LES REMÈDES À LA CRISE
"On peut craindre que les remèdes apportés à la crise : un peu plus d’avantages sociaux, un peu plus d’autonomie des collectivités locales, terreau de féodalités dispendieuses, ne contribue à
terme, comme ce fut presque toujours le cas dans le passé, à aggraver les maux de l’outre-mer. Un vrai retour de l’État par la nomination de représentants de haut niveau et un démantèlement
énergique des monopoles abusifs serait plus approprié.
L'autonomie de la Polynésie a surtout entraîné un système féodalisé , basé sur une population moins cultivé et métissée que les autres dom tom: population 100% autochtone, niveau d'études bas
( 85% niveau < bac/ 15%supérieur ou égal au bac), chômage fort, monnaie spécifique ( franc pacifique).
La priorité à l'embauche dans les régions sinistrées par le chômage à compétences égales semblent être la seule possibilité ( à l'exception de l'emploi des personnes dont le chômage est
entre 15 et 34% supérieure à la métropole). Encore faut il que les collectivités locales , territoriales, ainsi que les administrations publiques d'Etat se trouvant sur place jouent
pleinement leur rôle à ce niveau. Cependant un grand "laisser-faire" est de mise. Motifs: élections, poids électoral, crainte pour les ressources des collectivités, corruption? Toujours est
il qu'il n'est pas dans la nature des décideurs publics locaux de lutter contre les monopoles abusifs, les astreintes sectorielles des marchés de l'import/export.
Aucune incitation ou encouragement à la production d'énergies renouvelables et respectueuses de l'environnement pourtant adaptée au climat: éolienne, plaque solaire etc...
L'erreur de la population guadeloupéenne et peut être martiniquaise est de demander une augmentation de salaire avant d'avoir obtenu la baisse des prix, des taxes, des monopoles commerciaux, la
transparence économique, sociale et commerciale et politique.
Le mouvement LKP dans son ensemble exprime un ras le bol, compréhensible, mais ses méthodes, ses exigeances, ses modes de communication, et de négociations tire davantage les antilles
dans un gouffre économique, social et politique sans précédent."
Pr Jacques REMY, maitre de conférence d'économie sociale et politique de l'université de Bordeaux 2