Aux chrétiens, aux hommes et aux femmes de bonne volonté
Un message commun de l'Eglise réformée, l'Eglise orthodoxe et l'Eglise catholique de Guadeloupe, signée du pasteur Pascal Hiekel, de l'Eglise réformée, Michel Same,
de l'Eglise orthodoxe, Jean Hamot administrateur diocésain.
« Le climat social qui, depuis quatre semaines, traduit son malaise dans la rue a pris aujourd’hui une allure qui nous conduit tout droit vers la violence et les dérapages. Après cette interminable
grève, toutes les voix s’élèvent pour dire qu’il y a urgence à en sortir. Il faut s’en sortir, il est vrai mais à quel prix ? Et surtout comment rétablir la communication ?
Nous ne sommes ni politiques, ni juristes, mais nous sommes à une place qui nous permet de nous exprimer en tant que responsables d’Eglise. D’autant que la Guadeloupe est bloquée, le pays est
complètement paralysé. Nous souhaitons que la situation change et que se construisent les conditions d’une reprise. Où sont les Eglises, a-t-on pu entendre ? Mais n’oublions pas que
l’Eglise est la famille des baptisés. Les chrétiens baptisés sont nombreux dans la rue, à participer au cortège des revendications, et parmi eux des acteurs de la crise ( syndicats, patronat, élus,
Etat).
En tant que guadeloupéens responsables, notre profond désir nous invite à réclamer la justice et à prôner la collaboration. Parlons-nous. Arrêtons de nous accuser mutuellement. Faisons preuve de
calme et de retenue. Ayons devant nous le bien commun et l’avenir de notre pays.. Avec humilité et respect, disons non à la violence d’où qu’elle vienne. La réalité nous pousse au dialogue qui
engendrera ce que nous appellerons « une trêve ». Pas de paix, sans justice : « justice et paix s’embrassent » (psaume 84-85). Ce dialogue et cette trêve nous
permettront de reprendre souffle .Et dans le langage chrétien, le souffle, c’est l’Esprit de Dieu qui éclaire, qui guide, qui redonne la force de l’espérance. Marchons vers la réconciliation et
l’Espérance. »