Gardel en grève
Malgré l'accord signé mercredi pour un retour à l'activité normale en Guadeloupe, l'usine de Gardel reste en grève.
« Pour le moment, c'est nous qui menons le bateau, ici », lance, en créole, Christian Lubin, électricien, membre de l'UGTG.
Pascal Firmin, ingénieur informatique et délégué CGTG : « Il n'est pas question que nous reprenions le travail sans qu'on nous paie nos jours de grève ».
Ni explicitement acquis, ni proscrit par l'accord signé mercredi par le LKP, l'Etat et les collectivités locales appelant è à la reprise de l'activité normale » en Guadeloupe, le paiement des jours
de grève est laissé à la négociation au sein des sociétés.
Ce que réclament également les ouvriers de Gardel, c'est aussi la signature par leur direction de l'accord Jacques-Bino, prévoyant une augmentation de 200 euros des bas salaires.
Rejeté par les organisations patronales majoritaires, dont le Medef, il ne s'appliquera pas à eux, craignent-ils.
Ivan de Dieuleveult, le directeur de l'usine, est là mais ne se montre pas.
Pour eux, l'homme symbolise ce que le LKP nomme la pwòfitasyon, c'est-à-dire l'accumulation outrancière de richesses au détriment des plus pauvres.
« Quand il est arrivé ici, il a dit qu'il conduirait une voiturette pour venir travailler. Maintenant, il roule en Citroën C5 », dit Julien Marinette, chef mécanicien et délégué syndical UGTG.
Avant de clôturer la séance, le responsable de l'UGTG appelle tous les ouvriers, saisonniers compris, à se rendre, mardi prochain à Jarry, où se trouve le site de stockage du sucre de l'usine, pour
la prochaine étape des négociations.