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31 août 2009 1 31 /08 /août /2009 16:25
CONJONCTURE : PAS LA JOIE
 
Lannée 2008 aura été marquée par le ralentissement de l’activité économique dans
l’ensemble des régions du monde. L’incidence de la crise financière sur l’économie réelle
s’est traduite par une baisse de la demande interne (consommation et investissement) et
a été amplifiée en fin d’année par une contraction sensible du commerce international, générant
alors un net recul de la production ainsi que d’importantes suppressions d’emplois.  

A la Guadeloupe, après la période de croissance soutenue observée depuis deux ans,
l’année 2008 marque un retournement de tendance caractérisé par une dégradation progressive
de la conjoncture économique relevée dans la majorité des secteurs du département. L’activité
a été négativement influencée par des mouvements sociaux, en particulier au 4ème trimestre
2008 avec la grève des transporteurs en décembre, liée aux revendications de baisse des prix
des produits pétroliers consécutives au repli du cours du baril de brent. Les tensions
inflationnistes qui sont apparues dans les services, l’alimentation et les produits pétroliers ont
amputé le pouvoir d’achat des agents économiques et ont pesé sur une demande déjà en
retrait, dans un contexte de marché du travail moins favorable et d’accroissement de la
vulnérabilité des ménages et des entreprises.  
 
Le département a subi un phénomène d’accélération discontinue du coût de la vie
(+2,2 % en moyenne en 2008 contre + 1,4 % en 2007 et + 2,1 % en 2006), qui s’est estompé
au 4ème trimestre à la suite de l’abaissement des prix de l’énergie. La situation du marché du
travail s’est progressivement dégradée, accusant une hausse de 4 % des demandeurs d’emploi
(42 337 demandeurs à fin décembre) et marquant une rupture après plusieurs années de
baisse.
 
Les principaux indicateurs relatifs à la consommation des ménages, qui atteint plus de
la moitié de la richesse produite dans le département, sont globalement orientés à la baisse
depuis le début de l’année. Les importations de biens de consommation courante ont enregistré
un recul de 3 % en 2008 et le marché de l’automobile est en perte de vitesse au regard du
nombre d’immatriculations enregistrées (-5,2 %). Ces orientations sont corroborées par le
ralentissement de la croissance des encours des crédits à la consommation, hors découverts,
(+3,5 % à décembre en glissement annuel contre +7,8 % en 2007). Les crédits à l’habitat
enregistrent, pour leur part, la progression la plus faible depuis deux ans (+9,9 %).
Parallèlement, la vulnérabilité des ménages s’est accrue, le nombre de retraits (confiscation) de
cartes bancaires et le nombre de personnes physiques en interdiction bancaire progressant
respectivement de 13,8 % et 2,6 % sur un an.
 
Depuis le 2ème semestre 2007, les intentions d’investissement des agents
économiques paraissent déprimées compte tenu d'un environnement économique, financier et
social jugé peu favorable. Un comportement attentiste de la part des entreprises s’est
développé face aux incertitudes liées aux dispositions fiscales du projet de loi pour le
développement économique des outre-mer (LODEOM). Ainsi, après avoir affiché un net
dynamisme en 2007, le rythme de progression des crédits d’investissement s’est infléchi, faisant
apparaître en fin d’année un ralentissement de 9,5 points par rapport au point haut enregistré
en 2007 (+9,8 % contre +19,3 %). La progression des crédits à l’habitat aux entreprises a
affiché également un repli de 1,1 point par rapport à la moyenne de longue période (+6,8 % en
2008). La vulnérabilité des entreprises s’est elle aussi fortement dégradée sur l’année :
+24,1 % d’incidents de paiement sur effets, +42,8 % de radiations d’entreprises et +8,8 % de
personnes morales en situation d’interdit bancaire. En outre, compte tenu des tensions
observées sur leurs comptes à vue (-6,4 %), les entreprises ont accru significativement leurs
 
recours aux crédits de trésorerie (+ 5,7 % par rapport à décembre 2007 contre -10,3 % l’année
précédente et 3,3 % en moyenne sur 4 ans).  
 
Le déficit de la balance commerciale a continué à se creuser (+6,9 %), s’établissant à
2 199,5 millions d’euros. Après le passage du cyclone Dean, les exportations de biens n’ont
progressé que de 1,9 % en valeur et les importations, influencées par la hausse des prix de
l’énergie, se sont accrues de 6,7 %. Le taux de couverture des importations par les exportations
de la Guadeloupe s’établit désormais à 6,7 % (contre 7 % en 2007 et 9,5 % en 2003).  
 
Par secteur d’activité, le dynamisme du BTP s’est tassé tout au long de l’année,
contrastant avec les résultats obtenus les années précédentes (-7,7 % pour la consommation
de ciment, contre +3,8 % en 2007). L’année a été marquée par la flambée des cours mondiaux
des matières premières, la grève des transporteurs de granulats et le ralentissement dans le
démarrage des nouveaux chantiers (en particulier pour la rénovation urbaine de Pointe-à-Pitre).
 
L’industrie agroalimentaire enregistre une activité contrastée. La production de
sucre s’est inscrite en repli de près de 21 % compte tenu des contraintes climatiques et atteint
son plus faible niveau depuis 5 ans. Après une année 2007 marquée par le passage du cyclone
Dean, la production de  bananes a cessé de baisser, mais reste cependant en deçà de son
niveau de 2006. Les protagonistes de la filière s’inscrivent cependant dans une démarche de
développement durable du secteur. En revanche, les industries rhumières ont augmenté leurs
ventes de 8,8 % sur un an, à la suite de l’obtention d’un contingent additionnel fin 2007.  
 
L’activité des professionnels du tourisme a été orientée à la baisse au cours de
l’année, avec une diminution de la fréquentation de l’île, la clientèle métropolitaine privilégiant
d’autres destinations comme les pays de la Caraïbe ou l’Amérique du Nord compte tenu du
cours du change favorable en zone dollar. L’activité hôtelière du département s’est ainsi
contractée, avec des taux d’occupation moyen en retrait par rapport à l’année 2007 (57 %
contre 59 %). En revanche, le tourisme de croisière reste dynamique et affiche une
augmentation annuelle de 25 % du nombre de croisiéristes.
 
Enfin, confronté à un climat d’affaires déprimé et aux répercussions de la crise
financière sur les marchés boursiers, le secteur bancaire guadeloupéen a enregistré en
2008 un tassement de l’activité, tant sur la collecte de dépôts (+4,2 % au 31 décembre 2008
contre 7,7 % en 2007) que sur le marché du crédit (+8 % pour l’encours sain contre +10,9 %
en 2007). Au-delà des tensions observées sur les comptes à vue de la clientèle, les agents
économiques ont affiché leur préférence pour l’épargne liquide, notamment l’épargne
réglementée, en raison des inquiétudes nées de la crise financière. La dégradation de la
conjoncture économique a amené les établissements de crédit à plus de prudence dans leur
politique de financement (notamment sur la promotion immobilière). La profession s’est
attachée à poursuivre une politique d’assainissement de son portefeuille et à reconstituer ses
marges d’intermédiation en répercutant l’augmentation du coût de la ressource sur les
conditions à la clientèle. Les établissements de la place poursuivent également leur politique de
modernisation de leur système d’information, d’optimisation des fonctions de back-office,
d’élargissement de leurs gammes de produits financiers et de renforcement de leurs équipes
commerciales.

Sources : IEDOM

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André-Jean Vidal
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