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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 19:25

Christine Monlouis démâte, Lionel Lemonchois revient

Corsée cette Route du Rhum-La Banque Postale 2010 ! Dans des conditions rudes et complexes, les 81 solitaires encore en course dans les cinq classes confondues connaissent des heures difficiles. Cette 3è journée de mer reste marquée à la fois par le démâtage de la navigatrice guadeloupéenne Christine Monlouis (Un monde bleu tout en vert) dans la catégorie Rhum, et le retour en mode compétition de Lionel Lemonchois (Prince de Bretagne). Le tenant du titre, qui dispute cette édition 2010 dans le camp des Multi 50, fait montre d'une belle combativité. A l'image de tous les solitaires qui, dans le sillage de Franck Cammas (Groupama 3) lancé à pas de géant dans les alizés, ne cèdent rien dans leur face à face avec l'océan.

ULTIMES : Tous derrière et Cammas devant
Franck Cammas (Groupama 3) poursuit son cavalier seul en tête du Rhum. Autres partisans de la route sud, Francis Joyon (Idec) et Yann Guichard (Gitana 11) s'emparent respectivement de la deuxième et troisième place au détriment de Thomas Coville (Sodeb'O) et Sidney Gavignet (Oman Air Majan) qui mangent leur pain noir, au nord de l'anticyclone des Açores. Philippe Monnet (La Boîte à Pizza), 6e, déplore une dérive abîmée par un choc. Nouvelle rassurante pour Bertrand Quentin (Côte d'Or II), hélitreuillé hier pour raison de santé, et qui va être transféré de l'hôpital espagnol à celui de Rennes pour des examens complémentaires.
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Philippe Monnet (La Boîte à Pizza) : « J'ai pris un gros coup sur la dérive avec je ne sais pas quoi cette nuit. J'ai la dérive en chou-fleur et en même temps ça a arrêté le bateau et le gennaker a céder sous les coutures. Il n'est pas complètement déchiré mais on peut lire le journal derrière ! »

Thomas Coville (Sodebo) : « "Ca va moyen !  J'ai eu une nuit avec des vents très erratiques. Ce n'était pas facile à gérer. Là c'est  un peu plus simple. Je suis au près dans une mer un peu formée, pas hyper confortable. En ce moment ça ne paye pas, mais c'est un positionnement pour dans deux ou trois jours qu'on est venu chercher. Il faut prendre son mal en patience. La situation est moins confortable que la route sud, c'est certain.  La route qui me semblait la plus aléatoire marche bien pour l'instant. »


IMOCA : Resserrement en tête
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Armel Le Cléac'h (Brit Air), leader depuis 36 heures subit la pression grandissante de ses poursuivants. Une meute menée par Roland Jourdain (Veolia Environnement), deuxième, qui est revenu à seulement trois milles du leader. De l'autre côté de l'anticyclone, sur la face sud, Arnaud Boissières (Akena Vérandas) et Michel Desjoyeaux (Foncia) profitent enfin d'un bon flux de vent portant pour réduire une partie de leurs retards.

Kito de Pavant (Groupe Bel) : « Cette nuit j'ai failli m'emplafonner Safran. On dormait tous les deux, une alarme du bord m'a réveillé. On a eu de la chance de ne pas se rentrer dedans. Je suis passé 50 mètres derrière ! »

Arnaud Boissières (Akena Vérandas) : « Je regarde comment ils évoluent là-haut par rapport aux prévisions. C'est rigolo de regarder les autres, en se disant qu'ils sont au près alors que je suis au portant. En tous cas, je ne regrette rien. Cette nuit, j'ai peu dormi car le vent allait tourner et adonner. »

Multi50 : Lemonchois revient dans la course
Victime, hier, de la casse de son système de lashing alors qu'il était aux commandes de la flotte des Multi50, Lionel Lemonchois s'est dans un premier temps dérouté vers l'Espagne pour chercher assistance avant de décider de monter en tête de mât récupérer les pièces coincées en haut. Une opération périlleuse mais qui en valait la peine puisque le skipper de Prince de Bretagne fait, depuis ce midi, à nouveau cap sur les Antilles, fermement décidé à revenir au contact des leaders. Ces derniers, emmenés par Franck-Yves Escoffier (Crêpes Whaou !) et positionnés au sud,  se rapprochent dangereusement du centre de l'anticyclone des Açores. Leur challenge : garder un maximum de vitesse.
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Yves Le Blévec (Actual) : « On essaye de tricoter au mieux avec des conditions météo compliquées. On est en train de taquiner l'anticyclone des Acores par le sud. On se rapproche du centre pour empanner, pour aller chercher une bascule de vent. La technique c'est d'aller le plus loin possible sans tomber dans la molle. Il faut doser l'évolution de la pression, de la force du vent pour trouver le bon moment. Ce sont des sacrés paris sur l'avenir. Je n'ai pas d'inquiétude. »

Erik Nigon (Axa Atour Cœur pour Aides) : « Je suis plutôt content de la course jusqu'à maintenant, j'ai pris une bonne option Sud. Je ne suis pas au maximum car j'apprivoise la bête mais je fais des bonnes moyennes et je les tiens. Il y a du soleil mais aussi des grains. Je préférais presque la brume d'hier car le vent était constant. Là, c'est très variable. En multicoque, ce n'est pas comme en mono où il suffit de réduire la voilure. Il faut tout prévoir, anticiper. »

Class 40 : Au pas, au près !
Si on a l'habitude de dire que le bonheur est dans le pré, en matière de course au large, c'est plutôt l'honneur qui est dans le près ! Sous l'influence de l'anticyclone des Açores qui barre le chemin vers des Antilles, la flotte des Class40 tricote, depuis plus de 48 heures, sa route dans des vents contraires. Les 43 solitaires encore en course se sont éparpillés dans tous les sens sur le plan d'eau. En tête, un solide trio de leaders – Thomas Ruyant (Destination Dunkerque), Sam Manuard (Vecteur Plus), Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) – contourne ce mur météorologique par le Nord. Il emmène le gros des troupes qui fait montre, en mode régate océanique dans des conditions rugueuses, d‘une belle combativité. Plus au Sud Nicolas Troussel (CMB) fait cavalier seul sur une option très marquée au large des côtes portugaises. Il représente pour la flotte des Class 40 la même menace que Michel Desjoyeaux dans le camp des IMOCA.
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Samuel Manuard (Vecteur Plus) : « Vous me réveillez en pleine sieste pendant un rêve magnifique ! Ca va bien, je fais un bord plein ouest pour aller chercher les vents portants pour choper la route directe, j'ai choisi mon camp ! Pour le moment les conditions sont faciles, il y a  15 nœuds avec une mer facile, ça ne tape pas, c'est tranquille. On est sous pilote, ça permet de prendre du repos car la suite va être plus compliquée. Il risque d'y avoir un ciel actif, il faut se préparer pour gérer la grand voile, le solent … Et puis ensuite, il faut être en forme car au portant il faudra suivre le rythme et creuser des écarts »

Régis Guillemot (Régis Guillemot Charter)
« Ca va bien, impeccable ! Je suis en train de suivre la route Nord. J'ai choisi  cette option afin de contourner l'anticyclone. C'est un jeu d'échec. Je n'ai pas suivi la même route que les autres, mais j'y crois. Au tout début de la course, j'ai été moins rapide, je pense que j'ai perdu du temps surtout au départ. Je vais bien et le bateau marche bien aussi. Je n'ai pas mangé grand-chose pendant les premiers jours mais là ça va beaucoup mieux. »

Louis  Burton (Bureau Vallée) :
« Ca va super bien : c'est cool ! Je ne sais pas si vous avez vu ma position en début de course mais j'ai bien démarré. En ce moment je reste au Nord pour tenter un coup... J'ai un vent aux 240 à 14 nœuds. Le ciel est  nuageux et je navigue au près : je fais route à l'Ouest ! En ce moment je ne vois personne. Je sais qu'il y a du monde autour de moi, mais la visibilité n'est pas bonne,  des grains passent sans cesse. Je pense qu'il y a des bateaux à moins de 15 milles de moi.  Les deux premiers jours, je n'ai pas dormi : j'étais  au contact avec tout le monde et j'ai dû faire gaffe. Ce qui a été dur au départ, c'était le fait d'enchaîner le sommeil divisé en petites siestes. J'étais crevé, mais maintenant ça va bien. Je suis très impressionné par le milieu de l'Atlantique. J'ai très bon moral, j'espère que les autres aussi… »

Catégorie Rhum : Christine Monlouis démâte, Andrea Mura retrouve des forces
Peu ou pas de changement au classement, ce mercredi, dans la catégorie Rhum. Andrea Mura (Vento di Sardegna), Pierre-Yves Chatelin (Destination Calais) et Luc Coquelin (Pour le Rire Médecin) forment toujours le trio de tête et se tiennent dans un mouchoir de poche sur une trajectoire similaire au large du Cap Finisterre. Seul Pierre-Yves Guennec (Jeunes Dirigeants – Lorans) a choisi de contourner l'anticyclone des Açores par la face nord. Grosse déception pour Christine Monlouis. La navigatrice est entrée en collision avec un bateau de pêche à 1h30 cette nuit. Le choc a occasionné le démâtage de son voilier "Un Monde Bleu tout en Vert". La Guadeloupéenne est actuellement à bord du chalutier qui remorque son Gigale 16 vers un port breton.

Andrea Mura (Vento di Sardegna) : « La mer s'est calmée et mon mal de mer est enfin terminé. Le bateau va vite et, à présent, je vais pourvoir en tirer le meilleur, ce qui m'était tout à fait impossible jusqu'ici car j'étais trop barbouillé. Je vais pouvoir bien travailler et c'est tant mieux car les prochaines heures vont être importantes. Là, je fais une route ouest sud-ouest et je ne sais pas encore de quel côté je vais contourner l'anticyclone. A droite ou à gauche, telle est la question... »

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André-Jean Vidal
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