Yves Jégo restera en Guadeloupe
bien au-delà de la résorption des blocages
Le secrétaire d'Etat s'installe en Guadeloupe, pour quelques jours, le temps de débloquer la situation, de présenter un plan cohérent, chiffré, acté par tous.
Ensuite, le ministre restera quelques jours de plus, pour voir si ça marche. Dans l'immédiat, des contrôles vont être effectués dans les commerce pour tenter de comprendre le différentiel important
entre les prix métropole et locaux.
« Les Guadeloupéens ne veulent pas de cinéma mais des réponses. Ils veulent qu'on agisse autrement que ce qui a été fait depuis quinze jours et qui n'a pas fonctionné. Ce n'est pas une visite,
c'est une installation sur place, en préfecture, pour trouver des réponses efficaces qui s'adressent à ceux qui les attendent, sans être détournées... Je ne sais pas quand je vais retourner dans
mon ministère. En ce moment, pour une durée indéterminée, mon ministère est ici.
Les revendications de Liyannaj kont pwofitasyon « sont la traduction d'un manque de transparence du circuit du commerce. L'Etat doit garantir cette transparence, gage de baisse des prix. Cinquante
produits vont faire l'objet, chaque semaine, d'un contrôle en grandes surfaces. Et chaque fois, les prix des produits seront publiés. Je ne céderai sur rien. Le commerce, la distribution, doivent
redonner du pouvoir d'achat aux Guadeloupéens. Les revendications, dit-il, traduisent aussi le fait qu'il semble que la redistribution soit, en Guadeloupe, à deux vitesses : certains prospèrent
grâce aux mesures de l'Etat tandis que la plus grande partie de la population est au bas de la route. Il s'agit des personnes âgées, des locataires de HLM, entre autres. Pour ces derniers, je
souhaite un gel des prix des loyers dès cette année. Il y aura d'autres mesures à discuter avec l'ensemble des partenaires. »
Les profiteurs en point de mire
« Notre plan pour répondre aux revendications des Guadeloupéens doit être cohérent, vu avec l'ensemble des partenaires : les collectivités, les socioprofessionnels. Il faut aussi ouvrir des
perspectives à la jeunesse. Il est de notre devoir d'apporter des réponses d'avenir. »
« J'ai l'impression que, sur certains sujets, il y a des dérives, des exagérations. La direction de la consommation va être renforcée par une mission venue de Paris dès demain pour pouvoir exercer
pleinement son pouvoir de contrôle des prix et des pratiques commerciales. Il faudra dénoncer les profiteurs. Sans haine. L'Etat est là pour protéger les plus faibles de leurs agissements. La
pwòfitasyon est une dérive qui n'est pas acceptable.»
« Il faut, a-t-il martelé, changer de méthode pour avancer dans ce dossier. Ces premiers jours, mon programme de rencontres ne sera pas public parce qu'il faut avancer et qu'il ne faut pas troubler
ces rencontres. Très vite, il nous faudra pouvoir tous ensemble, les collectivités, les socioprofessionnels, l'Etat, donner des réponses, des chiffres, des montants. Ensuite, nous rencontrerons le
Collectif pour donner les réponses qu'attendent les Guadeloupéens. »
André-Jean VIDAL