300 GENDARMES MOBILES DÉBARQUENT
Face à l'escalade de la violence en Guadeloupe, Michèle Alliot-Marie a décidé mercredi après-midi de l'envoi de 300 gendarmes mobiles dans l'île, où une information
judiciaire pour meurtre a été ouverte après le décès d'un syndicaliste, tué par balle la nuit précédente.
Alors que Nicolas Sarkozy recevra jeudi les élus ultramarins à l'Elysée, le gouvernement a fait savoir que le premier conseil interministériel de l'outre-mer se tiendrait dans les prochains
jours.
La ministre de l'Intérieur a annoncé l'envoi de quatre escadrons de gendarmes mobiles, soit 300 hommes, à l'issue d'une réunion au ministère de l'Intérieur consacrée à la sécurité publique aux
Antilles. Outre le décès du syndicaliste et trois policiers blessés, la cellule de crise de la préfecture a établi un bilan des affrontements de la nuit, recensant 15 commerces pillés, sept autres
incendiés, tout comme 21 véhicules, alors que 13 interpellations ont été menées et que les pompiers ont eu une soixantaine d'interventions.
« Tout ceci n'a rien à voir avec le droit légitime à exprimer des revendications ou à manifester (...) Les pillages, les exactions, les violences contre les personnes ne sont pas tolérables et
elles ne seront pas tolérées », a martelé Mme Alliot-Marie.
« Les négociations engagées doivent reprendre et elles doivent aboutir »
Pour elle, la « solution aux difficultés que connaissent nos compatriotes d'outre-mer et de Guadeloupe ne se trouve pas dans les affrontements dans la rue. Les négociations engagées doivent
reprendre et elles doivent aboutir ».
Un peu plus tôt, le porte-parole du gouvernement Luc Chatel a annoncé que le premier conseil interministériel de l'outre-mer se tiendra dans les prochains jours sous la présidence de Nicolas
Sarkozy. Ce dernier doit aussi recevoir jeudi les élus ultramarins à l'Elysée.
Une partie des élus guadeloupéens ont confié mercredi qu'ils comptaient bien être entendus par le chef de l'Etat. « Je ferai mon possible pour être présente demain à la réunion », déclarait
mercredi après-midi Gabrielle Louis-Carabin, députée UMP de l'île, qui tentait de prendre l'avion pour la métropole malgré les barrages routiers, expliquant qu'elle souhaitait avant tout évoquer
avec le président l'avenir de la Guadeloupe après cette crise « catastrophique ».
Victorin Lurel, président PS du conseil régional de la Guadeloupe, a fait savoir qu'il allait demander à M. Sarkozy la « mise en application du pré-accord intervenu entre toutes les parties au
conflit le 8 février dernier ».