Source: http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/02/20/01016-20090220ARTFIG00535-incertitude-sur-l-issue-des-negociations-en-guadeloupe-.php
Incertitude sur l'issue des négociations en Guadeloupe
lefigaro.fr avec AFP
20/02/2009 | Mise à jour : 22:09 |
Les discussions entre le collectif LKP, le patronat et l'Etat ont repris vendredi soir, mais le LKP s'est d'ores et déjà montré circonspect sur les chances de déblocage de la crise.
Le collectif LKP, à l'origine de la grève générale qui paralyse la Guadeloupe depuis cinq semaines, le patronat et l'Etat se sont retrouvés autour de la table de négociations vendredi soir.
Vingt-quatre heures après les annonces de l'Elysée, les discussions sur la hausse de 200 euros des bas salaires ont repris vendredi après-midi vers 16h00 (21 heures, heure française). Elie Domota,
le leader du LKP, dont la délégation de syndicalistes est arrivée en chantant en créole «la Guadeloupe est à nous, pas à eux les profiteurs», s'est toutefois montré circonspect sur les chances de
déblocage de la crise.
Le syndicaliste a répété vouloir «trouver un accord sur la base du préaccord du 8 février». Un texte dont s'est toujours réclamé le LKP mais que le gouvernement conteste avoir signé. Ce document
«prévoyait»une hausse de 200 euros pour les bas salaires de 45.000 Guadeloupéens, compensée par un allègement de charges patronales de 108 millions d'euros à la charge de l'Etat. Les propositions
dévoilées jeudi par Nicolas Sarkozy sont «particulièrement floues et loin des 200 euros», juge-t-il.
Prudence de Jégo
Le président de la République, qui doit se rendre en Guadeloupe début avril pour y ouvrir des «états généraux», a lui promis un effort de l'Etat de 580 millions d'euros pour les départements
d'outre-mer (DOM), dont une large part consacrée à un coup de pouce sur le Revenu de solidarité active (RSA). Le patronat aurait à financer une partie de la hausse, sous la forme d'une prime
exonérée de charges, d'un montant variable selon les entreprises, et qui serait versée par les employeurs pendant deux ans. Mais en aucun cas, l'Etat ne procédera, comme le veut le patronat local
et le mentionnait le texte du 8 février, à des exonérations de charge supplémentaires. « Le gouvernement n'acceptera que les augmentations de salaires dans les entreprises privées soient prises en
charge par les contribuables», a martelé François Fillon. Face à la détermination d'Elie Domota, Yves Jégo, secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer se veut prudent. Malgré la «bonne volonté» de l'Etat, «ce
n'est pas parce que la solution est sur la table que l'accord est conclu», a-t-il admis sur Canal+.
Si l'incertitude plane sur l'issue des négociations, le calme est revenu sur l'île. Les forces de l'ordre ont entrepris vendredi de dégager des barrages qui obstruent la route entre Pointe-à-Pitre
et la préfecture de Basse-Terre. Aucun pillage ou incendie de commerce n'a été à déplorer vendredi. Quelques rares magasins ont levé leur rideau dans la capitale. Les pompiers sont intervenus 17
fois, contre 40 dans la nuit de mercredi à jeudi. Trois personnes ont été interpellées contre 39 la veille.
Le conflit en Guadeloupe est vu avec inquiétude en métropole. Dans un sondage Opinionway pour LCI et le Figaro, 63% des sondés craignent que le conflit et les violences ne puissent s'étendre à
l'Hexagone et donner lieu à un mouvement social de la même ampleur que les grandes grèves de 1995.