jacques Gillot, du Conseil général,étaient en mairie pointoise..Trois hommes qui sont apparus vidés de leur substance, épuisés par un rythme de travail soutanu depuis le début de la semaine. C'est qu'Elie Domota ne leur a pas facilité la vie. L'homme est affûté, connaît ses dossiers, sait manier la sémantique, n'épargne pas ses interlocuteurs.
Et puis, le départ du préfet Desforges, cible facile de toutes les attaques, les a mis au premier plan. Désormais, sur fond d'ambitions politiques, l'échec éventuel de la suite des négociations sera à mettre au passif de celui qui se sera le plus avancé dans des promesses qu'il ne sera pas facile de tenir, sans le soutien financier de l'Etat.

Nicolas Desforges devait-il rester ? Impossible, puisqu'il avait des ordres fermes du gouvernement : lire le message d'Yves Jégo, quitter la salle et réunir des commission de travail en préfecture, lieu neutre par excellence.

Victorin Lurel a-t-il une réelle marge de discussion ? Il a ramené en 2009 les travaux prévus en 2010, pour faire travailler, cette année, les entreprises et artisans. Créer de l'emploi en période de crise.

Jacques Gillot peut-il soutenir son « ami » dans cette épreuve ? Pas simple puisqu'il ne peut agir que sur le social et le logement et que, pour cela, il faut des sous. Comme il se refuse à emprunter... pour éviter de grêver les finances du Département.

Alors, que faire ? Victorin Lurel l'a dit, en mairie de Pointe-à-Pitre, jeudi, devant des élus en nombre. Il faut peut être innover, trouver des solutions indites. Gageons qu'il fera le maximum. d'autres fatigues en perspective.
André-Jean VIDAL

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30 janvier 2009 5 30 /01 /janvier /2009 12:51
Lurel-Gillot-malo : trois hommes pour une parole
Les membres du Collectif Liyannaj kont pwofitasyon tenaient une conférence de presse à la mutualité, jeudi matin. Les élus étaient réunis en mairie de Pointe-à-Pitre pour définir une méthode de travail avant de se rencontrer pour débattre, rédiger des propositions au Collectif.
« Pourquoi sommes-nous là ? Il s’agit de montrer notre révolte suite à l’attitude du gouvernement, de se recentrer sur les réponses à donner. On ne peut pas trouver de réponses dans la méthode choisie. Nous irons sans doute plus loin, en faisant des propositions au gouvernement pour trouver des solutions pérennes au mal-être des Guadeloupéens. » Dans sa déclaration préliminaire, Jacques Gillot, président du conseil général, sénateur, a résumé la matinée d’hier à la mairie de Pointe-à-Pitre.
La veille, les élus avaient décidé, après le départ du préfet Desforges, de se retrouver « pour un grand défilé », ont dit les uns, « pour défiler aux côtés du Collectif Liyannaj kont pwofitasyon », ont dit les autres.
Sauf que, pour défiler il faut être nombreux, que les élus n’étaient qu’une petite centaine (en comptant les conseillers municipaux…) et que, pour défiler avec LKP, il fallait que l’alliance le veuille. Awa, a répondu le Collectif.
Liyannaj a choisi une autre stratégie, sa stratégie, refusant toute compromission avec des élus qu’il considère du bout des lèvres.
Tandis que LKP tenait une conférence de presse (voir par ailleurs), Jacques Gillot et Victorin Lurel, entourés de Jean-Claude Malo, président de l’Association des maires, et Jacques Bangou, puissance invitante, ont dit ce qu’ils comptent faire.
Pas question de laisser le champ libre à l’improvisation. On a rejeté d’emblée les élus qui ont tenté, au cours de la négociation au CWTC de récupérer le mouvement. Ils n’étaient d’ailleurs pas là. Décence ? Non, simplement la tenue d’un conseil municipal aux Abymes où ils ne pouvaient pas ne pas être.

« On commence par de petites phrases… »

Victorin Lurel : « Je n’ai pas aimé hier soir parce qu’au-delà du départ de l’Etat, il y a crise institutionnelle. Que l’Etat parte face à une revendication comme celle-là, ce pourrait être une crise de régime. Bref, je n’aime pas quand les hommes sont piétinés comme l’a été le préfet, comme l’ont été les élus. Je pense que nous devons nous respecter davantage, être tolérants. Il y a des façons de faire… Il y a un désamour de la population pour la classe politique… »
Et de poursuivre : « On commence par de petites phrases, on parle de race… Est-ce qu’il faut régler nos problèmes par la division, la haine ? Soyons vigilants, employons des moyens justes. N’oublions pas que les moyens peuvent contaminer la fin. »
Que propose-t-il ? « Je pense qu’on peut répondre aux interrogations du Collectif de manière économique. Si l’on estime qu’il faut aller plus loin, on peut se donner un calendrier. S’il faut aller devant le peuple, il y a un cycle à modifier. Dans l’immédiat, je vais inviter le conseil régional, le Parti socialiste, pour que l’on voit quelles propositions on peut faire, quelles solutions nous pouvons trouver. »
Rendez-vous a été pris à l'espace régional Région, ce vendredi.
André-Jean VIDAL

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30 janvier 2009 5 30 /01 /janvier /2009 01:00
LETTRE D'UN AMI SUR LE CONFLIT

Au-delà de toute polémique


Bien chers tous,
 
Bonjour,
C’est le temps qui me manquerait pour être plus complet, et non l’envie de partager mon sentiment d’irritation et mon exacerbation légitime relative aux 2 principales diatribes divergentes de ténors de Guadeloupe qui circulent en boucle présentement sur Internet; et ce en dépit d’un contexte calamiteux de terrible crise globalisée que leurs auteurs iraient presque jusqu’à occulter, oublier voire nier l’existence …
 
Je n’ai rien demandé à personne …, plusieurs fois parvenues dans ma messagerie leurs missives m’interpellent forcément …
Effectivement, un long mail à la rigueur ça se supporte, on le lit jusqu’au bout, on le digère et on respire un grand coup, …, on relaxe et calme ses neurones, et on accepte silencieusement de ne point être d’accord avec les images d’esprit qui les font vibrer ces poètes harangueurs politiques …
Mais plus de dix mails en quelques jours pour troubler mes engagements professionnels, ma créativité, ma vie de famille, … et me rappeler leurs pensées purement épidermiques et nombrilistes dans un monde en désarroi, ça commence à bien faire vous en conviendrez …
Me connaissant quelque peu chers amis, vous comprendrez donc que je réagisse en fin de compte à leurs introspections opposées.
Même dans le meilleur des mondes, Trop c’est toujours trop, n’est-ce pas !
 
Toutefois, vous l’aurez deviné, je ne voudrais point polémiquer stérilement ni avec ces poètes voltigeurs et prophètes publics devant l’Eternel, ni avec vous-mêmes, mais plutôt vous formuler (témoignages, chiffres et questions à l’appui, …) que je ne partage point ni leurs approches et analyses sectaristes, ni leurs argumentations irrespectables pour certains compatriotes et qui se voudraient de surcroît plutôt moralisatrices et dévalorisantes sur fond de couleurs de peaux, tandis que dans le même temps le peuple de mon île natale (à moi aussi, excusez-moi du peu), saigné à vif, vit à perpette dans le rouge, croule de dettes et de tracas financiers de toutes sortes, n’a plus d’emploi ni zest d’espoir, vit d’expédients et n’a plus ni confiance dans ce que les hauts fonctionnaires de l’Etat et de l’Administration locale, les hommes politiques de tous bords de sourires et rictus complaisants lui promettent depuis des lustres hors d’âge…
Comme en métropole, les autorités responsables et les dirigeants d’entreprises ne voient même plus qu’il agonit et se meure ce bon peuple de champions quand il le faut, …, vaillant et travailleur de Guadeloupe, dépossédé progressivement de ses terres et ressources alimentaires traditionnelles et essentielles à sa survie, privé à tout jamais de rêves, d’espérance et même de Foi dans son avenir tourmenté qui se dessine pour lui et les siens de manière plutôt cyclonique et volcanique …
Dans ces conditions continuelles de vie dégradante, humiliante, de jonglage permanent, de survie chronique, voire de deshumanisation que voulez-vous que ses réponses fussent ?
 
Bien entendu, il existe d’autres voies créatives de valeurs et de bien être social à explorer rapidement pour l’intérêt conjoint des plus démunis et du plus grand nombre …
Pour ces êtres, chargés du poids du savoir être de la souffrance morale colorée de toute la misère du monde, la cherreté de la vie, privative de tout ce que l’on voit, entend et que l’on pourrait entreprendre avec le fruit de son travail, les  plonge chaque fraction de lumière dans le désarroi de vivre …
Le manque absolu de pouvoir d’achat est bien plus que cruel, abusif, injuste et intolérable envers eux, car il les exclut de tout réconfort, de toute joie, de tout projet de société et de tout Amour à recevoir ou à donner !
Du reste, suivez mon regard, il me semble même totalement incompatible d’aller à l’église chaque samedi soir ou dimanche matin, de se revendiquer comme Chrétien, tout en refusant dans le même temps que les lignes de partage des richesses globales de France et de Guadeloupe ne bougent en ce moment précis où le chômage est plus que galopant et où la solidarité se doit dans la pratique courante d’être plus que jamais offerte, exemplaire,fraternelle et renforcée …
 
Pour mémoire, deux exemples proches de nous par leurs répercussions immédiates dans le temps et l’espace de nos vies vous expliciterons davantage le fruit de mon humeur.
Le saviez-vous, hier fût un lundi terrible et noir pour toute l’Humanité: 50 000 suppressions d’emplois en un jour dans le monde !
Pour être plus précis, des monstres vacillent, trébuchent et se font culbuter à l’autre bout du globe et indirectement nous sommes emportés et ensevellis dans la boue avec : Caterpillar (20 000), Sprint Nextel (8 000), Homme Depot (7 000), ING (7 000), Philips ( 6 000), Corus (3 500) !!!
Et chaque jour nouveau les charrettes se font plus nombreuses et plus lourdes !
Où allons-nous,
A quelle vitesse vertigineuse ?
Quelle est notre destinée à très court terme?
 
Par ailleurs, les oligarques russes sont durement frappés et ruinés à minima par la crise …
Le clin d’oeil d’une éclipse de soleil, cette dernière aura déjà coûté plus de 130 milliards de dollards aux 6 plus grandes fortunes de Russie !
Très endettés, ces oligarques qui furent les plus riches de ce grand pays auront tout perdu de leur superbe, sont ébahis et ne comprennent toujours pas le pourquoi de leurs éradications.
Ils ont été obligés d’accepter l’aide financière du Kremlin revenant ainsi au capital de grands groupes industriels …
 
Ces 2 rappels sinistres et bien réels qui peuplent notre actualité, très éloignés de toute philosophie ou amalgames raciaux nous montrent combien le temps presse pour la Guadeloupe et les Guadeloupéens de toutes origines et de toutes tendances de se retrouver enfin pour un même sursaut de survie, un même projet d’union de vie !
Ce type d’exemples qui font désormais partie du lot commun des repas des terriens montrent combien il est nécessaire et indispensable, impératif et plus que prudent de négocier dans l’urgence des solutions équilibrées de partage des richesses, viables et durables de par le monde, en France et à fortiori en Guadeloupe !
Comme les doigts indissociables et solidaires d’une même main, nous sommes dans le même navire planétaire, rassemblons nos énergies, nos forces vives et bonnes volontés car nous avons tous plus que jamais besoin les uns des autres pour exister tout simplement, …, nous vivifier, nous revaloriser mutuellement, nous sustenter et nous soutenir durant nos épreuves, rattraper la vie et le temps perdu et réussir enfin notre projet collectif de vie en société humaine et fraternelle …
Soyons moins égoîstes dans nos comportements, nos cœurs et nos actes, et en attendant des jours meilleurs partageons au mieux les richesses produites par ceux qui ont la chance, et non plus le mérite, de travailler et ce pour le bien être et l’épanouissement de tous nos frères et compatriotes. …
 
Maintenant chers amis, vous accepterez bien volontiers j’imagine que je rebondisse aux propos qui m’ont semblé particulièrement récupérateurs, agressifs, restrictifs, innapropriés, voire humiliant dans les 2 écrits en circulation,
Tout d’abord le constat suivant n’échappera point à personne.
Barack Hussein OBAMA est devenu président des Etats-Unis non parce qu’il est noir, mais bien parce qu’il a construit sans relâche sa carrure exceptionnelle et son destin d’homme d’Etat, qu’il a plus que démontré son charisme, son dynamisne, son sens des responsabilités et du devoir, ses qualités humaines et de chef suprême, ses compétences remarquables, son pragmatisme d’homme de terrain, son sens de l’écoute, du dialogue, de la proximité et du contact, …, et bien évidemment parce que par voie de conséquence la majorité du peuple américain votant lui fait entière confiance par temps extrême de crise interne et mondiale pour redresser, relancer et construire une nouvelle Amérique plus humaine, solidaire, pacifique et performante,…, et ce bien sûr tant sur le plan national des USA que sur l’échiquier international !
 
Un deuxième constat qui n’échappera point non plus à personne: les présidents des Assemblées territoriales, l’immense majorité des députés, sénateurs, maires, élus et responsables politiques de Guadeloupe sont noirs.
Tout le monde le sait, ils sont aux manettes, rivalisent et pilotent comme bon leur semble, se complaisent d’alliances, …, et les balles de jeux sont dans leur camp depuis belle lurette !
A chacun d’eux de jouer pleinement son rôle de leader et sa partition, de prendre les décisions judicieuses et de poser les actes utiles et incontournables pour développer efficacement et harmonieusement le tissu économique local et caribéen, et sortir parallèlement de la misère noire les plus pauvres de notre archipel !
Nien ne sert plus de courir sans raison pertinente, de voyager ici et là pour la gloriole et se faire voir, de pivoter sur soi-même en permanence, de parader devant les médias, d’invectiver, de rejeter les responsabilités, fautes et erreurs sur ses collègues et compatriotes, de discourir petitement que tout est ok dans l’équipe de son camp, dans Son Assemblée, dans Sa commune, …
N’en déplaise à certains, la couleur de la peau ne sera au grand jamais un critère qualitatif de compétence en management ou ailleurs !
Ce que la Guadeloupe a besoin c’est avant tout d’hommes politiques, de dirigeants, cadres et citoyens honnêtes, compétents et actifs !
 
Le temps s’est considérablement rétrécit et est désormais beaucoup plus pressé que nous ne l’avions toujours crû !
Et, il n’y a guère plus que dans les lignes poétiques romantiques de Lamartine que l’on se complaît à révasser un instant que le temps puisse suspendre son vol en vue de la satisfaction de nos émois et petits plaisirs !
Aujourd’hui, le temps tue à toute allure !
Le temps c’est l’horreur personnifiée et la Mort qui nous fauchent par milliers !
Souvenons-nous en, pas moins de 50 000 suppressions d’emplois hier dans le monde, soit plus que la population de Pointe-à-Pitre !
 
Aussi, attachons-nous à bien clarifier les véritables enjeux, relevons les compromis et défis qui en découlent dès que possible, sortons des bourbiers engluant, des impasses rituelles qui parasitent et paralysent nos actions, pourrissent nos vies et familles, nous stérilisent de haine, rancunes et aigreurs, soyons unis frontalement et déterminés à écourter les échanges face à l’adversité, soyons directs et actifs dans l’intérêt commun, celui qui est prometteur de sens, de réalisations concrètes, progrès, bien-être et succès pour tous les acteurs du développement..
Ne luttons point stérilement par principe pour finir par fermer à terme avec nos désespoirs des entreprises et usines viables …
Ayons conscience que nous ne pouvons plus être heureux lorsque notre voisin, notre frère en Christ a de la peine de vivre dans son foyer ou sa solitude éperdue !
 
Troisième constat: depuis des décennies, en France métropolitaine et en Guadeloupe, certains élus n’ont eu de cesse de laisser fermer les entreprises modernes, jadis prospères et subventionnées outrancièrement par une partie de nos impôts, qui tapissaient leurs propres territoires régionaux et communaux (près d’une vingtaine de sucreries rhumeries en Guadeloupe ne sont plus que des amas de ferraille, …) …
Pourquoi cette volonté du profit forcé et cette soif de destruction immodérée ?
Pourquoi tant de gabegie inconsidérée simplement pour satisfaire son courant politique, pour assouvir sa petite vengeance personnelle, son goût du pouvoir mesquin et pervers ?
N’y a-t-il pas un moyen politique énergique d’arrêter cette hémorragie sans nom dans le département de Guadeloupe, plutôt que de décrier que d’autres réseaux externes et opaques se mettent en place ?
Ne voyez vous pas dans cette accoutumance historique de fermetures rituelles de sucreries rhumeries un lien direct ou indirect avec le dérapage ascendant du taux de chômage extrême que connaît notre archipel aujourd’hui ?
Qui sont les véritables responsables de la disparition de nos usines, outils de production, de la déresponsabilisation et déssocialisation des travailleurs, …, et ce sans aucune contrepartie, sans remplacement à terme d’activités industrielles et/ou de services équivalentes dans les communes et zones ainsi volontairement sinistrées et asphixiées …
Pour autant, la donne a-t-elle changé aux différents niveaux des décisions des responsables l’Etat, des élus des Assemblées territoriales et communes, du Lobying des industriels influents ?
Les normes et règles environnementales et de sécurité en vigueur sont-elles même respectées dans tout l’archipel de Guadeloupe (décharge de PAP, la Boucan, Gande Anse, …) ?
 
Je voudrais enfin vous poser 8 questions dont 5 identitaires permettant de clarifier les pensées structurantes de toute personnes aimant viscéralement la Guadeloupe.
Il me semble que c’est une passage presque obligé pour chacun d’entre nous avant de franchir un cap de réflexions plus collectives.
De par vos réponses, vous prendrez sans doute conscience indirectement de la partie taboue, de toute l’ambiguïté, des contradictions et paradoxes, des positions suggéres et inobjectives qui sont également portées sur le Net en initiant l’ouverture d’un supposé très large débat d’idées …
 
1) qui peut prétendre être Guadeloupéen ou plus Guadeloupéen qu’un autre, sinon le décider subjectivement soi-même et/ou en petits groupes ?
2) quels sont les critères objectifs et cachés, voire légaux, qui permettraient à certains de dire qu’un tel est Guadeloupéen et un autre non ?
3) un Guadeloupéen est-il exclusivement un homme d’origine africaine ?
4) quelle autorité morale et/ou physique existerait dans l’ombre et disposerait des compétences, de la délégation, de la légitimité, du droit international dans son éventuelle Constitution occulte pour effectuer ce tri arbitraire et discriminatoire au sein de la population ?
5) pourquoi les prétendus Guadeloupéens, (dont la grande majorité des ancêtres de toutes couleurs de peaux sont tous venus des 4 coins de la planète à des époques différentes), ne se font-ils pas confiance, refusant ainsi de construire enfin un édifice commun d’exception, généreux, paisible, solidaire et fraternel dans lequel ils seraient tous fiers de leurs différences ?
6) pourquoi les hommes et élus politiques de Guadeloupe éliminent-ils et/ou se privent-ils sciemment (ou laissent-ils éliminer à dessein sans intervenir, …) les forces vives, les fils les plus instruits ) et compétents de l’île qu’ils prétendent respecter, animer développer protéger, … et instruire ?
7) quels sont les objectifs recherchés présentement par ceux qui ont créé ce débat ?
8) sur quoi va déboucher concrètement cet échange entre internautes ?
 
Des questions, il y en auraient évidemment beaucoup d’autres à soulever …
 
Souhaitant vous avoir été utile d’uen manière ou d’une autre dans vos cogitations, votre travail personnel et choix d’introspection identitaire …
Restant à votre écoute,
Bien amicalement.
 Gérard

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29 janvier 2009 4 29 /01 /janvier /2009 20:23
Attention !
Hier matin, réunis dans la salle des délibérations de la mairie de Pointe-à-Pitre, les élus ont parlé d'or. Ils veulent mettre à plat les revendications du collectif Liyannaj kont Pwofitasyon, en commissions d'élus, avant de faire des propositions écrites à Elie Domota et aux membres du Collectif. Conseillers régionaux, conseillers généraux, maires, une centaine d'élus, vont se répartir en commissions thématiques. Hier après-midi, certains ont parlé d'eau, d'électricité, aujourd'hui, la rencontre est à la Région. Un consensus rarement vu. « Et comment irons-nous si nous n'avons pas d'essence ∞ », a demandé Félix Desplan, maire de Pointe-Noire. Plus tard, tandis que l'idée d'un bus qui ferait la collecte des élus de bourg en bourg (à quelle heure va-t-il arriver à Basse-Terre ?) était actée, dans la précipitation, Christian Couchy, autre élu, a lancé, tout rouge, en colère : « Il faut demander que deux stations soient réquisitionnées pour les élus. » Aie, ont dit les autres, si la population apprend ça. Et le même de répliquer, encore plus rouge : « On n'a qu'à dire à la population que c'est pour les élus... Ils vont comprendre. » Oui, ils vont sûrement comprendre, à moins de sécuriser méchamment le site choisi, qu'il y a deux poids... deux mesures.
A.-J. V.

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29 janvier 2009 4 29 /01 /janvier /2009 17:36
UNE REPONSE (EN CRÉOLE) A ERNEST PÉPIN

Il circule sur le web ce document que nous versons au dossier en cours.


VERSION FRANCAISE EN BAS
>
> Zabim, 25 janvyé 2009
>
> Répons pou misyé Pépin.
>
> Misyé Pépin,
>
> Jou 21 janvyé 2009, ou maké on teks non ay sé « Quelle leçon tirer de Barack Obama ? ». Dépi sa, teks-la ja fè lantou a Nichtwel toupatou. Pou otan, on pawti a pep Gwadloup touvé woch-la tonbé an jaden a yo, ki fè jodijou, nou désidé réponn vou.
>
> Dépi tan é tan, moun éséyé esploité moun pou fè lajan. Sa ka fèt dot koté, sa ka fèt an Gwadloup osi. On gran nonm kon’w dwè tèt savé, sé wol a on sendika dè prévwa a kondisyon a travayè. Konba sendikal pèwmet patron péyé travayè a woté a travay yo ka fè ; sé sendika ki fè si alèkilé moun ka travay adan lé méri Gwadloup, pé espéré ni on rètrèt. On gran nonm kon’w dwè tèt savé kè menm si sendika ka ni on konsyans politik, a pa wol a sendika dè réfléchi, a on projé politik, sa sé rol a pawti politik.
>
> Mè ou dwètèt sav osi, si a pa té sendika ki té goumé pou Konsey Jénéral té achté tè agrikol, pa té ké rété hak tè pou Gwadloupéyen. E sé davwa tè agrikol té an men a Konsey Jénéral – ola vou menm ka travay- , pep gwadloupéyen té pé di non a on projé a gwo lotel ki té pou fèt Marigalant ni twa-kat lanné dè sa.
>
> Pou on mon kon vou yo bay jéré kilti pou péyi Gwadloup, lésé moun a kwè kè kilti an nou ka vin tradisyon a pa senplèman on bétiz sé on méchansté.
> Es sé tann ou pa tann travay a moun kon Laviso, kon group Kimbol, kon François Ladrezau, ka eséyé poté on dot biten adan mizik an nou ? Es sé suiv ou pa suiv, Kamodjaka oben Léna Blou ka prévwa pou fè an sot kè dansé gwo ka an awmoni épi jan nou ka viv jodla pito ki resté pri adan dé model pa, ki té ka montré on vi ki pa tan nou anko ? Es sé gouté yo pa ba’w gouté manjé a on paké restoran ka mélanjé pwodui péyi an nou épi dot biten pou touvé on dot larel ? Es sé vwè ou pa vwè pep Gwadloup, pran konsyans ni dé moun ki té la avan’y é ki fè’y divini sa i divini, ki donk ni potré a Inyas, Delgrès, Gerty Archimède an péyi la ? Es sé sav ou pa sav, kè moun ki kay an lékol a « Yo pou nou sé » mandé a poté on kontribisyon pou lékol-la kontinyé, on lékol ola moun ka aprann istwa a péyi Gwadloup ? Es sé o kouran ou pa o kouran, lè LEAD ka prévwa, ka réfléchi an ki jan nou pé fè on méyè ékonomi ? Es ou pa tann kè agrikiltè ka owganizé yo pou transfowmé manjé ki ka soti an tè ?
> Es a pa wol a vou, responsab a kilti a péyi-la, dè poté sèkou é asistans a dé owganizasyon kon sa ? Ba yo on koudmen pou touvé solisyon, touvé lajan si bèzwen, pou rédé yo ay pi lwen adan konba a yo ? Ka ou ka fè pou sa misyé Pépin ?
>
> Ou ka pléré zyé aw sek : pa ni jounal ka konsyantizé. Wadi ou pa dwèt ka achté jounal dépi on ti moman. Pas dapré mwen, « Progres Social » po ko mò, « Le patriote » ka egzisté, é « Le Mika Déchainé » pa ka moli. E si yo pon yonn pa ka plèw, ka ki ka anpéché’w fè on jounal ?
>
> Kant a di kè « kreyol ka foukan » la, an ka touvé ou kay two fò. Davwa pano a komin Gwadloup pi an pi maké an kréyol alè, télé ka fèt an kréyol alè, banndésiné ka fèt an kréyol, liv ka fèt an kréyol. Mè pétet a pa kreyol pou’w. Pétet kreyol-la sa pa asé on kreyol pou’w. Pétèt fodré ou té montré nou ka ki kreyol. Mè o kréyol aw misyé Pépin ?
>
> Pou’w pé maké, nou sé on pep ki konnèt yenki kilti-wélélé, ou pa gè ka soti non plis dépi on ti moman. Ou pa dwet té adan swaré a ripaj poétik Konsey Jénéral owganizé an 2007 an bitasyon La Ramée. Davwa ou té ké tann jan jenn Gwadloupéyen kon Silansieu é I’Mann sa sèvi épi lang kreyol pou jété ou kou zyé si nou menm, propozé on dot chimen, on dot jan pou nou viv ansanm. Ou pa dwèt té ni tan pou ay L’Artchipel lanné pasé, gadé travay a Kolektif C Nou Menm, ki ka sèvi épi vidéo pou fè nou gadé nou nou-menm an nou, ki an menm dè tan ka vwoyé on limyè artistik asi on pawti a istwa a péyi an nou. Pétèt ou ka fè pawti dé moun ki ka kwè rap a pa mizik, hip-hop a pa kilti, ki fè ou pa ka pran an konsidérasyon kontribisyon a dé moun kon Afroo, kon Tysmé ki pa senplèman ni istil, mè ki ni on lidé a Péyi-la yo ka défann.
>
> Pétet sé vré aw : nou pa bon patron, nou pa bon mari, nou pa bon fanm, nou pa bon travayè. Pétet sé vré aw, nou pa bon moun. Mè sa sé pou lenstan ! Piti a piti, ti pilo pa ti pilo, ni dé moun ka poté gad, ka fè atansyon a byen jéré lantoupriz a yo, ni dé mari ki pa ka rantré adan mès a ba lari chenn tou lon jouné. Ni dé fanm ki ka poté gad a pa lévé zanfan a yo kon kok gyenm !
> Pétet sé vré, nou pa bon moun. Mè nou sé moun. Moun ka éséyé fè Pep a yo é Péyi a yo vansé. E si vou ou ka santi ou pé pa, si pep-la tro red ba’w, si péyi-la two konpliké ba’w, tanpisouplé misyé an mwen, mété’w a koté. Oben vin avè nou.
>
> **********
> VERSION FRANCAISE
> **********
>
> Abymes, 25 janvier 2009
>
> Réponse a monsieur Pépin.
>
> Monsieur Pépin,
>
> Le 21 janvier 2009, vous publiiez un texte intitulé « Quelle leçon tirer de Barack Obama ? ». Depuis, ce texte a fait le tour du web. Cependant, une parti du peuple Guadeloupéen considère votre texte comme une provocation et ont décidé de vous répondre.
>
> Depuis des lustres, des hommes ont essayé d’en exploiter d’autres pour le profit. Cela se produit ailleurs, cela se produit en Guadeloupe également. Un homme de votre stature sait a coup sur, que c’est le rôle des syndicat de défendre les intérêts des travailleurs. Le combat syndical a permis à de nombreux travailleurs de recevoir le salaire qu’ils méritent pour le travail qu’ils fournissent. Ce sont les syndicalistes de Guadeloupe qui ont obtenu la reconnaissance et la titularisation de bon nombre d’employés de Mairie qui peuvent aujourd’hui espérer toucher une retraite. Un homme de votre stature, sait que même si les syndicats on bien souvent une conscience politique, il n’est pas dans leur attribution de réfléchir a un projet politique, c’est celui des partis politiques.
>
> Mais vous ne pouvez ignorer, que si ce n’était le combat syndical, le Conseil Général ne serait sans doute pas en possession de terres agricoles dont il ne resterait aujourd’hui plus rien. Et c’est parce que c’est terres agricoles sont aux mains du Conseil Général – ou vous travaillez – qu’un projet hôtelier n’a pas pu amputer Marie-Galante de ses meilleurs terres.
>
> De la part d’un des responsables de la Culture en Guadeloupe tel que vous, laissez croire que notre culture se mue en tradition n’est pas simplement une bétise, c’est une iniquité.
> N’avez-vous donc pas entendu le travail de Laviso, du groupe Kimbol, de François Ladrezau qui s’efforcent d’apporter autre chose à notre musique ? N’avez-vous donc pas été informé que Kamodjaka et Léna Blou proposent des pas de danse inédits, plus en accord notre vie d’aujourd’hui, plutôt que de rester sclérosés dans des pas qui représentent une réalité que nous ne vivons plus ? N’avez-vous donc pas goûté à la nouvelle cuisine créole issue de la rencontre entre notre tradition culinaire et les saveurs venues d’ailleurs ? N’avez-vous donc pas vu le peuple Guadeloupéen prendre conscience de la nécessité d’honorer ses ancètres et placer des statues d’Ignace, de Delgrès et de Gerty Archimede dans le pays ? Ne savez-vous donc pas que les éleves de l’école « a Yo pou nou sé » ont insisté pour apporter une contribution financiere au fonctionnement de cette école, où l’on peut apprendre l’histoire de la Guadeloupe ? N’êtes vous donc pas au courant que le LEAD, Laboratoire d’Economie Appliquée au Développement, réfléchi a des alternatives économiques pour la Guadeloupe ? N’avez-vous pas été informé que les agriculteurs se sont regroupés au sein d’une organisation visant à mettre en œuvre l’agro-transformation ?
> N’est-ce pas votre rôle, en tant qu’un des responsables de la culture dans notre pays, de leur porter assistance, financement si besoin, pour les aider dans leur démarche ? Que faites vous monsieur Pépin ?
>
> Vous vous lamentez qu’il n’y pas de presse capable de conscientiser. Sans doute n’avez pas été en kiosque depuis longtemps. Car, que je saches, « Le Progrès Social » parait encore, « le patriote » est publié et « le Mika déchaîné » est loin d’être complaisant. Et si aucun de ces journaux ne vous convient, qu’est-ce qui vous empêche de proposer autre chose ?
>
> Quant à dire que « le créole fout le camp », rien de plus exagéré. Car de plus en plus de panneaux de signalisation sont en créole de nos jours, le créole est a la télévision, en bande dessinés et dans des livres. Mais peut-être est-ce insuffisant pour vous ? Peut-être qu’il faudrait nous monter ce qu’est le créole. Et ou est donc votre créole, monsieur Pépin ?
>
> Pour vous permette d’écrire que notre notion de culture se résume au divertissement, c’est que vous ne devez pas non plus sortir très souvent. Vous avez certainement raté la soirée slam organisée par le Conseil Général en 2007 à l’habitation La Ramée. Vous y auriez entendu des jeunes Guadeloupéens comme Silansieu et I’Mann qui savent se servir de la langue créole pour jeter un regard sur nous-même, proposer un autre chemin, une autre façon de vivre ensemble. Vous n’avez sans doute pas eu le temps de vous rendre a l’Artchipel assister aux représentations du collectif « C Nou menm » qui utilise la vidéo pour nous pousser à l’introspection tout en portant un éclairage artistique sur une partie oubliée de notre histoire. Peut-être faites-vous partie de ceux qui considèrent que le rap n’est pas de la musique, et que le hip-hop n’est pas de la culture. Auquel cas, vous passez a coté de la contribution d’artistes tels Afroo ou Tysmé qui ne se contentent pas d’avoir du style, mais qui défendent chacun a leur manière, une certaine idée du pays.
>
> Peut-être avez-vous raison : nous ne sommes pas de bons patrons, nous ne sommes pas de bon maris, pas de bonnes épouses, pas de bon travailleurs. Mais rien la de définitif ! Petit à petit, certains d’entre nous font attention a bien gérer leur entreprise, attention a se rendre disponible pour leur famille, à bien élever leurs enfants.
> Peut-être avez-vous raison ; nous ne sommes pas un bon peuple. Mais nous sommes un peuple. Des hommes et des femmes qui veulent avancer et progresser ensemble. Et si vous être trop las pour porter votre contribution, si notre peuple est trop têtu pour vous, si notre pays est trop complexe pour vous, retirez-vous. Sinon, venez donc nous rejoindre.

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29 janvier 2009 4 29 /01 /janvier /2009 02:21
LIYANNAJ KONT PWOFITASYON : DOMOTA S'EXPRIME
Hier, après la sortie du préfet, qui a quitté la table des négociations, au CWTC, après avoir lu le message d'Yves Jégo aux Guadeloupéens, Elie Domota, porte-parole du Collectif Liyannaj kont pwofitasyon a pris la parole pour donner le ton de la suite des événements.

« Depuis le 20 janvier, le collectif Liyannaj kont pwofitasyon a déclenché un mouvement de grève générale sur la base d’un programme de revendications comportant 146 points. Depuis cette date, la Guadeloupe est paralysée. Le peuple a investi la rue pour exprimer son ras-le-bol et ses aspirations immédiates et légitimes à vivre mieux et dans la dignité. La mobilisation populaire se développe et s’élargit à tous les domaines de la vie économique, sociale, culturelle, associative…
Après maintes tergiversations, les représentants de l’Etat, des collectivités, du patronat ont fini par accepter la négociation avec le collectif, composé de 49 organisations. Pour plus d’efficacité le collectif a d’une part, proposé un accord de méthode et a, d’autre part, répertorié les principales revendications, dites de premier niveau, à satisfaire en priorité. Le 25 janvier, plus de 25 000 Guadeloupéens ont manifesté dans les rues de Pointe-à-Pitre leur mécontentement contre les agissements de ceux qui détiennent le pouvoir économique et politique en Guadeloupe et ont affiché leur adhésion à ce mouvement social qui ébranle les fondements d’une société qui produit de la misère et de l’exclusion. Le dimanche 25, plus de 40 000 Guadeloupéens ont déboulé en conscience dans les rues de Pointe-à-Pitre avec les groupes et mas kiltirels. Et pourtant, ceux qui font front contre la mobilisation populaire — le patronat, mais aussi les collectivités et l’Etat — n’ont toujours pas compris la mesure de la profondeur et de l’ampleur de ce mouvement. Après quatre séances de négociation marathon, l’Etat, les collectivités et le patronat n’ont apporté aucune réponse sérieuse aux revendications précises du collectif, à l’attente d’une population en souffrance, ni sur la revalorisation de 200 euros des bas salaires, des retraites et minima sociaux, ni sur la baisse des loyers, des impôts et taxes qui réduisent le peuple à la misère. Bien au contraire, ceux qui détiennent le pouvoir par le suffrage du peuple parlent de chienlit et en appellent au renforcement de l’Etat. Depuis le début du mouvement, l’Etat n’a cessé de renforcer son dispositif de répression : les mamblos débarquent chaque jour par charter. Le préfet, au nom du gouvernement, a décidé délibérément de faire taire la contestation populaire par la répression.
Le collectif Liyannaj kont pwofitasyon lance un appel solennel aux élus guadeloupéens pour qu’ils se déterminent clairement par rapport au mécontentement du peuple et son aspiration à plus de justice et d’équité sociale.
Le collectif lance un vibrant appel au peuple guadeloupéen pour qu’il renforce sa mobilisation et s’empare de la rue pour exiger sans délai la satisfaction de ses légitimes
Le collectif lance un vibrant appel à tous les élus guadeloupéens pour qu’ils puissent se déterminer clairement par rapport à la vague de répression qui va s’abattre sur le peuple guadeloupéen en mouvement. »

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28 janvier 2009 3 28 /01 /janvier /2009 16:31
LE PREFET ENGAGE SA PAROLE
Mardi soir, fin des discussions sur une promesse du préfet Desforges : il donnera les réponses ce mercredi. Mais, aura-t-il des réponses satisfaisantes ? Suffisantes ?


Le débat sur l'essence se poursuit une heure durant (voir première partie).
C'est Elie Domota qui retient la parole. Pour dire que les emplois des 1 000 pompistes de Guadeloupe sont menacés.
« Il y a des pompes automatiques. Et on compte, dans le prix de l'essence, le travail du pompiste qui n'est pas là. Ce pompiste qui est bien utile pour éviter que nos mains sentent l'essence. Mettre des pompes automatiques, c'est mettre au chômage un millier de salariés. Voilà pourquoi les gérants de stations se battent pour qu'il n'y ait pas de nouvelles stations avec des pompes automatiques. Ils ne veulent pas voir cela. C'est un problème social important. M. Le préfet, il ne faut pas faire de mauvais choix au nom de la liberté d'entreprendre ! Nous invitons l'Etat, la région,le département à bien mesurer les risques. M. Desforges, appliquez la baisse mécanique de suite ! »
Le préfet: « Je n'ai pas de problèmes avec les gérants de stations. Nous sommes en discussions. Laissez-moi un mois ou deux... La Guadeloupe a suffisamment de stations-service, le prix du brut ne va pas augmenter dans les mois ou les années qui viennent... »
On l'écoute, médusés, jouer les pythonisses.
Et les débats se poursuivent. Chacun y va de ses explications. C'est long. On aligne les chiffres, on s'embrouille. Ça dure.
Le président Gillot : « Quand y aura-t-il la fameuse baisse mécanique dont vous nous parlez, M. le préfet ? Peut-être cela nous permettra-t-il d'attendre mars. »
Nicolas Desforges : « Aux environs du 10 février... »
Personne ne semble savoir le montant de la baisse du sans plomb, de l'essence en décembre. A croire que ces gens-là n'achètent pas leur essence...
Victorin Lurel : « Je vous crois honnête homme. Si vous nous dites le 10 février, c'est le 10 février. »
On continue, Victorin Lurel est déchaîné, excellent dans ses démonstrations. C'est son grand soir.
« Vous voulez une baisse durable des taxes... mais, dans lek cadre d'un effort commun, l'Etat s'associera. Il faut en déterminer les modalités, les participants, examiner à l'aune de l'évolution des prix. L'Etat continuera son effort... »
Victorin Lurel : « Dans l'immédiat, nous pouvons aboutir sur ce sujet. »
« Je suis prêt à monter un petit groupe de travail... », fait le préfet.
Elie Domota : « Ne jouons pas. Le président Lurel et vous pouvez vous rencontrer très vite. »
Il poursuit : « Il y a des choses à dire : sur un litre de carburant, 12,584 centimes vont pour le gérant. Il y a 6,068 centimes pour le transport, 55 centimes pour la région et 77 centimes pour la Région, au 1er octobre 2008. Sur les 12 centimes, 3 centimes vont pour gérer la formation professionnelle du personnel... Trois centimes ! D'où vient l'essence ? Ce n'est pas du pétrole raffiné en Martinique, à la Sara. L'essence vient de sainte-Lucie ! Quand on nous dit que la baisse du prix de l'essence, c'est grâce à la solidarité nationale, c'est faux ! Ça vient de nos impôts ! »
Nicolas Desforges : « Nous sommes à un moment-clé de la discussion. ce que je voudrais, c'est qu'on se parle correctement. Mettons en concordance vos demandes, nos possibilités. Je vous donne ma parole que vous aurez des réponses, dès demain. »
« L'heure est venue de s'arrêter ! », lance Jean-Claude Malo.
Fin de la deuxième journée.
André-Jean VIDAL

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28 janvier 2009 3 28 /01 /janvier /2009 15:58
A deux doigts du clash : Gillot rattrape le coup
Mardi, deuxième soirée de négociations : la question de l'essence est venue sur le tapis vers 19 h 30, après une longue interruption. Elle a failli conduire au clash...
Elie Domota, particulièrement remonté, a fustigé « l'évaporation de l'essence, qu'on nous fait payer... » Escroquerie, trafic d'essence...

M. Domota engage son réquisitoire. Car, il s'agit d'un réquisitoire, auxquels tous les partenaires assistent, sans mot dire. Ou si peu. C'est que M. Domota a les mots qui sonnent clairs. Pour ce qui est de l'essence, donc, après une démonstration selon laquelle on paierait 40 litres d'essence pour n'en avoir que 35 dans le réservoir, il lance : « C'est le consommateur guadeloupéen qui paie, c'est le gérant de station aussi. C'est l'évaporation... »
« Il faut une intervention des services de l'Etat pour réguler les prix, clame-t-il. Aujourd'hui, nous subissons les hausses mécaniques, les baisses mécaniques, connaît pas. La cuve au plus haut prix, toujours pleine ! La baisse que l'on connaît en métropole, on ne l'a toujours pas ici. Que nous propose le préfet ? Nous voulons une baisse. La baisse de 50 centimes de la plate-forme, ce n'est pas cinquante centimes en plus, c'est 50 centimes en tout. »
Réponse du préfet : « Je note que les 50 centimes demandés ne sont pas en plus des 35 centimes. C'est nouveau pour moi. Nous allons, dans quelques jours, calculer la nouvelle formule. En attendant, l'Etat a expédié une mission que vous n'avez pas voulue rencontrer. Qui touche quoi à chaque stade ? Y a-t-il des abus ? Faut-il revoir le système d'approvisionnement ? Faut-il maintenir ou non les prix administrés ? L'objet de l'étude est de voir s'il y a des centimes économisables. La mission rendra ses conclusions le 15 mars. Nous veillerons à engager les réformes qui s'imposent. »
Elie Domota : « Vous souhaitez le pourrissement. Depuis lundi, la seule réponse que vous ayez c'est de nous dire Demain et maintenant, c'est le 15 mars. C'est ce que le peuple guadeloupéen a entendu ! »
Le ton est monté.
« Vous faites un effet de séance », réplique le préfet en souriant.
« Vous allez nous envoyer vos gendarmes ! Vous ne souhaitez pas répondre à nos revendications ! », s'écrit M. Domota.
« La mission ne pourra pas rendre sa réponse avant le 15 mars », confirme Nicolas Desforges.
« Vous invitez donc les Guadeloupéens à attendre jusqu'au 15 mars... ça va se régler dans la rue », menace Elie Domota.
« Hé bien, ça se réglera dans la rue ! », lance encore le préfet.
La délégation du Collectif se lève, rassemble ses dossiers, fait mine de partir.
Jacques Gillot veut les retenir, fait jouer la fibre sensible, tous frères de la Guadeloupe. Ça marche. Le Collectif se rasseoit, Jacques Gillot sourit largement. Il est coutumier de ces interventions, en créole, qui mettent de l'huile dan sles rouages. De l'utilisation du créole dans les négociations sociales. Il faudrait écrire une thème sur le sujet...
Victorin Lurel prend la main, brillamment : « Je fais une proposition à l'Etat et à l'UGTG (bronca)... au Collectif et à l'UTPP. Je soumets au conseil régional une baisse de 5%... mais l'Etat doit baisser la TVA. Les gérants doivent faire un effort sur leur marge. Nous avons un accord. Jusqu'au 16 mars, il ne peut y avoir hausse, mais il peut y avoir baisse. En fonction de l'évolution du prix du brent. depuis le 10 décembre, le brent a baissé. On a donc une marge à la baisse. Il y a aussi l'évaporation dont parlait M. Domota, révélée par le rapport du CESR. Là encore, il y a des centimes à redistribuer. Tout le monde doit faire un effort. »
Le préfet : « Le principe doit être discuté. Cet effort commun pour arriver à faire baisser ces taux me semble intéressant. »
Jean-Marie Nomertin, de la CGTG : « On ne doit pas parler à demi-mots... Les pétroliers ne paient pas de droits de port. Il y a un complot organisé par l'Etat français, la SARA, les compagnies pétrolières, c'est un vol organisé. Il faut le dire ! La Sara raffine très peu de pétrole pour nous. Zòt pé ké kouyoné nou ankò ! »
André-Jean VIDAL

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27 janvier 2009 2 27 /01 /janvier /2009 15:38
AU 8E JOUR
Au huitième jour de mobilisation, il n'y a plus beaucoup de voitures qui roulent sur les routes de Guadeloupe. Et les négociations reprennent cet après-midi.
« Moi, si j'avais de l'essence, j'irai travailler. » Les témoignages sont là, qui démontrent l'évidence : les gens ont peur pour leur avenir, on peur, tout simplement, parce qu'ils savent bien que ce mois-ci, au mieux, ils percevront les deux tiers de leur salaire.
Alors, quand le préfet a souhaité rouvrir certaines stations-service, à tout le monde, mardi, il s'est vu opposer un tôlé des gérants. Pourquoi ? Parce qu'il était accusé de « casser la grève ». Et ce n'était pas le collectif Liyannaj kont pwofitasyon qui criait au scandale, au coup de force. Non, les gérants, tout simplement. On les aurait menacés, de plus...
Ce mardi, en attendant la reprise des négociations, pour dépasser, s'il se peut, le premier point — ces 200 euros supplémentaires pour les salariés au plus bas niveau de chaque entreprise —, les Guadeloupéens font la queue aux stations.
Pour rien puisque l'on est revenu au principe d'ouvrir, cette fois-ci, treize stations (au lieu des sept de la première semaine) aux seuls prioritaires.

Que faut-il attendre des négociations ?

Ce deuxième soir des négociations, on va revenir sur les 200 euros, avec les atermoiements de l'Etat, qui renvoie une partie du problème aux socioprofessionnels, chefs d'entreprises, qui bottent en touche, suppliant qu'on cesse de casser l'économie locale. Entre eux, interpellés par Elie Domota, leader de l'UGTG, à la tête du Collectif Liyannaj, le meneur des débats — Jean-Claude Malo n'étant plus qu'une sorte de modérateur, les élus. Les parlementaires, dont tout le monde se moque (le Collectif ne les a jamais interpellés...), même s'il devraient intervenir au parlement pour porter certaines revendications qui ne peuvent être résolues que par un vote de la représentation nationale. Et puis, les présidents des collectivités locales qu'Elie Domota s'amuse à renvoyer dans leurs cordes et intentions électorales. Une certaine gêne quand il lance à Victorin Lurel, qui a vu un complot contre sa personne dans ce mouvement de mobilisation, qu'il devrait bien plutôt surveiller ceux qui sont autour de lui. Cela s'adressait à Jacques Gillot, qui a souri... Victorin Lurel était livide.
A suivre...
A.-J.V.

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