Etats généraux : Domota s'explique et menace
Elie Domota porte-parole,du LKP (Lyannaj kont pwofitasyon) a affirmé mardi soir à Pointe-à-Pitre que "les états généraux (pour l'outre-mer) sont une stratégie de Sarkozy pour mettre en selle l'UMP
en vue des élections régionales".
"Tout est déjà décidé" a affirmé devant un peu plus d'un millier de personnes, le porte-parole et leader du LKP, à l'origine d'une grève générale de 44 jours en Guadeloupe.
Le collectif, qui regroupe toutes les centrales syndicales (à l'exception de la CGC) représentées en Guadeloupe ainsi que des partis et associations) refuse de prendre part aux état généraux pour
l'Outremer, décidés par le président Sarkozy durant la crise.
"Les états généraux (pour l'outre-mer) sont une stratégie de Sarkozy pour mettre en selle l'UMP en vue des élections régionales" a affirmé M. Domota en situant ce scrutin dans la perspective d'une
fusion département-région, qui se partagent aujourd'hui la même circonscription insulaire. "Ce sera alors l'Assemblée unique, et celui qui emportera les élections sera président de la Guadeloupe,
c'est du moins ce qu'ils croient". "Voici ce qui se joue aujourd'hui" a-t-il poursuivi en affirmant que "ils ont besoin de se servir du LKP comme caution".
Un nouvel appel à la mobilisation
"La meilleure chose à faire, c'est de poursuivre la lutte" a ensuite déclaré M. Domota, qui s'exprimait après les délégués de salariés d'une dizaine d'entreprises en grève, des pompiers d'aéroport
aux personnels du centre de formation Asfo appartenant au Medef, en passant par ceux de l'orphelinat départemental ou d'Orange-Caraïbes.
A ce sujet, le porte-parole du LKP a qualifié d'"abomination" l'arrêté d'extension de l'accord Bino instituant une augmentation salariale de 200 euros (50 à la charge du patronat, 50 à celle des
collectivités, 100 pris en charge par l'Etat), qui doivent être intégralement payée par les entreprises d'ici trois ans au titre d'une clause de "convertibilité" non étendue par le ministère du
Travail. "La seule solution, c'est la mobilisation dans les entreprises" a martelé M. Domota.
Il a appelé à une "forte mobilisation" pour le 1er mai, à l'occasion duquel le LKP organise une manifestation à Petit-Canal (nord de la Grande-Terre). "Il faut que nous soyons 10 000, 20 000, 30
000, 40 000, 50 000, je ne sais pas, et il faudra que nous leur montrions ce que sont les états généraux du peuple guadeloupéen". "Tout le mois de mai sera un mois de combat" a-t-il ajouté en
appelant les 30 000 salariés (sur 80 000) non bénéficiaires, selon lui, de "l'accord Bino initial" à "se mobiliser pour obtenir les 200 euros et ne pas les perdre dans trois ans".