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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 00:35

Nicolas Sarkozy en Guadeloupe

Aujourd'hui, à 13 h 45, l'avion présidentiel se posera sur le tarmac de l'aéroport Pôle Caraïbes. Nicolas Sarkozy, président de la République française et son épouse, Carla Bruni-Sarkozy seront en Guadeloupe pour un peu plus de vingt-quatre heures.
Officiellement, le chef de l'Etat — qui était hier en Martinique —est en Guadeloupe pour présenter ses vœux aux Français de l'Outre-mer. Un peu aussi pour dire que la France va lancer, dans quelques jours, très officiellement, l'Année de l'Outre-mer. Et puis...
A la télé, les Français ont vu Nicolas Sarkozy, il y a une semaine, présenter ses vœux à la Nation rassemblée épaule contre épaule devant l'image tremblante — mais en couleurs — du petit écran.
Ceux-là, c'étaient les Français de France. Ceux de Colmar, de Brest, d'Hendaye, de Toulon, voire même de Bonifacio.
Les Français de l'Outre-mer, qu'ils soient Réunionnais, Polynésiens, Guyanais, Martiniquais ou Guadeloupéens, ont droit à un traitement particulier... même si les Domiens n'ont pas particulièrement voté pour Nicolas sarkozy en 2007.
Mais, justement, en prévision de 2012, peut-être faut-il revoir le traitement réservé aux Domiens. L'an dernier, les vœux étaient présentés depuis Saint-Denis, à La Réunion, cette année c'est Petit-Bourg en Guadeloupe.

Un peu de politique, Monsieur le président ?
Le président de la République va sans doute dire l'attachement de la France à ses terres lointaines et rappeler l'attachement de nos îles à ce continent lointain qu'est l'Europe... pardon, la France ! La « métropole », comme on disait avant.
Les Guadeloupéens qui seront massés là où le président va s'adresser à la Nation Outre-mer via les ondes, salle Laura Flessel, à Petit-Bourg, vont aussi l'entendre annoncer le lancement de l'Année de l'Outre-mer. Sans arrière-pensée doudouiste. Car c'est là le danger : faire du folklore toute l'année 2011, avec les vieilles lunes, là où il faut plutôt promouvoir les Domiens qui innovent dans les arts, les lettres, le spectacle vivant.
Enfin, qui voudra croire que Nicolas Sarkozy, en Guadeloupe, ne va pas s'autoriser, entre une visite à l'exploitation Sicacflee et à l'entreprise Croc'saveur de Saint-François et le diss-cours de Petit-Bourg, un peu de politique. Des rencontres, pour donner à Marie-Luce penchard, ministre déléguée à l'Outre-mer, un peu du lustre qui lui permettra de briguer, dans quelques mois un siège de conseiller général, puis en 2012, si elle n'est plus ministre, un siège de député. Ce qui s'appelle mettre le pied à l'étrier ! Et Mme Penchard en a bien besoin, qui ne peut compter sur une union des forces de droite, l'UMP elle-même étant chez nous divisée en deux ou trois courants... violemment opposés.
André-Jean VIDAL


Le programme
Aujourd'hui
13 h 40 : arrivée en provenance de Fort-de-France (voir en page 3)
Accueil républicain par les élus de la Nation (sénateurs, députés, etc.)
14 h 20 : visite de l'exploitation Sicacffl et de l'entreprise Croc'saveur à Saint-François (voir en page 3)
Visite des installations et rencontre avezc les agriculteurs et les acteurs économiques locaux
Demain
12 h 15 : discours de vœux à la France d'Outre-mer à Petit-Bourg (salle Laura Flessel)


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André-Jean Vidal
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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 20:39

Bon anniversaire Jane !

L’Eden Palm de Sainte-Anne fête, samedi 8 janvier, l’anniversaire de Jane Fostin. Rencontre avec l'artiste.

Samedi, vous fêtez votre anniversaire à l'Eden Palm.
Ce sont nos retrouvailles avec Dominique Vautrin, après de longues années d'absence. C'est lui qui a découvert Zouk Machine, avec Maldon en 1990. J'ai retravaillé avec lui lors de ma sortie d'album solo, Jane Fostin, titre de cet album, sur lequel figurait La Taille de ton amour, mon premier hit sur le national et l'international. Dominique Vautrin était alors le p.d-g. de Skyrock radio. Il m'a dit qu'il était fan de ma voix. Après, j'étais comme une sorte de mascotte, une muse pour tous les concerts de Skyrock Live. Un super moment passé ensemble. Depuis quelques mois, nous collaborons ensemble, sur de nouveaux projets.

Quels sont-ils ?
Il y a Gwadissimo, mais tout le monde le sait. Nous organisons les retrouvailles des ex-Zouk Machine dont il était fan...

Dominique et Joëlle seront là, avec toi ?
Dominique sera là, bien sûr. Christiane Obydol, de Zouk machine, est malheureusement bloquée pour un contrat dans l'Hexagone. Elle est de tout cœur avec nous et sera remplacée par Erika Lee. Joëlle, tu es invitée...

Qu'as-tu fait toutes ces années ?
J'ai pris la décision, il y a une dizaine d'années, de rester un peu dans l'ombre. Je compose mes chansons, j'ai produit des artistes pour des multinationales en Grande-Bretagne. J'ai marrainé des associations pour l'aide aux artistes, comédiens, mannequins, etc. pendant deux ans, pour le ministère de l'Outre-mer. L'association Agir ensemble, qui s'occupe de ça, est présidée par Jennifer Pelage.

« J'ai deux albums en cours »
Mais encore ?..
J'ai deux albums en cours, un sur la Caraïbe, un sur le national. Comme je ne peux pas me diviser, il faut que mes fans aient de la patience. Ça arrive. Il y a de la musique, de tout ! Bossa nova, reggae, zouk, électro, un peu de tout. De la musique de chez nous et d'ailleurs... Vu mon métissage et ma génération musicale. Mais encore Encore avec toi, un nouveau single composé avec mes petits doigts de fée. lol. Je remercie le Grand Créateur de me donner toute cette énergie. Car, il m'en faut !

Que se passera-t-il le 8 janvier ?
Il s'agit d'un show unique. En exclusivité, avec Dominique Zorobabel, nous avons invité Erika Lee pour revivre le mythe. D'autres invités compléteront le casting de cette soirée exceptionnelle : Medhy Custos, avec qui j'ai chanté le duo Pas de glace, un énorme succès. Mais aussi Stéphanie André, une jeune espoir de la chanson. Il y aura, bien évidemment, un Best Of de Gwadissimo, le nouveau spectacle de l’Eden Palm, dont je suis la marraine. Il y aura, aussi, d'autres surprises. J'ai hâte de retrouver mes amis et ma famille.
Propos recueillis par André-Jean VIDAL

Prévente : 30 euros
Sur place : 35 euros
Possibilité d'hébergement à l'Eden Palm
Réservation: 0590 88 48 48

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André-Jean Vidal
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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 16:25

Quatre morts, un disparu

Les violentes pluies qui se sont abattues depuis hier sur le département ont fait des victimes. Hier soir, un 4X4 était signalé emporté par les eaux, aux Abymes, section Chazeau/Doubs. Le secours étaient immédiatement expédiés sur place par le colonel Gilles Bazir, du SDIS, sur réquisition de la préfecture.
Depuis le début de soirée, la préfecture et le service Routes de Guadeloupe avaient prévenu la Guadeloupe, par le biais de RCI qu'il fallait se montrer prudent, des montées d'eau intempestives étant toujours possibles.
Plus tard, des auditeurs de RCI signalaient la chute d'un 4X4 dans une ravine inondée et la disparition de deux personnes qui se portaient au secours des passagers du véhicule.
Rapidement, trois corps étaient retrouvés dans le 4X4 — Harry Bernis Jean-Bart, son frère, Villard Jean-Bart, et l'épouse de celui-ci, Huguette Jean-Bart—, les recherches étaient interrompues, pour reprendre ce matin dès l'aube. Un autre corps était retrouvé, celui de M. Félicianne, l'une des deux personnes qui avait essayé d'intervenir quelques heures plus tôt. Un disparu était toujours recherché, M. Noyon.
Dans la nuit, informée par le préfet Jean Fabre, Marie-Luce Penchard, ministre déléguée à l'Outre-mer, prévenait le chef de l'Etat. En conseil des ministres, elle faisait le point de la situation. La décision était prise de son départ immédiat à la tête d'une équipe de la Sécurité civile pour manifester, disait-elle, « la solidarité du chef de l'Etat et du Gouvernement ».
Elle indiquait se rendre dans les communes les plus touchées sitôt son arrivée à Pointe-à-Pitre.
Elle avait, juste avant son départ, joint les deux présidents des collectivités locales, Jacques Gillot et Victorin Lurel, pour enclencher une réunion de travail d'urgence sitôt débarquée en Guadeloupe.
La Guadeloupe passait en vigilance Orange et les établissements scolaires de la région pointoise restaient fermés. Le préfet Fabre se rendait sur les lieux du drame, aux Abymes, y rejoindre Eric Jalton, maire de cette commune, et l'équipe du maire-adjoint chargé de la sécurité, Clovis Popotte, sur pied de guerre depuis la nuit.
André-Jean VIDAL


« La solidarité nationale »

Jointe peu avant son départ de Paris, la ministre déléguée à l'Outre-mer, Marie-Luce Penchard, faisait une brève déclaration.
« Le préfet a pour mission d'organiser sur place les différents secours et les premières rencontres. Il est en ce moment en train de faire le point de la situation afin que j'en sois informée au plus vite. J'ai parlé avec jacques Gillot, le président du conseil général, et Eric Jalton, des Abymes, qui ont spontanément répondu à ma demande qui est d'harmoniser les différents services pour être efficaces. Des moyens de la Sécurité civile ont été prépositionnés en Martinique et en Guyane. Une centaine d'hommes de la Sécurité civile sont prêts à intervenir depuis paris. Le chef de l'Etat a demandé que tout les moyens soient mis en œuvre pour venir au secours de la Guadeloupe, d'autant qu'il semble que le front nuageux soit toujours actif et que des pluies violentes semblent attendues en fin de matinée... »
Mme Penchard est attendue aux alentours de 17 heures (heure de Guadeloupe). Elle tiendra immédiatement une réunion avec les différentes services de l'Etat, des conseils régional et général, de la mairie des Abymes.



Victorin Lurel bloqué à Paris

Victorin Lurel, président de Région, est à Paris. Il devrait prendre l'avion demain pour la Guadeloupe.
« J'ai suivi les événements heure par heure. Les équipes de la Région sont sur le terrain depuis mardi soir. Christian Jean-Charles, l'élu en charge de ce problème, est aux Abymes, aux côtés du préfet et d'Eric Jalton. Il y a eu une imprudence. On ne pouvait pas penser que cinq de nos compatiotes seraient ainsi victimes de la fureur des eaux. Il y a quelques mois, j'avais demandé que soient curés les canaux aux Abymes. Mais, il fait l'accord de l'Etat. C'est un dossier en cours. Pierre Halley, l'ingénieur en charge de ces travaux, est sur le terrain. Il faut comprendre ce qui s'est passé. Je suis demain, sur le tarrain pour voir quoi faire... »

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André-Jean Vidal
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4 janvier 2011 2 04 /01 /janvier /2011 17:18

INDISCRETIONS
Nicolas
Nicolas Sarkozy devrait être hébergé, dans la nuit de samedi à dimanche, lors de son séjour en Guadeloupe, à La Toubana, hôtel du bord de mer à Sainte-Anne, propriété de Patrick Vial-Collet, co-président fondateur du groupe Leader Hôtels. Pourquoi n'a-t-il pas choisi La Vieille Tour, au Gosier, comme à l'accoutumée ? Parce qu'il vient accompagné de plusieurs ministres qui seront, pour leur part, hébergés au Club Med, à un kilomètre de La Toubana. Et puis, Sainte-Anne, contrairement au Gosier, est une ville amie puisque son maire, Blaise Aldo, est l'Homme de l'UMP en Guadeloupe...

Laurent
Laurent Bernier, maire de Saint-François, pourrait être adoubé par Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, président de l'UMP Guadeloupe. Une belle reconnaissance — tardive — pour celui qui, alors que d'autres qui ont depuis tiré les marrons du feu, bousculaient l'UMP locale amorphe alors qu'il s'agissait de préparer l'élection présidentielle et faire campagne en Guadeloupe pour Nicolas Sarkozy. C'était fin 2006. Il avait alors pour alliée dans cette démarche Gabrielle Louis-Carabin, devenue ensuite présidente de l'UMP puis flinguée en vol par l'UMP Paris — et Marie-Luce Penchard — pour son indépendance d'esprit...

Roland
Pas content, Roland Bellemare, p.-d.g. de la compagnie maritime l'Express des Iles ! Le port autonome de Gil Thémine vient d'augmenter les taxes portuaires de 60 centimes aller-retour — de 0,16 on passe à 0,76 euro — (par tête de passager, comme dans le temps !). Et le port de Fort-de-France encore pire. Ce qui fait que l'armateur, s'il veut pouvoir suivre et cesser de se faire des cheveux, va aussi augmenter le prix des billets à partir du 11 janvier. Alors que, dit-il, « le port ne fait rien pour la gare maritime. Ça fait trois ans que le PAG a des projets mais ne fait rien ». Qui est pénalisé ? Le passager, à nouveau saigné aux quatre veines, surtout s'il fait la navette avec Marie-Galante régulièrement.

Jean-Marie
Jean-Marie Hubert, « conseiller général de proximité, d'engagement et de responsabilité », comme il s'intitule — sauf quand il s'esquive pour éviter de se retrouver seul élu du Congrès à voter pour l'article 74... — va présenter ses vœux à la population. « Nous devons, dit-il, incarner l’énergie et l’espoir :  l’espoir qu’une autre vie est possible; l’espoir que la promotion sociale pour chacun de nos enfants est possible; l’espoir que la réussite est possible et que nul n’est condamné au nivellement et à l’assistanat. » Encore un qui va crier, un de ces jours, « Vive la France ! »
André-Jean VIDAL

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André-Jean Vidal
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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 15:17

INDISCRETIONS
Victorin et Jacques
Victorin Lurel et Jacques Gillot sortent de ce Congrès (voir notre précédente édition, pages 2, 3 et 4) par la petite porte. Ils savent désormais plus que jamais qu'on attend de pied ferme qu'ils trébuchent. Déjà, les moqueurs les voient en bourgeois de Calais, la corde au cou, remettre le document voté (j'ai failli écrire volé...) à Nicolas sarkozy, le 6 ou le 9 janvier. Déjà, les moqueurs retiennent que l'on s'est surtout préoccupé de conserver nu maximum de sièges d'élus (65 au lieu des 43 de la réforme nationale) et de préserver un minimum de parité... pour ne pas renvoyer les élues aux cuisines.

Benoît
Benoît Lombrière, conseiller à la présidence de la République (voir notre édition de mardi 28 décembre), est arrivé avant-hier en Guadeloupe, pour caler l'escale présidentielle. Il pourra disserter avec Blaise Aldo et Lucette Michaux-Chevry sur les attendus du Congrès. En fait, la droite est piégée qui espérait se refaire une santé en mettant en échec les deux présidents d'assemblée avec un référendum dont la question aurait été posée par Paris. Il n'y aura pas de référendum, pas de question à poser aux Guadeloupéens, comme cela a été fait il y a un an aux Martiniquais... « Les Guadeloupéens ne sont pas prêts à un référendum objectif sur le sujet... », disait, hier, un observateur.

Gabrielle
De son écriture penchée, Gabrielle Louis-Carabin, député, a écrit un discours dans lequel elle a réaffirmé son attachement à l'article 73. « Les Guadeloupéens veulent une République qui reconnaisse l'identité locale. Le droit commun doit être adapté aux réalités locales... » Le bon sens en paroles...

Jacques
Jacques Bangou, au nom du PPDG. C'est le premier élu à prononcer le mot « indépendance », pour dire que ce n'est pas l'objet du débat, d'autant que les derniers qui parlent d'indépendance, certains syndicalistes mêlent « nationalisme et envie de France » dans leurs revendications quand ils mettent de côté les élus locaux et demandent l'intervention du représentant de l'Etat.

Marie-Christine
Marie-Christine Myre-Quidal, secrétaire générale de l'UPLG, demande à Victorin Lurel qu'il accepte de recevoir le LKP. Réponse, plus tard, de M. Lurel : « J'ai demandé à plusieurs reprises à renconter les syndicats, ils m'opposent un refus ! » Mais, il se dit prêt à les recevoir pour parler...

Max
« Nous ne sommes ni ultrafrançais ni aventuristes ! » a-t-il dit en substance dans son discours pour clarifier les intentions de son parti, le PS, avant d'appeler à se rassembler pour donner une majorité au texte proposé au vote de l'assemblée.

Victorin 2
Sur le fait que Nicolas Sarkozy ait, selon lui, passé outre la promesse faite de ne pas engager l'avenir de la Guadeloupe lors de la discussion sur la réforme territoriale au plan national, Viuctorin Lurel a dit : « Nous avons été court-cicuités, mais nous ne sommes pas amers. »

Victorin 3
« Sur 81 présents, 6 élus se sont abstenus ou ont voté contre lors du vote du texte », a dit Victorin Lurel. Ce texte, qui sera présenté au président de la République, a été voté en fait par 72 élus. C'est une adaptation de la réforme telle que votée au parlement, avec deux spécificités : 65 élus et un scrutin laissant place à un système mixte comprenant une dose de proportionnelle. Commentaire de M. Lurel : « C'est une nette majorité qui s'est dégagée. » A voir et à suivre...
André-Jean VIDAL

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André-Jean Vidal
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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 15:36

INDISCRETIONS
Marie-Luce
Appel des élus, hier, à la réunion solennelle du Congrès à la Région. Marie-Luce Penchard (UMP), actuellement ministre de l'Outre-mer et conseiller régional, qui brigue un siège de conseiller général l'an prochain... n'était ni représentée ni excusée. Elle n'était pas là, tout simplement. Ce qui peut se comprendre quand on songe que le Congrès a voté un texte qui sera remis au président de la République le 9 janvier, lors de son passage en Guadeloupe...

Patrice
Patrice Tirolien, député européen (PS), qu'on ne revoit que rarement en Guadeloupe depuis son élection, était bien présent dans l'hémicycle du conseil régional. Quoique n'appartenant pas au Congrès (seuls les élus nationaux en font partie, mais sans droit de vote). Ll l'a d'ailleurs fait remarquer en préliminaire d'un petit discours une fois que Victorin Lurel l'a invité à s'exprimer au même titre que els élus nationaux.

Harry
Il a toujours la dent dure, le Vert Harry Durimel. Quoique allié de Victorin Lurel, il n'a pas apprécié que celui-ci oublie les Verts quand il a énuméré les partis politiques qui pourraient s'exprimer (5 minutes maxi) lors de cette assemblée. « Les Verts, c'est minus ! », s'est-il écrié, outré de cet oubli. Plus tard, sans doute prévenu par quelqu'un de son entourage, Victorin Lurel a rattrapé le coup en soulignant qu'il avait laissé deux sms sur le portable d'un responsable des Verts mais qu'il n'avait jamais eu de réponse, qu'Harry Durimel est bien là, mais en qualité d'élu, etc.

Lucette
Lucette Michaux-Chevry, une partie de sa main droite toujours bandée (elle est tombée il y a quelque temps), a passé une partie de sa matinée au téléphone. Avant de se lever pour prendre la parole, es qualité de parlementaire, à la demande de M. Lurel — « J'obéis ! », a-t-elle souligné.  Hé bien, pour ceux qui disaient qu'elle était fatiguée, elle s'est révélée bien réveillée, très dynamique. La Lucette qu'on connaît. « Vous avez peur de la consultation populaire ! Par des contorsions on veut enlever la parole au peuple guadeloupéen », a-t-elle accusé en regardant Victorin Lurel.

Victorin
Accusé au fil des interventions des uns et des autres, Victorin Lurel a pris la parole pour préciser, en substance, qu'en examinant les positions de Lucette Michaux-Chevry en 2003 et en 2010, en matière de contorsions, on n'a pas de leçon à lui donner... Ben !

Cédric
Cédric Cornet, conseiller régional qui voit des complots partout, a pris la parole en tout début de séance pour dire qu'on préparait un « coup bas » avec ce Congrès. « Mais non, il n'y a pas de coup bas ! », a répliqué Victorin Lurel, agacé.

Eric
Eric Jalton, député, ne se fait pas beaucoup d'illusions : « Votre assemblée va voter une adaptation du projet voté par le parlement et le rpésident de la République va vous débouter de votre demande d'adaptation. Il faut avoir des argumentations plus solides que le nombre de conseillers territoriaux et le scrutin à la proportionnelle pour laisser place à un peu de parité... »

Daniel
Daniel Marsin, sénateur : « Il ne faut pas confondre vitesse et précipitation. Nous avons jusqu'au 26 janvier pour statuer... » Et de faire un intéressant cours sur la définition de la vitesse, celle de la précipitation... « Il y a urgence ? L'urgence c'est quand on n'a pas fait ce qu'il fallait faire à temps... », a-t-il lancé. Un discours intelligent. « Moi, je suis pour une assemblée unique d'une collectivité unique ! Tout ce qu'on nous propose, c'est une sorte de monstre, comme une sorte de bèt a man Ibè ! », a-t-il conclu avec ironie.

Gabrielle
De son écriture penchée, Gabrielle Louis-Carabin, député, a écrit un discours dans lequel elle a réaffirmé son attachement à l'article 73. « Les Guadeloupéens veulent une République qui reconnaisse l'identité locale. Le droit commun doit être adapté aux réalités locales... » Le bon sens en paroles...

Jacques
Jacques Bangou, au nom du PPDG. C'est le premier élu à prononcer le mot « indépendance », pour dire que ce 'nest pas l'objet du débat, d'autant que les derniers qui parlent d'indépendance, certains syndicalistes mêlent « nationalisme et envie de France » dans leurs revendications quand ils mettent de côté les élus locaux et demandent l'intervention du représentant de l'Etat.

Marie-Christine
Marie-Christine Myre-Quidal, secrétaire générale de l'UPLG, demande à Victorin Lurel qu'il accepte de recevoir le LKP. Réponse, plus tard, de M. Lurel : « J'ai demandé à plusieurs reprises à renconter les syndicats, ils m'opposent un refus ! » Mais, il se dit prêt à les recevoir pour parler...

Max
« Nous ne sommes ni ultrafrançais ni aventuristes ! » a-t-il dit en substance dans son discours pour clarifier les intentions de son parti, le PS, avant d'appeler à se rassembler pour donner une majorité au texte proposé au vote de l'assemblée.

Victorin 2
Sur le fait que Nicolas Sarkozy ait, selon lui, passé outre la promesse faite de ne pas engager l'avenir de la Guadeloupe lors de la discussion sur la réforme territoriale au plan national, Viuctorin Lurel a dit : « Nous avons été court-cicuités, mais nous ne sommes pas amers. »

Jean-Marie
Première question posée, celle de l'article 74. Méfiants, ne comprenant pas si on leur demande de se prononcer pour l'autonomie ou contre, les élus hésitent à lever la main. On leur demandait simplement s'ils voulaient que la question soit posée. Ils ont alors tous levé la main. Au moment de dire s'ils voulaient l'article 74, c'est à dire l'autonomie de la Guadeloupe, personne n'a levé la main. Et surtout pas Jean-Marie Huber et Alain Lacavé, conseillers généraux, qui ont préféré sortir avant le vote, ce qui leur a évité d'être les seuls à lever la main... c'est vrai que 2 contre plus de 80, ça fait une nette... minorité !

Victorin 3
Sur 81 présents, 6 élus se sont abstenus ou ont voté contre lors du vote du texte qui sera présenté au président de la République — adaptation de la réforme telle que votée au parlement, avec deux spécificités : 65 élus et un scrutin laissant place à un système mixte comprenant une dose de proportionnelle. Commentaire de M. Lurel : « Six sur 81... C'est une nette majorité qui s'est dégagée. » A suivre...
André-Jean VIDAL

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André-Jean Vidal
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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 15:36

INDISCRETIONS
Pierre
Pierre Francillonne, de Guadeloupe Première, vient d'être missionné par sa direction pour coordonner les équipes sportives radio et télé pour faire un grand service des sports. Entré à l'ORTF en 1972, Pierre a gravi tous les échelons, changeant de métier au sein de l'entreprise, passant du script à la caméra, de la logistique à l'édition... Un pro.

Victorin
L'augmentation de l'octroi de mer par la Région sur certains produits alimentaires a fait couler de l'encre fin novembre. C'est qu'il faut bien dégager des fonds pour alimenter les communes (qui sont les bénéficiaires de l'octroi de mer), les finances régionales ayant été sérieusement ponctionnées, en 2009, par la concrétisation de la part régionale de l'accord Bino ! Contrairement à ce que pensent certains, l'argent ne pousse pas sous les pas... même ceux des syndicalistes en marche...

Victorin et Jacques
Grandes manœuvres, aujourd'hui, au Congrès des élus pour discuter et sans doute voter un projet guadeloupéen d'évolution des institutions. C'est qu'il s'agit pour MM. Lurel et Gillot de remettre une copie propre au président Sarkozy lors de son passage en Guadeloupe le 9 janvier. On devrait avoir, en 2014, une assemblée commune de 65 conseillers territoriaux qui siégeront indifféremment à la Région et au département, ces deux collectivités conservant administration, finances, exécutif... Les économies d'échelle seront moindres : juste une quinzaine d'élus qui passeraient à la trappe !

Jean-Yves
Créateur, Jean-Yves Sérèmes, après avoir lancé des dosettes de sucre aux couleurs du madras, puis un coffret en carton contenant tout le nécessaire pour déguster le rhum, vient de produire des bouteilles en aluminium, peintes par le plasticien Goody et contenant du rhum. Rhum vieux, rhum blanc, planteur, etc. Deux contenances pour ces bouteilles incassables : celle d'une chopine, celle d'une roquille, deux unités de mesure qu'utilisaient nos grands-mères. Une caravane a circulé avant le départ de la Route du Rhum pour vanter les qualités d eces bouteilles. Reste à convaincre les décideurs locaux que c'est un produit de valeur... Et là, ce sera moins facile !
André-Jean VIDAL

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André-Jean Vidal
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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 15:34

Contorsions autour d'une assemblée commune
Dix-huit mois après le discours de Nicolas Sarkozy à Petit-Bourg (26 juin 2009), les élus guadeloupéens se sont enfin accordés, par un vote massif au Congrès (malgré des grincements de dents), sur la réforme des institutions locales. 

La semaine prochaine, les présidents Lurel et Gillot vont remettre à Nicolas Sarkozy en visite officielle aux Antilles, un document. Fruit d'une longue bataille de 18 mois.
En juin 2009, Nicolas Sarkozy, venu solder les 44 jours LKP, réaffirme nettement sa position quant au devenir de la Guadeloupe. Elle est française et restera française. « Aucun discours haineux, aucune forme de violence ne pourra dissoudre ce lien fondamental », martelle-t-il.
Il en profite pour évoquer le débat institutionnel en cours entre article 73 et article 74.
Les élus, forts de cet encouragement, se constituent en Congrès qui décide de se donner dix-huit mois pour remettre au président de la République des résolutions constitutives du projet guadeloupéen.
Ce projet de société s'appuiera sur les travaux du comité guadeloupéen du projet. Il se fera aussi avec l'aide d'un comité communal du projet, avec les forces vives de la commune (?) ainsi qu'un comité du territoire.
En août 2010, après une année de silence, Victorin Lurel et Jacques Gillot ont entrepris « une campagne d’explication des enjeux de la réforme territoriale » qui les a conduits à se rendre dans chacune des 32 communes de Guadeloupe.
De son côté, Nicolas Sarkozy a suivi son calendrier de réforme des collectivités. Au début de 2010, la Martinique et la Guyane, qui avaient décidé un référendum sans attendre, les élus souhaitant — contre un sondage de la population défavorable — plus d'autonomie tout de suite.
Le 10 janvier, les électeurs de Guyane et de Martinique rejetaient la perspective d'une plus large autonomie. Consultés le 24 janvier sur la création en Guyane et en Martinique d’une collectivité unique demeurant régie par l’article 73 de la Constitution mais exerçant les compétences du département et de la région, ils ont apporté une réponse sans équivoque, positive, à la question posée par le président de la République :
- 57,49 % de oui en Guyane ;
- 68,3 % de oui en Martinique.

De haute lutte
La réforme nationale qui prévoit un rapprochement entre départements et régions grâce notamment à la création de conseillers territoriaux été définitivement adoptée par le Parlement le 17 novembre et confirmée par le Conseil constirtutionnel après saisine du PS le 9 décembre.
C’est un courrier du secrétaire d’Etat à l’Intérieur et aux collectivités territorriales, Alain Marleix, fin septembre 2010, qui met le feu aux poudres.
Celui qui ne sera plus ministre dans quelques semaines (éjecté du Gouvernement Fillon 3) demande aux élus guadeloupéens de se déterminer sur la question institutionnelle.
Il écrit : « Le gouvernement a prévu que s’appliquerait, sauf décision contraire des élus de la Guadeloupe confirmée par les électeurs, le droit commun à l’organisation institutionnelle de la Guadeloupe ».
Coup de tonnerre, suivi de la décision par les présidents Lurel et Gillot de réunir le congrès avant l'arrivée prévue du 6 au 9 janvier aux antilles françaises de Nicolas sarkozy, venu « présenter ses vœux aux Français de l'Outre-mer ».
Les élus réunis à l'hôtel de Région, le 28 décembre, avaient à répondre à deux questions :
- Souhaitez-vous que la Guadeloupe soit une collectivité régie par l'article 74 de la Constitution ?
- Souhaitez-vous que soit créée une collectivité unique se substituant au Département et à la Région ?
Malgré des atermoiements, ces deux possibilités ont été rejetées à la majorité.
Restait à s'accorder, faute de mieux, sur une application de la réforme voulue par le président de la République, avec deux adaptations : 65 élus au lieu des 43 prévus pour toutes les collectivités nouvelles (pour tenir compte du caractère archipélagique de la Guadeloupe) et instiller une dose de proportionnelle au scrutin d'élection des futurs conseillers territoriaux. Le texte, voté à une large majorité (avec bien des grincements de dents), devra être soumis aux légistes de la présidence de la République... et au bon vouloir du chef de l'Etat.
L'application de la réforme est prévue en 2014. Entretemps, il y a la présidentielle et ses aléas. N'oublions pas que le PS ne souhaite pas l'application de cette réforme qu'il a combattue.
André-Jean VIDAL

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André-Jean Vidal
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28 décembre 2010 2 28 /12 /décembre /2010 23:05

                                                                             



Discours de
Jacques GILLOT
(Président du Conseil Général)



(Prononcé à Basse-Terre, le 28 décembre 2010, lors du Congrès des élus régionaux et départementaux)




Monsieur le Président du Congrès,
Mesdames et messieurs les élus,
Très chers compatriotes,

Nous nous réunissons aujourd’hui dans une configuration et sur un enjeu qui convoquent tout à la fois notre sens des responsabilités et notre devoir collectif devant l’Histoire.

Ce rendez-vous, ici, à l’hôtel de Région, je l'ai souhaité.
Tout d’abord parce qu’il est un rite établi pour les élus de rendre compte à l’opinion publique de leur mandat, a fortiori lorsqu’il s’agit d’un engagement souscrit collectivement.
Mais, à l'observance d'un rite, j'entends ajouter autre chose, qui est la foi dans notre action et la volonté de la mener à bien.
A quelques jours de la visite officielle en Guadeloupe du Président de la République, il m’apparaissait en effet fondamental de fixer à nouveau le cap de la volonté des élus guadeloupéens sur la question institutionnelle.
De l'aventure collective conduite depuis la dernière réunion du congrès, nous n'avons pas à gommer les aspérités, à retrancher ce qui pourrait nous déplaire, à ne retenir que ce qui nous convient...
Et parce qu’un peuple sans mémoire n'est pas un peuple libre, nous sommes réunis dans cet hémicycle pour nous interroger sans fard ni complaisance sur ce qui nous lie à ce passé récent et pour mieux concevoir notre tâche à venir.
Le 24 juin 2009 au palais du conseil général, nous nous étions engagés solennellement à l’unanimité, permettez-moi de le rappeler, à mettre en œuvre une méthode fondée sur la démocratie participative et les relations mutuelles de dialogue, d'échange et de coopération.
Il est intéressant de se demander 18 mois plus tard où nous en sommes et si nous nous sommes éloignés ou rapprochés des principes que je viens de rappeler ?
La méthode fixée s'est, à l'expérience, révélée heureuse même s’il faut reconnaître qu’elle a insuffisamment été appliquée.
Des instances de concertation ont été installées mais force est de constater qu’elles n’ont pas suffisamment fonctionné,
Un calendrier a été fixé mais il faut bien admettre que sa mise en œuvre a subi les retards dus aux échéances électorales autant que les hésitations liées à l’intégration, à marche forcée, de la Guadeloupe à la réforme territoriale nationale,
La société civile, les socioprofessionnels, les universitaires et les medias ont été sollicités, mais force est d’accepter que les contributions ont été timides,
Un important travail a malgré tout été réalisé à la faveur des réunions des comités communaux, et plus récemment de la commission mixte région/départementaux chargée de préparer nos débats.
Et je pourrais bien sur me réjouir d’avoir atteint l’objectif dans ma ville du Gosier ou l’ensemble du corps social a su se rassembler pour envisager collectivement l’avenir du pays.

Mais nous ne sommes pas là pour faire le compte de nos mérites respectifs.

Oui, mes chers compatriotes, il est indéniable que le processus dont nous avons fixé le cap le 24 juin 2009 n’a pas encore totalement abouti !!


Mais en affirmant cela je voudrais aussi tordre le cou à l’idée qui consiste à en imputer la responsabilité aux seuls élus, alors qu’il s’agit bel et bien d’une responsabilité collective,

Responsabilité en premier lieu, j’en conviens, des élus et des partis politiques qui ont peut être eu du mal à faire partager l’enjeu au plus grand nombre,

Responsabilité des plus hautes instances de l’Etat qui n’ont pas totalement respecté la parole donnée,

Responsabilité aussi des élites intellectuelles, économiques, sociales, dont on souhaiterait qu’elles s’engagent davantage, non simplement par souci de reconnaissance, mais par volonté d’apporter leur nécessaire et précieuse contribution à la marche du pays,

Responsabilité de tous les citoyens, même si chacun constate combien il est difficile de bâtir un projet quand l’inimitié des hommes se surajoute aux clivages partisans,

Responsabilité, au final, de l’ensemble de notre corps social qui peine parfois à bannir l’ostracisme et la défiance pour s’impliquer dans un projet collectif,

Je sais que cette question de l’évolution institutionnelle interpelle beaucoup de nos compatriotes et en inquiète même certains.
Mais c’est bien le rôle des élus de proposer les choix du possible conformément à ce droit d’adaptation consacré par la Constitution sans le carcan d’une quelconque date butoir!
Et les guadeloupéens sont libres de choisir, en leur âme et conscience, le chemin qu’ils souhaitent emprunter au moment où la réforme territoriale validée en grande partie par le conseil constitutionnel s’impose à la Guadeloupe.
C’est pourquoi je considère qu’il faut qu’un large débat se poursuive et que chacun puisse y participer.
Un débat sérieux, un débat fondamental, qui questionne l’exercice du pouvoir local dans une démocratie.
Un débat qui exige de bannir la caricature et la mésinformation qui provoquent des peurs irrationnelles dans la population.
L’Etat arrogant, l’Etat qui impose, ce n’est pas celui que nous voulons !
Ce que nous voulons, c’est un Etat qui assume son rôle mais qui respecte la volonté du peuple et de ses élus, pour réparer le passé et préparer l’avenir en construisant des relations fondées sur le respect, la responsabilité et la fraternité.
Différents scénarii sont possibles et parfaitement respectables :
Le choix de l’évolution statutaire dans le cadre de l’article 74, le statu quo dans le cadre de la réforme Balladur, son adaptation à nos spécificités; ou encore la création d’une collectivité unique ou d’une assemblée unique.
Toutes ces hypothèses présentent des avantages et des inconvénients que le débat public doit contribuer à clarifier.
Mais j’ajouterais pour ma part que l’évolution institutionnelle peut aussi se concevoir comme un processus, une démarche comportant plusieurs étapes, à pas cadencés mais assurés.
Ce qui est fondamental, c’est que les Guadeloupéens soient amenés à se prononcer librement à chacune de ces étapes, et que rien ne se fasse sans leur consentement éclairé !
Ce qui est fondamental c’est que les élus avancent à visage découvert en bannissant les calculs politiciens !
Ce qui est fondamental c’est d’éviter les errements du passé qui démontrent qu’aucun projet d’évolution ne saurait être viable s’il n’était élaboré par le peuple lui même !
C’est une exigence démocratique à laquelle nous ne saurions déroger, mes chers collègues !
C’est pour cela que nous devons poursuivre et faire évoluer le débat, pour œuvrer à la maturité des consciences.
Il nous faut pour cela faire preuve de cette valeur, trop souvent négligée mes chers collègues : le courage politique.
Courage de ses idées, courage de ses actes.
Je n’ai pour ma part jamais transigé, jamais renoncé à ces principes.

J’ai toujours souhaité qu’advienne enfin la conscience d’une responsabilité partagée pour démontrer que nous ne sommes pas des "confettis de l’Empire", des "danseuses" de la République, mais des terres de créativité et de diversité assumée.
Lorsque, qu’après la décentralisation, au début des années 80, l’idée de l’assemblée unique a pris forme au sein du parti socialiste. J'y étais, et j'y croyais !

Lorsqu’au début des années 90, la création de mon parti Guadeloupe Unie Socialisme et Réalités était fondée sur la nécessité de faire évoluer nos institutions vers davantage de responsabilité assumée localement, j'y adhérais et j'y croyais !
Lorsque, en 2003 l’immense majorité des élus guadeloupéens proposait la mise en place d’une collectivité unique régie par  l’article 73, j'y étais et j'y croyais !
Et aujourd'hui, alors qu'il nous faut sortir la Guadeloupe de ses querelles et la conduire résolument sur les chemins de l'avenir, je puis le dire encore, j'y suis et j'y crois !
Ceux qui me connaissent le savent : je ne suis pas de ceux qui pratiquent la palinodie,
Et cette inspiration, ce souffle qui m’anime pour tous les guadeloupéens, partout en tout lieu, cette soif de responsabilité jamais personne ne pourra l'étouffer.
Les 18 mois écoulés nous l’ont démontré, mes chers collègues, l’exercice n’est certes pas aisé, mais il est absolument indispensable.
Œuvrer avec sérénité à changer notre regard sur nous-mêmes et sur notre histoire pour décoloniser les esprits,
Œuvrer à mettre un terme à la méfiance, parfois même à la défiance, qui marque les relations ambivalentes entre société civile et classe politique depuis des décennies en Guadeloupe,
Favoriser la coopération contre l'esprit de clocher, le respect mutuel contre la domination, le souci de l'avenir contre les calculs à court terme,

Moderniser les institutions guadeloupéennes, en tournant la page de l’enchevêtrement des compétences, tout en réaffirmant la certitude de notre ancrage dans la République,
Ce sont ces défis auxquels nous devons répondre aujourd’hui et sans doute encore plus demain.
Mais nous devons aussi regarder plus loin.
La brutalité des mutations sociologiques, l'affaiblissement des solidarités traditionnelles, l'émergence de nouveaux modes de vie sont autant de facteurs qui ne sauraient être ignorés.
La jeunesse guadeloupéenne ne trouvera ni les perspectives d'avenir, ni les repères dont elle a besoin, si tous les efforts ne sont pas faits pour renforcer le dialogue social et inscrire le progrès économique dans le respect des valeurs traditionnelles de la Guadeloupe.
Alors allons droit au mensonge principal à partir duquel prolifèrent tous les autres, car au bout des mensonges propagés, il y a le poison de l’obscurantisme instillé dans les veines d’un peuple,
Et c’est là le grand reproche que j’adresse aux partisans de l’immobilisme : d’avoir trop longtemps rapetissé l’ambition qui sous-tend la volonté de faire évoluer nos institutions,
D’en avoir eu une conception étroite et parcellaire, partielle et partiale et, tout compte fait, sordidement bête.
Le drame, comme le disait si bien Cocteau, c’est qu’aujourd’hui la bêtise pense…et j’ajouterais que la colonisation déshumanise l’homme, même le plus civilisé.



En regardant la marche de la Guadeloupe, je me dis qu’en vérité le débat qui s’ouvre aujourd'hui devant nous est d'abord un débat de conscience et que le choix auquel chacun d'entre nous procédera l'engagera personnellement.

Le congrès se doit d’être ce phare qui ouvre la voie de l'ombre pour le pays, conformément à la loi fondamentale de la démocratie qui est la volonté du suffrage universel et, pour les élus, le respect du suffrage universel.

Sachons donc reconnaître que tout n'a pas été fait pendant les mois écoulés pour éclairer suffisamment cette opinion publique et que certains ont parfois entretenu l'angoisse, stimulé la peur, favorisé la confusion.

Alors maintenant mes chers collègues, l'alternative qui s'offre à nos consciences est donc claire:

Ou bien de laisser à d'autres, le soin de décider du sort de tous, et donc du nôtre,

Ou bien d’œuvrer à réunir la somme des talents et des capacités, les ressources matérielles, spirituelles, et culturelles dont la Guadeloupe regorge.

Comme CESAIRE nous le rappelle : « une Nation n'est pas une création, mais un mûrissement, année après année, anneau après anneau. ».

Alors même si nous sommes dans une phase où le destin hésite encore, l'heure est venue pour nous de souder l'anneau de la volonté des élus guadeloupéens,


Cette volonté majoritaire, à défaut d’être unanime, il ne dépend que de nous tous qu’elle reste vive, comme il ne dépend que de nous tous que nos compatriotes l'entendent, la comprennent et nous appuient.

Il ne dépend que de nous de démontrer la volonté d’une démocratie dans laquelle chacun se respecte en s'efforçant de comprendre l’autre.

Et il ne dépend que de nous de produire un texte de synthèse, mais aussi - le mot est lâché - un texte de consensus, en privilégiant l'éloquence du cœur et l'éloquence de la raison.

Oui mes chers collègues, nous avons le devoir d’oeuvrer ensemble à la construction d'une Guadeloupe forte, d'une Guadeloupe capable, d'une Guadeloupe volontaire.

Les générations futures méritent bien cette ambition, méritent bien ce combat, car nous le savons, un peuple est fort lorsqu'il est rassemblé.

Certes, il est des attitudes commodes.
Dire oui a priori à toute évolution de nos institutions, par souci légitime de fidélité à ses convictions mais en faisant fi du réalisme politique qui impose de mesurer l’état de maturation des consciences.
Ou alors dire non, quoi qu'il arrive, en refusant tout examen d’une adaptation de notre cadre institutionnel alors que l’immobilisme dans un monde en pleine évolution est synonyme de régression.

Refusons ces facilités mes chers collègues !!
Entre l’empressement de nos convictions et l’immobilisme réactionnaire, le champ des initiatives s'étend désormais largement devant nous avec son éclairage d'ombres et de lumières, son alliage d'élans et de blocages.
Il est clair que le temps s'éloigne où la Guadeloupe n'avait pour destin que d'être partagée et divisée par d'autres.
Et j'ai personnellement trop confiance en notre histoire pour admettre que nous puissions jamais nous laisser aller au déclin dont l'intolérable immobilisme est le signe le plus inquiétant.
Nos différences sont naturelles, nos interrogations légitimes.

Mais nous devons parvenir à surmonter les clivages en reconnaissant que si chacun voit le monde de l’endroit où il se trouve, ce point de vue est généralement déformant.
 
Ce qui doit nous rassembler, ici et maintenant, mes chers collègues, c’est cette volonté commune de mettre le peuple guadeloupéen en mouvement et de rendre à chacun de nos compatriotes la fierté d'être Français de Guadeloupe.

Ce qui doit nous rassembler, c’est ce désir que nous avons tous que chaque Guadeloupéen soit capable d’inventer son avenir au sein de la République.

Alors allons-y mes chers collègues, défendons nos positions, confrontons nos idées en n’ayant pas peur de la contradiction !

Mais de grâce, faisons-le en refusant l’outrance des calculs politiciens, en cessant d’avoir les yeux systématiquement rivés sur les urnes !
Faisons-le en bannissant la nostalgie d'une France unitaire, qui appartient définitivement au passé, et qui dorénavant ose se projeter résolument dans l'avenir en conjuguant judicieusement unité et diversité.

Faisons-le en pensant à ces milliers de compatriotes qui ont le regard rivé sur nous et qui désespèrent parfois de la classe politique !

Sachons donc quitter le maquis des petits procès pour réconcilier, rassembler, atteler à une œuvre commune un peuple à l’histoire déchirée par la force et le sang.
En un mot cherchons à convaincre et non à vaincre !
Au moment où certains entendent opposer légitimité des urnes et légitimité de la rue, la Guadeloupe a plus que jamais besoin d’être rassemblée, mes chers collègues !
Peu importe la personnalité de celles et de ceux qui assumeront la responsabilité initiale de cette tâche, car l'essentiel est qu'elle soit accomplie.
Du Parti Socialiste Guadeloupéen au PPDG, de Guadeloupe unie Socialisme et Réalités aux Divers droite, de la Fédération du PS à l’UPLG, des Verts à l’UMP en passant par le Parti Communiste,
Nous sommes tous ici dépositaires d’une part de représentativité et de légitimité populaires.
L’heure est donc au travail collectif pour déblayer la route !
L’heure est à la responsabilité de tous pour reprendre notre marche en avant mes chers collègues !
Pour répondre un jour à ceux qui nous diront, vous saviez tout cela, et qu'avez-vous fait ?
Pour que tous les guadeloupéens, d’ici et d’ailleurs, trouvent dans ce défi qui s’ouvre l’occasion d’un engagement collectif et le lieu exigeant d’une espérance nouvelle !
Kon di Lékouz Lilian : ki dyab sa ki pòkò péké !
Si nou ka nou ké !
Alòs’ an nou pòté mannèv !!
Je vous remercie de votre attention

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André-Jean Vidal
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28 décembre 2010 2 28 /12 /décembre /2010 23:02

IXème CONGRES DES ELUS DEPARTEMENTAUX ET REGIONAUX *

 

DISCOURS DU PRESIDENT DU CONGRES M. Victorin LUREL

 

Mesdames et messieurs les parlementaires, Monsieur le président du Conseil général, Chers collègues conseillers généraux et conseillers régionaux, Mesdames et messieurs les maires, Mesdames et messieurs les invités, Mesdames et messieurs,
Je tiens à vous remercier d’avoir, en cette période de fêtes, fait l’effort de vous rendre disponibles pour cette IXème réunion du Congrès des élus départementaux et régionaux. Cette présence nombreuse témoigne du grand esprit de responsabilité que nous partageons tous et que je tiens ici à saluer.
Nous sommes ainsi en mesure de délibérer valablement pour dégager ensemble la position des élus guadeloupéens sur la loi de réforme des collectivités territoriales.
Je tiens, avant cela, à saluer tout particulièrement notre collègue conseiller régional, le docteur André ATALLAH, qui revient d’un congrès international au cours duquel son action en Guadeloupe dans le domaine de l’hypertension artérielle a reçu une prestigieuse distinction.
Je veux également remercier l’ensemble des médias présents ce matin, car ils ont déployé d’importants moyens pour retransmettre nos travaux en direct.
Grâce à eux, un très grand nombre de nos concitoyens pourront suivre nos débats et je profite de l’occasion qu’ils me donnent pour souhaiter à toutes et à tous, à la Guadeloupe toute entière, de bonnes fêtes en formulant d’ores et déjà mes meilleurs vœux pour l’année 2011.


Ce Congrès ne se réunit pas à la hâte, ni dans la précipitation et encore moins dans l’improvisation. Nous vivons aujourd’hui une nouvelle étape du processus entamé le 24 juin 2009, au Conseil général, lors de notre VIIIème Congrès, que nous avions consacré à l’élaboration du projet guadeloupéen de société, tandis que s’esquissaient les contours d’une réforme des collectivités territoriales voulue par le Président de la République.
A l’époque, face à ces projets de changements institutionnels envisagés pour l’ensemble du territoire français, je disais – et nous étions même nombreux à dire cela – que nous devions éviter que ce soit Paris, Fort-de-France, Cayenne ou Saint-Denis qui décide à notre place des institutions les plus adaptées à nos réalités et à nos besoins.
Nous disions cela en nous appuyant sur les possibilités très balisées que nous offre la Constitution de définir ensemble, d’abord, une voie guadeloupéenne d’évolution de nos institutions, puis de la proposer ensuite au Président de la République.
Lors de cette réunion du Congrès, cette réflexion institutionnelle avait été insérée dans une démarche bien plus globale et à l’évidence bien plus complexe : celle de l’élaboration d’un projet guadeloupéen de société. Et, nous avions alors trouvé entre nous un consensus large autour d’une demande faite au chef de l’Etat d’un délai de 18 mois de réflexion, afin de nous donner le temps de discuter entre nous de ce projet et de son volet institutionnel. Durant ce délai, le Gouvernement devait s’abstenir d’engager toute réforme institutionnelle ou statutaire, ce que le chef de l’Etat avait solennellement accepté devant nous deux jours plus tard à Petit-Bourg.
Aujourd’hui, nous sommes à un mois de l’expiration de ce délai prévue le 26 janvier 2011. Et nous sommes hélas les seuls à l’avoir respecté scrupuleusement car, dans le même temps, le Gouvernement et sa majorité parlementaire, violant la promesse du Président de la République, ont de fait engagé une réforme de nos institutions en nous incluant dans la loi de réforme des collectivités territoriales finalement adoptée en novembre.
Oui, mesdames et messieurs, chers collègues, malgré ce manquement à la parole donnée, nous avons fait ce que nous avions dit. Et c’est en vertu d’une courtoisie républicaine élémentaire que nous avons convoqué notre Congrès quelques jours avant la visite chez nous du Président de la République, alors que nous pouvions le tenir un peu plus tard dans le courant du mois de janvier.
Nous sommes donc dans les temps pour remettre au chef de l’Etat les seuls de nos travaux qui lui importent depuis que le Gouvernement a choisi de nous imposer depuis Paris sa réforme territoriale : ceux concernant nos propositions d’évolution institutionnelle qu’il nous revient de formaliser aujourd’hui.
Durant les six mois qui ont suivi l’installation du comité guadeloupéen du projet en juin dernier, nous pouvons dire, mes chers collègues, que nous avons travaillé et que nous ne sommes pas restés inertes : nous avons produit deux volumineux documents de synthèse sur les enjeux de la réforme territoriale et sur les principales options possibles en matière d’évolution institutionnelle ; nous avons organisé, dans la quasi-totalité des communes, une trentaine de réunions publiques de grande qualité ; nous avons contribué à la saisine du Conseil constitutionnel sur le volet outre-mer du texte de loi ; nous avons installé une commission mixte région-département début décembre qui s’est réunie à quatre reprises.
Entre temps, des partis politiques ont délibéré, certes pas tous et je le regrette vivement, mais ceux qui l’ont fait ont apporté des contributions utiles à nos débats.
Enfin, ce congrès doit permettre à chaque élu de faire entendre, dans sa singularité, des propositions qui pourront nourrir la position que nous prendrons dans nos délibérations.
Au vu des travaux préliminaires et au regard des débats que nous avons eus en commission mixte, deux pistes apparaissent en fait possibles.
Il y a celle qui consiste à accepter l’architecture proposée par la loi qui prévoit, je le rappelle, la création de 43 conseillers territoriaux élus au scrutin uninominal, siégeant dans une assemblée commune à la Région et au Département, qui seraient ainsi maintenus avec, à leur tête, leur président respectif, soit deux exécutifs. Mais, il est possible :
-    soit d’accepter la loi telle qu’elle a été votée,
- soit de l’accepter en formulant des souhaits d’adaptations rendues au demeurant possibles par la loi elle-même, car celle-ci dispose que le Gouvernement est habilité à l’adapter par ordonnance.
Accepter la loi en l’adaptant « a minima », pourrait donc consister, sans toucher fondamentalement à l’architecture instaurée par la réforme, à proposer un plus grand nombre de sièges de conseillers territoriaux et à conserver dans le mode de scrutin au moins une dose de proportionnelle.

L’autre piste consiste à proposer au chef de l’Etat une architecture s’écartant significativement de celle de la loi. Ce serait par exemple opter pour une collectivité unique ou pour une assemblée commune à la région et au département avec un seul exécutif, voire choisir de changer de régime législatif dans le cadre de l’article 74.
Ce seront là les enjeux de nos débats aujourd’hui.
Pour ma part, je veux rappeler les positions qui ont toujours été les miennes.
Je suis partisan du maintien de la Guadeloupe dans le principe de l’identité législative posé par l’article 73 de la Constitution qui, grâce aux habilitations, offre à nos collectivités de nombreuses possibilités d’agir en tenant compte de nos spécificités.
Sur le débat entre collectivité unique et assemblée unique, là encore, je reste cohérent et constant. En 2003, je m’étais opposé au mauvais projet de collectivité unique qui nous était proposé, tandis que tout au long du débat que nous avons fait vivre ces derniers mois autour des enjeux de la réforme territoriale, j’ai défendu l’instauration d’une assemblée unique qui maintient l’existence, à mes yeux primordiale, de la Région et du Département. Cette proposition, que j’ai comparée aux institutions en vigueur au Conseil de Paris (qui est à la fois conseil général et conseil municipal), était somme toute très voisine de celle proposée dans le cadre de la réforme territoriale.
Je suis, en outre – comme de très nombreux Guadeloupéens du reste – particulièrement soucieux de l’existence d’une forme d’équilibre des pouvoirs dans nos institutions. Durant nos réflexions, ces derniers mois, nous avons recherché cet équilibre en envisageant de proposer une assemblée unique avec un exécutif unique, mais collégial, ou encore en explorant une formule de séparation des pouvoirs entre un président de l’exécutif et un président d’assemblée. Mais, cette forme d’équilibre des pouvoirs peut être aussi assurée, c’est vrai, par l’existence de deux présidents, l’un pour le Département, l’autre pour la Région. C’est le cas aujourd’hui et ce serait le cas demain avec la réforme territoriale.
Enfin, de mon expérience politique, je retire la leçon que les questions institutionnelles sont probablement celles qui peuvent provoquer les plus profondes divisions entre nous. Tout le monde croit détenir LA vérité alors qu’en réalité chacun d’entre nous n’en détient qu’une part. S’il est donc un sujet sur lequel nous devons savoir construire un compromis fait de petits pas les uns vers les autres, c’est bien sur celui-là. D’autant qu’il s’agit de parler demain au nom de la Guadeloupe toute entière et de faire entendre une voix claire à la plus haute autorité de l’Etat.
C’est donc avec la conviction que nous ne pouvons pas nous déchirer une nouvelle fois sur cette question que nous avons recherché, Jacques GILLOT et moi-même, les voies d’un compromis acceptable par le plus grand nombre d’entre nous.
Le Conseil constitutionnel ayant validé pour l’essentiel l’architecture institutionnelle prévue par la loi, nous proposons d’accepter le maintien de deux présidents, un pour le conseil général, exécutif du département, et un pour le conseil régional, exécutif de la région. Et nous suggérons au Gouvernement d’user de son pouvoir d’adaptation par ordonnance sur deux points : le nombre de sièges de conseillers territoriaux et le mode de scrutin.
En effet, si nous sommes d’accord pour que le nombre de sièges dans les assemblées soit réduit, nous considérons que cette baisse ne doit pas pénaliser l’action publique. Actuellement, il y a 81 sièges au total entre le conseil général et le conseil régional. Le projet de loi prévoyait 43 sièges, ce qui est manifestement insuffisant pour mener à bien tous nos travaux, pour animer toutes nos commissions, pour assurer une présence efficace dans tous les comités, conseils d’administration dans lesquels le département et à région doivent travailler et pour assurer convenablement la représentation de nos îles et de nos communes.
Le Président de la République a décidé d’un nombre d’élus s’élevant à 60 pour la Martinique qui a une population légèrement inférieure à la nôtre. Pour la Guyane, 51 sièges sont prévus. Si l’on appliquait à la Guadeloupe le même ratio qu’à la Guyane, la Guadeloupe disposerait de 96 sièges ! Nous estimons que l’effectif convenable est de 65. Il est proche de celui de la Martinique, mais il tient compte néanmoins du caractère archipélique de la Guadeloupe.
Sur le mode de scrutin, notre proposition d’adaptation se justifie d’abord par le fait que nous tenons à la parité hommes/femmes dans la vie politique. Cette parité a d’ailleurs un sens particulièrement fort, chez nous en Guadeloupe, où les femmes ont joué et jouent toujours un rôle important en politique. Nous tenons aussi à une représentation équitable des mouvements politiques et des territoires ainsi qu’à la stabilité des institutions. Or, le mode de scrutin prévu dans la loi ne permet pas le maintien d’un dispositif de parité et il n’est satisfaisant ni pour la représentation équitable des mouvements minoritaires, ni pour dégager une majorité stable permettant d’agir efficacement. C’est pourquoi, nous proposons un choix entre deux modes de scrutin plus efficaces, dont celui décidé par le Président de la République pour la Guyane et la Martinique.
Cette piste sage et prudente d’adaptation a minima a ma préférence pour une loi qui, à l’évidence, n’a pas été pensée pour une région monodépartementale. Et je ne veux pas m’excuser de préférer un bon compromis à la mauvaise querelle que certains, je le sais, voudraient continuer d’alimenter.
Cette démarche marque une volonté de tendre la main à ceux qui disent aujourd’hui redouter un possible décrochage par rapport au droit commun et qui ne conçoivent ce droit commun que comme un alignement systématique, pur et simple, sur l’Hexagone.
Ils savent pourtant comme moi que l’essence même de la départementalisation outre-mer des années 60 à nos jours, c’est précisément la possibilité d’adapter. Ils savent pourtant comme moi qu’un « intégrisme » du droit commun revient à réclamer, ici et maintenant, notre part de la neige qui tombe en abondance dans l’Hexagone ces jours-ci. Cela n’a pas de sens !
Cette proposition de juste compromis est aussi une main tendue vers ceux qui souhaitent poursuivre encore la réflexion institutionnelle. En leur proposant de la saisir, personne ne leur demande en effet de renoncer à faire vivre le débat qui peut contribuer, demain, à proposer, pourquoi pas dans le cadre d’un futur Congrès et si le peuple le souhaite, une évolution plus marquée de nos institutions.
Mais, surtout, si nous adoptons finalement ce compromis raisonnable, nous adresserons au chef de l’Etat et à son gouvernement le message clair que nous refusons de laisser la question institutionnelle nous déchirer et nous occuper durablement, au moment où la Guadeloupe traverse une crise économique et sociale profonde et que les préoccupations de nos compatriotes, nous le savons, sont précisément le chômage, le pouvoir d’achat, l’éducation, la violence endémique ou encore l’environnement.
Contrairement à ce que certains peuvent penser, le délai de 18 mois durant lequel nous avons pris le temps de la réflexion nous a préservés de l’instabilité et des incertitudes que la Martinique a connues après le lancement du débat sur l’évolution institutionnelle. C’est notre prudence sur cette question qui explique que notre PIB ne se soit replié «que» – si l’on ose dire – de 4,8 % en 2009, quand celui de l’île sœur a reculé de 6,5% sur la même période. Comment, sinon, expliquer un tel différentiel, alors que nos deux économies sont exposées de façon identique aux crises mondiales et nationales ?
En choisissant ce compromis raisonnable, nous pouvons dire dès aujourd’hui au chef de l’Etat que nous voulons avancer à notre rythme, sans ajouter à la crise économique et sociale un emballement politique. « Un pas devant le peuple, pas deux », ce sage conseil de Césaire s’adresse à lui comme à nous.
Nous pouvons lui dire dès aujourd’hui que les deux adaptations que nous lui proposons peuvent être mises en œuvre par le gouvernement via les ordonnances, en faisant l’économie d’une consultation populaire qui mobiliserait toute la classe politique guadeloupéenne pendant des mois, alors que nous aspirons à remplir nos mandats.
Nous pouvons lui dire dès aujourd’hui que nous ne voulons pas du tour de passe-passe quelque peu étrange qui, en décidant d’installer dès 2012 la collectivité unique à la Martinique, réduirait d’un trait de plume le mandat des conseillers régionaux élus en mars 2010 de 4 à 2 ans et de 3 à 1 ans celui des conseillers généraux qui seront élus en mars prochain.
Oui, mes chers collègues, le Président de la République et nous-mêmes pouvons démontrer qu’il est enfin possible, sur cette question, de faire passer l’intérêt supérieur de la Guadeloupe avant les intérêts partisans et les sombres calculs politiciens.
Nous, en adoptant ce compromis à une large majorité. Lui, en acceptant notre proposition. Je vous remercie.

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André-Jean Vidal
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